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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 20 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 20 septembre 1378 : début du Grand Schisme d'Occident.

Sous la pression des Romains, un pape italien est élu sous le nom d'Urbain VI le 7 avril. Il succède alors à Grégoire XI, qui avait décidé, un an plus tôt, de rétablir la papauté à Rome. Mais le nouveau souverain pontife, dont l'élection est due à un peuple en armes et dont le caractère brutal choque de plus en plus, déplaît fortement aux cardinaux français, qui, en septembre, élisent un nouveau pape.

Un conclave réuni à Fondi élit Robert de Genève, antipape d'Avignon. Celui-ci prend le nom de Clément VII et s'installe à Avignon. Cet épisode marque le début du Grand Schisme d'Occident, l'Eglise ayant désormais deux papes et se voit alors divisée entre les partisans de chacun des deux pontifes, Clément VII et Urbain VI. Ce dernier mène une politique autoritaire, si bien qu'il perd peu à peu tous ses alliés. Le pontificat de Clément dure jusqu'à sa mort, le 16 septembre 1394 à Avignon (voir la chronique du jour). Il sera remplacé par Benoit XIII. Leurs morts donnent lieu à l'élection de deux nouveaux papes, qui entrent immédiatement en conflit l'un contre l'autre. Voir les chroniques du 17 janvier, du 8 avril, du 15 octobre.

 

  • le 20 septembre 1695 : naissance de Claude de Saint-Simon, religieux français, 80e abbé de Jumièges, puis évêque.
  • le 20-21 septembre 1697 : signature du Traité de Ryswick.

La signature du Traité de Ryswick, réalisée dans la petite ville de Rijswijk, située dans faubourgs de La Haye, met fin à la Guerre de la Ligue d'Augsbourg qui oppose Louis XIV et la Grande Alliance. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume d'Orange-Nassau comme roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III et de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols à Charles II d'Espagne. En échange, il permet à la France d'être reconnue comme la propriétaire de la Baie d'Hudson au Canada. De plus, elle récupère à nouveau Terre-Neuve mais ne garde, en contrepartie qu'un bout de l'Acadie. L'île d'Haïti est partagée entre la France et l'Espagne. Les Français finissent par obtenir le côté occidental de Saint-Domingue. Cf. la chronique du 17 mai.


  • le 20 septembre 1703 : les Camisards massacrent des habitants catholiques de Saturargues, près de Lunel.
  • le 20 septembre 1792 : « victoire » française sur les Prussiens à Valmy.

L'armée française emmenée par les généraux Dumouriez et Kellermann l'emporte face aux Prussiens du duc de Brunswick. Cette victoire surprise donne un coup d'arrêt à l'invasion de la France révolutionnaire par les puissances monarchistes. Depuis l'emprisonnement de Louis XVI, en août 1792, les Prussiens avaient envahi l'Est de la France sans difficultés. Valmy est appelée « la première victoire militaire de la république ». Ce que la république oublie de dire c'est qu'au début de la bataille, les soldats français se battaient pour le Roi. La nouvelle de la fin de la monarchie leur parvenant qu'après.

La bataille de Jemappes, du 6 novembre suivant, est la première victoire de la république ; elle est surtout due à l'écrasante supériorité numérique des Français : 40 000 Français contre à peine 13000 Autrichiens.

  • le 20 septembre 1792 (toujours): les registres de l'Etat Civil passent à un officier public.

Par décret du jour, naissance, mariage et décès sont dépouillés de tout caractère religieux et devient des actes purement administratifs. Le mariage devient le contrat civil. En fait, depuis le XIV siècle l'administration française s'appuyait sur le travail des curés, qui pour leur paroisse tenaient un registre paroissial. Cette habitude vient de Bretagne, plus précisément du diocèse de Nantes vers 1406. Il est rapidement suivi par les autres évêques bretons puis par tous les diocèses de France. C'est François 1er, avec son ordonnance de Villers-Cotterêts, qui rend la tenue de ces registres obligatoire. Les paroisses ont huit jours pour transmettre aux officiers publics tous les registres dont elles disposent.

  • le 20 septembre 1792 (encore) : vote d'une loi autorisant pour la première fois le divorce en France.

L'Assemblée législative vote le divorce. La nouvelle loi a un impact très fort sur la population. A partir de l'an VII (fin 1798 et début 1799), un mariage sur trois est dissout à Paris. Le but est de transformer le mariage, sacrement indissoluble qui relève de l'église, en simple contrat notarial. La nouvelle loi est abolie en 1816 sous Louis XVIII, puis rétablie en 1884.

  • le 20 septembre 1804 : décès de Pierre Méchain, astronome français.
  • le 20 septembre 1854 : bataille de l'Alma.

