C’est arrivé un 7 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 7 septembre 560 : décès de Clodoald (ou Clodoaldus), plus connu sous le nom de Saint Cloud.

Ce prince mérovingien du VIe siècle, est le petit fils de Clovis Ier. Il préfère renoncer à la royauté pour devenir ermite et moine. Par sa vie exemplaire, le peuple le vénère et l'Eglise le canonise. C'est même le premier prince franc à être canonisé.

  • le 7 septembre 878 : sacre de Louis II le Bègue.

À Troyes, lors du Concile, le pape Jean VIII sacre et couronne une deuxième fois Louis II le Bègue, en l'église St-Jean.

  • le 7-8 septembre 1101 : début de la bataille de Ramla.

Les armées franques du roi Baudouin de Jérusalem avec 260 chevaliers et 900 fantassins défont les Égyptiens qui sont plus de 10.000 hommes. Le roi a divisé son armée en cinq corps et prend le commandement des deux derniers, avec la chevalerie de Jérusalem accompagnée de la Vraie Croix. Les trois premiers attaquent successivement, le 7 au matin, et sont détruits. Avec le restant de ses troupes Baudouin écrase les Egyptiens qui lui sont plus de dix fois supérieurs, puis revient le 8 à Ramla s'emparer de leur camp.

  • le 7 septembre 1254 : Louis IX entre à Paris après la VIIème croisade.

Le Roi et son armée rentrent à Paris, après six années de croisade. Seize ans plus tard, il repart en croisade pour prendre sa revanche en Terre Sainte. La peste emporte Saint Louis le 25 août. Charles d'Anjou ramène alors en France le corps du Roi qui est enterré à Saint-Denis. Voir les chroniques du 6 mai, des 23 et 28 août, du 28 novembre, sur la septième croisade.

  • le 7 septembre 1303 : arrestation du pape Boniface VIII par les hommes de Philippe IV le Bel.

Les livres d'histoire que l'on trouvait dans les écoles françaises, il y a encore 20 ans, parlaient des tensions entre le Roi de France Philippe IV le Bel et le pape Boniface VIII. Ce dernier y était souvent décrit comme d'un caractère et d'un orgueil démesurés, voulant mettre les rois et empereurs sous son autorité.

Jean Guiraud dans, Histoire Partiale, Histoire Vraie, (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 1 page 186 à 188) rappelle la vérité. Le Roi de France est infidèle à sa vocation et à celle de la France ; il agresse le pape et l'Eglise

« Là, ils [Nogaret et ses adjoints] convoquèrent tous les seigneurs toscans ou romains qui conspiraient contre l'Église Romaine et le pape Boniface VIII, en particulier les Colonna. Sciarra Colonna, « qui portait aux derniers excès les haines de sa famille », forma une troupe de trois cents cavaliers qui bientôt fut portée à huit cents hommes. « Tout ce monde était payé par le roi, portait l'étendard des lis, criait : Vive le Roi ! »

Commandée par Sciarra et Nogaret, grossie de pillards et de contingents communaux, cette petite armée se dirigea vers Anagni, où Boniface VIII était venu passer l'été dans ses possessions de famille. Profitant de la trahison des gens d'Anagni, elle entra sans difficulté dans la ville aux cris de « Mort au pape Boniface ! Vive le Roi de France! » […]

Les portes du château pontifical étaient fermées ; ce fut par la cathédrale qui lui était contiguë que les conjurés résolurent d'y pénétrer. « Ils mirent donc le feu aux portes de la cathédrale ; les fleurs de lis du petit-fils de saint Louis entrèrent par effraction dans le parvis sacré, l'église fut pillée, les clercs, chassés et dépouillés, s'enfuirent, le pavé fut souillé de sang, en particulier de celui de l'archevêque élu de Strigonie… les agresseurs se précipitèrent de l'église profanée et éclairée par les flammes dans le manoir papal » […]

Le dessein de Nogaret était d'intimider le pape, de l'amener à se démettre ou à convoquer le concile qui l'eût déposé. « A ses sommations », Boniface ne répondit pas, aux gestes furieux de Sciarra, il n'opposa que ces mots : « Voici ma tête, voici mon cou ! » Chaque fois qu'on lui proposa de renoncer à la papauté, il déclara obstinément qu'il aimait mieux perdre la vie. Sciarra voulait le tuer, Nogaret, l'en empêcha : seulement, pour intimider le vieillard, il parlait de temps en temps de le faire amener garrotté à Lyon….

Pendant que cette scène étrange se passait, le manoir papal ainsi que les maisons de Pierre Gaëtani et des cardinaux amis du pape, étaient livrées au pillage. Le trésor pontifical qui était très considérable, les reliquaires, tous les objets précieux furent la proie des Colonna et de leurs partisans, les vins du cellier furent bus ou enlevés. Simon Gérard, « marchand du pape », eut peine à s'échapper, la vie sauve…. Villani parle d'outrages adressés au pape par Nogaret…. Une tradition, fort acceptée, veut que Sciarra ait frappé Boniface de son gantelet.

