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C'est arrivé un...

C’est arrivé un 11 juin…

C’est arrivé un 11 juin…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

    • le 11 juin 1144 : consécration de la basilique de Saint-Denis.

L’abbé Suger consacre le chevet de la basilique en présence du Roi Louis VII et de son épouse Aliénor, ainsi que de tous les grands du royaume, des évêques et archevêques. Ces derniers, émerveillés par tant de splendeur, veulent construire leur propre cathédrale dans le même esprit. Un nouveau style architectural est né : l’art gothique appelé à ses débuts le francigenum opus.

C’est à partir du règne de Louis VI que les Rois de France se rendirent à l’abbaye pour lever l’Oriflamme de Saint-Denis avant de partir en guerre ou en croisade.

    • le 11 juin 1147 : départ pour la deuxième croisade.

Louis VII et Aliénor se mettent en route, à la tête de trois cents chevaliers et d’une nombreuse armée, qui grossit peu à peu avec l’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de pèlerins, pour participer à la deuxième croisade. (Cf. la chronique du 31 mars)

  • le 11 juin 1194 : la cathédrale de Chartres incendiée.

Un incendie brûle l’ensemble de l’église, sauf la crypte et la façade occidentale. Grâce à de nombreux dons, la reconstruction est aussitôt lancée. Les Templiers commencent la construction de Notre Dame de Chartres immédiatement. La nouvelle cathédrale est consacrée en 1260 et devient un haut lieu de pèlerinage. Elle représente le chef-d’œuvre de l’art gothique français.

    • le 11 juin 1393 : décès de Jean de Bourbon.

Jean de Bourbon, comte de La Marche entre 1362 et 1393, comte de Vendôme et de Castres de 1372 à 1393, fils de Jacques Ier, pair de France, est né en 1344. Jean de Bourbon est célèbre pour sa participation à la bataille de Poitiers, durant laquelle il est fait prisonnier. C’est également à lui que l’on doit la reconstruction des châteaux de Vendôme. C’est aussi l’ancêtre direct du Roi Henri IV.

    • le 11 juin 1430 : bataille d’Anthon aussi qualifiée d’« Embuscade d’Anthon ».

En 1420, le Dauphiné est convoité par trois couronnes : la France de Charles VII, le prince d’Orange, Louis de Chalon, vassal du Duc de Bourgogne et enfin, par le Duc de Savoie Amédée VIII. Cette bataille voit la défaite des troupes orangistes de Louis de Chalon devant l’armée du Dauphiné commandée par le gouverneur Raoul de Gaucourt. Les troupes dauphinoises mettent en déroute les forces orangistes de Louis II de Chalons-Arlay, alliées des Bourguignons de Philippe le Bon mais aussi d’Amédée VIII de Savoie. Le Dauphiné échappe ainsi aux prétentions des maisons d’Orange et de Bourgogne et demeure dans le giron du royaume de France de Charles VII. Ce dernier n’a pas envoyé beaucoup de troupes puisque l’essentiel des armées françaises est resté près du Roi après la capture de sainte Jeanne d’Arc.

    • le 11 juin 1572 : aménagement du port de Bayonne.

Le Roi Charles IX passe contrat avec Louis de Foix pour l’aménagement du port de Bayonne, suivant les plans de l’ingénieur Yparaguire. On doit aussi à Louis de Foix la construction du phare de Cordouan, à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde.

    • le 11 juin 1726 : le cardinal de Fleury est nommé ministre d’Etat.

André Hercule de Fleury, homme d’Eglise et homme d’Etat, est le principal ministre d’Etat de Louis XV de 1726 à 1743, après avoir été son précepteur. En septembre 1726, il est nommé cardinal. Modéré dans son train de vie, il rétablit l’équilibre budgétaire et gouverne avec sagesse et modération. Sa politique extérieure est basée sur le compromis et la recherche de la paix. Voir les chroniques du 29 janvier et du 1er avril et du 22 juin.

    • le 11 juin 1775 : le sacre de Louis XVI à Reims.

