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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 24 juin…

L"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 24 juin : saints du jour français ou en France.
    • St Simplice, évêque († v. 375)

À Autun, vers 375, saint Simplice, évêque. De noble famille et très riche, il vivait avec son épouse dans la plus parfaite chasteté, quand il fut choisi comme évêque.

  • Sts Agoard, Aglibert et d'autres, martyrs († VI ou VIIe s.)

Au village de Créteil sur le territoire de Paris, au VIe ou VIIe siècle, la passion des saints martyrs Agoard et Aglibert, avec beaucoup d'autres.

  • St Gohard, évêque de Nantes et martyr († 843)

Gohard, né à Angers, était « évêque de Nantes et seigneur de Blain » au temps où les Normands, causaient tant de maux pendant le neuvième siècle, emportant d'assaut les places les plus fortes et ne respectant rien ni personne.
Tandis que le roi Charles était occupé à pacifier l'Aquitaine, Nomenoy, qui avait obtenu le duché de Bretagne de Louis le Débonnaire, se révolta et se rendit maître de Nantes, à la sollicitation du duc Lambert : ensuite s'étant brouillé avec Nomenoy…

Gohard n'eut pas seulement à subir les conséquences de ces luttes entre Francs et Bretons ; il connut des ennemis plus terribles venus des pays scandinaves et qui déjà avaient ravagé le nord de la France : les Normands. Ces barbares, « invités » par Nomenoy qui leur promit le pillage de Nantes, ne se firent pas attendre longtemps (un mois après la défaite de Blain ils étaient là !) et escaladèrent la ville le 24 juin 843. La crainte qu'ils inspiraient à tous les peuples et la fête de saint Jean-Baptiste avaient attiré dans cette cité une immense multitude de fidèles sur lesquels les Normands assouvirent leur rage.

L'évêque Gohard s'était enfermé dans la cathédrale Saint-Pierre avec son clergé et une foule de chrétiens et y célébrait la fête de saint Jean Baptiste. Les barbares enfoncèrent les portes, firent une horrible boucherie dans le lieu saint, massacrèrent sans pitié évêque, prêtres, moines, et les poursuivirent jusque sur les autels sur lesquels ils se réfugiaient (faits évoqués par les Annales de Saint-Serge d'Angers et reprises dans la Chronique de Nantes). La légende raconte que, décapité, l'évêque reprit sa tête et marcha jusque vers la Loire où un bateau l'emmena à Angers. Sa dépouille fut effectivement inhumée à la Collégiale Saint-Pierre de la ville dont il était originaire.

Après avoir saccagé Nantes, les Normands allèrent piller le monastère d'Aindre, fondé dans le septième siècle par S. Hernieland. Cette maison fut tellement réduite, qu'on ne l'a plus rétablie depuis cette époque.

Dix ans après, les Normands remontèrent de nouveau la Loire, et cette fois incendièrent la ville. Pendant plus de cent ans, retranchés dans quelques îles du fleuve, ils ne cessèrent de dévaster le pays. Ils étaient un fléau si redoutable que l'Église de Nantes avait ajouté dans les litanies : « de la fureur des Normands, délivrez-nous, Seigneur ». 
Ce ne fut qu'en 939 qu'Alain Barbe-Torte les chassa définitivement du pays et ramena la paix dans les villes et les campagnes.

Selon certaines sources, Gohard de Nantes fut canonisé (culte autorisé) en 1096. La crypte romane de la cathédrale de Nantes lui est dédiée : elle a été réaménagée peu après sa canonisation pour accueillir ses reliques ramenées d'Angers.

  • le 24 juin: nativité de saint Jean-Baptiste.

La fête de Saint-Jean-Baptiste est aussi la fête nationale des Canadiens-français depuis 1834, lors de la création de la Société Saint-Jean-Baptiste. Jean le Baptiste est décrété patron des Canadiens-français en 1908 par le pape Pie X. En 1977, sa fête devient la fête nationale du Québec.

