C’est arrivé un 16 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 16 mai : saints du jour français ou en France.
    • St Pèlerin, évêque d'Auxerre et martyr († IIIe s.)

A Bouhy sur le territoire d'Auxerre, peut-être au IIIe siècle, la passion de saint Pèlerin, martyr, vénéré comme le premier évangélisateur et évêque de la cité.

  • St Fale, ou Fidole, prêtre († v. 540)

À Troyes, vers 540, saint Fale, ou Fidole, prêtre. Fait prisonnier de guerre en Auvergne, par le roi d'Austrasie, Thierry, et emmené en Champagne, il fut racheté par l'abbé saint Aventin, qui le forma au service de Dieu et l'établit abbé à sa place.

  • St Germier, évêque de Toulouse († VIe s.)

Né à Angoulême, il reçut le sous-diaconat à Saintes, le diaconat à Jonsac et fut ordonné évêque à Arsat. Il vint donc à Toulouse et se rendit à l'église de saint Saturnin qu'il choisit comme défenseur et appui pour remplir son ministère.

  • St Carentec, abbé et évêque († vers le VIe s.)

Au pays de Galles, vers le VIe siècle, saint Carantec, abbé de Cardigan, célébré aussi en Irlande, en Cornouailles et en Bretagne.

  • St Honoré, évêque d'Amiens vers VIe s.

Saint Honoré était évêque d'Amiens. On dit qu'un jour, en pleine messe, il vit le Christ venir consacrer lui-même le pain eucharistique.

Très populaire, Honoré le fut encore plus après sa mort. Par exemple, une procession avec la châsse contenant ses reliques fit venir la pluie en temps de sécheresse. Depuis que des boulangers et pâtissiers de Paris décidèrent de créer une confrérie qui se retrouverait dans une chapelle lui étant dédiée, il est leur saint patron.

  • Bx Vladimir Ghika, prince roumain, prêtre de Paris, martyr à Bucarest  « Un apôtre de la charité et un précurseur de l'œcuménisme » (1873-1954)

Vladimir Ghika naît le 25 décembre 1873, dans une famille régnante roumaine, à Constantinople, où son père représentait la Roumanie auprès de la Porte ottomane. Sa mère est descendante d'une famille française. Il est baptisé et confirmé dans l'Église orthodoxe.

En 1878 arrive en France, suit des études à Toulouse, où il est licencié en droit, et ensuite à Paris où il intègre avec son frère l'Institut d'Études Politiques.

Il souhaite devenir prêtre et, après des études à Rome, il obtient en 1898 une licence en philosophie et un doctorat en théologie.

En 1902, après de longues réflexions, il fait son entrée officielle dans l'Église catholique. Suite à une rencontre providentielle avec sœur Pucci, il introduit les « Filles de la Charité » en Roumanie. Fidèle à la « théologie du besoin », qui sera la règle de sa vie, Vladimir va se vouer, avec une immense disponibilité, au service des pauvres, des malades, des blessés, et à diverses actions de charité.

Pendant la Grande Guerre, on retrouve Vladimir Ghika à Rome ou Paris où il continue ses activités charitables dans les hôpitaux peuplés de blessés, victimes du tremblement de terre d'Avezzano (province de L'Aquila, dans la région Abruzzes, Italie) en 1915, ou des tuberculeux de l'hospice de Rome. À Paris, il développe une importante activité diplomatique, il défend les intérêts de la France dans les milieux civils et ecclésiastiques, et œuvre au rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Le 4 octobre 1921, la France lui accorda la Légion d'honneur.

De 1920 à 1922, Vladimir fut de ceux qui œuvrèrent à la renaissance de l'Université de Louvain (Belgique) dont la bibliothèque avait été totalement détruite durant la guerre. Il fit partie du Comité international constitué en ce but et dirigé par le recteur, Mgr Deploige. En remerciement, le Cardinal Mercier, primat de Belgique, lui proposa d'inaugurer une chaire consacrée à la Roumanie. Vladimir y donna plusieurs conférences.

Le 07 octobre 1923, dans la Chapelle des Lazaristes, Vladimir Ghika est ordonné prêtre du diocèse de Paris par le Cardinal Dubois qui lui accorde l'autorisation de célébrer la messe selon les deux rites romain et byzantin. Il est nommé ensuite à l'église des étrangers (aujourd'hui Église Saint-Ignace). À l'aise dans tous les milieux, il côtoie le Pape et les têtes couronnées, les intellectuels et les artistes ; il est notamment l'ami de Jacques Maritain, Paul Claudel, Francis James. Mais il va aussi à la rencontre des âmes les plus éprouvées, les plus anxieuses, les plus révoltées. Il est à l'origine de nombreuses conversions. Par son action œcuménique, il œuvre toute sa vie pour l'unité des chrétiens.

Il possédait un don spécial d'attirer la confiance et d'obtenir des conversions. Il avait un sens si vif du péché que, plus d'une fois, au confessionnal, comme le Curé d'Ars, devant l'aveu de leurs fautes plus lourdes, des pécheurs l'entendirent pleurer.

