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Bioéthique / France : Société

Ces enfants que l’on haït

Une de nos fidèles lectrices nous transmet son analyse du procès Courjeault  :

"Ils étaient trois petits enfants. Véronique Courjeault les a supprimés. Mais s'agissant d'enfants non désirés, dépourvus de projet parental, nés dans un contexte défavorable, des « tumeurs humaines », selon le Docteur Nisand :
"Il ne suffit pas d'être enceinte pour attendre un enfant", souligne-t-il. "S'il n'y a pas de parole, il n'y a pas d'enfant, il y a de la tumeur humaine". (le Docteur Nisand parle ici de ce qu'interprète la femme en déni de grossesse ).

La grossesse n'étant pas nommée, reconnue, la femme souffre donc de déni de grossesse. Des mots très forts, qui frappent, interrogent, font douter : cette mère infanticide est-elle une coupable, ou une victime ? Que de conditions met-on aujourd'hui au droit à naître ! Que de conditions oppressent les parents souhaitant avoir un deuxième, ou un troisième enfant ! Que de diktats au soi-disant bonheur!: Pour vivre, il faut faire preuve d'aptitude à la jouissance, d'une aptitude optimale à en profiter, parce que pour eux, la vie, ce n'est que ça ! Il est interdit d'interdire, il est obligatoire de jouir, de profiter, de s'octroyer le maximum de plaisir. Et pourquoi se priver de vérifier si tout un chacun en est bien capable ?

La science le permet …
Véronique Courjeault est donc victime de sa souffrance psychique, son « déni de grossesse ».
Victime, bien sûr, nous autorise gracieusement à penser ce téléfilm. Victime parce que souffrante, et surtout, solitaire, silencieuse. Pourtant, ne nous dit-on pas également qu'elle est par ailleurs une Maman comblée ? Une Maman aimante ? Comment juger si sa famille ne rassemblait-elle pas tous les critères exigés par l'opinion médiato-publique pour « réussir son projet d'enfant » ?
Quelles auraient été alors, les conditions à réunir, pour que ces trois enfants puissent avoir le droit de vivre ?

Le déni de grossesse est une bonne parade explicative, une note à rajouter au dossier de l'institution républicaine. Déni de grossesse, oui, mais déni d'accouchement ?. Les enfants ne sont-ils pas finalement nés, donc rendus au réel ? D'après les ouvrages de psychologie, les mères enceintes rêvent leur enfant, elles l'imaginent. Il s'agit de « l'enfant imaginaire ». Et cela va du fait d'imaginer un bébé rose et joufflu, quitte à être un peu impatientes ou déçues même, lors des premières échographies, aux souvenirs plus ou moins douloureux, qui vont faire d'elles peu à peu, les mères qu'elles deviendront en mettant au monde ces mêmes enfants, la naissance rendant ainsi à l'enfant sa liberté d'exister par lui-même et pour lui-même, au-delà des fantasmes ou des névroses de sa mère.
L'enfant à naître n'est pas plus un projet qu'une matière.

Cela ne peut être dit sans nous rappeler l'histoire du bourreau soviétique frappant un homme prisonnier. L'homme, n'en pouvant plus, tente de faire appel à l'être humain, ce fameux être humain dont on nous vante le côté naturellement bon, même défiguré par la haine, et dans un ultime effort, il s'adresse à lui : « Mais pourquoi continues-tu à me frapper ? Ne vois-tu pas que je souffre, que tu me fais du mal ? ». Le bourreau répond : « Je suis matérialiste. Pour moi, tu n'es que de la matière. Te frapper, c'est comme frapper cette table, ou cette chaise. »

Les embryons surnuméraires employés comme de la matière à expérimentation scientifique, parce que démunis de leurs papiers assurant le « projet parental sur eux », des embryons avortés parce que dépistés à risque de maladies ? Des risques pas pris, de vagues projets abandonnés, des attentes niées, comment va-ton appeler cela ? Quel mot va-ton inventer, pour surtout ne pas juger, ne pas accuser ? Pour être sûr de laisser un doute, un doute sur ce sang, qui a pourtant été répandu, là, devant nous, mais qui peut-être finalement n'en est pas ? Un doute sur ces membres arrachés, utilisés à des fins scientifiques et commerciales, qui peut-être, n'en sont pas vraiment ? Quelles sont les conditions requises pour aimer contre toute attente?
Enfin, qui nous montrera comment prendre tous les risques, au nom de la vie ?

Demain soir, en ce 8 décembre, des millions de lumières resplendiront de tous leurs feux, chantant la gloire du Christ Sauveur par son Immaculée Conception, les millions de petites lumières de ces enfants non-nés ou pas encore nés, abandonnés au jugement d'un procès d'un monde, en déni de lui-même".

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
Avec le Salon Beige voulez-vous participer à cette émergence ?

Le Salon Beige se bat chaque jour pour la dignité de l’homme et pour une culture de Vie.

S'il vous plaît, faites un don aujourd'hui. Merci

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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4 commentaires

  1. Le docteur Nisand a raison : s’il n’y a pas de mots, il n’y a pas d’existence, et moi même, je n’ai pas réussi à reconnaître la grossesse de la mère du docteur Nisand, et je me tais sa naissance, aussi je propose de mettre le docteur Nisand dans un congélateur.

  2. Pourquoi dans ce cas se contenter de congeler ces bébés, et ne pas s’en “débarrasser” totalement?
    Là, je n’arrive plus à comprendre la logique de la tumeur…

  3. Elle n’est pas convaincante cette “mère”. Pourquoi en supprimer trois et en garder deux ??? Je n’ai rien vu d’humain dans cette femme à la barre du tribunal. Elle est hermétique pour nous et à elle-même également. Je l’ai trouvée effrayante passant de la tendre mère à l’infanticide. Sans bouger un cil !!!

  4. “en ce 8 décembre, des millions de lumières resplendiront de tous leurs feux, chantant la gloire du Christ Sauveur par son Immaculée Conception”
    Euh … le 8/12, c’est l’Immaculée Conception de Marie, pas de Jesus ; Je me trompe ?

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