C’est arrivé un 18 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 18 juin 1294 : naissance de Charles IV « Le Bel ».

Charles est le troisième fils de du Roi Philippe IV « Le Bel » et de Jeanne de Navarre. Ces deux premiers frères les Rois Louis X et de Philippe V, étant morts sans descendance, le trône lui revient. Voir la chronique du 13 janvier sur le testament de saint Remi et ses conséquences sur la lignée des Rois de France. Charles est sacré à Reims le 21 février 1322.

De sa mère il hérite du royaume de Navarre sous le nom de « Charles Ier ». Il est le dernier des capétiens directs, puisque sa fille Jeanne la posthume ne peut héritier du Royaume de part la loi de sacralité qui écarte les femmes non pas de la gouvernance du Royaume mais du trône.

Voir les chroniques des 1er et 21 février.

  • le 18 juin 1429 : victoire de Jeanne d'Arc à Patay.

La bataille de Patay est un événement majeur de la guerre de Cent Ans. Les Français écrasent les Anglais. 2 000 Anglais y sont tués, là où 5 Français seulement meurent, et ce, à une époque où l'on combat un contre un. Talbot, leur chef est fait prisonnier. Patay est une victoire miraculeuse et efface Azincourt.

Cette victoire s'inscrit dans la continuité de la libération d'Orléans et des victoires de Jargeau, Meung-sur-Loire et Beaugency.

C'est d'ailleurs après la dernière bataille où Jehan II d'Alençon, le « Gentil duc », Jehan de Brosse, maréchal de Sainte-Sévère et Sénéchal du Limousin, Ambroise de Loré, Jehan de Dunois «Bâtard d'Orléans », le défenseur d'Orléans, Jehan Poton de Saintrailles (ou Xaintrailles) et Étienne de Vignolles dit «La Hire» se trouvent sous ses ordres, renforcés par les Bretons d'Arthur de Richemont. La route de Reims est totalement libérée. Voir les chroniques du 8 mai, des 12, 15 et 17 juin.

  • le 18 juin 1538 : Traité ou Paix de Nice entre Charles Quint roi d'Espagne et François Ier, Roi de France.

C'est le pape Paul III qui fait signer la Paix de Nice, le 18 juin 1538 au Couvent Ste-Croix hors les murs à Nice, à François 1er et Charles Quint. Le Roi de France et l'empereur d'Espagne s'affrontaient pour s'approprier les terres du duché de Milan, après à la mort de François II Sforza. Le pape leur demande de s'allier pour lancer une croisade contre l'Angleterre et les Turcs. Le traité prévoit donc que la France conserve ses conquêtes : Bresse, Bugey et une grande partie du Piémont, le Saint Empire Germanique obtient le Milanais et la majeure partie de la Savoie ; une trêve de 10 ans est conclue.

  • le 18 juin 1574 : Henri Ier de Pologne quitte la Pologne pour devenir Roi de France sous le nom d'Henri III.

Cf. la chronique du 13 février.

  • le 18 juin 1694 : victoire défensive française à Camaret.

Une flotte anglo-hollandaise est repoussée par Vauban dans sa tentative de débarquement à Camaret, la pointe ouest de la Bretagne. Une fois de plus le « proverbe » se vérifie : «  Ville attaquée par Vauban, ville prise. Ville défendue par Vauban, ville imprenable ». Les anglo-hollandais ne peuvent pas atteindre la flotte française stationnée à Brest qu'ils souhaitaient détruire.

Par contre, ils perdent une grande partie de leurs troupes : 800 Anglais débarqués sont tués ou blessés, 400 hommes tués sur les vaisseaux, auxquels s'ajoutent 466 prisonniers, dont 16 officiers.

La plage du débarquement, où le sang a tellement coulé que le sable de la plage était rouge, porte le nom de Trez Rouz (sable rouge), et la falaise où Talmash débarque le nom de Maro ar saozon (la mort anglaise).

Le Roi Louis XIV fait frapper une médaille sur laquelle sont gravés les mots suivants : « Custos orae Armoricae » et « Angl. et Batav. caesis et fugatis 1694 » que l'on peut traduire ainsi ; « Gardienne du littoral de l'Armorique » pour la première citation et « Anglais et Bataves battus et mis en fuite 1694 » pour la deuxième[].

La Tour Vauban à Camaret, presqu'île de Crozon.

  • le 18 juin 1742 : Benoît XIV béatifie Jeanne de France.

Cf. les chroniques du 6 février, des 16 et 30 mai.

