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Histoire du christianisme

C’est arrivé un 13 avril…

"L'histoire ne nous dira sans doute pas ce qu'il faut faire, mais elle nous aidera peut être à le trouver. « Fustel de Coulanges » .

Alors rappelons-nous :

  • le 13 avril 1059 : bulle du pape Nicolas II réservant le droit d'élire le pape aux seuls cardinaux.

Sous l'influence du moine Hildebrand la bulle qui remet l'élection du pape dans les seules mains du collège des cardinaux, confirmant le synode de Melfi.

  • le 13 avril 1360 : le doigt de Dieu détruit l'armée anglaise.

1346, 30.000 Anglais mettent en déroute 100.000 Français à Crécy ; 1356, 8000 Anglais écrasent 50.000 Français à Poitiers. A titre de comparaison, à Bouvines 60.000 Français écrasèrent plus de 200.000 européens!

En 1360, la France ne ressemble bientôt plus qu'à une province anglaise. Les grandes compagnies ravagent le pays ; le roi de Navarre vient de trahir et le Roi de France est prisonnier à Londres. Les prétentions du roi d'Angleterre, lors des négociations de Brétigny sont énormes, à l'échelle de ses succès militaires et de la déliquescence française. Les négociations échouent. Edouard III veut en finit et s'apprête à mettre le siège devant Chartres. Fou de rage, Édouard III remonte vers Paris et laisse son armée commettre de nombreuses exactions : il ne s'agit plus de la simple extorsion visant à nourrir son armée, mais de la destruction systématique de toutes les ressources – les pieds de vignes sont arrachés, le bétail abattu et toute âme qui vive massacrée. Ces exactions entraînent un vif ressentiment contre les Anglais. Nombre d'entre elles ont lieu pendant le carême et la Semaine sainte et, lorsque l'armée anglaise est décimée par un violent orage de grêle, mêlé d'éclairs, le 13 avril, nombre de chroniqueurs y voient la main de Dieu, à commencer par le roi d'Angleterre, qui apercevant les flèches de Chartres, prie Notre Dame d'épargner ce qu'il lui reste d'armée.

Il promet de donner la paix à la France. La tempête s'apaise.

Reconnaissant et honnête Édouard III se décide alors à négocier ; il va même pénétrer dans Chartres, en pèlerin pour y vénérer le Saint Voile. Il signe la paix à Brétigny, où il dissout son armée de mercenaires.

Le marquis de la Franquerie, dans son livre La vierge Marie dans l'Histoire de France, (page 86) raconte cette destruction de l'armée anglaise que Français et Anglais attribuèrent à Notre Dame. Il souligne que les principaux historiens relatent le fait : Froissart, Mézeray, Daniel, Polydore, Virgile, Hamon…

  • le 13 avril 1436 : prise de Paris par Arthur de Richemond.

L'armée anglaise dans Paris compte environ 3 000 hommes et est soutenue par l'université de Paris. 2000 routiers et écorcheurs la renforcent. La garnison attend également un renfort de 3 000 anglais.

L'armée française est dispersée et seul contre presque tous le duc de Bretagne, le connétable Arthur III de Richemont, soutenu par d'anciens compagnons de la Pucelle d'Orléans tels La Hire, Jehan de Dunois, cousin naturel du Roi, Jehan de Brosse Maréchal de Sainte-Sévère et Jehan Poton de Xaintrailles conduit une armée de 5000 Bretons pour reconquérir Paris. En novembre 1438, Charles VII (1403-1461) peut retrouver sa capitale, abandonnée en 1418. Richemont encercle Paris par le nord et le sud, en s'assurant le contrôle de la vallée de l'Oise, de la Champagne et de la Brie. L'Ost royal profite aussi de la révolte des Parisiens dans la capitale, des bourgeois menés par le Receveur aux Comptes Michel de Laillier. Richemont avec une petite troupe de cinq à  six cents combattants réussit à se faire ouvrir la porte Saint-Jacques et pénètre dans Paris où il est accueilli en libérateur par la population enthousiaste aux cris de « vive le Roi et le duc de Bourgogne ». Débordés, les Anglais se réfugient dans la Bastide Saint-Antoine (Bastille). Richemont leur promet alors la vie sauve s'ils quittent Paris, ce qu'ils font le 15 avril 1436.