Entre 1927 et 1939, Vladimir Ghika est aussi l'aumônier du Centre d'Études Religieuses, fondé en 1925 par Jean Daujat.

En 1931, le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) le nomme Protonotaire Apostolique. Il était depuis 1927 membre du Comité directeur des Congrès Eucharistiques. Son activité sacerdotale et apostolique n'a pas de limites : avec une bonté sans frontières, disponible à tous les appels des âmes, il parcourt les cinq continents, mais toujours avec le cœur à Paris. De Villejuif à Auberive, de Rome à Sydney ou de Buenos Aires à Tokyo (où il participe à la fondation du premier carmel) toute circonstance est bonne pour parler de Dieu aux gens rencontrés sur sa route.

Il a été l'inspirateur de l'Association Virgo Fidelis, destinée à promouvoir prières et sacrifices pour le sacerdoce.

En 1939, au début de la 2e guerre mondiale, Vladimir Ghika se trouvait en Roumanie. Avec la permission de l'archevêque de Paris, le card. Suhard, il décide d'y rester. Il y poursuit son activité sans relâche auprès des réfugiés, des malades, des prisonniers, des victimes des bombardements. Il est très proche de l'Église gréco-catholique, il instruit et guide spirituellement les étudiants. Il confesse et célèbre la messe dans une prison de femmes.

Après l'arrivée du communisme il fait le choix de rester dans son pays auprès de ses compatriotes en souffrance. Malgré une santé précaire il continue son activité sacerdotale.

Le 18 novembre 1952 il est arrêté. Il subit plus de quatre-vingts interrogatoires nocturnes, il est menacé, battu et torturé et, après un simulacre de procès, est condamné à trois ans d'incarcération dans la prison de Jilava près de Bucarest. Ici, il prêche, raconte ses souvenirs et un peu de joie illumine les visages qui l'entourent. « Pour lui, les murs de la prison n'existaient pas. Il était libre, parce qu'il faisait la volonté de Dieu. » (Didier Rance, Courage et fidélité. L'Église gréco-catholique unie) Le 16 mai 1954, il meurt d'épuisement en prison, à l'âge de 80 ans. La cause de sa béatification est ouverte en 2002, par l'Archevêché de Bucarest.

En mars 2013, le pape François reconnait Mgr Vladimir Ghika comme martyr de la foi de l'Église catholique. Il est béatifié le 31 août 2013 à Bucarest. Plus de 8000 fidèles ont assisté à la messe, présidée par le card. Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour la cause des saints, en présence du card. André Vingt-Trois de Paris, de l'archevêque Ioan Robu de Bucarest, et environ 30 évêques venant de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est. Un grand groupe de membres de la famille du bienheureux avec un petit neveu de Mgr Vladimir Ghika participait avec joie et émotion.

  • le 16 mai 1003 : élection du pape Jean XVII.
    • le 16 mai 1364 : bataille de Cocherel.

La bataille de Cocherel se déroule le 16 mai 1364, près d'Évreux. Elle oppose l'armée française aux ordres de Bertrand du Guesclin, et celle de Charles de Navarre commandée par le captal de Buch. Ce dernier fait le Blocus de Paris par l'ouest de la Seine. Il est appuyé par une armée anglo-gasconne de 6000 hommes, dépêchée par Édouard III d'Angleterre. Les Navarrais ont l'avantage du nombre et des positions (en hauteur).

La victoire de Cocherel est très importante pour le Royaume de France, à trois jours du sacre de Charles V le Sage. Elle permet au jeune Roi de marquer les esprits de ses sujets après le règne catastrophique de son père Jean II le Bon. Il va peu à peu reconquérir tous les territoires perdus. Défait, Charles le Mauvais est privé de ses possessions d'Île-de-France. Bertrand Du Guesclin bat Charles le Mauvais et ses alliés anglais ; il reçoit en récompense le comté de Longueville.

 

 

  • le 16 mai 1476 : le Roi Louis XI nomme Rohan maréchal de France.
  • le 16 mai 1605 : Camille Borghèse devient Paul V.

Voir la chronique du 28 janvier, où il est rappelé que Paul V fait appel aux nations européennes pour faire cesser les persécutions des chrétiens en Extrême Orient ; et qu'il fait achever la basilique Saint-Pierre de Rome. C'est sous son pontificat que sont condamnés les travaux de Galilée. Ce que l'on omet trop souvent de dire, c'est que ce dernier, tire des conclusions des travaux de Copernic (chanoine dont les recherches étaient aussi financées par l'Eglise) ; ces conclusions des observations astronomiques sont théologiques et politiques. Il est aussi reproché à Galilée d'utiliser les textes de la bible pour compenser les déficiences de sa démonstration scientifique. Ce ne sont pas les recherches, qui ont été condamnées, mais les erreurs théologiques et les fautes de raisonnements pas assez scientifiques. C'est d'ailleurs ce que rappelle très justement Jean Sévillia dans son livre : Historiquement incorrect.

  • le 15 mai 1703 : décès de Charles Perrault, conteur et homme de lettres français.

