Bannière Salon Beige

Partager cet article

C'est arrivé un...

C’est arrivé un 25 décembre…

C’est arrivé un 25 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 25 décembre : saints du jour français ou en France.
    • Bx Pierre le Vénérable, neuvième abbé de Cluny († 1156)

Pierre le Vénérable naît dans la noble famille des Montboissier, entre 1092 et 1094, en Auvergne.

Il entre très jeune au monastère clunisien de Sauxillanges en Auvergne, puis gravit les échelons de la carrière clunisienne : il fut notamment nommé écolâtre et prieur à l’abbaye de Vézelay, dans les années 1116/1117, par le nouvel abbé de Cluny, Pons de Melgueil. Certains lui ont attribué le programme iconographique des chapiteaux de l’abbatiale romane de Vézelay.

Il voyage beaucoup et joue un rôle diplomatique important, notamment lors de l’élection pontificale lorsqu’il reconnaît en 1130 le Pape Innocent II (Gregorio Papareschi, 1130-1143), contre l’antipape Anaclet II.

Son activité intellectuelle fait de lui un représentant de la renaissance du XIIe siècle. Il fait traduire le Coran en latin, Lex Mahumet pseudoprophete. Connu comme polémiste, il rédigera ensuite des traités pour réfuter les doctrines israélites et musulmanes. En effet, il recommande d’établir des débats argumentés avec les théologiens des autres religions, plutôt que des Croisades.

Sa devise est : « La règle de saint Benoît est subordonnée à la charité ». Les accusations de Bernard de Clairvaux (St Bernard) contre Cluny avaient été violentes et Pierre y avait répondu avec une dignité qui lui avait assuré la victoire. Il s’est ensuite réconcilié avec Bernard dont il est devenu l’ami et parfois, tout de même, son charitable critique.

Quand Abélard, également dénoncé par le très contemplatif St Bernard, est condamné comme hérétique à être enfermé dans un couvent, Pierre le Vénérable l’accueille à Cluny comme un frère. À la mort d’Abélard, Pierre cède furtivement son corps à l’abbaye du Paraclet, dont Héloïse est abbesse, et rédige l’absolution plénière suivante : « Moi, Pierre, abbé de Cluny, j’ai reçu Pierre Abélard dans le monastère de Cluny et cédé son corps, furtivement apporté, à l’abbesse et aux religieuses du Paraclet. Par autorité de Dieu tout-puissant et de tous les saints, je l’absous d’office de tous ses péchés. » Cette absolution fut, selon la coutume d’alors, gravée au-dessus du tombeau d’Abélard par l’abbesse.

Considéré par l’historiographie du XXe siècle comme le dernier des grands abbés de Cluny, Pierre succède à son oncle Hugues II de Semur. Il combat également l’hérésie de Pierre de Bruys. Il réforme l’abbaye de Cluny, en proie à des difficultés financières. Il réforme le domaine seigneurial pour assurer le train de vie des moines (Dispositio rei familiaris).

Les inventaires qui sont constitués (Constitutio expense cluniaci) sont une précieuse source pour les historiens, avec des données sur les rendements, les semences, les techniques agricoles…

Il est l’auteur d’un livre « Les merveilles de Dieu » et aussi d’un traité contre les juifs : Aduersus Iudœorum inueteratam duritiem.

Pierre le Vénérable meurt le 25 décembre 1156.

  • le 25 décembre 01 ( ?): naissance de Notre Seigneur Jésus Christ.

Date établie par l’Église Catholique pour commémorer la naissance du Christ, à Bethléem en Palestine. Cependant la date du 25 décembre n’a pas été choisie par hasard et les récentes publications scientifiques le démontrent. Le savant israélien Shermanyahu Talmon a publié une étude sur le calendrier de la secte juive de Qumran, où l’on retrouve le calendrier des services au Temple, que les prêtres assumaient à tour de rôle, au temps de la naissance de Jésus.

