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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 28 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 28 juin 767 : décès du pape Paul Ier.

Saint Paul Ier, naît à Rome et succède à son frère le pape Étienne II, dont il continue la politique. Par amitié à l'égard des Francs, Paul Ier fait transférer au Vatican les restes de Sainte Pétronille qu'ils vénèrent et qui est une des Patronnes secondaires de la France. Il accepte en outre, d'être le parrain de Gisèle, la fille de Pépin le Bref.

  • le 28 juin 1098 : victoire des Croisés lors du second siège d'Antioche.

Les croisés sortent d'Antioche. Ce n'est pas une sortie poussive, mais une armée, en pleine possession de ses moyens malgré la famine et la fatigue. La surprise du chef de l'armée turque, le sultan Kerboga est telle qu'il ne réagit pas. En tête des Croisés, chevauche la Sainte Lance découverte miraculeusement par Pierre Barthélémy affirmant avoir eu une vision de saint André lui révélant que la Sainte Lance se trouvait enterrée dans la cathédrale Saint-Pierre d'Antioche. L'attaque franque est si foudroyante que la plupart des Turcs paniquent et bientôt, toute l'armée musulmane bat en retraite. Le siège d'Antioche devient rapidement légendaire, et au XIIe siècle fut le sujet d'une chanson de geste, la chanson d'Antioche. Voir la chronique du 3 juin.

  • le 28 juin 1476 : naissance de Gian Pietro Carafa, futur pape Paul IV.

C'est le 223ème pape de l'Église catholique, cf. la chronique du 23 mai.

  • le 26 juin 1492 : débuts de l'alpinisme.

Les débuts de l'alpinisme sont sujets de disputes d'historiens. Toutefois, ils peuvent être trouvés dans l'ascension du Mont Aiguille (2085 mètres), dans le massif du Vercors, en 1492. Une invitation du Roi de France Charles VIII et non un ordre, pousse Antoine de Ville, alors capitaine de Montélimar "à entreprendre l'ascension de cette montagne que l'on disait inaccessible. Il utilise les services et les savoir-faire d'un "escalleur" du Roi, spécialiste des échelles pour l'assaut des places fortes. Il fait en effet appel à un huissier pour notifier l'exploit.

D'autres considèrent que la première ascension a été faite par Rabelais sur le mont Ventoux, par l'italien Pétrarque, le 26 avril 1336. (CF. la chronique du jour).

  • le 28 juin 1629 : le Roi Louis XIII signe la Paix d'Alès.

Suite aux capitulations des villes protestantes de La Rochelle (le 28 octobre 1628, cf. chronique du jour), d'Alès (le 17 juin 1629) et de Privas (cf. les chroniques du 19 et du 28 mai), face à l'armée du Roi. Richelieu signe le traité d'Alès qui met fin aux hostilités. Reconduisant l'Edit de Nantes, ce texte a toutefois pour objectif de réduire au minimum le pouvoir politique des protestants et de leur retirer tous les droits qui leur permettaient de constituer un Etat dans l'Etat. Ainsi, si la liberté de culte est conservée et l'égalité civique assurée, les places fortes et le pouvoir militaire des protestants sont anéantis. Il faut toutefois attendre 1787 pour qu'un état-civil leur soit reconnu.

  • le 28 juin 1635 : la Guadeloupe devient une colonie française.

Charles Liènard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville accostent du côté de Pointe-Allègre, mandatés par la Compagnie des Îles d'Amérique. Quatre dominicains choisis par le cardinal de Richelieu et près de cinq cents colons engagés par contrat pour trois ans les accompagnent.

  • le 28 juin 1668 : création de l'Académie royale de Musique à Paris.

Sur proposition de Colbert, l'Académie royale de Musique est créée ; Lully en prend la direction en 1672. Sa mission est de produire des divertissements en langue française pour la Cour, de susciter, dans le public, le goût de la musique, et d'assurer un enseignement de qualité. Jusqu'en 1793, elle travaille en étroite collaboration avec l'Académie française et l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres pour la conception des livrets.

  • le 28 juin 1794 : décès de René Madec, marin et aventurier breton, Nabab du Grand Moghol, Panchazari et roi du Dekkan.

Voir la chronique du 27 février. Né à Quimper en 1736, fils d'un maître d'école, René Madec quitte le foyer familial à quatorze ans pour s'engager dans la Marine Royale de Louis XV. Arrivé en Inde, il combat contre les Britanniques sous le commandement de Joseph François Dupleix, puis à la tête de troupes autochtones du Grand Moghol (Empereur de l'Inde) Shâh Alam II. Ce dernier le nomme Nabab, lui confère le titre de Bocci ; ce qui en fait la troisième personne dans la hiérarchie militaire de l'Empire Moghol. Il s'installe près d'Hyderabad, à la tête d'une armée privée de 6 000 hommes constituée de Français et d'Indiens. Il mène une intense activité diplomatique pour rapprocher la couronne de France des Maharadjahs. Louis XVI l'anoblit et lui confère le grade de Colonel et l'Ordre Militaire de Saint Louis.