Louis XVI est sacré à Reims par l’archevêque de Reims, Monseigneur de La Roche-Aymon. Bernard Basse dans son livre La constitution de l’ancienne France décrit la cérémonie du sacre (Editions Perrin, pages 102 à 109) :

« Le matin, l’archevêque qui a pris place dans la cathédrale députe l’évêque-duc de Laon et l’évêque-comte de Beauvais pour aller quérir le Roi à l’archevêché. Le chantre qui les accompagne, une fois arrivé, frappe à la porte : « Que demandez-vous ?» Questionne le grand Chambellan  L’évêque de Laon répond : « Le Roi. » Le grand Chambellan réplique : le Roi dort ». Le chantre ayant frappé de nouveau, l’évêque demande une seconde fois le Roi. Même réponse du grand Chambellan, mais à la troisième fois, le chantre ayant frappé et le grand Chambellan ayant fait la réponse habituelle, l’évêque de Laon intervient : « Nous demandons Louis, que Dieu nous a donné pour Roi. » Aussitôt la porte s’ouvre, les évêques sont conduits auprès du Roi qui le ramène à la cathédrale.

« La réclusion du Roi et son sommeil paraissent être l’image de ce que l’Ecriture sainte rapporte de Saül. Le choix du peuple hébreux venait de l’appeler au trône ; or Saül redoute la royauté et se cache. Mais Dieu fait connaître qu’il s’est renfermé dans sa maison. On va l’y chercher ; on l’enlève de sa retraite et on l’amène au milieu du peuple ». Telle est la signification du sommeil du Roi.

Arrivé au milieu de la nef, l’évêque de Beauvais prononce l’oraison suivante, qui rappelle l’origine divine et la finalité du pouvoir royal : «  O Dieu !… Accordez votre secours à Louis votre serviteur, que vous avez mis à la tête de votre peuple afin qu’il puisse lui-même secourir et protéger ceux qui lui sont soumis. »

Après diverses oraisons le grand prieur de l’abbaye de Saint Rémi apporte la sainte ampoule contenant le baume utilisé pour l’onction royale. En la remettant à l’archevêque le grand prieur lui fait cette recommandation : « Monseigneur, je mets entre vos mains ce précieux trésor envoyé du Ciel à Saint Rémi pour le sacre de Clovis et des Rois ses successeurs ; […] Notons en passant que, par ce texte, la liturgie reconnaît officiellement l’origine miraculeuse du chrême de la sainte ampoule. Même reconnaissance dans la prière suivante récitée par l’archevêque qui commence ainsi : « Dieu tout-puissant qui, par un effet de votre bonté, avez voulu que la race des Rois de France reçût l’onction sainte avec le baume qui est ici présent et que vous avez envoyé du Ciel au saint évêque Rémi… » […] La tradition raconte qu’elle fut apportée miraculeusement à saint Rémi par une colombe lors du baptême de Clovis. […] »

Puis la cérémonie du sacre commence. Son déroulement comprend les quatre phases suivantes les serments du Roi, la consécration, le couronnement et l’intronisation et enfin la messe. Le Roi promet sur l’évangile à l’épiscopat français de défendre l’Eglise, de lui conserver ses privilèges canoniques et ses droits de juridiction ; aux peuples de France de faire régner la paix et la justice dans le royaume, d’être bon chrétien et digne fils de l’Eglise, d’exterminer les hérétiques (le verbe exterminer n’est pas pris dans le sens littéral, mais signifie que l’erreur et la Vérité ne peuvent pas avoir la même place, et que le Roi s’engage à lutter contre les hérésies dans son royaume). Enfin il jure de mourir dans la foi catholique et de défendre les deux ordres dont il est grand maître : l’ordre du saint Esprit et l’ordre de Saint Louis.

La seconde phase est celle de la consécration du Roi, point culminant du sacre. Elle est la conséquence de la loi de sacralité (ou inversement). Après les bénédictions des ornements et habits royaux (habits royaux, couronnes, sceptre, main de justice…). L’épée, symbole de la défense du peuple et de l’Eglise bénéficie d’une bénédiction spéciale. Le Roi, qui ne porte qu’une tunique fendue à divers endroits pour recevoir l’onction, à genoux, reçoit cette dernière des mains de l’évêque en neufs points. Le saint chrême (le même que celui utilisé pour le sacre épiscopal, mais dans lequel ont été mélangées quelques gouttes du baume miraculeux de la sainte Ampoule. L’évêque dépose l’onction sur la tête, l’estomac, entre les épaules, puis sur chacune, aux plis des bras et sur chaque main.

