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France : Société / Histoire du christianisme / Valeurs chrétiennes : Culture

Ce qui manque à notre siècle, c’est l’intelligence de l’action

Ce qui manque à notre siècle, c’est l’intelligence de l’action

Ancien officier de Légion étrangère, créateur d’un cabinet pour accompagner les dirigeants d’entreprise dans la gestion de leur personnel, François Bert publie un premier roman en forme d’hommage aux Poilus : Cote 418, aux éditions Edelweiss. Il met en scène une section de Légion étrangère, durant la Grande Guerre, avec à sa tête un officier, confronté aux difficultés de la guerre, et qui doit prendre rapidement les bonnes décisions, qui peuvent s’avérer fatales, pour emmener ses hommes au combat. Ce roman se révèle ainsi à la fois hommage aux Poilus de la Grande Guerre et manuel pratique à destination des dirigeants, quels qu’ils soient, militaires, entrepreneurs mais aussi politiques. On y lit par exemple, au détour d’une page cette petite leçon :

 Il y a des exemplarité apparentes qui n’en sont pas. La seule chose qu’on ne pardonne pas à un chef, c’est de ne pas savoir décider. Le subordonné se fiche pas mal qu’il soit inoccupé, tant qu’il tient la boutique.  Mais s’il se met à occuper l’espace pour se prouver qu’il sait tout faire et qu’il ne cesse de travailler, alors il inhibe les bonnes volontés et les démobilise.

Dans un entretien à France catholique, François Bert explique :

Les militaires aiment à dire que « le premier mort de la guerre, c’est le plan ». L’absurdité, l’imprévu et le gâchis sont hélas au cœur de nos vies. L’important, quand la déflagration retentit et que les morts commencent, c’est d’habiter l’espace restant d’une présence de discernement, pour ne pas subir. Le patriotisme a obsédé les combats de 14-18, redonnant chaque jour une finalité aux efforts consentis. Mais ce furent autant voire davantage les éclats d’humanité et le redressement des êtres qui donnèrent du sens aux folies de ce temps.

En quoi les sacrifices lointains des Poilus peuvent-ils inspirer notre action face aux angoisses de notre temps ?

La meilleure moisson des morts, c’est le sursaut des vivants. Autant il est terrible de voir comment le devoir de mémoire peut échapper à nos contemporains, autant l’admiration distanciée ou idéalisée de l’héroïsme des anciens peut nourrir une désertion de nos combats quotidiens. Ce qui manque à notre siècle, c’est l’intelligence de l’action. Nous nous classons par idées, familles de pensée, couleurs de célébration etc.

Chaque époque a ses combats. Encore faut-il les voir, les écouter et y concentrer ses efforts, plutôt que de les peindre de mots. La mondialisation nous déporte vers des lieux d’émotion lointains, sur des thématiques où nous sommes majoritairement impuissants. La patrie, c’est un lieu à hauteur d’homme et à portée de main, construit et transmis par des millions de générosités, d’intelligences et de fidélités. L’islamisme – comme la mondialisation – détruit ce cadre en profitant de l’atonie de nos fidélités. Je crois aux fidélités simples, aux courages quotidiens, aux décisions prises dans des configurations non prévues. Ce roman décrit heure par heure ce qui peut être transposable dans nos vies. Le réveil politique est encore possible, si l’on quitte la communication et les idées, pour le silence quotidien de l’action. […]

Quel est votre regard sur “l’itinérance mémorielle” d’Emmanuel Macron ?

L‘itinérance, ça ne peut pas être un mot de chef. C’est un mot de GPS en panne. Un chef, ça donne la direction. Ce qui manque à ces célébrations, c’est le souffle et les modalités des combats d’actualité. Ce n’est pas une Europe diffuse qu’il faut célébrer, c’est l’esprit combattant qui fait peur aux ennemis réels qui sont les nôtres. Un soldat se bat pour la victoire, pas pour les fleurs ou les larmes.

En désignant comme ennemi, hier devant les chefs d’Etat rassemblés sous l’Arc de Triomphe, le nationalisme, Emmanuel Macron est resté dans la politique politicienne voire idéologique. Car contre qui luttent nos soldats, en opération extérieure et en France sous l’opération Sentinelle ?…

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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