Cette libération, réalisée avec peu de pertes et sans effusion de sang ni de pillage, est célébrée le 22 avril, par une grande fête religieuse, au milieu d'une foule immense. Cette fête est renouvelée pendant trois siècles, jusqu'à la révolution, comme une victoire nationale. Dans la foulée, Creil, Meaux et Montereau sont délivrées. Mais la libération de la France commence, mais il faudra 20 ans au connétable pour l'achever.

Toile commandée par le comte d'Angiviller au nom de Louis XVI, un tableau de Jean-Simon Berthélemy commémore l'événement : "La Reprise de Paris sur les Anglais" (1787), musée du Louvre.

  • le 13 avril 1519: naissance de Catherine de Médicis, reine de France.

Née à Florence, elle épouse le futur Henri II. Sa politique de contrepoids, qui est aussi celle de Michel de l'hospital, pendant la régence est certainement une des causes de la longueur des guerres de religion en France.

Mère de trois Rois de France, François II, Charles IX et d'Henri III, après qui le trône passe à la branche des Valois.

Elle porte une grande responsabilité, avec l'Hospital, dans l'impunité des Huguenots qui pendant plusieurs décennies vont multiplier leurs exactions sans être punis. Par un curieux revirement elle est à l'origine d'un des plus grands massacre de protestants : la saint Barthélemy.

Jean Guiraud ne dit pas autre chose au tome 2, chapitres XVI, page 214 de son livre Histoire partiale – Histoire vraie,

« Le témoignage de Ronsard concorde avec celui de Mézeray en signalant, comme le sien, la terreur que les protestants firent régner en France, au cours des années 1561-1562. Mais ce que ne disent ni Ronsard, ni Mézeray, c'est que la reine mère Catherine de Médicis, celle-là même qui devait, dix ans plus tard, ordonner contre les réformés le massacre de la Saint-Barthélemy, était alors leur complice 539. Pour s'opposer aux Guises, tout-puissants sous le règne de François II, grâce à leur nièce la reine Marie Stuart, Catherine voulait s'appuyer sur Coligny et la noblesse protestante. Elle était, d'autre part, alléchée par les biens du clergé dont la confiscation lui était conseillée par les réformés. Enfin, elle inclinait, à l'instigation du chancelier de l'Hôpital, à imposer à la France une religion mixte, formée d'éléments catholiques et protestants, combinés par l'autorité civile, comme l'anglicanisme d'Henri VIII. »

  • le 13 avril 1598 : signature de l'Edit de Nantes

Proclamation de l'édit de Nantes

En mettant ainsi fin aux guerres de religion, Henri IV rend un grand service à la France. S'il constate et déplore dans le préambule de l'édit, que les Français ne puissent pas être unis par la religion, il essaie de le faire par l'amour de la patrie.

Le Roi Henri IV et son secrétaire Pierre Forget de Fresnes signent donc avec des émissaires protestants l'édit de Nantes. Les huguenots obtiennent du Roi de France, des droits qui semblent exorbitants pour l'époque : la liberté de conscience et des garanties en matière de droits. Les protestants peuvent se vouer à leur culte dans deux villages par bailliage ainsi que dans les villes où leur religion est déjà ancrée. Jouissant de l'égalité civile, ils peuvent occuper des postes publics, et ont pour garantie la concession de plus de 100 villes françaises. Les anciens temples leur sont restitués et ils peuvent également en construire de nouveaux. Les Huguenots peuvent former un Etat dans l'Etat. Ils ne s'en privent pas ; la reconquête du Royaume par Louis XIII et Richelieu les armes à la main et les difficultés de Louis XIV avec les Camisards trouvent certainement leurs origines dans ce qu'aujourd'hui on appelle de la discrimination positive aux dépens de l'unité nationale. (Cf. la chronique sur la Révocation de l'Edit de Nantes du 18 octobre)

