C’est arrivé un 8 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 8 juin, en France : journée nationale d'hommage aux « Morts pour la France » en Indochine.

Cette journée a été instituée par le décret du 26 mai 2005. Ce 8 juin est la date officielle de commémoration des victimes de la bataille de Diên Biên Phu.

  • le 1er ou le 8 juin 536: Silvère devient pape.

Silvère est le fils légitime du pape Hormisdas, né avant que son père ne fût entré dans les ordres. Il est élu le 1er ou le 8 juin 536.

  • le 8 juin 979 : sacre du Roi Louis V « Le Fainéant ».

Son père Lothaire le fait sacrer à Compiègne de son vivant.

  • le 8 juin 1442 : le Roi Charles est sacré à Orléans

Voir les chroniques du 13juin, du 6 octobre 877, du 25 décembre 875.

  • le 8 juin 1442 : le Roi Charles VII fait son entrée solennelle à Toulouse.

La reconquête de la Guyenne s'achève, cette terre retourne dans le giron français.

  • le 8 juin 1637 : René Descartes publie le Discours de la méthode à Leyde.

Descartes cherche à jeter les bases d'une révolution intellectuelle ; il prône le doute méthodique et le recours à la raison. Sa première certitude étant l'existence du sujet pensant : "cogito ergo sum" ("je pense donc je suis"). Voici ce qu'en écrit François Maris Algoud :

« La foi, la grande doctrine de vérité à la quelle les sociétés chrétiennes ont alimenté pendant des siècles leur énergie, leur activité, leur puissance créatrice, a reçu son premier « coup d'arrêt » d'un savoir qui prétendit «  changer le monde », et qui effectivement l'a changé. Ce n'est pas par hasard que Descartes appelait sa philosophie son Monde. A dater de Descartes, nous n'assistons à rien de moins qu'à une transformation du monde, et l'on peut dire que le « monde moderne » a eu René Descartes pour démiurge et pour créateur. C'est lui qui a semé presque tous les germes dont l'Homme faustien n'a cessé depuis trois siècles, de récolter les fruits.

Que la Science établisse donc son règne (c'est une affaire de deux ou trois siècles disait Descartes), et la Béatitude est au bout. »(*)

(*)Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs aux éditions de Chiré page 53

Il peut être considéré comme un des pères de toutes les grandes erreurs modernes. Sa devise était : « Larvata prodeo » (L'esprit profond s'avance caché). Ce qui est bien loin de la phrase du Christ dans l'évangile de Saint Jean : «  La vérité vous rendra libre. »

  • le 8 juin 1656 : Pascal témoigne devant l'official de Paris, qui enquête sur le "miracle" de la Sainte-Épine.

Marguerite Périer, la nièce de Pascal, a été guérie d'une fistule lacrymale alors qu'elle est en train de prier devant un morceau de la Couronne d'épines du Christ, dans la chapelle de Port-Royal de Paris, le 24 mars. Le 22 octobre de la même année le miracle de la Ste-Epine est authentifié par sentence. Voir les chroniques de ces deux jours.

  • le 8 juin 1794 : Robespierre conduit une fête en l'honneur de l'Etre suprême.

Rien ne manque pour marquer les esprits, artifices pyrotechniques, décorums grandiloquents etc. Tous les artifices sont bons. Robespierre marche en tête d'un cortège magnifique ordonné par le peintre David, un bouquet de fleurs et d'épis à la main, des Tuileries au Champ-de-Mars. Cet Etre suprême auquel la république, puis le Directoire, rendent un culte et qu'ils donnent à vénérer et à prier aux foules, afin de les déchristianiser plus vite, est le dieu de voltaire et Rousseau, ce n'est que le singe de Dieu, l'antique serpent.

  • 8 juin 1795 : soi-disant « mort » du Dauphin dit Louis XVII.

Pour la version officielle, le Dauphin est né le 27 mars 1785, au château de Versailles ; Louis Charles duc de Normandie est le troisième enfant de Marie-Antoinette et le deuxième fils de Louis XVI. A la mort de son frère aîné Louis de France, âgé de huit ans le 4 juin 1789, il devient le Dauphin de France, puis «prince royal» à partir de 1790. A la mort de Louis XVI, il est enlevé à sa mère et confié au jacobin Simon. Il meurt de maladie à la prison du Temple. Comment la révolution, dont le but est de détruire la Monarchie, bras séculier de l'Eglise catholique, aurait-elle pu arriver à ses fins en laissant mourir le Dauphin. Rendre tout futur prétendant illégitime est un bien meilleur moyen. Et le comte de Chambord lui-même refuse le trône non pas pour un simple drapeau blanc, mais parce qu'il sait qu'il n'est pas l'héritier légitime. Et le cœur déposé en 2004, dans la crypte royale de Saint Denis ne peut pas être celui de Louis XVII car :

