C’est arrivé un 9 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 9 septembre 1087 : décès de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

Guillaume le Conquérant s'éteint à 60 ans, à Rouen des suites d'une blessure accidentelle. Obèse, le roi se serait blessé à cheval, en rentrant de la bataille de Mantes, contre Philippe Ier pour le contrôle du Vexin. Son corps est ensuite transporté et inhumé en l'église abbatiale de Saint-Étienne de Caen. Son fils, Guillaume II, devient alors roi d'Angleterre à sa place.

 

  • le 9 septembre 1303 : la population d'Anagni libère le pape Boniface VIII des hommes de Philippe IV le Bel.

Voir la chronique du 7 septembre.

  • le 9 septembre 1389 : naissance de Pierre de Rieux, seigneur d'Assérac et de Derval, maréchal de France.

Seigneur de Rochefort, d'Assérac, et de Derval, gouverneur de Saint-Malo, Pierre de Rieux est maréchal de France en 1417, compagnon du Dauphin Charles, alors Régent du royaume. En 1429, il prend Avranches, puis participe sous les ordres de sainte Jeanne d'Arc au siège d'Orléans.

En 1435, il combat victorieusement à Saint Denis contre les Anglais, leur reprend Dieppe et les force à lever le siège d'Harfleur. En 1437, il s'empare du Pays de Caux. Fait prisonnier en 1438, à Compiègne il meure en captivité au bout de 9 mois en 1439.

  • le 9 septembre 1488 : décès du duc de Bretagne, François II de Bretagne, comte d'Étampes.

Il est d'abord comte d'Étampes, puis Duc de Bretagne de 1458 à 1488. À sa mort, sa fille Anne lui succède et devient duchesse de Bretagne.

  • le 9 septembre 1561 : début du colloque de Poissy.

L'objectif de ce colloque, qui se déroule du 9 septembre au 14 octobre 1561, est de rapprocher catholiques et réformés. Convoqué à l'initiative de Catherine de Médicis, il échoue sur la question de la présence ou non du Christ lors de la célébration de l'eucharistie. Catherine de Médicis abandonne l'idée d'un accord religieux.

Grotius, juriste protestants s'exprime à la troisième personne à l'issue du colloque :

«Tous ceux qui connaissent Grotius savent qu'il a toujours désiré le retour des chrétiens à l'unité d'un seul corps. Il a cru jadis qu'on pouvait commencer par l'union des protestants entre eux. Ensuite il a très bien vu que c'était impossible, car, en outre que presque tous les calvinistes sont hostiles à la paix, les protestants ne sont unis entre eux par aucun organe directeur propre à assurer la direction ecclésiastique. C'est pourquoi Grotius est maintenant d'avis et beaucoup pensent comme lui, que les protestants ne peuvent être unis entre eux qu'en se joignant ensemble à ceux qui sont attachés au siège de Rome, ce siège sans lequel on ne peut espérer aucun gouvernement commun dans l'Eglise. »

Cité par Renée Casin dans Précis d'Histoire de l'Eglise (Ed Résiac, page 188)

  • le 9 septembre 1585 : le pape Sixte Quint publie la bulle d'excommunication d'Henri de Navarre et Condé.
  • le 9 septembre 1585 : naissance d'Armand-Jean du Plessis, Cardinal de Richelieu, prélat et homme d'État français.

Evêque et homme d'Etat français, Armand-Jean du Plessis de Richelieu naît le 9 septembre 1585 à Paris. Eduqué en vue de devenir soldat, il est contraint d'entrer dans les ordres, afin de permettre à sa famille de conserver l'évêché de Luçon à la mort de son frère aîné. D'abord au service de la reine-mère, puis du Roi Louis XIII, il passe la majeure partie de sa vie à renforcer le pouvoir royal, et à pacifier et développer économiquement le pays après huit guerres de religion. Sa politique a fondé sur trois lignes directrices : abaisser le pouvoir des Huguenot pour restaurer l'autorité de l'Etat ; abaisser la puissance des grands du royaume pour renforcer le pouvoir royal ; lutter contre la puissance de l'Espagne qui étouffe la France à l'extérieur. Il fonde en 1635 l'Académie Française (voir les chroniques du 2 janvier et du 13 mars), qui reste une institution prestigieuse. Il meurt le 4 décembre 1642.

  • le 9 septembre 1642 : Louis XIII prend Perpignan aux Espagnols.

Pendant la guerre de Trente ans, l'armée française envahit le Roussillon. Depuis sept ans, la France est en guerre contre l'Espagne. Après avoir pris Collioure, les Français s'emparent de Perpignan suite à un siège difficile de cinq mois. Louis XIII, dont la santé ne lui permet plus de participer aux opérations militaires, suit les opérations depuis Paris. Il meurt neuf mois après, en mai 1643.

  • le 9 septembre 1653 : le maréchal de Turenne débute le siège de Mouzon, Pont-à-Mousson, en présence de Louis XIV.
  • le 9 septembre 1668 : première représentation de L'Avare ou l'École du mensonge, de Molière, au théâtre du Palais-Royal.
  • le 9 septembre 1715 : le Roi Louis XIV est enterré à la Basilique de Saint-Denis.
    • le 9 septembre 1876 : 9ème apparition de Notre Dame à Estelle de Pellevoisin (en l'octave de la nativité de la Sainte Vierge, veille de la fête du Saint Nom de Marie).