  • le 28 juin 1835 : le Royaume-Uni, la France et le Portugal signent avec l'ambassadeur d'Espagne une convention pour un soutien militaire.

Le roi des Français Louis Philippe envoie la Légion étrangère, qui est, malgré elle, cédée et envoyée en Espagne, dès le lendemain.

  • le 28 juin 1873 : naissance de Alexis Carrel, chirurgien et biologiste français, Prix Nobel de physiologie ou médecine

Le docteur Alexis Carrel est un chirurgien, biologiste et neurophysiologiste français né à Sainte-Foy-lès-Lyon le 28 juin 1873 et mort à Paris le 5 novembre 1944. Agnostique, il se convertit lors d'un séjour à Lourdes en 1903, où il assiste à un miracle. Le Dr Carrel s'intéresse à Marie Bailly, à qui il a donné le pseudonyme de « Marie Ferrand » dans ses écrits, publiés à titre posthume sous le titre de Un voyage à Lourdes. Elle est alors au stade terminal d'une péritonite tuberculeuse, une maladie incurable et mortelle à l'époque. Carrel écrit d'elle:

«Il y a là une malade qui est actuellement plus près de la mort que tous les autres. De nombreuses fois j'ai été appelé à son chevet. Cette malheureuse est arrivée au dernier stade d'une péritonite tuberculeuse. Je connais son histoire. Toute sa famille est morte de tuberculose. Elle a eu des ulcères tuberculeux, des lésions pulmonaires, et maintenant, ces derniers mois, une péritonite, diagnostiquée tant par un médecin généraliste que par Bromilloux, un chirurgien renommé de Bordeaux. Son état est très grave, j'ai dû donner de la morphine pendant le voyage. Elle peut mourir à tout moment, juste sous mes yeux. Si un cas comme le sien arrivait à guérir, ce serait réellement un miracle. Je ne douterais plus jamais… Son état ne cesse de se détériorer. Si de retour chez elle, elle était encore en vie, ce serait déjà un miracle… Elle est condamnée. La mort est toute proche. Son pouls est très rapide, cent cinquante battements par minute et irréguliers. Le cœur s'affaiblit… »

Il publie ses observations honnêtement et en pleine persécution religieuse, deux ans avant la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, il se voit barrer à l'accession à une chaire universitaire ; il choisit alors de s'expatrier. En 1908, il réalise la première auto-transplantation rénale réalisée sur une chienne, puis reproduit l'exploit avec la plupart des organes. Il réalise en 1910 le premier pontage cardiaque expérimental ; reçoit en 1912 le prix Nobel de physiologie ou médecine, pour ses expériences sur la greffe des tissus et des organes, et sur leur survie en dehors du corps. Il se fait mondialement connaître par la publication de L'Homme, cet inconnu en 1935, il plaide notamment pour une politique nataliste, mais aussi eugéniste. Il promeut la reproduction en nombre des êtres humains à condition d'en éliminer les plus faibles, les déficients physiques et mentaux ". Il est partisan également de l'hygiène raciale.

  • le 28 juin 1919 : signature du Traité de Versailles.

Le traité mettant fin à la Première Guerre mondiale est signé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, entre l'Allemagne et les Alliés ; au même endroit où le IIe Reich allemand a été proclamé par Bismarck et Guillaume Ier en 1871…

Préparé par les vainqueurs, Clemenceau, Lloyd George, Orlando (pour l'Italie, qui est plus concernée par le Traité de Trianon) et Wilson, il est pétri de philosophie maçonnique et contient les germes de la seconde guerre mondiale. Il impose notamment à l'Allemagne, la restitution de l'Alsace-Lorraine, la création du "couloir de Dantzig" donnant à la Pologne un accès à la mer, la limitation du potentiel militaire et le versement de 20 milliards de marks-or, la perte des colonies allemandes.

L'original est confisqué par les nazis en 1940, récupéré par les soviétiques et envoyé à Moscou en 1945, où il est toujours. En Allemagne, ce "diktat " sera vécu comme une humiliation et fera naître un sentiment de revanche. Ce traité pose aussi les bases de la de la création de la Société des Nations (SDN), pour arbitrer et résoudre les conflits entre États en lieu et place du « Concert des Nations », héritier des Traités de Westphalie et de Vienne.

Signature du traité de 1919, galerie des glaces, Versailles

  • le 28 juin 2005 : projet ITER à Cadarache.