La famille d’Abias, à laquelle appartenait le prêtre Zacharie, père de St. Jean Baptiste (Lc 1,5) devait entrer en service deux fois l’an : du 8 au 14 du 3ème mois et du 24 au 30 du 8ème mois. Cette dernière date tombait à la fin de septembre. Il est donc logique que le calendrier byzantin fête la conception de Jean-Baptiste le 23 septembre, neuf mois avant sa naissance, le 24 juin. Les “six mois” dont il est question lors de l’annonce de l’ange coïncide bien avec la fête liturgique du 25 mars, trois mois avant la naissance du Baptiste, le 24 juin, et neuf mois avant le 25 décembre. Voilà qui donne une valeur historique au choix du 25 décembre pour la fête de Noël ! (revue “La Terre Sainte“, nov-déc 1999).

Benoit XVI, dans son livre l’enfance de Jésus, est moins affirmatif et souligne que la seule chose certaine est que la date est définitivement fixée au IV siècle de notre ère.

  • le 25 décembre 496 : baptême de Clovis, Roi des Francs et de ses 3000 guerriers à Reims par Saint Rémi.

Afin de graver plus profondément l’importance d’un jour si sacré dans la mémoire des peuples chrétiens d’Occident, le Souverain Maître des événements a voulu que le royaume des Francs naquît le jour de Noël, quand, dans le Baptistère de Reims, au milieu des pompes de cette solennité divine, Clovis, le fier Sicambre, devenu doux comme l’agneau, fut plongé par saint Rémi dans le baptistère du salut, d’où il sortit pour inaugurer la première monarchie catholique parmi les monarchies naissantes sur les ruines de l’empire romain, ce royaume de France, le plus beau après celui du ciel, selon Sainte Jeanne d’Arc.

Les Israélites, ce Peuple à “la nuque raide”, comme les nomma YAHVE à Moise n’ont pas reconnu Jésus, le Fils de Dieu et le clouèrent sur une croix en disant : “Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! ”

Dieu va alors faire alliance avec un autre peuple. Franc veut dire “Homme libre”. C’est le peuple Francs qui est désigné, mais qui ne paraissait pas destiné à cette vocation. Les Francs n’avaient qu’un mince territoire à l’embouchure du Rhin. Leur chef était Clovis.

“O Dieu que Clotilde adore, j’implore ta protection si tu me donnes la victoire, je croirai en Toi et je me ferai baptiser”.

Levant son glaive vers le ciel Clovis fait ce pacte avec Dieu, alors qu’il repousse les Alamans à Tolbiac. La cause de la victoire du passé doit être aussi la condition de la victoire de l’avenir. Clotilde a prié pour sa conversion dans sa Chapelle au Frankenberg en Alsace durant la bataille de Tolbiac. C’est de ce haut lieu que ses prières, si ferventes, percent la voûte des Cieux et que Dieu l’entent. Clovis fait à Tolbiac un premier pas vers sa conversion, mais il est tenté de se faire arien. Celle-ci ne sera définitive que sur le Tombeau de St Martin à Tours. Ce grand évêque devient alors le patron de la France.

“Courbe la tète fier Sicambre : Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré! ”

Clovis, sa famille et ses 3000 soldats sont baptisés en la Nuit de Noël 496 par l’évêque Rémi de Reims. Une colombe, envoyée du Ciel, amène, dans son bec, une Ampoule de Saint Chrême, que le Seigneur avait “ratifié” pour l’onction royale. Tous les Rois de France ont été oint de cette huile bénie de ciel. Lorsque l’Eglise voit Clovis et ses Leudes dans la cuve baptismale et entend retentir la clameur immense des Francs, saluant “ROI” le CHRIST, Ses Entrailles tressaillent et Elle s’écrie : « VOILA MA FILLE AÎNÉE ».

Clovis et Clotilde vont être sacrés Roi et Reine de France. Ce sont nos premiers Rois francs chrétiens. Le sacre est le lien qui unit le Roi à Dieu et le canal par lequel la puissance, l’assistance et le rayonnement de la Majesté divine se communiquent au Souverain, au moment où il devient l’Oint du Seigneur”.

Le Roi appartient à la France et la France appartient à son Roi, dont la royauté n’est autre ce celle du Christ Roi. Le Sacre fait du Prince un homme Ecclésiastique, Sa souveraineté apparaît comme une Fonction Sainte.

La main sur l’Evangile le Roi prête serment:

– Il promet avec le secours de Dieu de protéger l’Eglise, qui est commise à ses oins.

– de lui faire conserver la paix par le peuple chrétien.

– d’expulser du sol de France les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise.

– de faire observer La Justice et la Miséricorde dans ses jugements.