Dans le récit des apparitions, Estelle Faguette raconte :

« …Depuis plusieurs jours, j'avais le désir d'aller dans la chambre où je fus guérie. Enfin aujourd'hui, le 9 septembre, j'ai pu m'y rendre. Je finissais de dire mon chapelet quand la Sainte Vierge est venue.

« Tu t'es privée de ma visite le 15 août ; tu n'avais pas assez de calme. Tu as bien le caractère du Français. Il veut tout savoir avant d'apprendre, et tout comprendre avant de savoir. Hier encore je serais venue ; tu en as été privée. J'attendais de toi cet acte de soumission et d'obéissance. »

A ce moment je compris très bien que si je ne m'étais pas soumise et si je n'avais pas obéi, j'aurais été privée de la voir davantage…« Depuis longtemps les trésors de mon fils sont ouverts ; qu'ils prient. » En disant ces paroles, elle souleva la petite pièce de laine qu'elle portait sur sa poitrine. J'avais toujours vu cette petite pièce, sans savoir ce que c'était, car jusqu'alors je l'avais vue toute blanche. En soulevant cette pièce, j'aperçus un cœur rouge qui ressortait très bien. J'ai pensé de suite que c'était un scapulaire du Sacré-Cœur. Elle dit en le soulevant : « J'aime cette dévotion. » Elle s'arrêta encore ; puis elle reprit : « C'est ici que je serai honorée. »

Cf. chroniques des 15 et 19 février, et du 15 septembre.

  • le 9 septembre 1899 : Dreyfus à nouveau condamné.

Le verdict du deuxième procès de Dreyfus tombe comme un couperet sur les espoirs des dreyfusards : il est déclaré coupable avec les circonstances atténuantes et condamné à dix ans d'emprisonnement. En fait, dans un climat proche de l'insurrection nationaliste, le jugement paraît politique, c'est un compromis. Dix jours plus tard, sous les conseils de Waldeck-Rousseau, le président Émile Loubet gracie Dreyfus.

  • le 9 septembre 1910 : Léon Morane, dépasse, à Reims la barre des 100 km/h à bord de son avion.
  • le 9 septembre 1914 : bataille de la Marne.
    • le 9 septembre 1977 : dernière exécution capitale en France

Hamida Djandoubi, condamné à mort pour l'assassinat, avec tortures et viol, d'une jeune fille, est exécuté aux Baumettes à Marseille. C'est la dernière personne à être guillotinée dans une prison française. La peine de mort est abolie en France, le 30 septembre 1981. Après avoir autorisé l'assassinat des innocents dans le sein de leur mère le 17 janvier 1975 (voir la chronique du jour), la France renonce à faire payer aux assassins leur dette contractée vis-à-vis de la société.

  • le 9 septembre 1998 : début du scandale de la MNEF.

Une information judiciaire contre X est ouverte, visant trois des sociétés sous-traitantes de la MNEF, chargées de la communication et des travaux d'impression pour « faux, usage de faux, abus de confiance, recel » et « prise et conservation illégale d'intérêts ».

Dès 1982, un rapport de la cour des comptes critique la gestion pratiquée par les salariés de la MNEF. La Cour des comptes évoque les indemnités versées aux administrateurs. Dans sa note sur la MUL (une filiale de la MNEF), la commission constate : « Ces éléments jettent un doute sérieux sur l'utilisation des cotisations versées par les adhérents »

Une enquête préliminaire est également confiée à la brigade financière sur le fonctionnement global de la Mnef et de ses filiales ; elles vont conclure à un système de fausses factures mis en place par l'intermédiaire notamment de la société Efic, et d'autres filiales de la MNEF et sur des inculpations pour enrichissement personnel et emplois fictifs.

Diverses personnalités sont mises en cause dans l'affaire : Olivier Spithakis, son ancien président Jean-Michel Grosz, l'ancienne conseillère de Lionel Jospin Marie-France Lavarini, et le député Jean-Christophe Cambadélis, le député socialiste Jean-Marie Le, Dominique Strauss-Kahn, le député socialiste Julien Dray et Harlem Désir.

En mars 2004, dans le volet financier de l'affaire, Olivier Spithakis est condamné à deux ans de prison dont six mois avec sursis pour « complicité d'abus de biens sociaux, détournements de fonds publics et abus de confiance ».

Au bout de huit ans de procédure, des peines de prison avec sursis, annulée par la loi d'amnistie votée après la présidentielle de 1995, et des amendes sont prononcées à l'encontre de 17 prévenus, dans le procès des emplois présumés fictifs de la MNEF. Jean-Christophe Cambadélis est condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d'amende, pour une supposée mission de conseil sur les étudiants étrangers, entre 1991 et 1993. Marie-France Lavarini rembourse l'argent perçu. Jean-Michel Grosz est condamné à deux ans avec sursis et 150 000 euros d'amende, et Olivier Spithakis à deux ans avec sursis et 50 000 euros.

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