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CEF : des délégués épiscopaux à la Pastorale familiale contestent la venue du père Thomasset

La prochaine Journée nationale de rencontre et de formation des délégués épiscopaux à la Pastorale familiale pourrait être aussi animée que lors de l’invitation (déprogrammée) de Fabienne Brugère, acquise à l'idéologie du genre. Plusieurs délégués contestent la venue du Père Alain Thomasset sj, dont les raisonnements de ce professeur de théologie morale sont

« si éloignés de la doctrine de l’Église qu’ils risquent d’embrumer les participants au lieu de les éclairer et de les fortifier ».

Le père Thomasset avait déclaré

« Je crois que l’interprétation de la doctrine des “actes intrinsèquement mauvais” est une source fondamentale des difficultés actuelles de la pastorale des familles, car c’est elle qui détermine en grande partie la condamnation des moyens de contraception artificiels, des relations sexuelles des divorcés remariés et des couples homosexuels, même stables ».

Dans Famille chrétienne, Fabrice Madouas a interrogé le Père Hubert Lelièvre, délégué épiscopal à la famille du diocèse d’Avignon. Extraits :

"Je veux d’abord souligner que je me réjouis que cette rencontre nationale ait lieu et qu’il soit offert aux délégués diocésains à la famille de se retrouver à Paris sur un sujet aussi important. Bon nombre de familles sont aujourd’hui blessées, fracturées, fragmentées. Les parents, comme leurs enfants, sont en quête de repères : ils attendent de l’Église une parole de vérité, parole exigeante qui ne cède pas à l’air du temps, au relativisme dont les familles souffrent, mais soit au contraire fidèle à l’enseignement de l’Église.

Or je crains que, sur ce point, la réflexion du Père Thomasset, telle qu’elle s’est exprimée l’an dernier à l’Université grégorienne de Rome, ne panse pas leurs maux. Ces mots-là ne guérissent pas. Au contraire, ils risquent d’aggraver les choses en puisant au relativisme ravageur dont souffre la société tout entière.

Vous ne partagez donc pas ce que dit le Père Thomasset sur les « actes intrinsèquement mauvais » ?

Je ne le partage pas, car ce n’est pas ce qu’enseigne l’Église. Et je ne crois pas qu’il soit opportun que, dans cette assemblée, soit diffusé un autre message que celui de l’Église.

Nous qui travaillons sur le terrain, nous qui sommes au contact de réalités souvent difficiles, nous n’avons pas besoin d’une morale douteuse, faussement compassionnelle, qui fragilise un peu plus les familles. Propos de surcroît datés, qui ne correspondent pas du tout à ce que nous constatons tous les jours en côtoyant des personnes blessées ou des foyers brisés.

Les familles, les jeunes surtout, ont soif d’espérance. S’ils se tournent vers l’Église – et ils sont nombreux ! – c’est parce qu’ils pressentent qu’elle peut leur offrir autre chose qu’une vague morale épousant les ruses et les facilités du monde. Cette autre chose, c’est l’Évangile. Cette autre chose, si je puis dire, c’est le Christ. […] Combien de fois Jean-Paul II, Benoît XVI et le pape François nous ont-ils dit de ne pas nous conformer à la mentalité du monde ? Combien de fois nous ont-ils mis en garde contre l’esprit mondain ? Contre cette « pitié fallacieuse » – selon Jean-Paul II dans sa Prière pour la vie – qui ne sauve pas mais au contraire enfonce ? […] La « pitié fallacieuse » est le fruit d’une méconnaissance de la miséricorde. Elle engendre une morale froide, désincarnée, une morale qui durcit les cœurs et les intelligences et se retourne finalement contre l’homme et les familles qu’elle prétend aider."

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