Outre le fait que la cérémonie du choix par le peuple est symboliquement répétée au début du sacre (le peuple accepte à plusieurs reprises le Roi, porté sur un pavois par les grands du Royaume), Bernard Basse relève plusieurs versets des prières dites par l’évêque qui rappellent que depuis longtemps en France, c’est bien le sacre qui fait le Roi et non l’hérédité seule:

« Nous vous prions de bénir, d’élever au trône et de consacrer votre serviteur Louis, ici présent, que nous allons couronner Roi […] O Christ, sacrez vous-même ce roi pour le gouvernement.»(*)

Il est bon de rappeler ici les efforts de Sainte Jeanne d’Arc pour faire sacrer Charles VII, et les efforts opposés de la maçonnerie pour faire renoncer tant Louis XV que Louis XVI à cette cérémonie. Les habits royaux (dont certains sont des habits épiscopaux) et les insignes royaux sont ensuite remis au Roi.

Puis ont lieu le couronnement et l’intronisation proprement dits. Entouré du chancelier de France et des 12 pairs du Royaume l’évêque pose, un peu au dessus de la tête du Roi, la couronne de Charlemagne que les pairs soutiennent d’une main la couronne. Puis, l’évêque couronne le Roi en disant : «  Recevez la couronne de votre royaume au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit… et sachez que c’est par elle que vous participez à notre ministère, et que de même qu’on nous regarde comme les pasteurs et les conducteurs des âmes dans les choses spirituelles, de même vous preniez notre défense contre les ennemis de l’Eglise…, que vous vous montriez le protecteur et le ministre fidèle du royaume qui est confié à vos soins ». (**)

Après le baiser au Roi et l’acclamation, les portes de la cathédrale s’ouvrent un Te Deum est entonné. Commence la messe du couronnement, au cours de laquelle sont célébrées les noces mystiques du Roi et de la nation. Le Roi, comme les prêtres, communie sous les deux espèces. Le surlendemain, après avoir prié sur le tombeau de Saint Marchouf (cf. la chronique du 1er mai a lieu le toucher des écrouelles, sorte de preuve palpable de l’engagement divin auprès du Roi, pour ceux de ses sujets qui douteraient ou lui seraient opposés.

(*) La constitution de l’ancienne France (Editions Perrin, pages 105)

(**) La constitution de l’ancienne France (Editions Perrin, pages 105 et 106)

    • le 11 juin 1792 : le ministre des Affaires religieuses Roland envoie à Louis XVI une lettre comminatoire.

Il cherche à le forcer à signer les décrets contre les prêtres réfractaires. Trois jours plus tard le ministre est renvoyé.

    • le 11 juin 1804 : Cadoudal, Armand de Polignac, Rivière, Lajolais et 16 complices sont condamnés à mort.

Moreau est condamné à 2 ans de prison. Bonaparte est furieux du verdict. Moreau est “condamné comme un voleur de mouchoirs” alors qu’une condamnation capitale lui aurait permis de le grâcier.

    • le 11 juin 1809 : Pie VII excommunie Napoléon 1er par la bulle Quum memoranda.

Le pape Pie VII réagit à l’annexion des Etats pontificaux par Napoléon par l’excommunication, sans toutefois nommer l’empereur. La bulle Quum memoranda, fulminée dans la nuit du 10 au 11 juin 1809, excommunie tous ceux qui ont :

« donné l’ordre, tous les fauteurs, conseillers ou adhérents, tous ceux enfin qui [ont] facilité l’exécution » de la violation de la souveraineté politique du Saint Siège »

En réaction, Napoléon fait arrêter le pape ; dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, le général Radet, à la tête de quelques hommes, entre dans le Vatican pour arrêter le cardinal Pacca, et le Saint Père.

    • le 11 juin 1893 : naissance de Jules-André Peugeot.

Jules-André Peugeot est un caporal de l’armée française. Il est le premier mort militaire français de la Première Guerre mondiale, le 2 août 1914 à 10h07.