  • le 18 juin 1793 : les troupes vendéennes menées par Stofflet et d'Elbée prennent Angers.

De Saumur, ce qui reste de la grande armée se met en route par les deux rives de la Loire, sous la conduite de Stofflet et de d'Elbée. La terreur qu'inspirent ses récents succès brise d'avance toute résistance. A son approche, la garnison d'Angers, le Directoire, la municipalité prennent la fuite. Les Vendéens entrent dans la ville sans coup férir, et en prirent possession au nom du Roi, le 17 juin 1793. Le 18 juin une messe d'action de grâce est célébrée en présence de toute la population. Entre début mai et mi juin, les Blancs ont repris successivement aux révolutionnaires les villes de Bressuire le 3 mai, Thouars le 5 mai, Parthenay le 11, La Châtaigneraie le 13 ; échouent le 16 mai, devant Fontenay-le-Comte et prennent la ville le 25 ; Saumur le 10 juin ; Loudun, Chinon et La Flèche. Une fois Angers prise, restent Nantes ou Paris. Ce sera Nantes…

  • le 18 juin 1799 : coup d'État du 30 prairial.

La situation militaire du pays étant très mauvaise, le conseil des Cinq-Cents et celui des Anciens exigent des explications au Directoire. Sieyès, élu du Directoire, s'allie avec Paul Barras, et en accord avec les deux conseils, une manœuvre d'intimidation est initiée pour forcer le Directoire à démissionner. Le coup d'état se réalise en faisant pression sur les exécutifs sans avoir à employer la force armée. Le coup d'état, sanglant ou législatif, semble bien la marque de fabrique des républiques françaises depuis leur origine.

  • le 18 juin 1815 : défaite de Napoléon à Waterloo.

La bataille de Waterloo se déroule le 18 juin 1815. Cette bataille est la dernière à laquelle prend part directement Napoléon 1 er. Les troupes britanniques de Wellington et les troupes prussiennes de Blücher remportent une victoire décisive sur l'empereur.


C'est la fin de la tentative de restauration impériale des Cent jours. Plus d'un million et demi de soldats, venus de toute l'Europe, se déversent sur la France par toutes les frontières, ivres de pillage. À tous points de vue, les Cent-jours sont un échec :

"Défaite militaire, désastre diplomatique, catastrophe financière, déchirures intérieures, réémergence durable de la question de la légitimité du pouvoir en France" (Thierry Lentz, dans Nouvelle histoire du Premier Empire, Tome 4, Les Cent-jours, 2010, p.551)

Waterloo marque le dernier épisode de la troisième "guerre de cent ans" – commencée en 1689 – avec l'Angleterre. Pour celle-ci, c'est un triomphe complet, qui va lui permettre de devenir la "superpuissance" de la planète tout au long du XIXe siècle. Épuisée et définitivement affaiblie, la France, elle, ne retrouvera jamais plus la puissance et le prestige qui étaient les siens à la veille de la Révolution. Mentionnons encore une "catastrophe" peu connue. Admiratifs de l'œuvre réalisée par Denon au Louvre, les Alliés en 1814 n'avaient demandé aucune restitution. Mais après Waterloo, ce sont plus de 5000 œuvres d'art pour la plupart des chefs-d'œuvre, qui vont quitter le Louvre, dont :

  • 2065 tableaux
  • 271 dessins
  • 280 statues
  • 289 bronzes
  • 1199 émaux

Il faut encore mentionner les 1000 tableaux déposés  à Bruxelles, Genève et Mayence en vertu du décret Chaptal de 1803, et qui ne seront pas restitués à la France en 1815. (Cf. Pierre Rosenberg, Dictionnaire amoureux du Louvre, p. 39 ; Anne Héritier, Genèse du patrimoine culturel 1750-1816, p.237.) Le 14 octobre 1815, "las de voir l'œuvre de sa vie détruite, Denon présente sa démission à Louis XVIII" (Pierre Rosenberg, Ibid. p.308). Héritier d'un musée "à l'agonie", Louis XVIII "a la lourde tâche, assisté par Forbin, successeur de Denon, de [le] remettre en état de marche. Il mène une active politique d'acquisition. […] On peut dire que la muséologie a vu le jour sous Louis XVIII." (Pierre Rosenberg, Ibid, p. 562-263) 

  • le 18 juin 1845 : naissance de Charles Louis Alphonse Laveran, médecin militaire et parasitologue français.