Après de longues négociations, c'est finalement le site français qui est retenu pour la construction du réacteur expérimental ITER. Créé en 1985 sous une impulsion de Gorbatchev, le projet regroupe l'Union Européenne, la Russie, le Japon, la Chine, les États-Unis et la Corée du sud. L'objectif est de créer de l'énergie non plus à partir de la fission nucléaire, mais à partir de la fusion. Très productive et peu polluante, cette technologie est souvent comparée au fonctionnement du soleil.

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5 commentaires

  1. L’eugénisme volontaire que préconisait A Carrel, comme il le précise explicitement dans ses écrits, consiste dans le fait d’éviter de se marier dans une famille trop défavorisée par la nature. En aucune façon,il ne préconise l’élimination des faibles. On peut le vérifier en lisant ses deux principaux livres: L’homme cet inconnu et « Réflexions sur la conduite de la vie »

  2. L’eugénisme volontaire, que préconise Carrel ne consiste en aucune façon dans l’élimination des faibles, mais seulement dans le fait d’éviter de se marier dans des familles lourdement frappées de façon héréditaire. Cela se voit bien en lisant ses deux principaux livres: »L’homme cet inconnu » et »Réflexions sur la conduite de la vie », ainsi que la biographie de JJ Antier »Alexis Carrel, la tentation de l’absolu ».

  3. Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur James Balfour adressait à lord Lionel Walter Rothschild une lettre dans laquelle il manifestait le soutien de la Grande-Bretagne aux projets sionistes d’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine. Cette « déclaration Balfour » est reconnue comme l’un des actes fondateurs de l’État d’Israël, dont la création sera officialisée au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
    Depuis, il fut révélé, notamment par le journaliste britannique Douglas Reed et le pamphlétaire américain Benjamin Freedman, que cette déclaration avait été négociée en contre-partie de l’entrée en guerre des États-Unis, qui mit fin aux initiatives de paix lancées par l’Allemagne dès 1916.
    À la fin de la guerre les Allemands s’en allèrent pour signer l’armistice à Paris, à la fameuse conférence de paix de 1919 à Versailles. Il y avait là cent dix-neuf juifs représentant le sionisme international, et à leur tête Bernard Baruch. Ils étaient là pour que la promesse faite ne soit pas oubliée !

  4. Merci de cette précision à l’égard du docteur Alexis Carrel..

  5. Par rapport au commentaire sur la signature du traité de Versailles, le 28 juin 1919, par ailleurs excellent, j’ai relevé deux imprécisions:
    -Il est dit en premier lieu concernant le premier ministre italien Orlando qu’il était plus concerné par le traité de Trianon. C’est inexact. Il faut rappeler que parmi les traités de paix mettant fin à la Grande Guerre,signés en banlieue parisienne, le traité de Versailles concernait l’Allemagne, le traité de St-Germain, l’Autriche, le traité de Neuilly la Bulgarie, le traité de Trianon la Hongrie et le traité de Sèvres, la Turquie (ce dernier n’entra d’ailleurs jamais en application Ataturk le déchira comme un chiffon de papier et fit mettre en accusation pour haute-trahison, juger et exécuter tous les négociateurs turcs de Sèvres, le traité définitif avec la Turquie fut signé plus tard en Suisse à Lausanne.)
    Pour en revenir à l’Italie ses revendications territoriales, soit le Tyrol du Sud ou Haut-Adige, la ville de Trieste sur l’Adriatique, ainsi que la péninsule d’Istrie à l’Est de Trieste (la Vénétie Julienne, qui devint Yougoslave après 1945, suite au massacre et à l’expulsion de ses habitants italiens par les partisans de Tito), étaient tous des territoires autrichiens avant 1914. Orlando ne pouvait donc s’intéresser qu’au traité de St-Germain et non à celui de Trianon, n’ayant pas de revendications vis-àvis de la Hongrie!
    – Par ailleurs je pense qu’il n’y a pas lieu de mettre le mot de « diktat » entre parenthèses concernant Versailles. En effet dans tous les traités antérieurs, Westphalie, Vienne, les puissances vaincues étaient reconnues comme parties contractantes et invitées à discuter des conditions de paix. En 1814 à Vienne, par exemple Talleyrand fut naturellement invité comme représentant de Louis XVIII à la table des négociations et, alors que la France était vaincue et occupée put obtenir des concessions des grandes puissances. Par contre en 1919 l’Allemagne et ses alliés furent exclus des pourparlers de paix et ne pouvaient que signer les conditions « dictées » par les vainqueurs sous menace d’une reprise de la guerre. Ces conditions « dictées » furent donc contestées par les vaincus dès le départ. Pour manifester son dégoût, le signataire allemand, le comte von Brockdorff- Rantzau avait revetu une paire de gants blancs pour ne pas avoir à toucher le stylo avec lequel il devait signer, puis, après signature, les retira pour les jeter par terre. Dans ce sens le traité de Versailles était bien un « diktat » sans guillemets.

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