C’est arrivé un 10 septembre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 10 septembre 422 : élection de saint Célestin Ier, 43e pape

Célestin Ier succède à Boniface Ier comme pape. Pape énergique il précise les règles à suivre pour les élections épiscopales, afin d'éviter les querelles qui ont envenimé les débuts du règne de son prédécesseur. Il condamne le nestorianisme et le pélagianisme.

  • le 10 septembre 872 : canonisation du Roi Dagobert II.

Le Roi Dagobert, très certainement assassiné en forêt de Woëvre, le 23 décembre 679, est canonisé le 10 septembre 872, par Hincmar de Reims, Bernard de Verdun et d'autres évêques en présence du Roi Charles II le Chauve. Il est le dernier Roi mérovingien du royaume d'Austrasie.

  • le 10 septembre 954 : décès de Louis IV d'Outremer, Roi de France de 936 à 954.

Voir la chronique du 19 juin.

  • le 10 septembre 1066 : Guillaume de Normandie échoue à franchir la Manche.

Après avoir échoué à conquérir le Maine en 1063 et la Bretagne en 1064, mais réussi à s'emparer du Mans et de la Mayenne en 1063, le turbulent Guillaume duc de Normandie, s'attaque à l'Angleterre. Sa flotte prend la mer, mais le temps tourne, et elle est repoussée le long de la côte à St-Valery, avec des pertes, où elle attend que le vent se montre favorable à la traversée de la Manche.

  • le 10 septembre 1419 : assassinat de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, à Montereau.

Après la catastrophe d'Azincourt, Jean sans Peur est l'homme fort du Royaume, puisqu'il domine le conseil royal de Charles VI. Comme il se méfie de la puissance des Anglais, il cherche à rapprocher du Dauphin.

Mais Jean, duc de Bourgogne, à l'occasion d'une entrevue avec le Dauphin Charles, à Montereau, est assassiné par quelques hommes de main des Armagnacs. Son fils Philippe le Bon prend le parti du roi Henri V d'Angleterre, et prive le Dauphin Charles d'une potentielle réconciliation avec le Duché de Bourgogne. Les Armagnac vengent l'assassinat de Louis d'Orléans de 1407. Voir la chronique du 23 novembre.

L'affaire est confuse. Jean Sans Peur se serait agenouillé devant Charles mais pour se relever, il se serait appuyé sur le pommeau de son épée. Juste à ce moment, Robert de Loire compagnon de Tanneguy du Chastel, et ce dernier l'auraient tué. Les conséquences sont catastrophiques pour le Royaume : non seulement, le nouveau duc de Bourgogne s'allie aux Anglais, mais Isabeau de Bavière conduit le Roi Charles VI à signer le Honteux de Traité de Troyes de 1420, qui déshérite Charles de la couronne de France, au profit du roi anglais.

  • le 10 septembre 1468 : traité d'Ancenis.

Le Roi de France, Louis XI, et le Duc de Bretagne, François II de Bretagne, signent un traité à Ancenis : François renonce à l'alliance anglo-bourguignonne et prépare le rattachement de la Bretagne au Royaume de France.

  • le 10 septembre 1487 : naissance de Giovanni Maria Ciocchi del Monte, futur pape Jules III, à Rome.

Cf. les chroniques du 23 mars et du 7 février.

  • le 10 ou 11 septembre 1524 : naissance de Pierre de Ronsard, poète fondateur du groupe de la Pléiade.

Pierre de Ronsard naît au Château de la Possonnière, en Vendômois et meurt le 27 décembre 1585 au Prieuré de Saint-Cosme en Touraine. « Prince des poètes et poète des princes », il est un des poètes français les plus importants du XVIe siècle.

Imitant les auteurs antiques, Ronsard emploie d'abord les formes de l'ode telles que « Mignonne, allons voir si la rose… » ; et de l'hymne, considérées comme des formes majeures, mais il utilise de plus en plus le sonnet introduit en France par Clément Marot en 1536.

  • le 10 septembre 1622 : les 55 martyrs de Nagasaki.

23 chrétiens sont brûlés au poteau et 22 sont décapités, dont 9 jésuites, parmi lesquels le Père Spinola et le Père japonais Kimura.

L'arène que persécuteur a voulue vaste et bien en vue, afin d'effrayer non seulement les chrétiens de la ville, mais encore ceux des païens qui seraient tentés de se convertir à la religion perverse de Jésus accueille plus de 100 000 spectateurs. Cet holocauste a été appelé le grand Martyre, tant pour le nombre que pour la qualité des victimes.

Attaché à sa colonne, le P. Spinola prend la parole et, s'adresse d'abord aux Espagnols et aux Portugais, il leur dit : « Ne croyez pas que la persécution va cesser : elle ne fait que commencer. Que ceux donc qui n'auraient pas la force de mourir s'en retournent dans leur pays. Le temps va venir où, désirant quitter le Japon, on trouvera les issues fermées et la fuite sera impossible. S'adressant ensuite aux fidèles japonais, il les encourage dans les termes les plus touchants à persévérer dans la foi, jusqu'à la mort, s'il le fallait. Enfin s'adressant au gouverneur et à son entourage : C'est votre âme, leur dit-il, et celles de tous vos compatriotes que nous sommes venus chercher pour les sauver. En témoignage de nos paroles nous sacrifions notre vie. Mais vous, qui n'avez point accueilli le don précieux que nous vous avons offert, vous en rendrez compte au Juge suprême, et nous serons alors vos accusateurs. Et, faisant allusion à la rigueur inhabituelle du supplice en préparation : Ne soyez point surpris, ajoute-t-il, si quelques uns de nous sont sensibles à la douleur : ce serait merveille qu'il en fût autrement. N'étant qu'une chair faible et fragile, affectée par la moindre peine, combien plus serons-nous sensibles à une épreuve aussi douloureuse, encore aggravée dans l'occasion présente. Mais j'ai confiance en la toute puissance de notre Créateur, et j'en attends la force de tout souffrir pour sa gloire et pour son amour. »

La persécution ne fait effectivement que commencer : voir la chronique du 4 décembre.

  • le 10 septembre 1627 : début du Siège de La Rochelle.

Le cardinal de Richelieu saisit l'occasion du pacte entre La Rochelle et l'Angleterre pour assiéger la ville et détruire la puissance protestante, véritable Etat dans l'Etat. Voir les chroniques du 28 octobre, du 6 et du 20 mars, les chroniques sur les capitulations des villes protestantes d'Alès (le 17 juin 1629) et de Privas (cf. les chroniques du 19 et du 28 mai) et sur la Paix d'Alès, le 28 juin.

Les hostilités commencent à cause des Rochelais qui tirent sur l'armée royale, le siège de La Rochelle est déclenché.

  • le 10 septembre 1755 : début de la déportation des Acadiens.

peinture de Claude Picard de Saint-Basile intitulée "L'Embarquement" réalisée pour Parcs Canada. Elle fait partie d'une série de six peintures qui sont exposées en permanence à la Chapelle Saint-Charles de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse.

Le 10 septembre, les familles acadiennes sont rassemblées par 315 miliciens afin d'être acheminées, sur 16 bateaux réquisitionnés pour la circonstance, vers les territoires de la Nouvelle-Angleterre, une grande partie au Massachusetts. Sur une population d'environ 13 500 Acadiens, on estime que plus de 12 600 sont déportés. Les autres réussissent à atteindre le Québec et la partie de l'Acadie demeurée française : la Gaspésie, l'île Royale ou l'île Saint-Jean. Voir les chroniques du 28 juillet, 11 août et du 5 septembre.

 

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