C’est arrivé un 6 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 6 septembre : fête du Miracle de l'Archange Michel à Colosses.
  • le 6 septembre 972: décès du pape Jean XIII.
  • le 6 septembre 1352: décès du pape Clément VI.
  • le 6 septembre 1638 : Paris fête la naissance de Louis Dieudonné.

Le Roi Louis XIII fait tirer le canon à Paris, les échevins font allumer des feux de joie, les cloches des églises sonnent, le vin coule dans les fontaines publiques, pour célébrer la naissance du Dauphin Louis Dieudonné. Le Roi Louis XIII fait chanter un Te Deum à Notre-Dame.

  • le 6 septembre 1683 : décès de Jean-Baptiste Colbert, homme politique français.

Initialement en charge des finances du Royaume, Colbert, qui meurt à 64 ans, a exercé peu à peu son influence dans tous les domaines, tout au long des 22 années passées au service du Roi-Soleil. Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise, il fait des études de droit à l'Université de Paris. D'abord Commissaire aux Armées, à la fin de la Guerre de Trente Ans, Colbert à la mort de Mazarin, est nommé Intendant ce qui lui permet de gagner la confiance de Louis XIV.

En 1661, il dénonce les malversations financières de Fouquet, qui est arrêté à Nantes par d'Artagnan (voir la chronique de la veille). Après la destitution de Fouquet, Louis XIV nomme Colbert Contrôleur Général des Finances du Royaume.

Travailleur infatigable, il a en charge l'administration des Finances, du Commerce, la Marine, de la Surintendance des Bâtiments et des Arts et Manufactures. Il réforme l'administration, développe l'industrie et le commerce (hausse des tarifs douaniers, surveillance des Corporations, institutions quadri centenaires datant de Saint-Louis) ; il crée des manufactures de l'Etat comme Saint-Gobain ou les Gobelins. Il réorganise la justice et la marine et fait notamment construire une flotte de guerre de 276 bâtiments ; il transforme Brest et Cherbourg en de grands ports modernes. Il achète Dunkerque aux Anglais. Il institue des compagnies commerciales : Compagnie des Indes Orientales (Océan indien), Compagnie des Indes Occidentales (Amériques) pour encourager vivement l'implantation de colons en Nouvelle-France (Québec). Il fait bâtir le siège de l'Académie Royale, créée par Richelieu, fonde l'Académie des Sciences, l'Académie Royale de Musique, l'Académie des Belles Lettres, et l'Académie de Peinture et de Sculpture. Enfin, il dirige le financement des travaux du château de Versailles. Il s'éteint le 6 septembre 1683. Jean-Baptiste Colbert repose toujours aujourd'hui en l'Église Saint-Eustache à Paris.

  • le 6 septembre 1787 : naissance d'Émilie de Rodat, religieuse française, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Sainte-Famille.

Elle est béatifiée le 9 juin 1940 et canonisée le 23 avril 1950, décrétée « Sainte » par le pape Pie XII. Elle est fêtée le 19 septembre.

  • le 6 septembre 1802 : naissance d'Alcide Dessalines d'Orbigny, naturaliste, explorateur et paléontologue français.
  • le 6 septembre 1813 : bataille de Dennewitz.

Défaite française près de Berlin.

  • le 6 septembre 1914 : bataille de la Marne.

Joffre, commandant en chef des armées françaises, donne l'ordre de contre-offensive générale. Les Français arrêtent le repli et contiennent l'avancée allemande. Du 6 au 12 septembre 1914, plus d'un million et demi de soldats vont se livrer bataille, dans ce que l'on appelle la première bataille de la Marne, sur plus de 200 kilomètres. Très vite les Français vont parler d'intervention divine, de miracle : le «miracle de la Marne».

Le journal catholique, " Le Courrier de la Manche " du dimanche 14 janvier 1917 publie un article citant des sources allemandes dignes de foi, puisqu' il s'agit d'un prêtre et de deux officiers. La Vierge a barré la route de Paris et 100.000 hommes l'ont vue, mais ils ont ordre de se taire sous peine d'être fusillés. Le récit explicite bien le retournement inespéré de la bataille de la Marne, qui tient du miracle et qui se produit entre le premier vendredi de septembre et l'octave de la Nativité de la Vierge Marie.