Membre de l'Académie française, auteur de textes religieux, chef de file des Modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Charles Perrault est l'un des grands auteurs du XVIIe siècle. Il est aussi un important collaborateur de Colbert. L'essentiel de son travail consiste en la collecte et la retranscription de contes issus de la tradition orale française. Il est l'un des formalisateurs du genre littéraire écrit du conte merveilleux : Histoires ou Contes du temps passé, ou Les Contes de ma mère l'Oye qui contiennent les huit contes en prose suivants :

  • La Belle au bois dormant
  • Le Petit Chaperon rouge
  • La Barbe bleue
  • Le Maître chat ou le Chat botté
  • Les Fées
  • Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre
  • Riquet à la houppe
  • Le Petit Poucet

Les Contes de ma mère l'Oye, illustrée par Gustave Doré

  • le 16 mai 1770 : le Dauphin, futur Louis XVI épouse Marie-Antoinette d'Autriche.

Marie-Antoinette 1769-70

Marie-Antoinette est la quinzième et avant-dernière enfant de l'empereur François Ier et de l'Archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse, et leur plus jeune fille. Après la conclusion d'un traité de paix entre la France et l'Autriche, le mariage entre le Dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette est décidé. Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits et quitte Vienne et le 16 mai elle épouse le Dauphin à Versailles. Elle a 14 ans et Louis XVI, 15 ans.

  • le 16 mai 1795 : Traité de la Haye.

Le traité de La Haye met fin à la guerre entre la France et les Provinces-Unies. Les deux pays s'allient et la France place 25 000 soldats sur le sol batave afin de protéger le pays en cas d'attaque anglaise ou prussienne. En échange la république batave doit payer 100 millions de florins et céder Maastricht, Venlo et la Flandre zélandaise à la France.

  • le 16 mai 1811 : une armée anglo-hispano-portugaise bat l'armée française de Soult à La Albuera.
  • le 16 mai 1843 : le duc d'Aumale prend la smala d'Abd El-Kader.

Durant la conquête d'Algérie, le duc d'Aumale s'empare de la smala de l'émir Abd el-Kader. Il s'agit d'une véritable ville itinérante de 30 000 personnes, essentiellement composée de femmes, d'enfants et de serviteurs. Abd el-Kader passe au Maroc continuer la guerre contre les Français, mais il se rend en 1847.

  • le 16 mai 1920 : canonisation de Jeanne d'Arc.

Un ambassadeur extraordinaire a été désigné à Paris pour assister officiellement à la cérémonie du 16 mai, Mr. Gabriel Hanotaux, de l'Académie française, ancien ministre des Affaires étrangères. Plus de 20 000 Français avec à leur tête six cardinaux et soixante-neuf évêques de France, seize évêques missionnaires français et plus de six cents prêtres venus de tous les points du territoire, sont présents. Un descendant de Charles VII, S. A. R. Monseigneur le duc de Vendôme et son épouse sont présents; le cardinal Bégin, archevêque de Québec, avec deux archevêques, trois évêques, une vingtaine de prêtres, a traversé l'océan pour se joindre à la France et prier Jeanne d'Arc avec elle. Benoît XV reconnaît Jeanne d'Arc comme Sainte :

« En l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et pour l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Nôtre; après une mûre délibération et ayant souvent imploré le secours divin, de l'avis de nos Vénérables Frères les cardinaux de la Sainte Église Romaine, les patriarches, archevêques et évêques présents dans la ville, Nous décrétons et définissons sainte et Nous inscrivons au catalogue des saints la bienheureuse Jeanne d'Arc, statuant que sa mémoire devra être célébrée tous les ans le 30 mai dans l'Église universelle. »

« O Seigneur tout-puissant qui, pour sauver la France, avez jadis parlé à Jeanne et, de votre voix même, lui avez indiqué le chemin à suivre pour faire cesser les maux dont sa patrie était accablée, parlez aussi aujourd'hui, non seulement aux Français qui sont ici réunis, mais encore à ceux qui ne sont ici présents qu'en esprit, disons mieux, à tous ceux qui ont à cœur le bien de la France. Parlez, Seigneur, et que votre parole soit la bénédiction qui soutienne les évêques, qui facilite aux autorités, dont Nous saluons ici les très dignes représentants, la tâche d'assurer la vraie grandeur de la patrie, qui persuade tout Français de la nécessité de suivre la voix de Dieu, afin qu'après avoir imité Jeanne d'Arc ici-bas, il soit donné à tous de participer un jour à la gloire de l'héroïne devant laquelle Nous avons enfin le bonheur de Nous incliner, en lui disant : Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous ! Sainte Jeanne d'Arc, priez pour votre patrie ! »

Le même jour, le pape reçoit au Vatican le général de Castelnau, avec les sénateurs et députés venus de France, ainsi que la famille de Jeanne d'Arc si pleine de gratitude envers Benoît XV. Ce dernier décède avant de pouvoir proclamer Sainte Jeanne d'Arc seconde patronne de la France. C'est Pie XI, son successeur qui le fait le 2 mars 1922. Il proclame l'Immaculée, sous le vocable de son Assomption, première patronne de notre pays, et sainte Jeanne d'Arc, l'illustre Pucelle d'Orléans, seconde patronne de la France.

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