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C'est arrivé un...

C’est arrivé un 12 avril…

C’est arrivé un  12 avril…

“L’histoire ne nous dira sans doute pas ce qu’il faut faire, mais elle nous aidera peut-être à le trouver. « Fustel de Coulanges »

Alors rappelons-nous :

  • le 12 avril : saints du jour français ou en France.
    • St Constantin, évêque de Gap († après le 517)

À Gap en Provence, saint Constantin, évêque.

  • St Alfier (Alferio), abbé en Campanie († 1050)

Au monastère de Cava en Campanie, l’an 1050, saint Alfier, fondateur et premier abbé de ce monastère. Auparavant conseiller de Guimard, duc de Salerne, il devint à Cluny disciple de saint Odilon et apprit avec exactitude l’observance de la vie monastique.

  • le 12 avril 352: décès de Jules Ier, 35e pape.

Voir la chronique du 6 février.

  • le 12 avril 1204 : la quatrième croisade s’empare de Constantinople.

Lancée de Venise en 1202, elle a pour but initial de reconquérir les lieux Saints. Mais les croisés n’arrivent pas à réunir la somme demandée par Venise pour les transporter. Finalement, Dandolo, le Doge, accepte de reporter la dette, en échange de la conquête du port de Zara, ancienne possession vénitienne en Dalmatie. Le doge de Venise prend donc la tête de l’armée.

Bien qu’elle soit catholique, les croisés assiègent quand même la ville de Zara, et la prennent. Les Vénitiens et les croisés sont immédiatement excommuniés pour cet acte, par le pape Innocent III. Poussés par les Vénitiens les croisés se dirigent ensuite vers Constantinople.

Bien qu’Innocent III demande encore de ne pas attaquer, les croisés mettent le siège et la ville tombe le 12 avril 1204.

Les Vénitiens et les seigneurs croisés se partagent l’essentiel de l’empire byzantin selon un traité conclu entre les deux parties ; c’est la naissance de l’Empire latin de Constantinople.

Les croisés assiègent Constantinople (1204).

  • le 12 avril 1229 : fin de la croisade contre les albigeois, le traité de Meaux.

La date de notre calendrier est le 12 Avril 1229 ; cependant, le document est daté selon le cycle pascal, si bien qu’au 12 Avril de l’époque on est encore en 1228. Ce traité règle les problèmes consécutifs à l’intervention en Languedoc des seigneurs du Nord et du Roi de France, à la suite de l’hérésie albigeoise. (cf. la chronique du 16 mars sur la chute de Montségur). Le comte de Toulouse cède la majeure partie du Languedoc au Roi saint Louis. Il s’engage aussi à fonder une université à Toulouse pour combattre l’hérésie.

Alors que le pape souhaite depuis 1212, arrêter la croisade contre les Albigeois, celle-ci continue jusqu’en 1229. Jean Guiraud cite une lettre du pape Innocent III, en date du 15 janvier 1213, à l’archevêque de Narbonne :

« Des renards détruisaient dans le Languedoc la vigne du Seigneur, on les a capturés. Par la grâce de Dieu et la vertu des opérations de la guerre, l’affaire de la foi a pris fin en ce pays avec un succès très suffisant…. En conséquence, nous t’engageons à t’entendre avec notre cher fils, l’illustre roi d’Aragon, et avec les comtes, barons et autres personnes avisées dont l’aide te paraîtra nécessaire pour arrêter des conventions de trêve et de paix. Applique-toi avec zèle à pacifier tout le Languedoc ; cesse de provoquer le peuple chrétien à la guerre contre l’hérésie et ne le fatigue plus par la prédication des indulgences que le Siège apostolique a promises autrefois pour cet objet ». (*)

Et Jean Guiraud de continuer :

« La croisade, à dater de 1213, n’était plus qu’une guerre poursuivie par les seigneurs du Nord, pour déposséder les seigneurs du Midi, par les Rois de France pour réunir à la couronne la magnifique province qu’était le Languedoc. »

Le traité est signé à Paris entre Blanche de Castille, régente mère de Louis IX, et Raymond VII, comte de Toulouse. Il met fin à la croisade menée contre les albigeois, ou cathares, depuis 1209. Le comte doit céder une trentaine de places fortes, mais conserve le comté de Toulouse et le Lauragais. Il s’engage également à marier sa fille Jeanne, son héritière, à Alphonse de Poitiers, frère cadet du Roi. Ainsi, à sa mort, le reste de son territoire revient définitivement au Royaume de France.

