C’est arrivé un 12 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

"La révolution a commencé par la déclaration des droits de l'homme : elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu." Louis de Bonald

Alors rappelons-nous :

  • le 12 septembre 1213 : bataille de Muret.

Les Albigeois du Languedoc assiègent la forteresse de Muret, tenue par trente français qu'ils massacrent. Cette troupe est constituée de 900 hommes du Comte de Toulouse, Raimond VI, beau-frère de Pierre II d'Aragon, 400 hommes de Raymond-Roger, Comte de Foix et 900 Aragonais de Pierre II d'Aragon, rapidement renforcés par des milliers de cathares. En face, Simon IV de Montfort, qui n'est pas très loin intervient, le 12 septembre.

C'est la première victoire obtenue par le Rosaire, une victoire contre les cathares. Les 800 chevaliers français appelés par le pape Innocent III et menés par Simon de Montfort. Ils affrontent une armée de 34 000 hommes : des cathares et espagnols de Pierre II d'Aragon. Pendant toute la bataille, saint Dominique fait prier le rosaire dans l'église de Muret. La victoire est fulgurante : 8 tués côté français et 10 000 côté espagnol et cathare, dont Pierre II. Elle permet le retour de la paix.

Après la victoire, Simon IV de Montfort devient alors le nouveau maître du Languedoc. Voir la chronique du 15 janvier, du 16 mars, du 12 avril.

  • le 12 septembre 1226 : capitulation d'Avignon.

Le Roi Louis VIII, ayant hérité des droits de Simon de Montfort sur le comté de Toulouse et poussé par le pape, se lance à son tour dans une croisade contre les Albigeois, pour en finir avec l'hérésie. Son armée constituée de 50.000 hommes, descend la vallée du Rhône et arrive devant Avignon le 10 juin. A l'issue de cette victoire les villes de Tarascon, Beaucaire, Saint-Gilles, Arles, Narbonne, Carcassonne se soumettent immédiatement. Voir les chroniques des 11 et 14 septembre.

Louis VIII reçoit la soumission de la ville d'Avignon

Tirée de Le temps des Principautés ; de Jean Favier ; éditions Fayard, 1984

  • le 12 septembre 1319 : Gasbert de Valle, ou de La Val, est nommé évêque de Marseille par le pape Jean XXII.
  • le 12 septembre 1362 : décès du pape Innocent VI.

Innocent VI est pape de 1352 à 1362, après avoir été évêque de Clermont et conseiller du Roi de France. Il succède à Clément VI et est élu le 18 décembre 1352. Il mène une politique d'économie, ordonne à tous les prélats de se retirer chacun dans leurs bénéfices ou diocèses et d'y résider sous peine d'excommunication.

C'est un grand réformateur: il rappelle les ordres religieux à l'observation de leurs règles, brise les résistances; il fonde la chartreuse Notre-Dame-du-val-de-Bénédiction à Villeneuve-Lès-Avignon en 1356. En 1358, il fait vendre argenterie et bijoux personnels pour permettre à l'Église de survivre. Il tente de ramener la papauté à Rome. C'est aussi un homme de lettre, un ami de la justice, et de la charité. Les malheurs de la France le touchent profondément. Ce dont se moquent les Anglais après la bataille de Poitiers. Il fait fortifier Avignon avec l'enceinte, toujours visible de nos jours pour protéger la ville des grandes compagnies.

  • le 12 septembre 1449 : Saint Lô ouvre ses portes au Roi Charles VII.

Les habitants accueillent les soldats de Charles VII en libérateurs. Le connétable de Richemont y rassemble les troupes qui assureront la victoire de Formigny.

  • le 12 septembre 1494 : naissance à Cognac de François Ier, futur Roi de France.

François d'Angoulême, futur François Ier, naît à Cognac. Le fils de Charles de Valois, comte d'Angoulême, et de Louise de Savoie, accède au trône de France en 1515, succédant à Louis XII, dont il a épousé la fille, Claude de France, le 7 avril 1514. Le vainqueur de la bataille de Marignan est aussi le symbole de la Renaissance française. Il attire durant son règne de très nombreux artistes à la cour, dont Leonard de Vinci. Il ordonne notamment la construction du château de Chambord et fonde le Collège de France. Mais tout ce que l'histoire moderne porte à son actif ne peut cacher ses responsabilités dans l'expansion du protestantisme en France et le déclenchement des guerres de religions (voir la chronique du 31 mars). Voir aussi celles du 25 janvier, du 24 février, des 13 et 14 septembre.

