C’est arrivé un 18 mars…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 18 mars: saints du jour français ou en France.
    • St Léobard, reclus dans une cellule († v. 593)

À Tours, vers 593, saint Léobard, qui vécut en reclus dans une cellule proche de Marmoutier, avec l'éclat d'une abstinence et d'une humilité admirables.

  • Bse Marthe (Aimée Le Bouteiller), vierge († 1883)

Au couvent de Saint-Sauveur-le-Vicomte en Normandie, l'an 1883, la bienheureuse Marthe (Aimée Le Bouteiller), vierge, des Sœurs des Écoles chrétiennes de la Miséricorde, qui, comptant entièrement sur Dieu, occupa pendant quarante ans humblement les tâches de cuisinière et de jardinière.

 

 

  • le 18 mars 417 : élection du pape saint Zosime.
  • le 18 mars 1227 : décès du pape Honorius III.

Honorius III, né Cencio Savelli est pape de 1216 à 1227. Il avait pour projet de relancer la Cinquième croisade, commencée en vain par son prédécesseur, mais la mauvaise volonté de l'empereur fait qu'Il meurt sans avoir vu ses projets de croisade menés à bien. C'est son successeur Grégoire IX, qui s'occupera de sa réalisation

Honorius donne la bénédiction pontificale aux règles des dominicains en 1216 et des franciscains en 1223. Il accorde des privilèges aux universités de Paris et de Bologne, les deux plus grands centres d'études à cette époque.

St Dominique remet sa règle au pape Honorius III, peint par Leandro Bassano ; le tableau se trouve dans la sacristie de l'église San Giovanni e Paolo.

  • le 18 mars 1314 : supplice de Jacques de Molay, grand maître des Templiers, et de Geoffroy de Charnay, commandeur de Normandie, sur l'île de la Cité à Paris.

Jacques de Molay, grand maître du Temple et Geoffroy de Charnay, commandeur de Normandie, condamnés par la justice royale du Roi Philippe IV le Bel, sont brûlés vifs, le soir même, dans l'Île de la Cité à Paris. Au moment de mourir, il maudit le Roi et le pape Clément V, leur prédisant qu'ils mourraient eux aussi avant la fin de l'année. L'ordre est supprimé le 3 avril 1312 par la bulle papale "Vox in excelso".

  • le 18 mars 1523 : création du Trésor de l'Epargne.

Créé sous l'Ancien Régime par le Roi François Ier, cette institution a pour mission de concentrer en une seule caisse, les recettes et les dépenses de la monarchie. En 1664, le Trésor de l'Epargne est remplacé par Colbert par le Trésor Royal.

  • le 18 mars 1563 : Jean Poltrot de Méré, l'assassin du duc François de Guise, est écartelé place de Grève, à Paris.

Voir la chronique du 24 février sur l'assassinat du duc de Guise et le rôle infâme joué par l'amiral de Coligny.

  • le 16 mars 1662 : inauguration du premier transport en commun parisien entre la Porte St Antoine et la Porte du Luxembourg.

Il s'agit de carrosses publics. Blaise Pascal en est l'instigateur. Le trajet coûte 5 sols. Certains affirment que le trajet allait de la porte St Martin à la Porte du Luxembourg.

  • le 18 mars 1793 : défaite de Neerwinden.

L'armée autrichienne sous les ordres du Prince de Cobourg bat l'armée française commandée par le général Dumouriez.

  • le 18 mars 1793 : la Convention vote un décret qui oblige tout citoyen à dénoncer les émigrés et les prêtres qui sont passibles de déportation.
  • le 18 mars 1796 : l'assignat qui a perdu toute sa valeur est remplacé par un autre papier monnaie, le mandat territorial qui subit en un an le même sort que l'assignat.
  • le 18 mars 1800 : adoption de la loi réorganisant la justice.

Les juges appointés deviennent inamovibles à vie, après un stage.

  • le 18 mars 1830 : naissance de Fustel de Coulanges, historien français.

« Le passé ne meurt jamais complètement pour l'homme. L'homme peut bien l'oublier, mais il le garde toujours en lui. » (Dans : La Cité antique)

« L'état social et politique d'une nation est toujours en rapport avec la nature et la composition de ses armées. » (Dans : La Cité antique)

"Les hommes sentent dans leur cœur qu'ils sont un même peuple lorsqu'ils ont une communauté d'idées, d'intérêts, d'affections, de souvenirs et d'espérances." (Dans Questions contemporaines)

  • le 18 mars 1863 : l'encerclement de Puebla par les Français est effectif.

Cf. la chronique du 29 mars.

  • le 18 mars 1871 : début du soulèvement de la Commune de Paris.

Jean Sévillia, dans Historiquement correct (Edition Perrin page 209), note que les grands travaux d'Haussmann ont coupé Paris en deux; à l'ouest les riches, à l'est les pauvres. Le développement industriel de la ville a attiré près d'un 1,5 millions de nouveaux habitants par rapport à 1800. Cette population laborieuse et miséreuse souffre de conditions de vie déplorables Et alors que la foi catholique connaît un renouveau extraordinaire partout en France, elle est en fort recul à Paris.

Le mois de mars est très agité à Paris, Thiers a fait remonter l'Assemblée de Bordeaux à Versailles. Le gouvernement s'installe au quai d'Orsay. Le 18 mars une opération est engagée pour récupérer 200 canons placés sur la butte Montmartre. Montée en dépit du bon sens elle tourne mal. Les généraux Lecomte et Thomas sont exécutés par les émeutiers, dans une orgie de sang, à Montmartre, sous les yeux du maire Clemenceau.