(*) Histoire partiale- Histoire vraie, tome 1, chapitres XXII, page 166.

  • le 12 avril 1365 : traité de Guérande.

Par ce traité est mis fin à la première guerre de succession de Bretagne ; Jean de Montfort devient Jean IV, duc de Bretagne à condition qu’il prête hommage au Roi de France, Charles V. Les Penthièvre ne sont pas exclus de la loi successorale, puisqu’en cas d’absence d’héritier mâle chez les Montfort, le duché passe à la famille Penthièvre. Voir la chronique du 15 janvier.

  • le 12 avril 1550 : décès de Claude de Lorraine, duc de Guise.

Claude de Lorraine ou Claude de Guise, née le 20 octobre 1496 à Condé, en Lorraine et meurt le 12 avril 1550 à Joinville, en Champagne. C’est un militaire français et le fondateur de la Maison de Guise. En 1520, il combat les Anglais en Picardie, puis les Espagnols. Placé à la tête de 6500 lansquenets, il fait preuve d’une audace peu commune et met en déroute l’ennemi à Fontarabie.

Claude de Lorraine, 1er duc de Guise, par Jean Clouet

  • le 12 avril 1579 : naissance de François de Bassompierre, maréchal de France.

Grand seigneur, fier de sa naissance et de son rang, soldat courageux et fin diplomate, il s’intéresse aussi aux choses de l’esprit et laisse des Mémoires publiées sous le titre Journal de ma vie, en 1655.

Se distinguant dans la plupart des guerres que mènent Henri IV, puis Louis XIII, telles que lors des sièges de La Rochelle ou de Saint-Jean-d’Angély, il est nommé en 1614 colonel général des Suisses et, en 1622, maréchal de France. Louis XIII l’emploie également dans diverses ambassades, en Espagne, en Suisse et en Angleterre.

François de Bassompierre par Jean Alaux

  • le 12 avril 1633 : début du procès de Galilée.

Galilée est convoqué par le Saint-Office, le 1er octobre 1632. Ce qui lui est reproché n’est pas sa thèse elle-même, mais le détournement d’une mission commanditée ; ce qui justifie des sanctions pénales. En effet, de ses recherches scientifiques, il tire des conclusions religieuses qui, elles, sont condamnées. Ce qui a été écrit sur ce procès constitue, très souvent de pures inventions. En peu de mots, Jean Daujat rappelle les faits :

« En revanche on ne peut pas attribuer à Galilée d’avoir découvert que la Terre tourne autour du Soleil et sur elle-même car il n’a fait là que reprendre la théorie déjà soutenue par Copernic et il ne la soutenait que par de mauvais arguments. Mais c’est à ce propos qu’ont eu lieu ses célèbres démêlés avec l’Église. Celle-ci n’avait jamais inquiété Copernic ni aucun de ceux qui à sa suite s’étaient prononcés en faveur du système héliocentrique parce qu’ils étaient restés sur le terrain de l’astronomie. Mais en 1616 Galilée a publié un livre qui accompagnait ce système astronomique de considérations philosophiques, théologiques et même exégétiques que l’Église l’a obligé à supprimer de son livre. Saint Robert Bellarmin, grand théologien jésuite d’alors, a précisé que Galilée avait le droit de soutenir ce qu’il jugeait bon sur le terrain de l’astronomie, mais à condition qu’il ne prétende pas en tirer des conclusions philosophiques, théologiques et exégétiques. Les choses en seraient restées là si, en 1633, Galilée, croyant pouvoir profiter d’un changement de pape, n’avait pas donné une nouvelle édition de son livre en y réintroduisant les considérations philosophiques, théologiques et exégétiques qu’on lui avait fait supprimer.

C’est alors que ce livre fut brûlé sur la place publique et interdit. Quant à prétendre que Galilée aurait été torturé et obligé par la torture à nier la rotation de la terre, c’est une pure légende dont on ne trouve trace qu’en 1738, c’est-à-dire plus d’un siècle après, ce qui lui enlève tout fondement historique : Galilée n’a même pas été emprisonné ; pendant toute la durée de son procès il logeait dans le palais de l’ambassadeur de Florence à Rome et il a terminé sa vie paisiblement à Florence. »

La face interne de l’HISTOIRE de Jean Daujat, Editions Téqui, page 166.

Voir la chronique du 22 juin.

Galilée face au tribunal, peint au XIXe siècle par Joseph-Nicolas Robert-Fleury

  • le 12 avril 1704 : décès de Jacques Bénigne Bossuet, évêque et écrivain français.