1° le cœur analysé en 2000 mesurait 8 cm ; celui examiné en 1894, avant sa remise à don Carlos et présenté comme étant celui de l'enfant du Temple mesurait 6 cm ;

2° l'affirmation selon laquelle la technique de conservation utilisée en 1789 pour le cœur du frère aîné (supposée être l'embaumement) aurait été différente de celle utilisée en 1795 pour Louis XVII lui-même (mélange alcool/eau), est erronée. Dès le début du XVIIIe siècle, l'inefficacité de la méthode employée encore au siècle précédent, pousse à utiliser la conservation par le mélange hydro-alcoolique (celle-ci impliquant, notons-le, une dessiccation complète du viscère, ainsi qu'une forte réduction de taille). Au demeurant, le cœur de Louis-Joseph, avant d'être remisé dans une boîte de plomb au Val de Grâce, puis à la bibliothèque de l'archevêché de Paris, avait été placé lui aussi dans une urne, comme le souligne Reynald Secher en 1998, ce qui confirme l'utilisation d'une solution liquide pour la conservation.

Enfin lorsqu'en 1894 sont exhumés les restes de l'enfant mort au Temple et enterré au cimetière Sainte-Marguerite à Paris, les médecins affirment qu'il s'agit d'un enfant d'au moins quatre ans plus âgé que ne l'était Louis XVII. Si le résultat des analyses ADN pratiquées en 2000 est incontestable, le cœur analysé peut donc être aussi bien celui de Louis-Joseph, frère aîné de Louis XVII, que celui de Louis-Charles, Louis XVII lui-même.

Il existe un document qui permet de clarifier ce « mystère », vérité à la quelle ont droit tous les Français : le Testament de la duchesse d'Angoulême que détient l'Etat du Vatican.

Louis XVII bébé âgé de deux ans dans « Marie Antoinette et ses enfants » peint par Élisabeth Vigée Le Brun en 1787

  • le 8 juin1795 : annonce de la mort Louis XVII.

La Bretagne se soulève de nouveau alors que la paix avait été signée le 21 avril 1795 en échange de la liberté de culte en Bretagne.

  • le 8 juin 1880 : suppression de l'aumônerie militaire instituée en 1874.
  • le 8 juin 1940 : le général Vuillemin lance un appel désespéré pour obtenir un appui aérien des Britanniques, qui ne daignent pas répondre.

Le général Vuillemin est le commandant en chef des forces aériennes françaises. Au mépris des accords passés entre les deux pays de combattre jusqu'au bout ensemble et de ne pas signer de paix séparée Churchill refuse toute aide militaire aux troupes françaises et donne l'ordre d'évacuer.

  • le 8 juin 1941 : déclenchement de l'opération « franco »-britannique en Syrie.

Il faut préciser qu'il s'agit des FFL. Les Anglais trompés par De Gaulle vont attaquer des positions françaises pensant attaquer des Allemands. Contre toute attente, pour De Gaulle, l'armée d'armistice ne le rejoint pas, se bat, et contre attaque victorieusement. Son illégitimité éclate ainsi au grand jour aux yeux des Anglais.

Un excellent livre raconte cet épisode que l'histoire officielle occulte : Syrie, 1941, la guerre occultée : vichystes contre gaullistes" d'Henri de Wailly, enseignant à Saint-Cyr-Coëtquidan, aux Editions Perrin.

Il montre un armistice inévitable, mais qui permet de préserver les outils d'une victoire future, et une armée divisée sur l'attitude présente à avoir. Le ralliement aux gaullistes est inexistant : 900 hommes sur 40 000 avant l'assaut du 8 juin. Tout d'abord on fréquente les Anglais ; mais après les drames de Dakar et de Mers el-Kébir, où les Anglais attaquent leurs anciens alliés, on ne dialogue plus. Il y a deux France !

L'auteur décrit la violence de la propagande gaulliste envers Vichy. Il brosse un portrait du général De Gaulle, où ce dernier paraît méfiant à l'égard des Anglais, autant qu'il est irritant pour eux, et autoritaire (on le surnomme « Képi Ier). La propagande gaulliste finit par être contreproductive jusqu'aux Etats-Unis.