Comme avec Moise sur la Sinaï, Dieu va faire alliance avec la nouvelle nation qu’il vient de choisir et dont le Roi sera son lieutenant. Clovis a fait un pacte avec Dieu à Tolbiac. Voici que le Seigneur vient lui répondre dans cette nouvelle Alliance qu’Il vient lui donner le jour même de son sacre.

C’est ce qu’on appelle le Pacte de Reims résumé ci-dessous dans cette phrase de St Rémi:

“Votre postérité gouvernera ce royaume : elle glorifiera la sainte Eglise et héritera de l’empire des Romains. »

Elle ne cessera de prospérer tant qu’elle suivra la voie de la vérité et de la vertu, mais la décadence viendra par l’invasion des vices et des mauvaises mœurs. C’est là en effet ce qui précipite la ruine des royaumes et des nations. Afin de le différencier des rois des autres nations, Dieu accorde un autre privilège au Roi de France, fils aîné de son Eglise. Celui de guérir les écrouelles. Cette maladie personne d’autre que le Roi de France ne pouvait la guérir.

Ce privilège se manifeste dès la cérémonie du sacre terminée. Le Roi touche alors chaque malade et dit :”LE ROI TE TOUCHE, DIEU TE GUERISSE”.

Les historiens racontent que Louis XIV a guéri plus de 2000 malades. On saisit mieux ainsi que les ennemis jurés de la religion aient tout fait pour détrôner la Royauté en France. Ils savaient que les liens étroits l’unissaient à l’Eglise, dont Elle était le soutien.

Il y a donc bien eut en cette nuit de Noël 496 un pacte conclu entre le Christ les Francs. Il ne s’agit pas moins, en l’occurrence, que de l’avènement du Règne du Christ-Roi sur la France, et par elle, sur les autres nations. Mais n’oublions pas qu’avant Reims tout a commencé grâce aux prières ferventes de sainte Clotilde au Frankenberg château des Francs. Cette montagne des Francs est donc bien le berceau de la mission de la France que Dieu choisit après le Mont Sinaï. Clovis meurt à l’âge de 45 ans, le 27 novembre 511. Sainte Clotilde devient par la suite le modèle des veuves chrétiennes. Elle finit ses jours dans sa dernière fondation près de saint martin à Tours. Elle meurt à l’âge de 70 ans. C’est le 3 juin 545 que sonne l’heure de la délivrance pour Clotilde.

Tiré du site SurlespasdesSaints :

http://surlespasdessaints.over-blog.com/article-32736526.html

  • le 25 décembre 604 : bataille d’Étampes, Clotaire II vaincu par Thierry.
  • le 25 décembre 795 : décès du pape Adrien Ier.
  • le 25 décembre 800 : couronnement de Charlemagne, empereur d’Occident.

Charlemagne, Roi des Francs, est sacré empereur d’Occident, au cours de la messe de Noël de l’an 800, dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, par le Pape Léon III, puis acclamé par la foule. Le Pape s’agenouille devant le nouvel empereur. Charles, fils aîné de Charlemagne, est couronné le même jour roi de Neustrie. Charlemagne reste à Rome jusqu’aux Pâques 801, affirmant clairement sa souveraineté sur la Ville Eternelle. A 53 ans le Roi des Francs et des Lombards devient empereur d’Occident sur un empire qui s’étend de la mer du nord à l’Italie et de l’Atlantique aux Carpates. C’est à ce jour que Charles ajoute à son prénom magnus: le grand, le magnifique.

  • le 25 décembre 875 : Charles le Chauve est couronné empereur d’Occident à Rome par le pape Jean VIII.

Charles II dit le Chauve est le petit-fils de Charlemagne, il est le fils de l’empereur Louis le Pieux Il est surnommé le Chauve, non en raison d’une calvitie, mais parce que le 5 mai 877, il se serait fait raser le crâne en signe de soumission à l’Église, et ce, malgré la coutume franque exigeant qu’un Roi ait les cheveux longs.

Voir les chroniques des 6 et 13 juin, du 6 octobre 877.

En remerciement des services rendus à la papauté et notamment de l’élimination des Lombards, il reçoit du souverain pontife le titre inédit d’«Empereur des Romains».

  • le 25 décembre 987 : Hugues Capet associe son fils Robert au trône de France.