Saint Jean-Baptiste est né en Judée quelques mois avant Jésus-Christ. Il est fêté en Occident le 24 juin. Saint Jean le Baptiste, personnage de l'Ancien et du Nouveau Testament, est le prédicateur qui annonce la venue de Jésus-Christ. C'est aussi son cousin et le prophète qui le baptise sur les bords du Jourdain, après l'avoir désigné comme «l'agneau de Dieu», et lui avoir donné ses propres disciples. Voir chronique du 24 février, comme beaucoup de saints de l'époque du Christ, c'est en France que repose une partie du corps de son cousin.

  • le 24 juin 451 : Aetius attaque les troupes d'Attila. Les Huns se replient. Orléans est sauvée.

Les Huns font le siège d'Orléans. Le 24 juin 451, alors qu'Orléans va succomber, les troupes romaines déferlent sur les assiégeants. C'est Aetius et son armée qui le 20 juin a déjà arrêté les Huns. Ces derniers sont stupéfaits. Depuis leurs steppes de Mongolie, on ne les a jamais attaqués ! Ils se replient et abandonnent la place. Voir les chroniques des 7 avril et 20 juin.

  • le 24 juin 1204 : capitulation de la ville de Rouen, la Normandie redevient française.

Philippe Auguste, Roi de France, vainc à Rouen Jean sans Terre et peut ainsi prendre possession de la Normandie. Dès 1202, Philippe Auguste confisque les terres du roi d'Angleterre, d'où son surnom de Jean sans Terre. Le Roi de France a frappé un grand coup en prenant le célèbre Château Gaillard construit par Richard Cœur de Lion. Philippe Auguste s'empare ensuite par les armes de l'Anjou et de la Touraine. Le Roi fait construire le château de Rouen, la plus grosse fortification de son époque.

  • le 24 juin 1340 : bataille navale de l'Écluse.

Le 24 juin 1340 eut lieu la bataille de l'Ecluse, la première bataille navale de la guerre de Cent Ans, oppose la flotte anglaise à celle du Roi Philippe VI de France. Cette bataille a lieu en mer du Nord près de la Belgique. Elle est remportée par les Anglais qui anéantissent la flotte française.

  • le 24 juin 1542 : naissance de saint Jean de la Croix, religieux et réformateur espagnol, docteur de l'Église.
  • le 24 juin 1635 : ordonnance du Cardinal de Richelieu, sur le commerce de la soie.

L'ordonnance prise à la demande du Roi Louis XIII, accorde aux Arméniens de France la liberté du commerce pour :

«faire venir et apporter en toute liberté, et sûreté de leurs dicts pays en ports et havres de Provence et autres de ce royaume telle quantité de soyes et austres marchandises que bon leur semblera pour les y vendre et débiter en payant les droits pour ce dû à Sa Majesté».

  • le 24 juin 1615 : la première messe sur l'île de Montréal.

Toile de Georges Delfosse

Samuel de Champlain décide d'amener des missionnaires en Nouvelle-France, les Récollets, une branche de l'Ordre des Franciscains. Une messe, la première sur l'île de Montréal, est alors célébrée le 24 juin 1615, à la rivière des Prairies, par le récollet Denis Jamet assisté du père Joseph Le Caron, récollet aussi.

  • le 24 juin 1717 : création de la maçonnerie en Angleterre, la Grande Loge unie d'Angleterre.

Le 24 juin 1717, la Grande Loge unie d'Angleterre, principale loge maçonnique anglaise, est créée à Londres. Elle regroupe quatre loges maçonniques dont les membres se réunissent dans des tavernes. Elle est aujourd'hui la première obédience maçonnique du monde. L'un des 3 principaux animateurs à l'époque est Désaguliers, ami et collaborateur de Newton. (Dans La politique des Francs-maçons de Jacques Mitterrand, cité par FM ALGOUD dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs page 61)

En 1721 est fondée à Dunkerque la première loge française : la loge « Amitié et Fraternité ». Et en 1789, Mirabeau dit lors des Etats généraux :

« Avant toute chose il faut commencer par décatholiciser la France. » Cité par l'abbé Alphonse Cordier dans, Martyrs et bourreaux de 1793, (tome I, p.111 Ed. La Source d'or)

  • le 24 juin 1786 : voyage Louis XVI en Normandie.

