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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 2 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 2 ou le 11 septembre 909 : fondation de l'abbaye de Cluny, en Bourgogne.

(Le 2 septembre, selon la date proposée par l'historien de Cluny Guy de Valous, dans: Le monachisme clunisien des origines au XVe siècle. D'autres historiens place la fondation le 11 septembre.)

Suite au Traité de Verdun de 843, les Abbayes bénédictines se voient placées sous la tutelle de princes, comtes et autres seigneurs des provinces de l'Empire.

Guillaume Ier le Pieux, comte de Mâcon, duc d'Aquitaine, consacre son domaine de Cluny aux Saints Pierre et Paul pour y faire bâtir une Abbaye obéissant à la règle de Saint Benoît. Mais il souhaite que l'abbaye soit placée directement sous la tutelle pontificale. C'est donc une abbaye immunitaire, indépendante à la fois de l'évêque et des seigneurs de la région, et ne devant obéissance qu'au pape. Cet élément joue un grand rôle dans le développement de l'abbaye.

Bernon devient le premier Père Abbé de Cluny. Il reçoit le pouvoir de pouvoir rendre justice sur son domaine ; Cluny prend de l'importance en France car l'abbaye peut octroyer protection à d'autres abbayes. Un réseau puissant et quasi-indépendant du pouvoir des derniers carolingiens prend forme. Mais l'expansion de Cluny son apogée au XIe siècle est en grande partie l'œuvre de l'un de ses plus grands abbés : Odilon.

L'abbaye constituait un foyer intellectuel et culturel important du Xe au XIIe siècle. Cluny est aussi un centre d'études de premier ordre. A la révolution, l'abbaye devient bien national. Les révolutionnaires détruisent le bâtiment, qui était en bon état, à l'aide de mines dès 1791, en ayant préalablement vendu tapisseries, mobiliers, et les objets du culte. Ils brûlent les archives. Le domaine de l'abbaye est vendu en 1798 pour 2,14 millions de francs. Le 8 mai 1810, on fait exploser la façade et le grand portail. L'abbaye sert alors de carrière de pierres jusqu'en 1813.

  • le 2 septembre 1715 : le Parlement de Paris déclare Philippe d'Orléans Régent.

Le testament est rédigé le 2 aout et complété par deux codicilles du 23 avril et du 23 aout 1715. Les lois fondamentales du Royaume désignent Philippe d'Orléans comme Régent. Le problème est que les mœurs du neveu du Roi-Soleil sont scandaleuses. Ses orgies et fêtes scabreuses ont fait de lui un personnage qui sent le souffre. Pour respecter les lois fondamentales du Royaume tout en contrôlant les actes politiques de son neveu, le Roi trouve une solution originale.

Le Roi n'écarte pas Philippe d'Orléans, mais le nomme chef du conseil de Régence ; il en nomme par écrit tous les membres et le Régent doit suivre la majorité sur les décisions à prises. Le Fils légitimé du Roi, le Duc du Maine est le chef des armées.

Philippe d'Orléans prépare sa riposte le jour même de la mort du Roi en convoquant le Parlement et les Pairs de France, avec qui, il a d'avance négocié le titre de Régent. Le Parlement de Paris annule donc le testament de Louis XIV et attribue la régence à l'oncle du jeune Louis XV, le duc Philippe d'Orléans, fils de Monsieur et de La Palatine. En échange le Parlement obtient un accroissement de certains de ses droits…

  • le 2 septembre 1715 : chapelle funéraire du Roi Soleil.

Le cercueil de Louis XIV est exposé dans le salon de Mercure au château de Versailles, veillé par 72 ecclésiastiques, avant d'être transporté en grandes pompes à la basilique Saint Denis.

  • le 2 septembre 1773 : naissance de Louis de Ghaisne, comte de Bourmont, maréchal de France

Collégien à l'école royale militaire de Sorèze de 1787 à 1790, Louis de Ghaisne, comte de Bourmont y fait la connaissance d'Henri de La Rochejaquelein. En 1788, il entre au régiment des Gardes-françaises et assiste aux évènements du 14 juillet 1789 et à la mutinerie de son régiment le même jour. Fin 1790, il émigre et en 1791, il sert sur le Rhin comme aide de camp du prince de Condé.

En 1795, étant passé dans l'Ouest il y sert d'abord d'agent de liaison entre l'insurrection et l'émigration, puis comme commandant en second des troupes avec la fonction de major-général de l'Armée catholique et royale du Maine, d'Anjou et de la Haute-Bretagne. Il participe à la troisième chouannerie en 1799 et commande l'Armée catholique et royale du Maine avec laquelle il écrase les Bleus à la bataille de la Hennerie prend Le Mans. Compromis dans la conspiration de Cadoudal, il est arrêté sur ordre de Fouché en 1801, mais s'évade en 1804 et part habiter au Portugal. Sous la Restauration il commande l'expédition en l'Algérie. Il meurt le 27 octobre 1846.

  • le 2 septembre 1792 : massacres révolutionnaires, début de la Terreur.

1532 personnes sont massacrées à Paris dans le but de terroriser la population et de réduire les indécis ou les modérés au silence. C'est le début de la Terreur.

« Sans cette journée, la révolution ne se serait jamais accomplie […] il n'y aurait pas de Convention nationale. » (*)

Comme le vote qui suit peut-il être encore considéré comme valide. 90% des inscrits ne vont pas voter. Parmi les victimes sont assassinée des personnes qui auraient pu être gênantes lors du procès du Roi auquel les révolutionnaires pensent déjà.