Vichy est réticent face à l'Allemagne dès 1940 ; Hitler impose des conditions très dures : chantage à la faim ou au froid. La France est étranglée. Au Levant, les Allemands soufflent sur les braises de la révolte arabe et le général Dentz fait face au désordre. Il y a des morts. Cette agitation inquiète l'Angleterre qui est favorable au maintien de l'ordre par peur de la « contamination ». De Gaulle ne pèse rien dans l'affaire. Les Allemands encouragent l'agitation arabe, il y a conjonction d'intérêts. Le grand mufti de Jérusalem adresse une lettre de félicitation à Hitler au moment de la défaite française. Les Anglais sont presque dix fois inférieurs en nombre aux Italiens. Rapidement les Italiens sont battus et ne doivent leur salut qu'à l'intervention allemande. Mais c'est l'affaire irakienne qui met le feu aux poudres.

En Irak, en avril 1941, Rachid Ali prend le pouvoir et appelle à la guerre sainte contre les Anglais. Il demande l'appui allemand. Or, le pétrole passe par l'Irak. Pour les Britanniques la menace est sérieuse. Hitler, surpris, n'a d'autre choix que d'expédier les armes saisies au Levant français par les italiens. Pour cela, il a besoin de Vichy. Il faut que des avions allemands transitent par la Syrie pour aller aider la révolte. Darlan, le dauphin de Pétain, négocie au moment précis où la France est étranglée. Contre de vagues promesses orales, il accorde l'autorisation écrite aux Allemands de faire transiter leurs avions par la Syrie. Dentz doit laisser faire et s'opposer par la force à toute intervention anglaise. Le choix est fait ! De Gaulle saute sur l'occasion pour obtenir une attaque sur la Syrie en prétendant qu'elle est livrée aux Allemands ! Les Anglais attaquent les avions allemands et les Français s'écartent. Les deux anciens alliés s'évitent. Churchill prend alors la décision d'intervenir en Syrie, à la grande satisfaction du général De Gaulle. Le général Wilson commande l'attaque. Des 34 400 combattants: une majorité d'Australiens, dont 5000 Français libres… Face à la menace Vichy demande aux Allemands de se retirer et, à sa grande surprise, Hitler obtempère. Pourtant une foule de fausses informations circule : les Allemands s'installent en Syrie !

Le 8 juin 1941 l'attaque se déclenche. Les troupes anglaises croient affronter des Allemands. Vichy ne pense pas que Dentz pourra résister plus de quatre jours, mais Darlan lui demande de résister à outrance. Les Français de Vichy se révèlent d'une opiniâtreté qui puise ses racines dans le désastre de 1940 et dans la volonté de maintenir la France en l'Afrique du Nord. Ils en arrivent même à monter des contre-offensives victorieuses. Dentz, isolé, ne demande pourtant l'arrêt des combats que le 9 juillet ! Le 12 les combats cessent. Les Français libres ne sont pas en bonne position. Les Anglais sont amers de n'avoir pas combattu des Allemands. Les Français n'ont fait que révéler leur guerre civile larvée. Les Français libres font tout pour séduire les troupes vichystes et les dissuader de demander leur rapatriement. Le succès est mitigé : 5688 ralliements sur 37000 !

Voir les chroniques des 7 et 14 juillet.

  • le 8 juin 1949 : publication du roman de George Orwell "1984".

Quelques mois avant sa mort précoce, l'écrivain britannique George Orwell publie son livre "1984". Cet ouvrage de science-fiction politique s'impose immédiatement comme un best-seller mondial. 400 000 exemplaires seront vendus dans l'année en Angleterre et aux Etats-Unis, Orwell fait une satire des idées totalitaires. Ce livre trouve aujourd'hui d'étranges résonnances en Europe en général et en France en particulier.

  • le 8 juin 2004 : dépôt du soit disant « cœur de Louis XVII » dans la crypte royale de la basilique Saint-Denis.
    • le 8 juin 2014 : fête de la Pentecôte.

La fête de la Pentecôte célèbre la venue de l'Esprit Saint sur les apôtres le cinquantième jour après Pâques (en grec, pentêkostê signifie "cinquantième"). Avant l'Ascension, le Christ avait annoncé aux apôtres : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ».

« Ce jour-là, les apôtres se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint. Ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit. (…) Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. »

Ainsi se réalisait la promesse faite par le Christ aux apôtres au moment de son Ascension, une dizaine de jours plus tôt : « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »

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