Jean Guiraud note ainsi dans le tome 3 de son livre Histoire partiale – Histoire vraie, (chapitres I, pages 6 à 21) :

« …mais force nous est de reconnaître : qu'il accordait des privilèges aux protestants et qu'au lieu de les fondre dans l'unité française, il les organisait en État dans l'État ; qu'ainsi organisés, les protestants, au cours du XVIIe siècle, se révoltèrent à plusieurs reprises, faisant cause commune avec les ennemis du pays, et qu'ils profitèrent trop souvent de l'édit pour continuer leur guerre au catholicisme et compromettre l'unité nationale. […] Si au lendemain des guerres de Vendée, les Vendéens et les Chouans avaient obtenu à Nantes, à Rennes, à Poitiers, à Caen, l'établissement de tribunaux composés par moitié de Blancs et de Bleus, quelles protestations n'auraient pas élevées les Bleus ! Si de nos jours, où catholiques et libres penseurs sont aussi ennemis les uns des autres que jadis protestants et catholiques, les tribunaux et les Cours d'appels étaient composés par moitié de libres penseurs nommés par le gouvernement et de catholiques agréés par les évêques, les auteurs « laïques » ne manqueraient pas de réclamer contre un pareil envahissement de la magistrature par le catholicisme. Ce qui aurait paru excessif au lendemain de la Révolution, ce qui semblerait inouï de nos jours, c'est précisément ce que l'édit de Nantes accordait aux protestants. »

Par ailleurs, l'article 22 impose à l'Eglise catholique de recevoir, soigner et héberger les malades d'une part et de former et éduquer gratuitement les protestants d'autre part, sans leur imposer la même contrepartie, à une époque où l'état ne participe absolument pas à ces frais qui ne sont pas des services publiques :

« Ordonnons qu'il ne sera fait différence ni distinction, pour le regard de ladite Religion (prétendue Réformée), à recevoir les écoliers pour être instruits ès universités, collèges et écoles ; et les malades et pauvres ès hôpitaux, maladreries et aumônes publiques ».

En dépit du serment du sacre, de combattre l'erreur et de promouvoir la Vérité, l'article 57 leur accorde d'ouvrir et d'entretenir des écoles. L'année même du sacre, des lettres patentes de 1594, autorisent la fondation des Universités protestantes de La Rochelle, Nîmes et Montélimar. L'Edit, quatre ans plus tard, en interdit l'usage pour les catholiques !

 Mais pire encore, un des articles secrets de l'édit de Nantes exigés par l'Assemblée protestante de Châtellerault laisse aux mains des Réformés toutes les places, villes et châteaux qu'ils occupent fin de 1597. Henri IV en dresse la liste, à Rennes, les 12,14, 17 et 18 mai 1598 ; il y en a 142. Jean Guiraud les rappelle dans son chapitre et pose la question suivante :

« Au lendemain des guerres de Vendée, aurait-on imaginé la Convention abandonnant aux Vendéens les principales places des pays qu'ils occupaient ? Qu'aurait-on pensé d'un tel privilège? N'y aurait-on pas vu une atteinte portée à l'unité nationale ? »

Et le Roi va encore plus loin, puisqu'il s'oblige à entretenir ces places sur les finances royales, pendant toute la durée de leur concession avec 180.000 écus par ans. Et à la stupeur de tous, catholiques comme réformés, il accepte que les Eglises locales rejettent les nominations royales des gouverneurs des dites places.