Et le décret de béatification des Martyrs de septembre affirme :

« On ne pourra jamais assez déplorer ce noir et misérable fléau qui, à la fin du XVIII siècle, caché sous le nom mensonger de philosophie, avait perverti les esprits et corrompus les mœurs et rempli avant tout la France de meurtres et de ruines. L'âme est émue d'horreur au souvenir des inexprimables spectacles de cruauté et de barbarie qu'exhibèrent pendant la révolution française, des hommes impies et scélérats, à peine dignes de ce nom d'hommes : les temples sacrés dépeuplés, les signes sacrés de la religion catholique violés, des évêques, des prêtres, de pieux laïques immolés arbitrairement, pour avoir refusé de prononcer une formule de serment décrétée par la puissance laïque et ouvertement opposée aux droits de l'Eglise, à la liberté de conscience, ou pour s'être montrés moins bienveillants envers ces nouvelles institutions politiques.

Parmi tant de prêtres illustres et de chrétiens remarquables qui, durant cette noire tempête, furent livrés à la mort, brille certes au premier rang cette insigne légion d'hommes qui à Paris, au mois de septembre 1792, furent immolés avec une souveraine et une infâme barbarie. » (*)

(*) François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et de mœurs, (Editions de Chiré pages 74 et 75)

C'est le début des massacres de septembre à Paris. Pendant quatre jours, des Parisiens, encouragés par quelques personnalités politiques (Danton, Marat, Fréron) massacrent quelque 1 300 prisonniers.

  • le 2 septembre 1793 : la Convention ordonne de détruire les portraits et effigies des Rois.

Du passé il faut faire table rase ; voir la chronique du 12 mai pour comprendre à quel point la haine peut rendre stupide. Sans le courage d'agents municipaux strasbourgeois la cathédrale aurait été défigurée.

  • le 2 septembre 1795 : un décret consacre le principe de dualité de juridictions de l'ordre juridique français.

Selon ce principe, le juge judiciaire ne peut connaître des litiges impliquant l'administration. Le pouvoir napoléonien consolide cette architecture judiciaire avec la création de juridictions administratives spécifiques : le Conseil d'État est institué par la Constitution de l'an VIII sur le modèle de l'ancien conseil du roi, suivi des Conseils de préfecture et de la Cour des comptes.

  • le 2 septembre 1870 : signature de l'acte de reddition après la défaite de Sedan, Napoléon III est fait prisonnier.

Après l'échec de la division du Général Margueritte, composée de régiments de Chasseurs d'Afrique, de Chasseurs, de Hussards, à briser l'encerclement de Sedan, Napoléon III, encerclé à Sedan, capitule : il est fait prisonnier avec 91 000 hommes, 400 canons et 6000 chevaux. La nouvelle du désastre de Sedan arrive à Paris aux ministres, par un message de Napoléon III:

"L'armée est défaite et captive ; n'ayant pu me faire tuer au milieu de mes soldats, j'ai dû me constituer prisonnier pour sauver l'armée".

  • le 2 septembre 1945 : Hô Chi Minh proclame l'indépendance du Viêt Nam.

Hô Chi Minh proclame la République Démocratique du Viêt Nam à Hanoï et l'indépendance du pays sur la Place Ba Dinh. Le Vietminh, fondé en 1941 par d'anciens dirigeants du parti communiste indochinois, profite de la capitulation du Japon et de l'épuration lancée par les gaullistes dans l'administration française locale, pour proclamer l'indépendance. Ho Chi Minh devient président du nouveau gouvernement révolutionnaire. La guerre d'Indochine va commencer dans peu de temps.

  • le 2 septembre 1970 : mort du Général Koenig.

Fils d'un facteur d'orgue d'origine alsacienne, Marie Pierre François Joseph Koenig naît à Caen le 10 octobre 1899.

Il participe à la première guerre mondiale au sein du 36e Régiment d'Infanterie, et se distingue dans les Flandres, dans l'Oise et sur l'Ailette. En 1931, devenu capitaine, Pierre Koenig rejoint la Légion Étrangère au Maroc et participe aux opérations de pacification du Rif. En 1940, Koenig participe à la bataille de Narvik au sein de la 13e Demi-Brigade de la Légion Etrangère. En 1941, Koenig participe aux combats de Syrie contre les forces françaises restées fidèles au Maréchal Pétain, avec l'état-major de la 1re Division de la France Libre. C'est à la tête de la 1re Brigade Française Libre qu'il mène la Défense de l'oasis de Bir-Hakeim, puis participe à la bataille d'el-Alamein.

Le 25 août 1944, Pierre Koenig défile sur les Champs-Élysées à Paris. Dans la foulée, il est nommé Gouverneur Militaire de Paris, jusqu'à la fin de la guerre.

Inspecteur en Chef des Forces d'Afrique du Nord, député du Bas-Rhin, président de la Commission de Défense de l'Assemblée Nationale, ministre de la Défense, compagnon de la Libération et membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, Pierre Koenig décède à l'Hôpital Américain de Neuilly.

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2 commentaires

  1. “Une abbaye immunitaire”. Plus exactement une abbaye exempte. L’exemption est le terme correct en droit canonique. Aujourd’hui encore les ordres religieux sont exempts, c’est-à-dire non soumis à l’autorité épiscopale. Ils doivent cependant collaborer avec elle dans le domaine pastoral.

  2. Certes, Bourmont était maréchal de France, il a dirigé l’armée lors de la conquête d’Alger en 1830. Mais son discutable “exploit” du 15 juin 1815 (il a déserté la veille de la bataille de Ligny et renseigné les Prussiens) est passé sous silence. Blücher l’a méprisé pour cela.
    Quand au général Koenig, lui aussi a été fait maréchal de France, à titre posthume, par un décret rendu par le président Mitterrand le 6 juin 1984.

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