C’est arrivé un 27 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 27 juillet 432 : mort de saint Célestin Ier, pape depuis 422.
  • le 27 juillet 1061 : mort de Nicolas II.

Né en Bourgogne, il est élu pape alors, qu'il n'est pas cardinal. C'est lui qui impose que le pape soit choisi parmi les cardinaux.

  • le 27 juillet 1214 : le dimanche de Bouvines.

La Bataille de Bouvines, par Horace Vernet. (Galerie des Batailles, Palais de Versailles).

Depuis un petit siècle Capétiens et Plantagenêts s'affrontent ; la lutte a commencé avec Aliénor d'Aquitaine, reine de France répudiée par Louis VII en 1152, et devenue reine d'Angleterre. Elle est la seule héritière du duché d'Aquitaine. Mécaniquement la puissance et la richesse des Plantagenêts dépassent celle de leur suzerain pour ce duché et pour la Normandie : le Roi de France.

Le roi d'Angleterre au printemps 1214 débarque à La Rochelle, allié à l'empereur Otton IV, excommunié par le pape depuis 4 ans, au comte de Flandres et au comte de Boulogne. Le français attaque au sud pour vaincre les Anglais avant de s'occuper de la menace du nord. Mais Jean sans Terre refuse la bataille, recule vers Bordeaux pour éloigner l'armée royale de ses bases. C'est pourquoi Philippe Auguste divise son armée en deux, laissant à son fils héritier Louis le soin de combattre les Anglais. Ce dernier remporte la victoire de la Roche-aux Moines le 2 juillet 1214.

Renforcée des Milices communales et paroissiales de Champagne, de Picardie, de Bourgogne et du Soissonnais, ainsi que de la gendarmerie bretonne, l'armée du Roi de France remonte vers le nord. La Chevalerie française a été aguerrie par les croisades.

La manœuvre française, durant la bataille, a raison des alliés, l'empereur Otton manque d'être capturé et s'enfuit. Ferrand de Flandres et le comte de Boulogne sont faits prisonniers. Le premiers sera libéré sous la régence de Blanche de Castille et moyennant une forte rançon, le second finira ses jours dans les geôles du Louvres. Nombre de bannières ennemies tombent aux mains des Français. Mathieu de Montmorency, par exemple, ramène à son souverain douze bannières ennemies. En récompense, les Montmorency seront autorisés à porter douze aigles d'azur de plus sur leurs armes.

Philippe Auguste écrira aux recteurs de l'Université de Paris : «Louez Dieu ! Car nous venons d'échapper au plus grave danger qui nous ait pu menacer».

Bouvines renforce la légitimité de la Couronne, le Roi est appelé par toute l'Europe « Auguste », c'est-à-dire le conquérant, l'héritier de Rome. La Normandie conquise au début du siècle est définitivement française. Quant au roi anglais, ses barons vont lui imposer la Magna Carta qui limite le pouvoir royal. Le rapport de force entre les Français et les Anglais s'est durablement inversé.

  • le 27 juillet 1447 : Ordonnance royale dite ordonnance Jacques Cœur.

Jacques Cœur est le grand argentier du Roi Charles VII, dont il finance les campagnes militaires visant à « bouter l'Anglais hors de France ». Il est à l'origine d'une ordonnance fixant pour la première fois depuis 1370, la frappe de pièces d'argent, à seulement 92% d'argent fin.

  • le 27 juillet 1563 : les Français réoccupent Le Havre.

La garnison anglaise est décimée par la peste, une maladie qu'elle introduira dans son pays à son retour.

  • le 27 juillet 1598 : mort de Jacques II de Goyon de Matignon, maréchal de France, gouverneur de Guyenne, maire de Bordeaux.
  • le 27 juillet 1605 : fondation de Port-Royal en Acadie, colonie française en Amérique du Nord.

Les Français sont les premiers Européens à s'implanter dans ce qui est aujourd'hui le Canada, ouvrant ainsi la voie à la création d'un Empire colonial français.

  • le 27 juillet 1675 : mort du Maréchal de Turenne lors de la victoire de Salzbach.

Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon est plus connu sous le nom de Turenne, maréchal de France (11 septembre 1611).

Il est tué par un boulet à la Bataille de Salzbach. La France entière le pleure. Le retour du corps de Turenne vers Paris est une marche à la fois triomphale et funèbre. Il connaît un hommage posthume qui rappelle celui qui fut adressé à Du Guesclin, lors du trajet entre le château de Randon et Paris. A Paris, les obsèques de Turenne sont célébrées avec une magnificence royale. Louis XIV lui accorde l'honneur posthume d'être enseveli à la basilique Saint-Denis, avec les Rois de France. Lors de la mise à sac et la profanation de la nécropole des Rois de France, par les révolutionnaires, son tombeau est ouvert et son corps est trouvé dans un parfait état de conservation, puis exposé plusieurs mois à la foule. Bonaparte le fait transférer à l'église Saint-Louis des Invalides. Napoléon Ier dira qu'en toutes circonstances il aurait pris les mêmes décisions que lui. La 160° promotion de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr (1973-1975) porte son nom. Voir aussi les chroniques du 5 avril, du 11 septembre et du 23 octobre, jour de sa conversion au catholicisme, grâce à l'enseignement de Bossuet et à un miracle eucharistique, dont le maréchal est le témoin.

  • le 27 juillet 1759 : mort de Pierre Louis Maupertuis, mathématicien et astronome français.

Fils de René Moreau de Maupertuis, un corsaire malouin anobli par Louis XIV, Pierre Louis Maupertuis se voit offrir à l'âge de vingt ans un régiment de cavalerie. Son père, avec lequel il a une relation très proche, lui ouvre ainsi les portes des mousquetaires, dont il devient lieutenant. Il abandonne la carrière militaire pour se livrer à l'étude des mathématiques. Il publie divers travaux de mécanique et d'astronomie, ainsi que des « observations et expériences » sur des animaux encore mal connus à l'époque, comme les salamandres et les scorpions, affirmant ainsi très tôt des talents certains de biologiste. Il contribue aussi à la diffusion des théories de Newton hors d'Angleterre.

  • le 27 juillet 1789 : les ouvriers de Montmartre détruisent les champs de blés, autour de Paris.

Les manœuvres du duc d'Orléans pour affamer la capitale commencent. Cet homme est aussi le grand-maître de la maçonnerie française…

  • le 27 juillet 1794 : chute et arrestation de Maximilien de Robespierre.

Le tyran est renversé. Lui et ses compagnons sont guillotinés dès le lendemain, 10 Thermidor An IV, soit le 28 juillet 1794, sur la place de la Concorde. Plus tard, Louis de Bonald commente cet évènement en ces termes : « Des scélérats firent périr d'autres scélérats ».

Le Comité de Salut Public et le Comité de Sûreté sont dissous. La Convention Nationale n'est plus et laisse place à un Directoire dominé par la personnalité de Barras. Ce nouveau régime n'est que la prolongation du précédent, la Terreur en moins. Les fondements de la révolution ne sont pas remis en cause.

  • le 27 juillet 1824 : naissance d'Alexandre Dumas fils, futur écrivain.
  • le 27 juillet 1830 : insurrection de Paris, première des « Trois Glorieuses ». (27, 28 et 29 juillet).

La Révolution éclate en France à la suite de la promulgation d'ordonnances par Charles X, qui fixent le rétablissement de la censure, dissolution de la Chambre, la modification de la loi électorale et de nouvelles élections à septembre.

  • le 27 juillet 1884 : le divorce est rétabli en France.

Il a avait été aboli en 1816 par Louis XVIII.

  • le 27 juillet 1934 : mort du Maréchal Hubert Lyautey, homme d'État et maréchal de France.
  • le 27 juillet 1947 : canonisation de sainte Catherine Labouré.

Lire Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l'Escalade, page 325)

  • le 27 juillet 1990 : Citroën arrête la production de la Deux-Chevaux.

A 16h, la dernière 2CV sort de l'usine de Mangualde au Portugal. 7 millions d'exemplaires ont été vendues depuis 1949.

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