C’est arrivé un 12 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 12 décembre : saints du jour français ou en France.
    • St Corentin, 1er évêque de Quimper (Ve s.)

Corentin n’est pas venu d’Angleterre en Bretagne, comme la plupart des premiers Saints de cette province de Cornouailles. On met sa naissance au commencement du IVe siècle, époque où la Foi de Jésus-Christ, étant devenue maîtresse de l’empire romain, avait déjà pénétré dans les pays les plus barbares de l’Occident et du Nord.

Ayant été élevé dans la piété, il embrasse l’état ecclésiastique et est promu aux Ordres Sacrés. Puis il se retire dans un ermitage, en la paroisse de Plouvodien, où Dieu fait de grands miracles pour sa nourriture. Il contracte une étroite amitié avec saint Primel, qui était aussi un solitaire d’une très grande piété ; et il fait sourdre une fontaine à son ermitage, pour l’exempter d’aller chercher de l’eau en un endroit fort éloigné.

Souvent il nourrit des hôtes, venus le voir, par des multiplications surnaturelles, trouvant même du poisson où il n’y en avait point auparavant. Entre autres, il fait un festin à un prince nommé Grallon et à des chasseurs de sa compagnie, avec un morceau de poisson qui n’aurait pas suffi pour rassasier un de ces hommes affamés. Ce prince, en reconnaissance, lui donne un grand espace de terre, où il fait bâtir un monastère qui est bientôt rempli de très saints religieux. Les enfants nobles y sont aussi reçus, pour être formés aux sciences humaines et à la piété : de sorte qu’il sert extrêmement à la bonne éducation de la jeune noblesse de Cornouailles et de toute la Bretagne.

Les seigneurs du pays, charmés de la prudence et de la sainteté de Corentin, prièrent le prince de procurer un nouvel évêché à Quimper-Odets et d’en faire nommer saint Corentin premier évêque. Grallon y consentit ; et, ayant fait venir ce saint Abbé, il l’envoya vers saint Martin, archevêque de Tours, dont la juridiction s’étendait sur toute la Bretagne, afin de recevoir de lui la consécration épiscopale. Saint Corentin mena avec lui à Tours deux excellents religieux, Vennolé et Tudin, pour être bénis abbés de deux nouveaux monastères que le prince voulait fonder. Mais saint Martin, l’ayant sacré, lui dit que, pour la bénédiction des abbés de son diocèse, c’était à lui à la faire ; et il l’envoya ainsi gouverner le peuple que la divine Providence lui avait commis. On lui fit une entrée magnifique dans Quimper ; et on lui donna de quoi fonder un Chapitre de chanoines, pour sa nouvelle cathédrale.

Comme il n’oublia point dans l’Épiscopat qu’il était religieux, de même les exercices de la vie solitaire, qu’il continua toujours de pratiquer, ne lui firent point oublier qu’il était Évêque. Il visita tout son diocèse ; il ordonna de bons ecclésiastiques pour les distribuer dans les paroisses ; il corrigea les abus qui s’étaient glissés parmi les fidèles ; il combattit les restes du paganisme et il s’acquitta de toutes les autres obligations d’un bon pasteur. Enfin, Dieu le retira de ce monde pour lui donner la couronne de l’immortalité.

Son corps fut enseveli avec beaucoup d’honneur dans son église cathédrale, devant le grand autel ; et son convoi fut illustré par plusieurs miracles signalés. Il s’en est fait depuis quantité à son tombeau. Une femme avait promis de présenter de la cire à son église, en reconnaissance d’un insigne bienfait qu’elle avait reçu de son intercession. Elle en apporta en effet ; mais comme elle était prête à l’offrir, elle retira sa main par avarice et ne l’offrit point. Alors cette même main se ferma si fort, qu’il lui fut impossible de l’ouvrir, jusqu’à ce que le Saint, ayant égard à ses larmes, lui apparut par deux fois et la guérit de ce mal qu’elle s’était attiré par sa cupidité. Il apparut aussi à un pauvre homme, que des scélérats avaient enfermé dans un coffre pour le faire mourir de faim et le délivra de cette horrible prison en levant la serrure qui la tenait fermée.

Ses reliques sont maintenant au monastère de Marmoutier-lez-Tours, après avoir été à Saint-Martin de la même ville, où la crainte des Normands les avait fait transporter. La vie de notre Saint est dans Benoît Gonon et dans le P. Alexandre Legrand, de Morlaix. Sa ville épiscopale a pris son nom et ne s’appelle plus Quimper-Odets, mais Quimper-Corentin… jusqu’à ce que la révolution intervienne.

  • St Israël, prêtre et chanoine dans le Limousin († 1014)

Saint Israël, prêtre et chanoine régulier, qui a été d’une grande aide à l’évêque de Limoges dans la prédication de la parole de Dieu meurt au Dorat dans le Limousin, en 1014, 

  • le 12 décembre 283 : élection de Saint Caïus, 28ème pape.

Il meurt martyr le 22 avril 296.

  • le 12décembre 627 : victoire d’Héraclius sur les Perses.

L’empereur byzantin Héraclius écrase l’armée perse du souverain Chosroès devant Ninive en Mésopotamie. Il contraint les Perses sassanides à rendre l’Egypte à l’empire byzantin et entre triomphalement dans la capitale sassanide, Ctésiphon. Héraclius ramène la relique de la vraie croix, volée par les Perses en 614, à Jérusalem.

