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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 24 décembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • Le 24 décembre 496 : prédiction de Saint Remi à Clovis faite la veille de son sacre à Reims.

La voici :

« Apprenez mon fils que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Eglise romaine, qui est la seule véritable Eglise du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre ; il embrassera toutes les limites de l'Empire romain et soumettra tous les autres royaumes à son sceptre. Il durera jusqu'à la fin des temps. Il sera victorieux et prospère tant qu'il restera à la foi romaine et ne commettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations. Mais il sera rudement châtié toutes les fois qu'il sera infidèle à son vocation. Vers la fin des temps un descendant des rois de France règnera sur tout l'Empire Romain. Il sera le plus grand des rois de France et le dernier de sa race.

Après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le Mont des oliviers où il déposera son sceptre et sa couronne, et c'est ainsi que finira le Saint Empire romain et Chrétien. »

Sacré sur la tête, comme un évêque, avec un baume venu du ciel pour oindre Clovis, le Roi Très Chrétien était bien le premier souverain de l'univers ; il était d'ailleurs thaumaturge : on venait de toute l'Europe pour se faire guérir des écrouelles ou adénites tuberculeuses (dernier toucher est fait par Charles X le 31 mai 1825).

Telle était cette « religion de Reims » (Ernest Renan) qui remplissait les nations d'admiration. Après les divers évènements qui ont ponctué les deux derniers siècles, la cathédrale Notre-Dame et l'église Saint-Rémi, privée de son abbaye, ont beaucoup souffert. L'Etat a restauré au mieux ces bâtiments (allant jusqu'à rétablir la crête de fleurs de lys sur le toit de la cathédrale), ainsi que l'ancien palais archiépiscopal ou Palais du Tau (appelé ainsi dans un acte de Louis VII, en 1138). C'est dans la grande salle de ce palais qu'avait lieu le festin qui suivait le sacre. Ce palais contient un musée de la statuaire de la cathédrale et de son trésor, ainsi qu'un musée des sacres.

Pour ceux qui veulent poursuivre sur la question, voir sur

http://surlespasdessaints.over-blog.com/

Ce jour est aussi celui de la naissance de la France comme Nation, et comme Nation catholique.

  • le 24 décembre 562 : consécration de la basilique Sainte Sophie.

L'empereur d'Orient Justinien, octogénaire, préside à la nouvelle consécration du chef-d'œuvre de sa vie, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople. La coupole, qui s'est écroulée le 7 mai 558, vient d'être rebâtie.

  • le 24 décembre 640 : élection du pape Jean IV.
  • le 24 décembre 1294 : élection de Benedetto Caetani comme pape, il prend le nom de Boniface VIII.

Boniface VIII est d'abord avocat et notaire du pape à Rome. Il obtient le chapeau de cardinal en 1281, et est élu pape le 24 décembre 1294 après la démission de Célestin V. Bien que son élection soit régulière, on l'accuse d'avoir poussé son prédécesseur, qu'il fait emprisonner pour éviter le risque de schisme, à se retirer. De même que Grégoire VII, ce pontife veut élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle, et prétend disposer des trônes ; il a de vifs démêlés avec l'empereur d'Allemagne, mais surtout avec Philippe le Bel en France. Le Roi fait appel au Concile et lui envoie une armée qui le fait prisonnier à Anagni. Il est arrêté en 1303, d'après les ordres de Philippe IV, qui voulait l'amener en France et le faire juger par un concile. Face à cette agression, le vieux pape se couvre de sa tiare, prend en main sa crosse et les clefs, et dit:

« Je suis pape, je mourrai pape ».

Boniface VIII se vit maltraiter par Sciarra Colonna.

Tiré des mains des Français le 9 septembre par une révolte de la population d'Anagni, il tombe malade suite aux mauvais traitements qu'il a subis, et meurt au bout d'un mois à Rome le 11 octobre 1303. Il avait déclaré l'année 1300 jubilaire.

  • le 24 décembre 1491 : naissance d'Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites.

Ce noble militaire espagnol blessé au siège de Pampelune en 1521, passe sa convalescence à lire la vie des saints. Cette lecture le touche au point qu'il abandonne la carrière militaire et part en pèlerinage à Jérusalem. Suite à une apparition de la Sainte Vierge, qui dure une semaine, près de Manrèse il fonde en 1534, la compagnie de Jésus ou l'Ordre des Jésuites.