Robert II le Pieux est sacré Roi de France à Orléans du vivant de son père comme le veut la tradition d’alors. Voir les chroniques du 27 mars et du 20 juillet.

  • le 25 décembre 1003: élection du pape Jean XVIII.
  • le 25 décembre 1046: élection du pape Clément II.
  • le 25 décembre 1066 : couronnement de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre, roi et reine d’Angleterre, à l’abbaye de Westminster,

Après avoir défait Harold à la bataille de Hastings, le 14 octobre, et s’être emparé du trône, Guillaume de Normandie se fait couronner dans l’abbaye de Westminster (le jour de Noël 1066), ce que continuent de faire tous les souverains anglais depuis. Cependant, le nouveau royaume anglo-normand doit encore faire face à des difficultés : la conquête de l’Angleterre ne sera achevée qu’en 1070. Guillaume n’en reste pas moins un vassal du Roi de France pour les territoires normands.

  • le 25 décembre 1100 : couronnement de Baudouin de Boulogne, premier roi de Jérusalem.
  • le 25 décembre 1169 : mariage de Constance de Bretagne, avec le troisième fils du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt.

Constance de Bretagne, héritière du duc de Bretagne, Conan IV le Petit, est forcée d’épouser Geoffroy II, troisième fils du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, âgé de 9 ans. La Bretagne passe ainsi sous la coupe de l’Angleterre.

  • le 25 décembre 1559 : Jean Ange de Médicis est élu pape sous le nom de Pie IV.
  • le 25 décembre 1582 : adoption du calendrier grégorien par les Pays-Bas espagnols, le Danemark et la Norvège.
  • le 25 décembre 1635 : Samuel de Champlain meurt à Québec, assisté par le jésuite Lalemant.

On lui doit la fondation de la très belle ville de Québec ; les Québécois le surnomme depuis le milieu du XIXe siècle, le surnom de « Père de la Nouvelle-France ».

  • le 25 décembre 1683 : l’Espagne déclare la guerre à la France.
  • le 25 décembre 1688 : le roi d’Angleterre Jacques II se réfugie en France.
  • le 25 décembre 1717 : naissance de Giovanni Angelo Braschi, futur Pie VI.
  • le 25 décembre 1757 : les Prussiens battent les Français à Leuthen.
  • le 25 décembre 1792 : Louis XVI rédige son testament (en double), à la tour du Temple et en remet 1 exemplaire à Malesherbes, son avocat.

« Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre. Moi, Louis XVIe du nom, Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

 Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père pour nous autres hommes, quels qu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.

 Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église catholique et les commandements de Dieu et de l’Église, les sacrements et les mystères tels que l’Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la sainte Église catholique donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, car je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne.

 Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence. Ne pouvant me servir du ministère d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fût contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés et recevoir le sacrement de pénitence.

 Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

 Je prie tous ceux qui ont de la charité d’unir leurs prières aux miennes pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

 Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je ne leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle ou par un zèle mal entendu m’ont fait beaucoup de mal.

 Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

 Je recommande mes enfants à ma femme ; je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux. Je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur  de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

 

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

 Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

 Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les lois, mais en même temps qu’un roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

 Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

 Je voudrais pouvoir témoigner ici toute ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté, si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux ou à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuits que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements. Dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

 Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue que leur véritable attachement pour moi avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

 

Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

 Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi. Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

 

Fait en double, à la Tour du Temple, le 25 décembre 1792, »

 

LOUIS

  • 25 décembre 1793 : le général Westermann déclare à la Convention :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyen républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m’aviez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. »

(Histoire de la perversion de l’intelligence et des mœurs de François Marie Algoud, Editions de Chiré page 83)

  • le 25 décembre 1916 : journée nationale en faveur du poilu. Joffre, le vainqueur de la Marne, est nommé maréchal de France.
  • le 25 décembre 1991 : Mikhaïl Gorbatchev démissionne de son poste de «président » de l’Union Soviétique.

Le drapeau rouge est descendu du Kremlin. Le triomphe de la Vierge Marie est total, comme elle l’avait annoncé aux bergers de Fatima en 1917.

 

  • le 25 décembre 2005 : le Pape Benoît XVI signe l’encyclique “Deus caritas est” (Dieu est amour).

L’encyclique est entièrement consultable ici :

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est_fr.html

Partager cet article

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services