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France : Société

Ce ne sont pas des “assistants sexuels” dont les handicapés et familles d’enfants handicapés ont besoin [Add.]

Ce ne sont pas des “assistants sexuels” dont les handicapés et familles d’enfants handicapés ont besoin [Add.]

Mais où vont-ils chercher de telles préoccupations ? Pourquoi les médias mettent-ils en avant ce type de sujet alors qu’il existe des sujets bien plus dramatiques dans la vie des handicapés et des familles d’enfants handicapés ?  Invitée du “Grand Rendez-vous” Europe 1 – Cnews – Les Echos ce dimanche, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a annoncé avoir saisi le Comité consultatif national d’éthique afin de “rouvrir la réflexion éthique en abordant le sujet de l’assistance sexuelle avec une vision renouvelée

Force est de constater que certains de nos concitoyens, parce qu’ils sont en situation de handicap, sont privés [de droits sexuels], pour certains à vie (…) Ils ont le droit à une vie intime, affective et sexuelle. Je suis très favorable à son accompagnement. C’était tabou dans notre société, mais elle a mûri (…) Sans aucune solution adaptée, ils sont condamnés à vivre dans une abstinence non choisie

Pourtant, ce n’est du tout ce thème que les familles concernées par le handicap veulent mettre en avant comme le montre cet appel lancé en direction du gouvernement à la veille de la conférence sur le handicap. elles appellent d’ailleurs à manifester devant les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) :

Un droit ce n’est pas une faveur. Il est temps de faire entendre nos voix sur les défaillances d’un système dont les rouages ont sauté au détriment des usagers.

Nos vies sont pourtant particulièrement malmenées par des refus et/ou revues de droits non motivés, des législations de dépôt et des procédures bafouées par les MDPH elles-mêmes, des mutualisations en masse des accompagnants scolaires lors des renouvellements de dossiers, des dépassements de délai ayant pour conséquence des ruptures de droits dramatiques pour les familles pour la continuité des prises en charge et/ou les soins de leurs proches, ou d’eux même.

En parallèle de cette conférence nationale du handicap, nous voulons montrer que nous ne sommes pas dupes : les recours administratifs deviennent de plus en plus complexes à enclencher de par la réforme « justice », les familles sont acculées, les personnes concernées se sentent abandonnées des politiques qui ne travaillent en fait apparemment qu’à soigner le descriptif de leur futur plan d’action sans jamais chercher à faire respecter les législations déjà pourtant en vigueur

Le collectif Handicaps, qui regroupe 47 associations nationales de personnes en situation de handicap et leurs familles, évoque dans une tribune les même préoccupations sans évoquer une seule fois l’accès une assistance sexuelle  :

Chaque jour des enfants ne peuvent accéder à une école, des travailleurs doivent quitter leur entreprise car les logiciels utilisés ne sont pas adaptés, des personnes ne peuvent aller où elles veulent en raison de multiples obstacles… Si tout cela vous semble impensable, c’est que vous n’êtes pas une personne en situation de handicap, habituée à accepter l’inacceptable, à accepter d’être considérés par la société non pas comme des citoyens à part entière mais comme une charge financière pour la société.

Infatigablement, les associations se mobilisent pour pallier les multiples carences, pour accompagner les personnes handicapées et leurs familles et pour faire respecter leurs droits. Juste faire respecter des droits, définis parfois depuis des décennies dans la loi.

Alors, aujourd’hui, il est temps de taper du poing sur la table et d’affirmer qu’il n’est plus possible de ne pas appliquer la loi, de connaître une telle inégalité de traitement selon les territoires, de voir taire de telles souffrances.

Il est temps de mobiliser l’ensemble des acteurs (départements, administrations, entreprises, architectes, enseignants…) et de sortir d’un débat d’experts, pour exposer au grand jour les discriminations dont sont victimes chaque jour les personnes en situation de handicap et faire comprendre que ce n’est plus acceptable.

Il est temps de montrer les personnes handicapées comme des personnes autrement capables, de ne plus cacher les innovations dont elles sont à l’origine, d’expliquer les sources d’emplois non délocalisables que permet la mise en accessibilité de nos villes, en particulier à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques de 2024…

Cette mobilisation, le Président de la République peut la lancer mardi prochain à l’occasion de la conférence nationale du handicap, un événement qui se déroule tous les trois ans et qui sera donc la seule de ce quinquennat. Ne soyons pas naïfs, même si ce discours est particulièrement attendu par les associations, qui espèrent aussi un certain nombre d’annonces très concrètes et des engagements précis, un discours ne pourra changer à lui seul ce qui incombe à la société entière. Le changement du quotidien des personnes handicapées se fera dans les territoires par une implication de tous. Et vous, comment pouvez-vous participer à cette mobilisation?