Pour tous ceux que l'ascétisme de ce saint rebute je conseille de lire un petit livre bibliographique sur Saint Ignace où la vie de se dernier est racontée de façon très vivante : Inigo de François Sureau, aux éditions Gallimard. Le caractère enflammé et fier de l'Espagnol est très bien décrit, ainsi que ses nombreux défauts. Cet exemple nous montre combien la sainteté est à la portée de tous.

  • le 24 décembre 1539 : séjour de l'empereur Charles Quint au château de Fontainebleau.

Au cours de son voyage en France, qui dure jusqu'au 30 décembre, l'empereur s'arrête au château de Fontainebleau.

  • le 24 décembre 1588 : assassinat, au château de Blois, de Louis II, Cardinal de Guise, archevêque-duc de Reims de 1574 à 1588, sur ordre du Roi de France Henri III.

Cet assassinat a lieu au lendemain de celui de son frère le duc Henri de Lorraine, chef de la sainte Ligue, au même endroit.

  • le 24 décembre 1642 : Paul de Chomedey de Maisonneuve plante une croix sur le Mont Royal.

     

En décembre la petite colonie française est en grand danger. Les eaux du fleuve Saint-Laurent gonflent et la menace d'une inondation devient de plus en plus évidente. Maisonneuve promet que, si les eaux se retirent sans causer de dommages, il portera une croix sur ses épaules et ira la planter sur le Mont Royal. Comme, le niveau du fleuve baisse rapidement et Maisonneuve tient sa promesse. Voilà l'origine de cette croix qui domine le sommet du Mont Royal, sommet qui donne son nom à la ville Montréal.

  • le 24 décembre 1770 : par un laconique billet, Louis XV ordonne au duc de Choiseul de se démettre de toutes ses charges et de se retirer sur ses terres tourangelles de Chanteloup.

Voir les chroniques du 21 juillet, du 6 août, du 18 novembre,

  • le 24 décembre 1798 : la Grande-Bretagne et la Russie font alliance contre la France.
  • le 24 décembre 1800 : le Premier Consul Bonaparte échappe à un attentat rue Saint-Nicaise à Paris.

Une machine infernale explose au passage de la voiture de Napoléon Bonaparte, rue Saint-Nicaise à Paris (par Cadoudal?).

  • le 24 décembre 1802 : un arrêt organise la création des chambres de commerce dans vingt-deux villes.

Si l'Eglise catholique a avec le temps maillé notre territoire par les nombreuses églises et abbayes qui y furent construites ; la maçonnerie fait de même avec ces chambres de commerce et d'industrie qui permettent un discret contrôle de l'économie locale.

  • le 24 décembre 1851 : naissance Édouard de Castelnau, général français.

Edouard de Castelnau entre à Saint-Cyr, puis rejoint le 31e régiment d'infanterie. Il participe à la guerre franco-prussienne en tant que sous-lieutenant. Petit à petit, il monte les échelons et en 1911, il est nommé premier sous-chef d'état-major général sur ordre du maréchal Joffre. Il s'illustre durant la Première Guerre mondiale en remportant des grandes batailles. Il devient ensuite député de l'Aveyron et préside la Fédération nationale catholique jusqu'à sa mort en 1944.

Voir la chronique du 04 novembre 2013, où sont décrits l'affaire des fiches et le rôle joué par le général de Castelnau pendant la Grande guerre et dans l'entre-deux-guerres.

  • le 24 décembre 1898 : Louis Renault reçoit ses premières commandes.

En 1898, âgé de 21 ans, il construit sa première voiturette en ajoutant à un tricycle de Dion une quatrième roue, une transmission par cardan, et une boîte à 3 vitesses dont la troisième en " prise directe " selon sa propre invention. Le véhicule peut atteindre la vitesse de 50 km/h.

Lors du réveillon de Noël, il empoche ses 12 premières commandes fermes assorties d'un acompte de soixante louis d'or et décide alors de devenir constructeur d'automobiles. Quelques mois plus tard, il dépose le brevet de sa boite de vitesse à " prise directe " à l'origine de sa fortune et adoptée par tous les constructeurs automobiles de l'époque.

  • le 24 décembre 1903 : la Commission de révision décide à l'unanimité qu'il y a lieu à révision du procès de Dreyfus à Rennes.
  • le 24 décembre 1941 : les Forces françaises libres (FFL), prennent les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon.
  • le 24 décembre 1942 : assassinat à Alger, de l'amiral François Darlan, dauphin de Philippe Pétain, par Fernand Bonnier de La Chapelle.