  • le 12 septembre 1683 : échec turc devant Vienne.

Le roi de Pologne, Sobieski, venant au secours de Vienne et de Léopold Ier, avec 70 000 hommes défait les 140 000 Turcs de Kara Mustafa au Kahlenberg, près de Vienne. Ce dernier lève le siège.

  • le 23 septembre 1642 : exécution du marquis de Cinq-Mars et de François-Auguste de Thou, conseiller au Parlement.

La conspiration se déroule pendant la guerre de Trente Ans, alors que la France est alliée à la Suède et aux princes allemands. Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de Cinq-Mars a signé un accord secret avec l'Espagne, en guerre avec la France depuis 1635. Elle doit lui assurer une force armée conséquente pour aider la conjuration, en échange de la restitution de toutes les places-fortes conquises par la France et d'une somme de 400 000 écus. De plus Gaston de France, le frère du Roi, s'engage à signer la paix avec l'Espagne à la place du Roi, et à abandonner l'alliance avec la Suède et les princes allemands.

Après avoir découvert un complot contre le cardinal de Richelieu, en juin, le Roi Louis XIII et Richelieu font juger Cinq-Mars et de Thou à Lyon. Ils sont condamnés à mort pour crime de lèse-majesté, et décapités, le 12 septembre 1642, sur la place des Terreaux. La famille de Cinq-Mars est aussi condamnée : sa mère la maréchale d'Effiat exilée en Touraine, son frère privé de ses bénéfices d'abbé, et le château de famille rasé.

Gaston de France se voit retirer par le Parlement de Paris ses droits à la régence.

Cinq-Mars et de Thou au pied de l'échafaud

  • le 12 septembre 1725 : naissance de Guillaume Le Gentil, astronome français.
  • le 12 septembre 1763 : décès de Jean-Philippe Rameau.

Jean-Philippe Rameau meurt le 12 septembre 1764 à Paris. Considéré comme l'un des plus grands musiciens du classicisme français, le compositeur naît le 25 septembre 1683. Il connait son plus grand succès en 1735 avec l'opéra-ballet Les Indes galantes. Il est également reconnu pour être le premier théoricien de l'harmonie classique, avec des traités qui sont toujours d'actualité aujourd'hui.

Jean-Philippe Rameau
Portrait attribué à Joseph Aved (1702-1766)
Musée des Beaux-arts de Dijon

  • le 12 septembre 1771 : sœur Thérèse de St-Augustin anciennement Mme Louise, fille de Louis XV, prononce ses vœux religieux, au Carmel de St-Denis.

C'est Marie-Joséphine de Savoie, future épouse du futur Louis XVIII, qui lui remet le voile noir de carmélite. Voir les chroniques du 30 janvier, 16 février, 11 avril et du 10 octobre.

  • le 12 septembre 1772 : pour cause de sodomie, Sade et Latour sont exécutés et brûlés en effigie sur la place des Prêcheurs à Aix en Provence.
    • le 12 septembre  1791 : annexion d'Avignon.

L'Assemblée constituante vote la réunion à la France d'Avignon et du Comtat venaissin.

  • le 12 septembre 1854 : décès de Charles-François Brisseau de Mirbel, botaniste français.

Charles-François Brisseau de Mirbel travaille d'abord au Muséum national d'histoire naturelle. Il devient le père de la cytologie en écrivant le "Traité d'anatomie et de physiologie végétale".

  • le 12 septembre 1897 : naissance d'Irène Joliot-Curie.

Irène Joliot-Curie naît le 12 septembre 1897 à Paris. Fille de Pierre et Marie Curie, elle est chimiste et physicienne, comme ses parents. Elle épouse Frédéric Joliot en 1926 et effectue avec ce dernier des recherches sur la radioactivité naturelle ; ils découvrent la radioactivité artificielle. En 1935, les deux reçoivent le prix Nobel de chimie et travaillent à la réalisation d'une bombe atomique. Elle décède d'une leucémie en 1956.