Cette bataille à lieu pendant la guerre de Crimée. C'est en souvenir de cette bataille et pour saluer leur courage et leur action décisive qu'est réalisé le Zouave du pont de l'Alma à Paris par le sculpteur Georges Diebolt.

  • le 20 septembre 1870 : entrée des troupes italiennes dans Rome.

Ayant retiré ses troupes de Rome entre le 4 et 6 aout, Napoléon III trahit le Saint Père et laisse les Italiens s'emparer par la force de la ville éternelle. Le pape se considère prisonnier et ne sort plus du Vatican. Cette controverse, appelée « Question romaine » durera jusqu'en 1929 avec les accords du Latran.

  • le 20 septembre 1900 : le pape Léon XIII dissout officiellement les États pontificaux.
  • le 20 septembre 1949 : dévaluation du franc français.

Le franc est dévalué de 22%.

  • le 20 septembre 1989 : déclaration du chef des Druzes au Liban.

Oualid Joumblatt, chef des Druzes, déclare : «que Dieu maudisse la France, si elle s'en prend à l'Islam. »

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 359)

  • le 20 septembre 1992 : référendum en France sur le traité de Maastricht

Il aboutit à une courte victoire du « oui »: 51%.

  • le 20 septembre 1996 : premier voyage d'un pape, en l'occurrence, Jean-Paul II en Bretagne (à Sainte-Anne-D'Auray).

Dans le cadre de la célébration du 1500ème anniversaire du baptême de Clovis et de ses guerriers, donc du baptême de la France, le pape vient prier aux pieds de la statue du Comte de Chambord offrant la couronne de France à Sainte Anne.

Extrait de l'homélie du Saint Père, prononcée devant plus de 150 000 personnes :

« Cette foi, qui est votre héritage commun, est affrontée à de nombreux défis. Certes, les causes d'inquiétude sont multiples. Ainsi, on voit se développer un climat d'indifférence et d'individualisme; certains ne savent pas accepter l'autre dans sa différence; certains désespèrent devant le mal du monde. Trop souvent la mémoire chrétienne s'affaiblit, notamment dans les jeunes générations, qui ont bien du mal à s'approprier leur héritage religieux. Mais on perçoit aussi chez vous de nombreux signes de vitalité. L'Esprit Saint est à l'œuvre dans les cœurs et suscite d'admirables conversions intérieures, des vocations inattendues, un renouveau du sens de la vie conjugale; des laïcs de plus en plus nombreux s'engagent dans l'animation de la communauté chrétienne et dans les structures de la vie publique et sociale. Aujourd'hui, je suis venu vous inviter à faire grandir l'espérance en vous et autour de vous. Comme vos pères dans la foi, soyez des bâtisseurs de l'Église dans les générations nouvelles!

Vivez l'espérance, mettez votre confiance en ce Dieu qui a fait alliance avec les hommes dans la personne de son Fils Jésus! Une représentation traditionnelle de sainte Anne nous la montre faisant lire la Bible à sa fille Marie. C'est une invitation à accueillir la parole de Dieu, à s'en imprégner pour en témoigner dans les réalités humaines. Ouvrez vos cœurs au Christ sa parole vous indique le chemin pour aller vers son Père! Dans l'humble fidélité aux appels adressés par Dieu dans la vie quotidienne, chacun donne sa propre réponse de foi à la Parole. C'est ce que firent tant de familles de votre région. »

L'intégralité se trouve ici :

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/1996/documents/hf_jp-ii_hom_19960920_fedeli-bretagna_fr.html

La statue du Comte de Chambord a été réalisée par le sculpteur Caravaniez. Elle représente le Prince en prière, revêtu du manteau du sacre, agenouillé face à Sainte-Anne, avec à ses pieds la couronne de France posée sur un coussin. Autour du piédestal se dressent quatre statues : sainte Jeanne d'Arc, sainte Geneviève, Duguesclin et Bayard.

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7 commentaires

  1. Victoire de Valmy: vous pouvez creuser un peu et vous apprendrez qu’il ne s’agit pas d’une victoire, mais de l’achat à la Prusse d’une tranquillité révolutionnaire (un Professeur d’Histoire du Droit m’avait indiqué qu’il s’agissait de la Couronne de Louis XVI qui avait été donné aux Prusiens).
    100 000 Prussiens décident d’une retraite contre 24000 Français. Total de cette petite victoire : 484 morts.