  • le 12 décembre 1096 : Godefroy de Bouillon (première croisade)  arrive sur la mer de Marmara et conquiert les environs de Selymbria pour y libérer un prince croisé retenu prisonnier.
    • le 12 décembre 1254 : élection du pape Alexandre IV.
    • le 12 décembre 1604 : Henri IV promulgue la Paulette.

Le 12 décembre 1604, Henri IV et son ministre et ami Maximilien de Béthune, futur duc de Sully, instaurent la Paulette, d’après le nom de son inventeur, le conseiller Paulet, pour se concilier la bourgeoisie et faire rentrer de l’argent frais dans les caisses de l’État : en échange de cette taxe, les officiers (fonctionnaires et magistrats) obtiennent le droit de léguer leur charge (et les revenus qui l’accompagnent).

  • le 12 décembre 1720 : le financier John Law prend la fuite.
  • le 12 décembre 1773 : naissance de Robert Surcouf.

L’un des plus grands marins français, le corsaire Robert Surcouf, naît à Saint-Malo le 12 décembre 1773. D’abord destiné à rentrer dans les ordres, il préfère s’engager dans la marine dès l’âge de 13 ans. Il se fait rapidement connaître par ses faits d’armes et ses nombreux abordages de navires ennemis. Il fait fortune grâce à ses prises de guerre et à son métier d’armateur.

En 1795, il s’engage dans la «guerre de course» contre les Anglais dans l’océan Indien, selon les principes mis en place par Vauban un siècle plus tôt. Le corsaire s’honore de maints exploits comme de s’emparer de six navires d’un coup dans le golfe du Bengale.

Un Anglais l’ayant un jour capturé, il s’engage le dialogue suivant :

«- Au fond, ce qui nous distingue, nous autres Britanniques, de vous autres Français, c’est que nous nous battons pour l’honneur et vous pour l’argent,

– Hé oui, chacun se bat pour ce qui lui manque».

Fait chevalier de la Légion d’Honneur par Napoléon 1er en 1804, Surcouf poursuit ses activités de corsaire et d’armateur jusqu’à la chute de l’Empire et se retire dans sa ville natale nanti d’une coquette fortune, preuve que l’on peut se battre pour ce que l’on possède déjà. Il meurt d’un cancer le 8 juillet 1827.

  • le 12 décembre 1848 : un décret affecte le Palais de l’Elysée à la présidence de la République.
  • le 12 décembre 1917 : accident ferroviaire de Saint-Jean-de Maurienne.

Un train militaire déraille dans la descente de la vallée de la Maurienne. Il est rempli de permissionnaires, partis aider l’armée italienne à reprendre les territoires perdus lors de la bataille de Caporetto. L’hôpital militaire de Saint-Jean-de-Maurienne et l’usine de pâtes alimentaires Bozon-Verduraz sont immédiatement réquisitionnés afin de servir de poste de secours et de chapelle ardente. Avec 425 à 700 morts, cet évènement constitue le plus grave accident ferroviaire survenu en France.

 

  • le 12 décembre 1943 : assassinat de l’abbé Perrot.

Nommé recteur de Scrignac en 1930, sa première action est de racheter de ses propres deniers les ruines de la petite chapelle de saint Corentin de Toul arGroaz ; un an plus tard il y célébre la messe. En 1935, il entreprend la reconstruction de la chapelle Notre-Dame de Koat-Kéo ruinée par la Révolution qui deviendra « sa chapelle », un « petit bijou marial au cœur des Monts d’Arrée ». 

Ce 12 décembre 1943, jour anniversaire de la Saint Corentin, l’abbé Perrot tient à célébrer la messe dans la petite chapelle de Toull-ar-Groaz, distante de 8 kilomètres de Scrignac. C’est à pied, avec son enfant de chœur, le jeune Raymond Mescoff (11 ans) qu’il s’y rend, malgré les nouvelles mises en garde d’Anna Le Douce.

Le recteur chemine en disant son chapelet, interrompu par les jeux et les questions (en breton) du petit Raymond. Ils sont à mi-chemin du bourg, soudain un premier coup de feu, le recteur s’arrête et se demande ce que c’est. Un deuxième coup, le prêtre est mortellement atteint à la tempe, il s’écroule, l’enfant de chœur s’évanouit. Par ce meurtre, les communistes tiennent leur vengeance, habillée du « patriotisme » de la Résistance des Francs-Tireurs Partisans. Il est midi, l’Angélus sonne au clocher du bourg. Il va rester là, à agoniser près de deux heures, étendu dans sa célèbre cape qui s’est teintée de son sang et de la boue du chemin.

  • le 12 décembre 1947: quatrième apparition de Notre Dame à l’ile bouchard.

Le vendredi 12 décembre, dès midi, la foule envahit l’église. Tout est plein. On compte alors de trois cents à quatre cents personnes.

À 13 heures, les quatre fillettes viennent s’agenouiller, coude à coude, devant l’autel de la Sainte Vierge. La Dame est plus radieuse que jamais. Sa tête est auréolée de rayons lumineux vivement colorés, bleus, rouges, jaunes, verts, rosés, orange. Comme à Fatima. Les enfants nommeront cette auréole “arc-en-ciel“. Le mot MAGNIFICAT apparaît en entier en lettres d’or sur sa poitrine, car elle a baissé les mains.

Notre Dame demande de nouveau que l’on prie pour les pécheurs. A la demande d’une guérison, la Vierge répond :

« Je ne suis pas venue pour faire des miracles mais pour que vous priiez pour la France qui est en grand danger, ces jours-ci.»

Ce 12 décembre marque la fin définitive de la grève et la reprise du travail sur l’ensemble du territoire.

Voir les chroniques du 8, 10, 11, 13 et 14 décembre.

 

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