Louis XVI monte à bord du vaisseau "Le Patriote" où il est acclamé par l'équipage et assiste aux manœuvres de l'escadre face à Cherbourg, il dîne à bord, puis, après un exercice de bataille navale, prend la mer jusqu'à percevoir les côtes anglaises. Au retour, il visite l'anse d'Urville-Hague.

«Le lendemain[le 24 juin], il embarque sur le Patriote et stupéfie le chef d'escadre, Mr d'Albert de Rions, et son état-major par la pertinence de ses questions, par son aptitude à commenter les manœuvres les plus subtiles. Sans ostentation, il fait comprendre qu'il connaît les moindres détails d'un métier savant entre tous. […] Soudain, Mr de Rions fait virer de bord. Encore qu'il connaisse la réponse le Roi demande : – Où nous mènerait ce vent ? – Sire, en Angleterre.- Oh ! J'irais volontiers ! Les Anglais ne me recevraient pas mal et, dans ce pays-là, on ne trompe point les rois. […] A bord, sur les quais, dans les rues, on hurle : «  Vive le Roi, vive notre bon Roi ! » Il répond ivre de bonheur : – Vive mon bon peuple ! […] Je n'ai jamais goûté le bonheur d'être Roi que le jour de mon sacre et depuis que je suis à Cherbourg. »

Jean François Chiappe dans Louis XVI, (édit. Perrin, Tome II, page 365).

  • le 24 juin 1793 : adoption de la première constitution républicaine en France.

Cette constitution de l'an 1 n'est jamais appliquée.

  • le 24 juin 1859 : bataille de Solférino.

Victoire sanglante des troupes franco-piémontaises de Napoléon III sur les forces autrichiennes de François-Joseph à Solférino, en Italie. Le combat voit plus de 300 000 hommes combattre, ce qui constitue le plus gros effectif depuis la bataille de Leipzig, en 1813. Les nouvelles techniques utilisées au combat, telles que le transport des troupes par train ou l'utilisation de canons et de fusils à canon rayé annoncent déjà la première guerre mondiale. Un suisse, Henri Dunant est présent sur les arrières de l'armée française, Il découvre que la logistique santé dans l'armée impériale, assez correctement organisée, est totalement débordée par l'afflux des blessés. Si on connaît le nombre des opérés et des blessés, de ceux qui ont survécu au choc opératoire et aux infections (absence d'antisepsie et d'asepsie) grâce aux registres du Service de santé, les équipes médicales et chirurgicales, à une époque où, de surcroît, on a l'amputation facile. Il organise des soins avec des volontaires. La guerre terminée, il crée la Croix Rouge en 1864. Une visite des blessés a déterminé Napoléon III à établir une cessation des hostilités. Il est d'ailleurs l'un des seuls souverains européens à s'intéresser au projet de Croix-Rouge de Dunant, et à l'encourager directement.

  • le 24 juin 1866: naissance de Jean Guiraud, Historien spécialiste de l'histoire de l'Église.

Professeur d'Université, Militant Catholique et Rédacteur en chef du Journal La Croix de 1917 à 1939.

Régulièrement cité dans cette rubrique pour son ouvrage Histoire Partiale, Histoire Vraie, le 150ème anniversaire de sa naissance est l'occasion de relever un peu sa notoriété perdue. En effet, au début du 20e siècle, Jean Guiraud était connu de presque tous les foyers catholiques grâce à ses articles dans La Croix.

Petit fils de paysan-ouvrier de Carcassonne, fils d'instituteur, il est un exemple de l'ascension par l'effort, devenant, par un travail acharné, normalien, membre de l'École française de Rome, agrégé d'histoire, professeur de lycée puis à l'université de Besançon.

Mais son poste dans l'université publique ne lui fait pas abandonner ses convictions religieuses. Il devient un militant catholique actif et infatigable avec des engagements tant politiques qu'associatifs. Sa notoriété est grandissante, tout comme sa famille (il épouse en 1895 Marguerite Petit de Julleville, dix enfants naissent de cette union).