    • le 11 juin 1899 : consécration du genre humain au Sacré-Cœur du Jésus par le pape Léon XIII.

Cette consécration est faite par le Pape Léon XIII, en complément de l’encyclique « Annum Sacrum » du 25 mai 1899. Dans ce dernier document, il a prescrit que la consécration doit être faite dans toutes les églises de l’univers catholique à l’occasion d’un triduum solennel célébré à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, les 9, 10 et 11 juin suivants. Par la suite, Saint Pie X décrète que cette consécration doit être renouvelée chaque année, devant le Saint Sacrement exposé, à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur. Rappelons-le à nos évêques. Voici le texte de la consécration  que le Saint Père a demandé de réciter dans le monde entier:

« Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard favorable sur nous, qui sommes humblement prosternés au pied de votre autel.

Nous sommes et nous voulons être à vous ; mais, pour que nous puissions vous être unis par des liens plus solides, voici qu’en ce jour chacun de nous renouvelle spontanément sa consécration à votre Sacré Cœur.

Beaucoup d’hommes ne vous ont jamais connu ; beaucoup vous ont méprisé en transgressant vos commandements ; ayez pitié des uns et des autres, ô très bon Jésus, et entraînez-les tous vers votre Sacré Cœur.

O Seigneur, soyez le Roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonnés. Faites que ceux-ci se hâtent de regagner la maison paternelle pour ne pas périr de misère et de faim.

Soyez le Roi de ceux que des opinions erronées ont trompés ou qu’un désaccord a séparés de l’Eglise ; ramenez-les au port de la vérité et à l’unité de la foi, afin qu’il n’y ait bientôt qu’un troupeau et qu’un Pasteur.

Soyez enfin le Roi de tous ceux qui sont plongés dans les antiques superstitions du paganisme, et ne refusez pas de les arracher aux ténèbres pour les ramener dans la lumière et le royaume de Dieu. Donnez, Seigneur, à votre Eglise la liberté et le salut. Accordez à toutes les nations l’ordre et la paix, et faites que, d’une extrémité à l’autre de la terre, résonne une seule parole : Louange au divin Coeur qui nous a donné le salut ; à lui soient honneur et gloire dans tous les siècles.

Ainsi soit-il! »

    • le 11 juin 1931 : élection du général Weygand à l’Académie Française, suite à son élection.

Le général connaît une élection de « Maréchal », à l’unanimité ! Il faut dire qu’il succède au maréchal Joffre. La cérémonie d’accueil a lieu le 19 mai 1932.

    • le 11 juin 1940 : Churchill refuse d’apporter un appui aérien à la France, lors du Conseil des ministres franco-britannique, au château du Muguet à Briare

Le même jour, Paris est déclaré ville ouverte par le général Weygand. Churchill demande que Paris soit le tombeau de l’armée allemande rappelant le slogan de radio Stuttgart :

    • le 11 juin 1940 : le gouvernement Reynaud et les Parlementaires fuient discrètement Paris pour Tours.

De Gaulle a approché le général Huntziger pour relever Weygand. Le premier n’a pas le courage du second et décline la proposition. Reynaud veut en effet se débarrasser du généralissime qui lui refuse la capitulation de l’armée, car dit-il l’honneur est plus du côté des militaires que des politiques et car la capitulation est punis de la peine de mort !

    • le 11 juin 1942 : fin de la bataille de Bir Hakeim.

L’Afrikakorps, corps expéditionnaire allemand sous les ordres du maréchal Rommel, s’empare, enfin, de Bir Hakeim, point d’eau stratégique dans le désert de Libye. La position est vide. Les forces françaises libres (FFL) du général Koenig y ont résisté 16 jours à l’offensive allemande, avec pour mission de la retarder et de permettre ainsi aux Alliés de préparer la riposte. C’est un succès français.

    • le 11 juin 2004 : église Notre-Dame de Toute Grâce du Plateau d’Assy.

L’Église Notre-Dame de Toute Grâce du Plateau d’Assy, construite par Maurice Novarina de 1937 à 1947, dont la décoration a été réalisée par quelques-uns des plus grands artistes de la première moitié du XXe siècle est classée au titre des monuments historiques.

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