Le lendemain, dimanche 8 septembre, la troupe de Sciarra se débanda ; satisfaits de leur butin, les pillards qui la composaient, allèrent le mettre à l'abri. Le 9 septembre, un revirement se produisit dans la ville. Honteux d'avoir abandonné le pape, les habitants s'armèrent et chassèrent les agents du roi de France. Le pape repartit pour Rome, mais ses quatre-vingt-six ans ne purent résister à d'aussi tragiques émotions. « Il avait des moments d'aliénation mentale…, mais comme son âme était grande et forte, il retrouva, ce semble, le calme à ses derniers moments, il mourut le 11 octobre ».

Le roi récompensa Nogaret de cette expédition. « Au don de trois cents livres de rentes qu'il lui avait fait avant le départ pour l'Italie, il ajouta cinq cents nouvelles livres de rente sur le trésor royal de Paris ; le jour des Cendres 1304, il lui donna plein pouvoir de mettre en liberté toute personne, laïque ou ecclésiastique, détenue en prison pour n'importe quel motif ».

Et Jean Guiraud de conclure :

[…] Un seul, M. Calvet, a déclaré « détestables » ces moyens employés par Philippe le Bel dans sa lutte contre Boniface VIII. Les autres ont jeté un voile sur les scènes révoltantes et leur ont trouvé d'heureuses conséquences ; pas un blâme n'est tombé de leur plume contre Sciarra et Nogaret, ces deux forbans, insulteurs de la faiblesse et de la vieillesse ! Et comme si la fin justifiait les moyens, ils ont célébré les magnifiques résultats de cette campagne d'Anagni que personne avant eux n'avait osé inscrire parmi les titres de gloire et les victoires de la France !

MM. Gauthier et Deschamps déclarent qu'elle marque « une date solennelle dans l'histoire de la civilisation ! » M. Calvet salue en elle le triomphe de la liberté de conscience, et MM. Aulard et Debidour la défaite de la papauté !

Pour la jeunesse à laquelle ces livres s'adressent, ce sont des leçons immorales puisqu'elles glorifient devant elle des coups de force et la brutalité s'acharnant contre ce qu'il y a de plus respectable au monde : la faiblesse, la vieillesse, l'autorité morale.

Ce sont aussi des leçons de mensonge ; car les manuels essaient de justifier par des erreurs historiques l'attentat d'Anagni. « Le pape, disent-ils, ne voulait pas que le clergé payât l'impôt au roi ». Rien n'est plus faux.

[…] Que voulait donc Boniface VIII, sinon maintenir contre l'absolutisme, chaque jour grandissant, de Philippe le Bel, le grand principe libéral du Moyen Age — principe d'où sont sorties les libertés politiques de l'Angleterre—que l'impôt, avant d'être levé par l'autorité royale, devrait être consenti par le contribuable ? »

La suite page 188 du tome 1 de Histoire Partiale, Histoire Vraie, (Editions Beau-Chesne-Croit). Voir la chronique du 24 décembre.

  • le 7 septembre 1341 : par l'arrêt de Conflans-Sainte-Honorine le Roi Philippe VI de France reconnaît Charles de Blois, duc de Bretagne.

La guerre de Succession de Bretagne éclate aux débuts de la guerre de Cent Ans, entre Charles de Blois, partisan du Roi de France Philippe VI, et Jean de Montfort, partisan du roi Édouard III d'Angleterre, prétendant à la couronne de France. Philippe VI de Valois officialise son appui en faveur de Charles de Blois par un arrêt de la Cour des Pairs à Conflans, le 7 septembre 1341. Jean de Montfort, remportant le duché de Bretagne, le Roi de France envoie alors son fils, Jean Le Bon, avec une armée de 5000 hommes.

  • le 7 septembre 1469 : entrevue entre le Roi Louis XI et son frère Charles.

Le Roi Louis XI se rend en Bas-Poitou pour avoir une entrevue avec son jeune frère Charles alors en conflit contre lui. Les deux princes se rencontrent au passage du Braud, sur la Sèvre niortaise, et se réconcilient. Le Poitou est donné en apanage au frère du Roi, pour le dédommager de la perte de la Normandie et du Berry, auxquels il renonce. Louis XI lui échange la Champagne contre la Guyenne, afin de le séparer de Charles le Téméraire.

  • le 7 septembre 1651 : le Roi Louis XIV est proclamé majeur.

C'est la fin de la régence d'Anne d'Autriche, alors que la Fronde n'est pas terminée et que Condé a été libéré et ne songe qu'à se venger de la régente. L'une des premières actions du jeune Roi est de lever une armée contre le prince de Condé, qui, de son côté, veut marcher sur Paris avec ses troupes, après avoir demandé le soutien de l'Espagne. Le Roi et sa mère sont bientôt rejoints par Mazarin à Poitiers, alors en Rhénanie. Turenne se voit confier la direction des troupes royales.