Jacques-Bénigne Bossuet est ordonné prêtre en 1652. Il écrit les “Discours sur l’histoire universelle” à l’intention du Dauphin de France, Louis de France, fils de Louis XIV, dont il est le précepteur de 1670 à 1680.

Prélat, théologien et écrivain, reconnu comme un orateur exceptionnel dans ses sermons et ses oraisons funèbres, il est nommé évêque de Condom en 1670, puis de Meaux en 1681. Il participe activement à la lutte théologique contre les protestants. Il prêche à la cour de Louis XIV et convertit des protestants, parmi lesquels le maréchal général des camps et armées du Roi, Turenne (cf. la chronique du 23 octobre). Ardent combattant de la foi, il fait preuve de la plus grande charité pour les protestants, qui n’ont pas à souffrir des dragonnades dans son diocèse.

Le monument de Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704), évêque de Meaux de 1681 à 1704, par Ernest Henri Dubois (1863-1930), placé dans la Cathédrale Saint-Étienne de Meaux en 1911.

« Quoique ayant approuvé la Révocation, l’évêque de Meaux, Bossuet, épargna aux protestants les rigueurs des dragonnades. On ne mit des troupes, dans toute l’étendue de son diocèse, que dans un seul château ; et encore fait remarquer Gaillardin, c’était chez un seigneur qui avait offensé le Roi, et Bossuet les fit partir en donnant asile au persécuté dans son palais épiscopal. Dans une lettre pastorale, il pouvait dire aux protestants de son diocèse : ‘’Loin d’avoir souffert des tourments, vous n’en avez pas seulement entendu parler ; aucun de vous n’a subi de violence ni dans ses biens ni dans sa personne’’. » (*)

Il est l’auteur de la “Déclaration du clergé de France”, “Histoire des variations des Églises protestantes”, “Défense de l’Histoire des variations”, et “Relation sur le quiétisme”. Il est élu à l’Académie française en 1671. Atteint de la maladie de la pierre, il décède le 12 avril 1704, à Paris.

(*) Histoire partiale- Histoire vraie, tome 3, chapitres III, page 53.

  • le 12 avril 1803 : la Loi du 22 germinal de l’an X.

Elle réglemente le fonctionnement des manufactures et des ateliers, renouvelle l’interdiction des coalitions ouvrières”, établit la protection des marques de fabrique et réinstaure le livret d’ouvrier.

  • le 12 avril 1828 : création de lignes de voitures à chevaux à Paris.

Après la Restauration, Stanislas Baudry, colonel d’Empire en demi-solde à Nantes, ouvre en 1825, des bains-douches publics à Richebourg, dans les faubourgs de Nantes. Mais aucun client ne se présente. Aussi met-il à la disposition des Nantais un moyen de transport pour venir à Richebourg. Il établit donc une navette avec une voiture à cheval. Si ses bains restent vides le succès des omnibus est immédiat. Il étend son entreprise à la ville de Paris et en 1828, il ouvre des lignes à Paris.

  • le 12 avril 1850 : le pape Pie IX rentre à Rome.

Chassé de Rome en 1848 suite à l’attaque du palais papal par les républicains de Giuseppe Mazzini, Pie IX se réfugie à Gaète, dans le royaume des Deux-Siciles. Il lance un appel aux puissances européennes pour retrouver son trône. L’Autriche, le royaume des Deux-Siciles et la France lui apportent leur soutien. C’est cependant la France qui est la plus active, elle envoie un corps expéditionnaire commandé par le général Oudinot qui libère Rome à l’été 1849.

  • le 12 avril 1903: la république met en œuvre sa haine de l’Eglise catholique : expulsion des Congrégations.

« Le 12 avril, le révérend père général des chartreux, Dom Michel, a écrit à Combes afin de lui faire part de son refus de quitter les murs d’un monastère fondé au XIe siècle. Lui accordant son pardon pour « les procédés si peu dignes d’un chef de gouvernement », le prieur l’a toutefois averti de se préparer à comparaître « devant le tribunal de Dieu ». La conclusion prouvait qu’on peut être un vieux moine et pratiquer l’impertinence : « À bientôt, monsieur le Président du Conseil ! Je ne suis plus jeune et vous avez un pied dans la tombe. Préparez-vous, la confrontation que je vous annonce vous réserve des émotions inattendues. »