Charles Louis Alphonse Laveran (1845-1922) est un médecin militaire et parasitologue français, pionnier de la médecine tropicale, connu pour avoir découvert, en 1880, le parasite protozoaire responsable du paludisme. Pour la première fois était mis en évidence que les protozoaires pouvaient être la cause de maladies. Ses travaux sur le protozoaire lui ont valu de recevoir le prix Nobel de physiologie ou médecine de 1907.

  • le 18 juin 1940 : appel du général De Gaulle.

Le général De Gaulle lance son appel du 18 Juin à la résistance depuis Londres, sur les ondes de la BBC, le lendemain de la demande d'armistice faite à l'Allemagne par le Maréchal Pétain. Le même jour, les Allemands entrent dans Nancy. Mais La date est imposée par les Anglais pour rappeler le 18 juin 1815, défaite de Napoléon à Waterloo.

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général De Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

  • le 18 juin 1987 : élection d'André Frossard à l'Académie française au Fauteuil 2.

Fils de Louis-Oscar Frossard, l'un des fondateurs du Parti communiste français, premier secrétaire général du PCF à 31 ans, puis ministre du Front populaire, André Frossard est élevé dans l'agnosticisme absolu :

«Celui où la question de l'existence de Dieu ne se pose même plus ».

Il fréquente l'École des arts décoratifs, et fait carrière dans le journalisme en tant que dessinateur et chroniqueur. À vingt ans, il se convertit au catholicisme, le 8 juillet 1935, dans la chapelle des religieuses de l'Adoration, 39, rue Gay-Lussac, à Paris (5e), dans laquelle il était entré, insouciant, à la recherche d'un ami, André Willemin. Il raconte cette conversion soudaine dans son livre à succès : Dieu existe, je l'ai rencontré. André Frossard est élu membre de l'Académie française le 18 juin 1987.

  • le 18 juin 1998 : élection de René Rémond à l'Académie française au Fauteuil 1.

Né le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier, René Rémond, est un historien et politologue français, membre de l'Académie française à partir de 1998. Ses travaux sur l'histoire politique, intellectuelle et religieuse de la France contemporaine, ont contribué au renouvellement de la pensée conservatrice en France.

  • le 18 juin 2010 : le général Marcel Bigeard meurt à Toul.

Il demande que ses cendres soient dispersées par avion au dessus de la cuvette de Dien Bien Phu, pour, dit-il : « emmerder le gouvernement ! »

  • le 18 juin 2004 : disparition de Jeanne-Marie Kegelin, une sainte Maria Goretti française…

Voici dix années que cette petite fille a été enlevée, le 18 juin 2004, le jour de la fête du Sacré Cœur, et est devenue une martyre de la vertu de pureté. Quelques jours auparavant, elle faisait le Pèlerinage de Chartres… Elle n'avait pas 11 ans, l'âge de sainte Maria Goretti !

Jeanne Marie est connue comme une fillette « enjouée », « farceuse », « franche », « directe », « une petite chrétienne qui avait fait siennes toutes les valeurs de l'Evangile », qui « récite son chapelet » et « chante des cantiques ». Jeanne-Marie est la septième d'une famille de huit enfants. « Elle était plus digne du ciel que de la terre », commente sa mère, Marie-Martine.

La mère de Jeanne-Marie lance ainsi à la cour, le jour du procès :

« Je n'en veux pas à Dieu de nous l'avoir ravie. Mais j'en veux à tous ces gouvernants qui ne font rien contre la pornographie ambiante, sur les murs de nos villes, à la télévision… » Et de crier sa conviction que cette « pornographie » forge « les violeurs de demain »…

Dans un petit carnet, où elle écrivait ce qui lui tenait le plus à cœur on peut lire que : « Jésus est le plus important" pour elle, et qu'elle voulait faire beaucoup de sacrifices pour Lui, quelques jours avant sa disparition. (Phrase écrite peu de jours avant de rencontrer le Christ au Ciel…

Si la foi n'épargne pas de la douleur, cependant elle donne la paix et la certitude. La paix de savoir que cette âme pure et claire a triomphé de la laideur du Mal, et la certitude que par son exemple elle nous montre le chemin à suivre. Et son frère, séminariste à l'époque du procès, nous montre aussi le chemin que le Christ nous demande de suivre quand il affirme à l'accusé : « Je sais une chose, c'est que Jeanne-Marie vous aime, et j'en sais une autre, c'est que vous avouerez en temps et en heure. Toute chose sera connue, au ciel ou sur la terre ».

Une âme à prier comme sainte Maria Goretti…

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