C'est en fin 1916 que le journal La Croix l'approche pour lui proposer le poste de rédacteur en chef. Le journal espère à la fois bénéficier de sa notoriété dans les sphères catholiques, mais aussi de ses compétences littéraires et historiques. Il en fait un vrai quotidien.

Mais fin des années 20, début des années 30, une ligne progressiste se dessine au journal. Après une cohabitation de quelques années, Jean Guiraud démissionne en 1939 et retourne à ses travaux historiques. Dès lors, l'histoire ''officielle'' du journal minimisera, jusqu'à aujourd'hui, son rôle.

Parfois qualifié d'intransigeant, Jean Guiraud « refuse de s'inféoder à quelque parti ou courant politique que ce soit. Éternel franc-tireur, il combat aussi bien le boulangisme que le ralliement inconditionnel, aussi bien le Sillon que l'Action française. Il est indépendant et inclassable, comme le constate l'abbé Thellier de Poncheville: "Guiraud ? Il n'est ni démocrate, ni réactionnaire, il est guiraudiste !". Si cependant on se risquait à tenter de caractériser la personnalité et l'activité de Jean Guiraud, sans doute pourrait-on reprendre ce qu'écrivait sa fille aînée à l'occasion de la célébration des 80 ans de son père (Lyon, 24 juin 1946) : "Mgr Bertin prononça une allocution émouvante, prenant pour thème une citation de saint Paul que nous aimions depuis longtemps évoquer quand nous pensions à papa : Bonus miles Christi » (Didier Ozanam, petit-fils de Jean Guiraud ; allocution lors de l'inauguration du Fonds Guiraud au CHAN en 2006).

Sur Wikipédia, une biographie sommaire mais une bibliographie bien complète :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Guiraud_(1866-1953)

Sur le site des archives nationales, la présentation du fonds avec une biographie scientifique complète.

https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_025019

  • le 24 juin 1940 : armistice franco italien, fin de la bataille des Alpes, seul succès français de 1940.

Alors que la Wehrmacht est aux portes de Lyon, en face, le Général René Olry a établi trois positions défensives : la première s'établit de Bellegarde à Lyon avec des avant-postes défensifs au nord la ville ; la seconde défend Grenoble en s'appuyant sur versant ouest de la Chartreuse, la chaîne de l'Epine et le Mont du Chat ; la troisième autour de Voreppe, le long de l'Isère et le dos au Massif du Vercors. Le 18 juin, à la demande du maire Edouard Herriot Lyon est déclarée « ville ouverte ». Les allemands ne passent aucune des lignes défensives mais se replient avec de lourdes pertes. Ce succès est obtenu alors que dans le même temps les Italiens attaquent le 21 juin! Le Lieutenant Tom Morel, futur chef du maquis du Plateau des Glières, s'illustre en ordonnant un tir de barrage sur sa propre position, blessé, il obtient toutefois la reddition des soldats ennemis. Cet acte lui vaut la Croix de Guerre.

Le 24 juin, deux jours après Rethondes, la France signe à Rome un armistice bien moins dur. Rome ne met seulement la main que sur une bande terrestre allant du nord des Alpes françaises jusqu'à Menton, cette dernière ville passant sous administration italienne. Le Général René Olry a préservé au total 300 000 hommes de la captivité allemande.

  • le 24 juin 1940 : arrivée au Maroc du navire Massilia.

La déroute de l'armée française devant les troupes allemandes précipite le départ du gouvernement et de vingt-sept parlementaires réfugiés à Bordeaux. Ils accostent à Casablanca, au Maroc, sous les huées de la foule. Placés en garde à vue, certains parlementaires sont ensuite condamnés pour désertion devant l'ennemi, d'autres sont désignés coupables de la déroute française. Comment ne pas penser à l'Evangile de Saint Jean :

« Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. »

  • le 24 juin 1984 : 1,8 million de personnes défilent à Paris pour défendre l'enseignement privé.

Et les lois Savary sont retirées.

  • le 24 juin 1994 : Airbus présente son dernier-né, le Béluga, le plus gros avion porteur du monde.

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1 commentaire

  1. Sur la remarque de Louis XVI, on peut sans doute en déduire que ses services de renseignement le trahissaient

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