 Jean Guiraud conclut en citant un historien que personne ne peut qualifier de pro catholique : M. Hanotaux, ancien ministre des Affaires étrangères de la République :

« Avec ses 95 articles publiés et vérifiés, avec ses 56 articles secrets, avec son brevet réglant la somme due annuellement par le roi aux protestants, avec ses seconds articles secrets, au nombre de 23, où il est spécialement question des places de sûreté, l'édit de Nantes forme la Charte du parti réformé de France. Son objet n'est nullement d'établir le règne de la paix et de la tolérance sous un gouvernement unique, mais bien d'attribuer à une partie de la nation des libertés particulières et des privilèges qui la constituent en corps indépendant ».

Pour toutes ces raisons, les Parlements eurent beaucoup de mal à enregistrer l'Edit. Les Protestants loin de se réjouir de leurs nouveaux droits sont très mécontents du texte ; c'est en effet la matérialisation de leurs échecs à conquérir le pouvoir en France pour y détruire la religion catholique comme ils l'ont fait dans le nord de l'Europe. Et les premiers à fouler l'Edit aux pieds sont ces mêmes protestants qui continuent leurs réunions politiques alors que le texte le leur interdit. Alors que l'Edit garantit aussi la liberté religieuse des catholiques, ils s'emploient dans toutes les places fortes qu'ils tiennent à les persécuter et à interdire la pratique des sacrements.

Après la mort du Roi, ils vont même s'organiser militairement, divisant la France en 8 départements militaires, nommant généralissime Bouillon puis Rohan lequel aspire à rejeter les Bourbons qui, en se convertissant au catholicisme, avait déçu leurs espérances, pour instaurer une « République fédérale protestante comme les Provinces-Unies ».

  • le 13 avril 1608 : Troisième voyage de Samuel de Champlain vers la Nouvelle-France.

Il arrive à Tadoussac le 3 juin.

  • le 13 avril 1695 : mort de Jean de La Fontaine, fabuleux fabuliste français.

Jean de La Fontaine meurt à Paris, à l'âge de 74 ans. Le jour de sa mort on trouve sur lui un cilice.

Il est l'un des grands poètes  et moralistes Français du XVIIe siècle. Il s'est toujours tenu à l'écart de la Cour du Roi Soleil. Il est reçu à l'Académie Française en 1684. Son œuvre littéraire compte près de 250 fables, recueils de contes et moult poèmes, textes en prose ou en vers.

Ses Fables (1678), dont les six premiers livres sont des adaptations de celles d'Esope, à qui il rend hommage dans sa lettre À Monseigneur le Dauphin.

« Je chante les héros dont Ésope est le père,
Troupe de qui l'histoire, encore que mensongère,
Contient des vérités qui servent de leçons.
Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons :
Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes ;
Je me sers d'animaux pour instruire les hommes. »

  • le 13 avril 1791 : le pape Pie VI condamne fermement la CCC avec le bref "Charitas".

Il donne aux « assermentés » 40 jours pour se rétracter.

 

  • Le 13 avril 1793 : les 3000 paysans de La Rochejaquelain remportent la victoire des Aubiers.

 

  • le 13 avril 1814 : Napoléon Ier ratifie son acte d'abdication à Fontainebleau.

Par cet acte, il renonce pour lui et sa famille aux trônes de France et d'Italie. C'est sa première abdication.

  • le 13 avril 1834 : début de la répression de la révolte des Canuts à Lyon

Le 9 avril 1834, à Lyon, débute la seconde insurrection des Canuts. Après l'échec des grèves de février, l'accord sur les prix annulé dès qu'il fut signé, et le vote de la loi contre les associations ouvrières, la condamnation des « meneurs » de février, qui sont en fait des mutuellistes, met le feu aux poudres. Le 13 la semaine sanglante commence.