  • le 7 septembre 1707 : naissance de Buffon.

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, naît le 7 septembre 1707 à Montbard. Il est célèbre pour ses travaux en mathématiques, en botanique et en biologie, et pour avoir écrit les 36 volumes de l'« Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy ». Intendant du jardin du Roi, en 1739, il améliore le Jardin des Plantes de Paris pour en faire un lieu d'étude et de recherche.

  • le 7 septembre 1761 : le Parlement de Paris fixe au 1er avril 1762 la date ultime de fermeture des collèges gérés par les jésuites.

Jean Guiraud dans, Histoire Partiale, Histoire Vraie, (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 4 pages 153 et 154) décrit l'acharnement du Parlement de Paris contre la Compagnie de Jésus :

« Et le 1er avril 1762, à l'expiration du délai de six mois qu'il avait donné aux Jésuites, il fit fermer tous ceux de leurs collèges qui étaient dans son ressort — lequel s'étendait sur la moitié du royaume. Poursuivant son exécution jusqu'au bout, il mit sous séquestre les biens des Jésuites, leur défendit à eux-mêmes de vivre en commun dans leurs anciennes maisons, de porter l'habit de leur Ordre, d'entretenir aucune correspondance à l'étranger, c'est-à-dire avec leur général, et leur prescrivit enfin de prêter serment de fidélité au roi et aux quatre articles de 1682, sous peine d'être inhabiles à toute fonction ecclésiastique.

Réuni en assemblée extraordinaire à Paris, le 1er mai 1762, le clergé de France fit un dernier effort pour conjurer les effets de ces mesures. Une adresse lue en son nom au roi par le cardinal de La Roche-Aymon fit le plus grand éloge de la Compagnie de Jésus et demanda son maintien en France ; mais cette démarche n'eut aucun effet. Louis XV, de plus en plus dominé par Mme de Pompadour et par Choiseul, ne s'opposa pas à l'exécution des arrêts du Parlement. Et ainsi, se poursuivit rapidement, en 1762, la suppression de la Compagnie dans le ressort du Parlement de Paris, suppression qui fut finalement prononcée, le 6 avril 1762, par un nouvel arrêt d'une extrême violence. »

Voir la chronique du jour.

  • le 7 septembre 1812 : victoire de Napoléon à la bataille de la Moskova.

Victorieux sur la Moskova, Napoléon entre dans un Moscou vidé de ses habitants et ravagé par des incendies. C'est la principale confrontation de la Campagne de Russie ; les Français battent l'armée commandée par Alexandre Ier de Russie.

Koutouzov a perdu 45 000 soldats russes, tués ou blessés, du côté français, 6 560 hommes ont été tués et plus de 21 000 blessés. En revanche, les Français ramassent peu de prisonniers. Une semaine plus tard, Napoléon entre dans Moscou, vidée d'une grande partie de ses habitants. L'hiver approche, il va anéantir la Grande Armée, privée de ravitaillement et harcelée par les cosaques et les partisans, lors de la retraite ordonnée le 19 octobre.


La bataille de la Moskova du 7 septembre 1812

  • le 7 septembre 1855 : bataille de Malakoff.

Grâce à cette victoire, les alliés font tomber la ville de Sébastopol et s'assurent la victoire de la guerre de Crimée.

  • 7 septembre 1936 : naissance du premier foyer de charité

La première retraite spirituelle à Châteauneuf-de-Galaure se déroule du lundi 7 au dimanche 13 septembre 1936. Elle constitue une étape importante dans la croissance des l'œuvre des Foyers de Charité. Dès le premier jour, l'abbé Finet devient le père spirituel de Marthe. Il accompagnera Marthe Robin jusqu'au bout, dans ce qu'elle vit avec le Christ, et leurs deux vies seront liées profondément.

« Alors là, elle [la Très Sainte Vierge] me dit : «  Ce sera quelque chose de tout nouveau dans l'Eglise ; cela ne se sera encore jamais fait. Ce sera du laïcat consacré, ce ne sera pas un ordre religieux. Les Foyer de charité seront dirigés par un prêtre, le Père, et ils comprendront des laïcs engagés. […] Ces Foyers de charité auront un rayonnement dans le monde entier. Ils seront une réponse du Cœur de Jésus après la défaite matérielle des peuples et les erreurs sataniques. » Elle m'a dit que parmi les erreurs qui allaient sombrer, il y aurait le communisme, le laïcisme, et la Franc-maçonnerie. Elle m'a parlé de ces trois choses là, notamment. Elle m'a dit cela en 1936. Mais elle m'a dit que ce serait après une intervention de la Sainte Vierge. »

Le père Finet rapportant des propos de Marthe Robin, cité par François Marie ALGOUD dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré, pages 195 et 196)

  • le 7 septembre 1939 : les troupes françaises pénètrent en Sarre.

Elles avancent sur 8km, occupent une quarantaine de villages désertés et en restent là.

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