«Le 3 janvier 1915 " Un prêtre allemand blessé et fait prisonnier à la bataille de la Marne, est mort dans une ambulance française où se trouvaient des religieuses. Il leur dit : <Comme soldat, je devrais garder le silence, comme prêtre, je crois devoir dire ce que j'ai vu. Pendant la bataille de la Marne, nous étions surpris d'être refoulés, car nous étions légion, comparés aux Français et nous comptions bien arriver à Paris. Mais nous vîmes la Sainte Vierge toute habillée de blanc avec une ceinture bleue, inclinée vers Paris… elle nous tournait le dos et de la main droite, semblait nous repousser… Cela je l'ai vu et un grand nombre des nôtres aussi. Dans les jours où ce prêtre allemand parlait ainsi, deux officiers allemands, prisonniers, comme lui, et blessés, entraient dans une ambulance française de la Croix-Rouge. Une dame infirmière parlant allemand les accompagne. Quand ils entrèrent dans une salle où se trouvait une statue de Notre-Dame de Lourdes, ils se regardèrent et dirent : " Oh ! La Vierge de la Marne ! "

La meilleure preuve d'authenticité du récit qui précède est le suivant, qui se rapporte au même fait : une religieuse qui soigne les blessés à Issy-les-Moulineaux, écrit : "C'était après la bataille de la Marne, parmi les blessés soignés à l'ambulance d'Issy, se trouvait un Allemand très grièvement atteint et jugé perdu. Grâce aux soins qui lui furent prodigués, il vécut encore plus d'un mois, il était catholique et témoignait de grands sentiments de foi. Les infirmiers étaient tous prêtres. Il reçut les secours de la religion et ne savait comment témoigner sa gratitude ; il disait souvent : " Je voudrais faire quelque chose pour vous remercier. " Enfin, le jour où il reçut l'extrême-onction, il dit aux infirmiers : " Vous m'avez soigné avec beaucoup de charité, je veux faire quelque chose pour vous en vous racontant ce qui n'est pas à notre avantage, mais qui vous fera plaisir. Je paierai ainsi un peu de ma dette. «

"Si j'étais sur le front, je serais fusillé, car défense a été faite de raconter, sous peine de mort ce que je vais vous dire : vous avez été étonnés de notre recul si subit quand nous sommes arrivés aux portes de Paris." Nous n'avons pas pu aller plus loin, une Vierge se tenait devant nous, les bras étendus, nous poussant chaque fois que nous avions l'ordre d'avancer. Pendant plusieurs jours nous ne savions pas si c'était une de vos saintes nationales, Geneviève ou Jeanne d Arc. Après, nous avons compris que c'était la Sainte Vierge qui nous clouait sur place. Le 8 septembre, Elle nous repoussa avec tant de force, que tous, comme un seul Homme, nous nous sommes enfuis. Ce que je vous dis, vous l'entendrez sans doute redire plus tard, car nous sommes peut-être 100.000 hommes qui l'avons vu." »

(Tiré du Le courrier de la Manche, du dimanche 14 janvier 1917.)

Voir les chroniques du 5 du 8 et du 12 septembre.

Monument élevé à Barcy en souvenir de l'intervention de la Sainte Vierge face aux Allemands

  • le 6 septembre 1940 : le maréchal Pétain nomme le général Weygand au poste de « Délégué général du gouvernement en Afrique française ».

Le maréchal connait les sentiments anti-allemands et la soif de revanche de Weygand. Le 20 septembre, il confie au professeur Rougier : «J'envoie Weygand en Afrique du Nord, avec tout pouvoir, loin des orages du Conseil des ministres, où il ne peut plus s'entendre avec Laval, et hors des regards des Allemands. Sa mission sera de sauvegarder l'Afrique du Nord et de former une armée capable de la défendre. Un jour cette armée nous servira, mais il est encore beaucoup trop tôt. »

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