La mythologie gauchiste a récupéré cette révolte, pourtant il s'agit du dernier sursaut des corporations telles qu'elles existaient avant la révolution. Les Canuts étaient propriétaires de leur outil de travail

Jean Sévillia dans son livre Historiquement correct, (Ed. Perrin, chapitre X, pages 225 à 228) rappelle que cette révolte n'est en rien une révolte révolutionnaire comme les socialistes de la IIIème république vont réussir à le faire croire. Les Canuts propriétaires de leur outil de travail, sont de petits artisans, qui fonctionnent sur le mode des corporations d'avant la révolution. Ils sont le dernier symbole d'une économie française régulée par la loi. La bourgeoisie révolutionnaire triomphante a installé des usines industrielles qui permettent de vendre à moindre coût.

Plus de 600 canuts sont tués, 10.000 passent en jugement.

  • le 13 avril 1946 : fermeture des maisons closes.

Les maisons de tolérance ont été créées par Saint Louis pour lutter contre la banalisation de la prostitution dans les rues de Paris. La loi Marthe Richard (conseillère municipale de Paris) impose la fermeture des maisons closes en France. Cela concerne environ 20 000 femmes et un millier de maisons de tolérance ferment leurs portes. Elles se retrouvent donc dans la rue.

  • le 13 avril 1962 : le général Jouhaud, chef de l'OAS, est condamné à mort par le Haut Tribunal militaire.

 

  • le 13 avril 1986 : première visite d'un pape à un lieu de culte hébraïque.

Il s'agit de la synagogue de Rome

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7 commentaires

  1. “Le 13 avril 1059, le pape Nicolas II, dans le but d’éviter ces ingérences, promulgue une bulle pontificale, In nomine Domini, décrétant que le pape est désormais élu par les seuls cardinaux-évêques.” (Wikipédia). C’est seulement plus tard que tous les cardinaux participeront à l’élection papale. Le vote des cardinaux-évêques était présumé unanime.

  2. Il y a 60 ans, Dien Bien Phû…
    Où en était -on en avril 1954 ? je cris que la chute finale des derniers pitons date de mai.
    Vous aurez bien quelques rappels à faire sur ce chapitre-là, j’espère

  3. Un autre triste 13 avril : le dimanche 13 avril 1975. Début de la Guerre du Liban.
    Des Palestiniens miliciens de l’OLP se rendent à une cérémonie militaire, et traversent un quartier chrétien de la banlieue de Beyrouth. Pierre Gemayel, important leader de la communauté maronite, assiste à l’inauguration d’une église dédiée à la Vierge. Les palestiniens ouvrent le feu sur la foule, tuant l’un des gardes di corps de Pierre Gemayel. Au retour de la cérémonie, l’autocar qui transporte les miliciens de l’OLP est pris sous le feu des miliciens chrétiens. Ce sont les deux premières fusillades d’un conflit qui va ravager le pays du cèdre.