Dans un livre cynique et vantard, les assassins de Darlan n'ont pas caché que l'ordre de tuer et l'argent nécessaire au crime étaient venus de De Gaulle lui-même, transmis aux exécutants par le comte de Paris (Mario Faivre, Nous avons tué Darlan, La Table ronde, 1975). Les conséquences dramatiques de cet assassinat ne vont pas tarder à se manifester, notamment par une affreuse escalade dans la guerre civile franco-française.

Suivent quelques témoignages de personnages au dessus de tous soupçons :

Voici le témoignage du général Chrétien (lettre reproduite dans la biographie de l'historien américain George E. Melton, Darlan (Éditions Pygmalion, Paris, 2002, p.281) : 

« Ma conviction [de l'implication du Général De Gaulle dans l'assassinat de l'amiral] fut spécialement renforcée par le long entretien que j'eus avec de Gaulle en 1943, peu après son arrivée à Alger. Son accueil fut aimable, car nous avions eu d'agréables relations à la Défense nationale avant la guerre, j'y partageais ses idées et il savait que j'avais été un ardent partisan de la guerre au côté des Alliés.

Mais les banalités mondaines terminées, il en fut tout autrement quand nous abordâmes les problèmes du moment ; en particulier la mort de Darlan. Comme je dis : « L'Amiral a été assassiné par … », il m'interrompit brutalement : « Pas assassiné, exécuté ! » Puis il se livra à une diatribe furieuse contre Roosevelt, Murphy, les Américains « qui se sont jetés au cou de Vichy, qui m'ont traîné dans la boue, qui ont voulu m'écarter ».

Son exaltation ne faisait que croître, et, les bras en croix, les yeux exorbités, hagard, il traversait la pièce proclamant : « Je suis la France, je suis la France, et ceux qui ne sont pas avec moi sont contre la France ».

Muet, je subis une longue diatribe, au cours de laquelle il exhala une haine féroce pour tous ceux qui ne l'avaient pas rallié à Londres, officiers, fonctionnaires, bourgeoisie ; il avait à ce moment repris un ton normal bien que passionné ; mais lorsqu'il déambulait les bras en croix, j'ai cru avoir affaire à un fou, et je pense qu'il l'était par moments. »

 

Le témoignage de l'amiral Auphan (L'Honneur de servir, pp.427-428) :

« Pauvre cher Darlan ! Il avait des trous, notamment d'ordre spirituel ; mais il s'était fait progressivement à sa tâche politique, se grandissant lui-même à la mesure de ses responsabilités. Sans ses qualités de clairvoyance et de décision, jamais l'Afrique française ne serait repartie en guerre avec un tel élan. La Marine et la France lui devaient beaucoup […]. Moysset, qui était encore à Vichy, m'a raconté plus tard que le maréchal Pétain l'avait fait venir le lendemain, jour de Noël, et que, en tête à tête dans son bureau, il lui avait longuement pris les deux mains entre les siennes, sans rien pouvoir lui dire tant il était ému… »

Le témoignage de l'Amiral Leahy, ambassadeur des États-Unis à Vichy jusqu'en mai 1942 (Diary, VIII, p.67) :

« En ce lugubre jour de Noël pour moi, j'ai été incapable d'écarter de mes pensées la tristesse que doit éprouver Madame Darlan, dont le fils unique a été récemment victime de paralysie infantile, et qui vient maintenant de perdre son éminent mari, assassiné. Je crois que si nous, les Alliés, réussissons à écraser l'Allemagne, l'amiral Darlan ira rejoindre les cohortes des héros de l'histoire de France. »

Le témoignage de Robert Murphy, représentant personnel de Roosevelt – avec rang de ministre – en Afrique du nord française (Diplomat among warriors, Doubleday, 1964, p.140) :

« Je l'ai probablement mieux connu que les autres Américains, et de façon étrange, je me suis mis à l'aimer. J'ai été tout particulièrement frappé de l'habileté avec laquelle Darlan défendait les intérêts français. Bien qu'il fût en position de faiblesse […], aucun négociateur n'aurait pu obtenir plus de concessions pour la France. »

La tombe de l'Amiral dans le cimetière marin de Mers-el-Kébir, avant qu'elle ne soit martelée. Le cimetière a été systématiquement profané dans les années 90 : croix brisées, sépultures fracassées… En guise de remise en état, bien de loin de donner à nos marins une sépulture digne de leur sacrifice, le gouvernement français a fait disparaître tous les crucifix, a rasé les tombes pour les remplacer par des parallélépipèdes anonymes en béton…

 

  • le 24 décembre 1942 : dans son discours de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque "des centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nation ou de leur race, ont été vouées à la mort".
  • le 24 décembre 1979 : premier lancement de la fusée européenne Ariane.