  2. Bonjour,
    Une précision à propos de l’élection de Clément VII. Il ne faut pas utiliser le terme « antipape » pour Clement VII et Benoît XIII : on considère qu’il y avait vraiment 2 papes simultanément à cette époque car, à la différence d’autres antipapes, c’est le même collège de cardinaux qui a élu Urbain VI et Clément VII. Sans parler des doutes réels sur la validité de l’élection d’Urbain VI.
    C’est ce qui est enseigné à Rome. Je tiens ce raisonnement d’un docteur en histoire irréprochable et de surcroît romain et fier de l’être. 😉
    merci pour tout ce que vous faites
    In Christo
    Abbé YM

  3. N’en déplaise aux docteurs en histoire, Clément VII (Robert de Genève) est un ANTIPAPE, considéré comme tel par la Sainte Eglise.
    L’enseignement constant de la Sainte Eglise, qui a tranché dans cette affaire, vaut largement les opinions des universitaires qui n’ont aucune autorité (et parfois guère de compétences) pour cela.
    En outre, théologiquement, il est absurde de prétendre qu’il puisse y avoir deux papes en même temps !!! Un siège épiscopal, celui de Rome compris, ne peut être occupé que par un seul évêque légitime, l’autre étant un intrus. Une église à deux têtes, c’est ridicule.

  4. Cher Monsieur,
    vous avez raison, il est difficile de dire qu’il y ait eu 2 papes en même temps.
    Par contre, dites-moi où vous avez vu que l’Eglise a tranché. C’est justement ce que je cherchais à dire : elle ne prend pas position pour cette période des plus obscures. Au passage je rappelle qu’un saint canonisé en 1456, St Vincent Ferrier, défendait la légitimité de Benoît XIII. Ce n’est qu’au concile de Collioure en 1417 qu’il a quitté le débat pour repartir dans sa mission d’évangélisation. En effet, il disait à Benoît XIII, qui s’entêtait, que l’unité de l’Eglise était plus urgente et importante que de faire reconnaître sa légitimité. Le Pape qui a fait l’unité, Martin V si je ne me trompe, a été élu par un conclave constitué des 2 collèges des cardinaux (de Rome et d’Avignon). Ainsi même là on ne peut pas affirmer que ce serait tel ou tel camp qui a gagné. Ce qu’il faut retenir à mon sens, c’est surtout que même dans de telles vicissitudes le Saint Esprit a maintenu la barque de St Pierre à flot.
    Quant à « l’universitaire » que vous semblez presque insulter, sachez que c’est un saint prêtre de l’Eglise catholique et membre de l’Opus Dei. Ce n’est pas leur genre de s’aventurer à lancer des « opinions » en l’air pour faire parler…
    In Christo
    Abbé YM

  5. « Victoire de Valmy »
    Le roi ne gouverne plus il est déclaré « suspendu » le 10 août 1792. Le 12 août au lever du soleil, les troupes légères prussiennes pénètrent sur le territoire français. Le 15, l’armée prussienne vient camper entre Sierck et Luxembourg, la communication est coupée entre Longwy et Montmédy. Le 19, le maréchal Luckner subit une attaque de 22 000 Autrichiens à Fontoy. Le 23, Longwy tombe. Les troupes françaises n’ont subi que des revers depuis la déclaration de guerre. Le 2 septembre, Verdun, place forte réputée imprenable, capitule : la route de Paris est alors ouverte.
    Le 20 septembre 1792, à la hauteur du moulin de Valmy, les troupes prussiennes et françaises sont positionnées face à face en ordre de bataille. Comme il est d’usage à l’époque avant d’engager le combat on tire le canon sur l’ennemi pour l’affaiblir et pour compter ses forces par rapport à l’armée positionnée en face.
    Les Prussiens tirent les premiers, les Français ripostent, fin du premier jour : bilan 184 morts chez les Prussiens, 300 chez les Français. L’avantage est du côté prussien sans contestation aucune.
    Le lendemain la bataille doit s’engager, les Prussiens ont largement la supériorité en nombre de soldats et en moyens – 170 000 Austro-Prussiens engagés contre seulement 24 000 Français- c’est une victoire assurée, or, les Prussiens refusent le combat et se retire sans échanger un coup de feu. La France à gagné la bataille par défaut, sans combattre. La vérité est qu’il n’y a pas eu de bataille donc pas de victoire.

  6. le 20 septembre 1804 décès de Pierre Méchain, astronome français. Cette date est le « 3ème jour complémentaire de l’An XII ».
    Il a été enterré, à Castellon, dans un cercueil en plomb, qui sera fondu.. pour faire des balles pour tirer contre les Français..

  7. Je ne sais pas vraiment pourquoi le Comte de Chambord a refusé le trône. Est ce pour le refus du drapeau tricolore comme certains le prétendent, je n’y crois pas car les enjeux étaient autrement plus importants.
    Franc maçonnerie, peur de franchir le pas, paresse ou bien une bonne raison ?

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