Le 20, le procureur de la République a fait apposer les scellés sur les accès au monastère. Mais pour défendre « ses » chartreux, la population s’est mobilisée. Sous la neige et dans le froid, des hommes et des femmes sont arrivés de partout. La nuit, autour de feux de bois, ils se chauffent comme ils le peuvent. Le 28 avril, ils doivent être 5 000. Certains chantent des cantiques ou récitent leur chapelet, mais quand les troupes se profilent sur la route, le 29 avril, à 2 heures du matin, c’est La Marseillaise que les manifestants entonnent. Et ils crient : « Vive l’armée ! Vive les chartreux ! Vive la liberté ! »

Dans les derniers kilomètres, les soldats ont dû déblayer des barrages dressés avec des arbres ou des charrettes renversées. Devant eux sont massés les milliers de manifestants qui bloquent le passage. Il faut une bonne heure pour que les fantassins, mètre par mètre, fendent la foule. Les cavaliers les suivent, de même que les trois calèches qui, encadrées par une cinquantaine de gendarmes, transportent les magistrats. À l’intérieur du monastère, à trois heures et demie, pendant que les cloches sonnent le glas, les moines se regroupent dans l’église et rejoignent leur stalle. Le prieur entame la lecture de l’office du jour.

Dehors, la foule est toujours aussi compacte. On fait charger les chevaux pour briser la chaîne humaine qui interdit l’accès aux portes. En vain. Les manifestants crient toujours : « Vive les chartreux ! », « Vive l’armée ! », « Vive la République ! » Si les soldats —qui sont des appelés— s’efforcent de ne blesser personne, les gendarmes ont moins de scrupules. À quatre heures du matin, l’entrée du monastère est dégagée. S’approchant du grand portail, un magistrat sonne trois fois : « Je suis le juge d’instruction, ouvrez. » « Non », répond une voix derrière le guichet. « Nous sommes ici au nom de la loi. » « Il n’y a plus de loi », rétorque le moine.

Le procureur ordonne au capitaine de gendarmerie de faire enfoncer la porte de service. Vingt minutes sont nécessaires aux sapeurs du génie, sous les sifflets de la foule, pour accomplir leur besogne. À 5 heures, alors que les premières lueurs du jour dévoilent les montagnes, les forces de l’ordre pénètrent dans l’enceinte. Elles défoncent la porte de l’hôtellerie, puis la grille du cloître, et débouchent au premier étage, au niveau de la tribune de l’église. Dans leurs stalles, les moines se tiennent immobiles. Le juge d’instruction aperçoit Jean-François Pichat, député de Grenoble, et Me Poncet, avocat à la cour d’appel, venus assister les chartreux. « Je vous somme d’ouvrir, clame le magistrat, au nom de la loi ! »

Faute de réponse, le juge et le procureur descendent l’escalier qui mène au rez-de-chaussée, et commandent aux gendarmes de défoncer la porte de l’église. Ils y pénètrent enfin, le chapeau sur la tête.

Les moines entonnent le Sub tuum, un chant d’invocation à la Vierge. Il reste à franchir la grille de bois qui sépare les stalles du reste de la nef. Un caporal escalade le jubé, et l’ouvre. Vingt-deux chartreux sont là. Pour le prieur et pour chacun d’entre eux, un mandat d’amener est rédigé. Puis chacun des religieux est empoigné par deux gendarmes. À 7 heures du matin, tout est fini.

Après un ultime interrogatoire à l’hôtellerie des Dames, face au monastère. Le lendemain, le commandant de Coubertin, commandant du 2e Dragon, envoie sa démission au ministre de la Guerre.

Tiré de Quand les catholiques étaient hors la loi de Jean Sévillia (éditions Perrin page 9)

Voir les chroniques du 5, 6 et 7 novembre du 6 et 26 mars, du 12 avril.

  • le 12 avril 1911 : Prier effectue la 1ère liaison sans escale Londres-Paris.

Il vole sur un Blériot.

  • le 12 avril 1912 : décès d’Ernest Duchesne, médecin français, précurseur de la thérapie sur les antibiotiques.

Ernest Duchesne est un médecin militaire français, qui a découvert, avant tout le monde, que certaines moisissures peuvent neutraliser la prolifération des bactéries. Il fait cette découverte, qui reste inappliquée pendant trente-deux ans, avant celle d’Alexander Fleming ; lequel montre les propriétés antibiotiques de la pénicilline, substance dérivée de ces moisissures. Duchesne prouve également qu’un animal inoculé avec une dose mortelle de bacilles de la typhoïde est exempt de maladie, s’il a été préalablement inoculé avec le Penicillium glaucum.

On peut se demander pourquoi cette thèse remarquable et remarquée par un jury compétent, sombre dans l’indifférence totale.

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