Extraits de l'homélie prononcée par le Saint Père ce soir lors des premières vêpres de l'Avent:
Chers frères et sœurs, notre rencontre de ce soir pour commencer le chemin de l'Avent s'enrichit d'un autre important motif : avec toute l'Eglise, nous voulons célébrer solennellement une veillée de prière pour la vie naissante. Je désire exprimer mes remerciements à tous ceux qui ont adhéré à cette invitation et à tous ceux qui se dévouent de manière spécifique à accueillir et protéger la vie humaine dans ses diverses situations de fragilité, en particulier à ses débuts et dans es premiers pas. Justement, le début de l'Année Liturgique nous fait vivre à nouveau l'attente de Dieu qui se fait chair dans le sein de la Vierge Marie, de Dieu qui se fait petit, devient enfant ; cela nous parle de la venue d'un Dieu proche, qui a voulu reparcourir la vie de l'homme, depuis ses débuts, et ceci, pour la sauver totalement, en plénitude. De cette manière, le mystère de l'Incarnation du Seigneur et le début de la vie humaine sont intimement et harmonieusement connexes entre eux entre l'unique dessein salvifique de Dieu, Seigneur de la vie de tous et de chacun. L'Incarnation nous révèle avec une intense lumière et de manière surprenante que chaque vie humaine a une dignité très haute, incomparable. […]
Croire en Jésus-Christ comporte aussi avoir un regard nouveau sur l'homme, un regard de confiance, d'espérance. Du reste, l'expérience elle-même et la raison droite attestent que l'être humain est un sujet capable de comprendre et de vouloir, conscient par lui-même et libre, unique et qu'on ne peut remplacer, sommet de toutes les réalités terrestres, qui exige d'être reconnu comme valeur en soi et mérite d'être accueilli toujours avec respect et amour. Il a le droit de ne pas être traité comme un objet à posséder ou comme une chose qu'on pourrait manipuler à volonté, de ne pas être réduit à un pur instrument pour le profit des autres et de leurs intérêts. La personne est un bien en soi et il convient de chercher toujours son développement intégral. L'amour envers tous, aussi, s'il est sincère, tend spontanément à devenir attention, préférence pour les plus fragiles et les plus pauvres. C'est sur ce plan que se trouve la sollicitude de l'Eglise envers la vie naissante, la plus fragile, la plus menacée par l'égoïsme des adultes et de l'obscurcissement des consciences. L'Eglise continuellement insiste su ce qu'a déclaré le Concile Vatican II contre l'avortement et la violation de la vie naissante : « La vie, une fois conçue, doit être protégée avec le maximum d'attention »
Il y a des tendances culturelles qui cherchent à anesthésier les consciences avec de faux prétextes. En ce qui concerne l'embryon dans le sein maternel, la science elle-même met en évidence l'autonomie capable d'interaction avec la mère, la coordination des processus biologiques, la continuité du développement, la croissante complexe de l'organisme. Il ne s'agit pas d'un cumul de matériel biologique, mais d'un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonné, un nouvel individu de l'espèce humaine. C'est comme cela que Jésus a été dans le sein de Marie. Il en a été ainsi pour chacun de nous, dans le sein de notre mère. Avec l'antique auteur chrétien Tertullien, nous pouvons affirmer : « Est déjà un homme celui qui le sera » (" (Apologetico, IX, 8) ; il n'y a donc aucune raison pour ne pas le considérer comme une personne depuis la conception.
[…] J'exhorte les protagonistes de la politique, de l'économie et des communications sociales à faire tout ce qu'ils peuvent, afin de promouvoir une culture toujours respectueuse de la vie humaine, pour procurer des conditions favorables et droites de soutien dans son accueil et son développement.
A la Vierge Marie, qui a accueilli le Fils de Dieu fait homme par sa foi, dans son sein maternel, avec ses soins attentifs, par l'accompagnement solidaire et vibrant d'amour, nous confions notre prière notre l'engagement en faveur de la vie naissante. Nous le faisons avec la liturgie, qui est le lieu où nous vivons la vérité et où la vérité vit avec nous, adorant la divine Eucharistie dans laquelle nous contemplons le Corps du Christ, ce Corps qui a pris chair en Marie par l'œuvre de l'Esprit Saint, et qui, d'Elle, est né à Bethléem, pour notre salut. Ave verum Corpus natum, de Maria Virgine !