Vous souhaitez que votre patrimoine serve à défendre vos convictions, plutôt qu'être dilapidé par un Etat prédateur et dispendieux ?

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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8 commentaires

  1. Sur l’assassinat du Gal Darlan, F.Asselineau semble estimer qu’il représentait l’un des éléments sur lesquels les américains comptaient s’appuyer pour vassaliser la France et renforcer leur empire économique et leur domination sur l’ensemble de la planète.

  2. Attentat de la rue Saint-Nicaise : 12 morts, 40 blessés. Les auteurs : Limoëlan (jamais pris, mort en 1826 aux Etats-Unis), Carbon et Saint-Régean (arrêtés, jugés, exécutés).
    Frotté est fusillé le 19 février 1800, soit plus de 10 mois avant l’événement).

  3. Remarquez bien que la tiare de Boniface VIII ne comporte qu’une double couronne, et non triple. C’est à partir de Clément V (premier pape d’Avignon) que les papes ont porté le trirègne.
    Et encore Clément V n’a pas porté le trirègne (offert par la France) le jour de son couronnement dans la basilique Saint-Jean à Lyon, tout simplement parce que la tiare n’était pas prête. Le joailler n’avait pas fini son travail. Clément V portait ce jour-là encore la tiare de Boniface VIII.
    Un mur s’étant écroulé sur le passage du cortège il y eut plusieurs morts dont le duc de Bretagne. Clément V lui-même fut renversé de cheval avec sa tiare. Le joyau (visible sur l’image ci-dessus avec la croix) qui sommait la tiare fut perdu et probablement volé. On ne l’a jamais retrouvé.

  4. N’oubliez pas que Darlan fut désavoué par Vichy pour avoir rejoint les Alliés lors de sa présence inopinée dans la capitale algérienne. Il s’est rendu compte, bien tard, que la position de Pétain était intenable. Qu’il ait été exécuté par de Gaulle cela ne m’étonnerait pas. Il avait trahi la France, en un sens, en ne livrant pas la flotte française aux Alliés. D’où Mers-el-Kébir.

  5. N’oublions pas toutefois la politique ultra-collaborationniste du personnage.Protocoles de Paris. Autorisation donnée à la Luftwaffe d’utiliser nos bases en Méditerranée : Alep !
    Darlan, carriériste forcené, pensait que les Allemands favoriseraient sa carrière.
    “Esteva, l’Amiral qui n’a jamais connu l’amour, Darlan, l’Amiral qui n’a jamais connu la mer….”

  6. Grand soldat oublié que le Général de Castelnau. En 14, il était et de loin le meilleur de nos généraux. Il fut interdit de maréchalat car il n’avait jamais caché ses convictions catholiques et royalistes. La secte maçonnique sait reconnaître ses ennemis.

  7. Je ne sais pas trop quoi penser à propos de Vichy, de Pétain, de Darlan et des autres.
    Le politiquement correct, la gauche et la droite caviar, les bobos, les cocos, les gaullos, les connauds veulent que ce soit tous des collabos, des affidés au nazisme, des salauds, des traîtres.
    Mais ça me parait quand même un peu court comme argumentaire.
    Que faire quand vous êtes occupés par l’ennemi ? Que la population n’a rien à manger, que toutes les industries, les ressources agricoles sont confisquées par l’ennemi ?
    Que faire face à la volonté de l’ennemi de massacrer tous ceux qui ne leur plaisent pas, juifs, chrétiens, résistants, homos, etc… ?
    Que faire face aux pelotons d’exécution, aux exactions de toutes sortes ?
    S’il y a eu si peu de résistants avant août 1944 (parce qu’après ça a été la fête du slip), c’est que ça ne devait pas être aussi évident qu’on le prétend de lutter contre les nazis.
    Et puis, c’est tellement facile au fond de son fauteuil, un whisky à la main, le chien aux pieds, le feu dans la cheminée, de pérorer doctement sur ce qu’il fallait faire quand on a jamais rien fait de sa vie à part jacter…

  8. ..trotar..bravo..et merci…

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