  4. Une belle légende à propos de Bouvines !
    Au XIIIe siècle, aucune armée ne peut aligner 60 000 hommes, encore moins 200 000. Au vu des archives dont nous disposons, les médiévistes s’accordent à chiffrer l’armée de Philippe Auguste à 8 000 ou 10 000 hommes au plus (dont les milices communales des régions de Picardie et du Valois), l’armée coalisée à 10 000 à 12 000 au plus. Les effectifs fantastiques que vous annoncez étaient encore ceux d’Antoine Hadengue avant la guerre, de vrais chiffres “napoléoniens”, montrant bien l’influence de l’histoire contemporaine, bien étrangère à l’état d’esprit et aux moyens financiers modiques au temps des Capétiens directs.
    Catherine de Médicis “porte une grande responsabilité, avec l’Hospital, dans l’impunité des Huguenots qui pendant plusieurs décennies vont multiplier leurs exactions sans être punis. Par un curieux revirement elle est à l’origine d’un des plus grands massacre de protestants : la saint Barthélemy.”
    Holà ! Il s’agit autant d’une guerre civile que d’une guerre confessionnelle, où l’ennemi est d’abord le voisin de palier. Souvent très localisées : ce sont de petits incendies qui prennent dans une région, reprennent après extinction dans une autre, etc. Qui dit exactions d’un côté dit représailles de l’autre, tandis que le pouvoir s’affaiblit – nous sommes en période de régence, c’est-à-dire d’un affaiblissement du pouvoir royal ; devant la multiplication de gens qui jouent leur propre jeu au détriment du royaume, où les alliances se font et se défont du jour au lendemain, où l’allié de la veille devient l’ennemi du lendemain et réciproquement, la reine-mère est contrainte de louvoyer. Ses décisions n’ont pas toujours été les meilleures, mais nous jugeons a posteriori : avait-elle le choix, et dans les mêmes circonstances, aurions-nous fait mieux ?
    Elle ne cherchait pas de “syncrétisme”, mais la paix (colloque de Poissy en 1561). La créditer de vouloir imposer un anglicanisme à la française est un postulat hasardeux. Il semble plutôt qu’elle ne voulait pas d’immixtion du pape dans une question qui, pour elle, relevait de la politique intérieure, et il est bien possible qu’elle ait brandi la menace.
    Une chose est sûre, elle n’a pas ordonné la Saint-Barthélémy. Elle ne voulait que se débarrasser d’une cinquantaine de meneurs huguenots, particulièrement remuants et dangereux. Voyez en guise de comparaison deux autres régences troublées pour cause de minorité royale à l’époque moderne : celle de Marie de Médicis et surtout celle d’Anne d’Autriche. Vous y retrouvez les mêmes chefs de factions, avides de pouvoir, au détriment du roi.
    Tout à fait d’accord sur Henri IV et l’édit de Nantes. Le roi n’a pas les moyens de brider les protestants. Cela explique les campagnes militaires de Louis XIII dans les années 1621-1628, au sud de la France, clôturées par l’édit de paix d’Alès en 1629 : tolérance religieuse pour les huguenots, mais suppression des places de sûreté, ce qui correspond à l’un des volets de la politique de Richelieu, celui de ruiner le parti protestant. C’est chose faite.

  5. Et la révolution française: aussi une guerre de religion?
    Je suis en train de me rendre compte que la révolution de 1789 était autant sinon plus, une révolution anti-cléricale qu’anti-monarchique.
    En l’occurrence, le régicide serait presque l’arbre qui cache la forêt.
    Arrivée à la suite de l’indépendance américaine et de l’avènement là-bas de la démocratie moderne, la révolution française s’en distingue violemment sur ce point, car la démocratie US s’est toujours voulue fortement croyante et elle n’affirme pas qu’il n’y a rien au dessus de la volonté générale. Comme quoi l’anticléricalisme n’est pas une tare congénitale de la démocratie.
    C’est pour cela par exemple qu’on est toujours un peu déçu par la visite des abbayes en France: contrairement aux châteaux il en reste peu, et pour la plupart fortement dénaturée et en tout cas souvent fortement reconstituée.
    De ce point de vue la révolution française a eu l’effet d’une invasion barbare: les gauchistes et autres anti-fa de l’époque qu’on se traîne encore aujourd’hui: le mâle avec son bonnet en laine qui laisse passer ses dreadlocks et la femelle en pantalon bouffant de peshmerga…

  6. Georges, tous les ordres et congrégations font l’objet d’une surveillance, et c’est normal étant donné que, contrairement à ce qui se passe pour un diocèse, beaucoup de choses se font non pas en secret mais en famille, car un monastère, une maison, etc. ne sont pas aussi visibles qu’une paroisse. Les institutions religieuses relèvent du Pape et il est normal que celui-ci aille voir ce qui s’y passe (comme un évêque qui irait visiter ses paroisses à tour de rôle).
    La FSSPX gagnerait à dire clairement qu’elle se fiche du Pape et de Rome, plutôt que de tenir un discours tellement incohérent que j’ai du mal à ne pas y voir une volonté de tromper les gens. Si le pape est le Pape, pourquoi ne pas lui obéir ? Regardez Saint Alphonse de Ligori…

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