Voici un exemple parmi tant d’autres :

Addendum : Communiqué immédiat du 11 février 2020 du haut Comité à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE)

Le HCE s’oppose fermement à la proposition d’aidant.es sexuel.les pour les personnes handicapées. Légaliser l’achat de services sexuels serait contraire à notre législation contre l’achat de prostitution.

La création d’aidant.e.s sexuel.les, c’est-à-dire d’hommes mais surtout de femmes, formé.es et employé.es pour fournir des « prestations » sexuelles, est une forme de légalisation de la prostitution alors que la France s’est engagée à combattre l’exploitation sexuelle des êtres humains.

Le HCE rappelle que l’une de ses anciennes membres, la regrettée Maudy Piot, qui fut présidente de l’association Femmes pour le dire Femmes pour agir, déclarait que « la notion d’ « aidant.es sexuel.les » est une mauvaise réponse à un vrai problème : celui des personnes lourdement handicapées qui veulent vivre leur sexualité d’hommes et de femmes dans l’authenticité et la dignité et pouvoir créer une relation amoureuse. Poser comme principe qu’il y a une sexualité spécifique des personnes handicapées qui réclame une réponse spécifique est une erreur et conduit – une fois de plus – à la ghettoïsation du handicap. »

Le HCE exhorte le gouvernement à ne pas dissocier la légitime aspiration de toute personne, quel que soit son état de santé ou de handicap, à une vie affective et sexuelle dans le respect de l’autre combat contre l’exploitation des êtres humains et la marchandisation des corps.

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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9 commentaires

  1. De la part d’une société qui élimine les handicapés par eugénisme ou par assassinat violent façon Vincent Lambert cela prêterait à rire si la matière n’était pas aussi grave !

  2. “réflexion éthique … ” , “assistants sexuels”, des fonctionnaires prostitué.e.s si j’ai bien compris.
    C’est ce qu’on appelle de la masturbation intellectuelle. Désolé [_]Messieurs [_] Mesdames [_] autres (cocher la case correspondante) du CCNE, vos éjaculations cérébrales ne nous font plus rire.
    (désolé de la crudité du propos)

  3. On a criminalisé le fait d’avoir recours à une prostituée, bien ou pas bien je ne sais pas, mais on va autoriser la prostitution (pardon : l’accompagnement sexuel) en faveur des personnes handicapées. Bon j’arrête ….

    • L’Etat va se faire proxénète. Vous avez raison de souligner la contradiction.
      Manu, yop la boum, c’est le chéri de ces dames ,
      Manu, yop la boum, c’est le roi du macadam !

      Je suis vieux, laid, obèse , aurai-je le droit à une assistante ?

  4. On ne veut pas trouver des AVS pour des enfants qui rêvent de pouvoir aller à l’école comme tous les enfants de leur âge, mais la préoccupation du gouvernement est de tenir la chandelle à des personnes qui s’en soucient comme de leur première barboteuse à boutons…

  5. et ensuite ils proposeront le remboursement par la sécu de la prestation d’une (ou d’un) prostituée
    et des chrétiens continuent à voter pour ces bobos!

  6. J’avais gardé un article de Voix de l’Ain du 30 mars 2018 qui m’avait horrifiée. Il relatait une journée de réflexion sur le handicap et la sexualité organisée à Bourg-en-Bresse par cinq associations : les PEP 01, l’APAJH de l’Ain, l’ADAPEI, l’AFIS, l’UNAFAM, avec le soutien logistique de l’IREIS et l’ADEA. Les deux intervenantes de cette journée promouvaient le système des aidants sexuels ! Ce sont Sheila WAREMBOURG, présentée comme formatrice, diplômée en sexologie et santé publique, et Marie-France CALLU, présentée comme maître de conférence honoraire en droit à l’université de Lyon. La seconde expliquait que la loi française actuelle interdit ce système car cela est considéré comme du proxénétisme mais que ce n’était pas le cas en Belgique et en Suisse. La première indiquait militer avec des associations (lesquelles ?) pour que la loi française change. En attendant elle proposait aux professionnels présents d’avoir un positionnement institutionnel concerté, de faire un travail en commun, de réaliser par exemple une charte en collaboration avec les handicapés, d’encourager des groupes de paroles et un travail éducatif individuel, de créer des réseaux avec le planning familial.
    J’étais horrifiée. Après renseignement auprès de personnes compétentes dans le monde du handicap, dans le Rhône, aucun professionnel ne connait ces deux personnes. Je vois maintenant qu’elles ont convaincu la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Mme Sophie Cluzel (ou bien se connaissaient-elles auparavant ?). Tout cela donne nettement l’impression de personnes de connivence avec des proxénètes pour leur créer un marché juteux dans le monde des handicapés. C’est scandaleux.

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