  • le 12 septembre 1914 : victoire française sur la Marne.

La bataille, qui a duré six jours, marque l'arrêt de la progression des troupes allemandes. Les Français l'emportent face à une armée allemande sidérée, dont la retraite commence le 8 septembre, le jour de la nativité de la Vierge.

La toute nouvelle IXe Armée de Ferdinand Foch positionnée entre le Marais de Saint-Gond et Arcis-sur-Aube encaisse les assauts allemands les plus furieux. Son chef a fait distribuer à tous ses soldats le drapeau tricolore frappé du Sacré Cœur de Jésus malgré l'interdiction des politiques.

Le «miracle de la Marne», est une expression de Maurice Barrès, sortie d'un article du 22 décembre 1914 suggérant d'instituer une fête nationale en l'honneur de Jeanne d'Arc. Les républicains anticléricaux vont inventer l'épisode des « Taxis de la Marne » rassemblés par Gallieni pour laïciser la bataille et retirer toute trace de l'aide divine apportée aux armées françaises. Cet épisode, certes astucieux, n'est qu'un « détail » de la bataille car Jean-Claude Delhez dans la revue Guerre et Histoire, démontre que les 700 taxis rassemblés n'ont transporté que les 4 000 hommes de la 7e Brigade Félineau.

Voir les chroniques des 5, 6 et 8 septembre.

  • le 12 septembre 1940 : découverte de la grotte de Lascaux.

C'est en cherchant leur chien que quatre jeunes gens découvrent une grotte préhistorique sur la commune de Montignac en Dordogne. Les parois et le plafond de la grotte offrent des chefs-d'œuvre paléolithiques datant de 15 000 à 17 000 ans représentant essentiellement des animaux.

  • le 12 septembre 1962 : référendum sur l'élection présidentielle.

Le président De Gaulle annonce un référendum sur l'élection du président de la république au suffrage universel direct. Le Conseil constitutionnel va aller jusqu'à déclarer ce projet de loi anticonstitutionnel !

  • le 12 septembre 2006 : le Pape Benoît XVI, à l'université de Ratisbonne, prononce un discours devant les représentants du monde des sciences.

Une phrase sur la violence de l'islam suscite une polémique. Le pape cite une phrase du savant empereur byzantin Manuel II Paléologue :

"« Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l'inhumain comme ceci, qu'il a prescrit de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait ».

Et le pape de continuer:

Après s'être prononcé de manière si peu amène, l'empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme. « Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison ('σύν λόγω') est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l'âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace… Pour convaincre une âme douée de raison, on n'a pas besoin de son bras, ni d'objets pour frapper, ni d'aucun autre moyen qui menace quelqu'un de mort… » .

L'intégrale du discours se trouve ici :

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg_fr.html

Dans son discours le pape reproche à l'empereur la dureté de ses mots, même s'il les replace dans leur contexte historique du siège de Constantinople. Pourtant, les violences et les assassinats de catholiques vivants dans les pays musulmans qui s'en suivent prouvent deux choses : que l'empereur n'avait pas tort et qu'aujourd'hui, la grande majorité des musulmans subit des prêches qui appellent la violence contre tous les non musulmans.

  • le 12 septembre 2008 : au collège des Bernardins à Paris, le pape Benoît XVI s'adresse aux 650 invités du monde de la culture: "Chercher Dieu et se laisser trouver par lui".

L'intégrale du discours se trouve ici :

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2008/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20080912_parigi-cultura_fr.html

Extraits :

"Avant toute chose, il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n'était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s'appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l'« eschatologie »." […] La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l'une de l'autre.

[…] une limite claire est mise à l'arbitraire et à la subjectivité, limite qui oblige fortement l'individu tout comme la communauté et noue un lien supérieur à celui de la lettre du texte : le lien de l'intelligence et de l'amour. Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du problème littéraire de l'interprétation de l'Écriture, a déterminé aussi la pensée et l'œuvre du monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d'un côté, l'arbitraire subjectif, et de l'autre, le fanatisme fondamentaliste. Si la culture européenne d'aujourd'hui comprenait désormais la liberté comme l'absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l'arbitraire. L'absence de liens et l'arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction.

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