Thiers évacue la capitale et à minuit le drapeau rouge flotte sur l'Hôtel de Ville que le comité central des fédérés vient d'occuper. Thiers choisit de laisser monter l'insurrection pour mieux la réprimer. La ville est abandonnée aux extrémistes et aux idéologues socialistes les plus violents : Delescluze, Rigault, Blanqui, Louise Michel « la pétroleuse » initiée en maçonnerie etc.…

  • le 18 mars 1903 : dissolution des congrégations religieuses non autorisées en France.
  • le 18 mars 1915 : une tentative de débarquement des marines française et anglaise dans les Dardanelles échoue avec de sévères pertes.

     

  • le 18 mars 1946 : les troupes du général Leclerc entrent à Hanoï.

Voilà plus d'un an que les Japonais, inquiets des menaces et provocations des gaullistes, ont cru devoir mettre un terme au protectorat de la France sur l'Indochine, protectorat miraculeusement maintenu par l'amiral Decoux depuis juillet 1940 : le 9 mars 1945, toutes les garnisons françaises ont été soudainement attaquées. La disproportion des forces était telle qu'il n'a fallu aux Japonais que quelques jours pour anéantir la présence administrative et militaire française en Indochine. Aidés par les Japonais (et un peu plus tard par les Américains !), les communistes, qui ne représentaient quasiment rien sous l'administration Decoux, vont combler ce vide administratif. En quelques mois, la plus grande partie du Nord Annam sera définitivement sous leur contrôle. Jamais des civils français ne pourront se réinstaller au Tonkin en dehors de quelques grands centres urbains. À de rares exceptions près, la brousse, la jungle et la rizière, contrôlées par le Vietminh, leur sont interdites.

« Après avoir vu "la chute de l'homme blanc et son humiliation par des Asiatiques, […] la population vietnamienne se retourne brusquement contre les colonisateurs. Les Européens sont désormais soumis à toutes sortes de brimades, vexations, vols, attentats et agressions diverses. On risque sa vie en allant simplement faire les courses. La marchande de légumes, si aimable autrefois, vous injurie et refuse de vous servir. Les enfants de la rue, si gais et si souriants avant le 9 mars, volent les bicyclettes  arrachent les montres, les bijoux et les sacs. » (Paul Rignac, La désinformation autour de la fin de l'Indochine française, p.200-201)

Quand Leclerc arrive à Hanoï, ce 18 mars 1946, ces Français du Tonkin, qui ont vécu un véritable enfer, demandent en grand nombre leur rapatriement. Pour ajouter au malheur de la péninsule, les émissaires gaullistes, arrivés de métropole après la défaite finale du Japon, n'ont rien de plus urgent à faire que de transposer en Indochine les sinistres mœurs qui sévissent en France : organiser une épuration massive. Cette épuration va causer :

"[…] une fracture irréparable entre la quasi-totalité  des anciens Français d'Indochine et les nouveaux arrivants nommés par le GPRF, […] priver l'Indochine de cadres compétents, et compromettre l'image de l'ensemble des Français aux yeux des Indochinois. La négation de cette épuration est un grand sujet de désinformation." (Ibid., pp.211 et 198)

Les populations d'Indochine allaient souffrir trente années de martyre. L'armée française, elle, laisserait sur le terrain plus de cinquante mille morts, dont chaque année un nombre d'officiers équivalents à une promotion de Saint-Cyr. Le général De Gaulle voulait instamment du "sang versé" : il y en aura, versé à profusion. Mais il ne vaudra jamais à la France auprès de ses "Alliés" le "titre imposant" que le chef de la France libre en attendait.

 

"Pour pénible que dût être localement cet aboutissement, je dois dire que, du point de vue de l'intérêt national, j'envisageais volontiers qu'on en vînt aux mains en Indochine. Je tenais pour essentiel que le conflit ne s'y achevât pas sans que nous fussions, là aussi, devenus des belligérants. […] Si nous prenions part à la lutte, fût-elle près de son terme, le sang versé sur le sol de l'Indochine nous serait un titre imposant. […] Je voulais que nos troupes se battent, en dépit de ce que leur situation aurait de désespéré." Charles De Gaulle, Mémoires de guerre.

Quand le cynisme le plus cruel se mêle à l'aveuglement le plus obtus…

  • Le 18 mars 1962, les Accords d'Evian sont signés par les autorités françaises et mettent officiellement un terme à la guerre d'Algérie.

Quand les mêmes causes reproduisent les mêmes effets. La France (Louis Joxe) et le FLN (Krim Belkacem) signent à Evian un traité qui reconnaît la souveraineté de l'Etat algérien et instaure un cessez-le-feu dans tout le pays. Le cessez-le-feu intervient le 19 mars à midi. Cette guerre s'achève par la proclamation de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962.

Malgré la signature des accords, la guerre va continuer à faire rage. Le FLN totalement battu sur le terrain va s'attaquer aux populations civiles, autochtones et pieds-noirs que l'Etat français ne protège plus sur ordre du chef de l'Etat. Combien de disparitions, de crimes et d'assassinats commis devant les forces de l'ordre françaises qui ne bougèrent pas et laissèrent leur compatriotes sans défense ?

  • le 18 mars 1997 : Mgr Ratzinger, futur pape Benoît XVI publie "Le Sel de la terre".

     

  • le 18 mars 2002 : la première pierre du mémorial parisien dédié aux militaires morts ou disparus en Afrique du Nord de 1952 à 1962 est posée au Cimetière du Père-Lachaise.

Laisser un commentaire