Budget des Etats-Unis : Obama a choisi la politique du pire

Dans Présent, Christian Daisug évoque le bras de fer qui se joue aux Etats-Unis à propos de l'Obamacare :

"Depuis près de quatre ans que le nouveau système d’assurance santé
(couramment appelé ici Obamacare) a reçu son appareil législatif,
l’opposition républicaine et les militants nationaux tentent sans
relâche de le disloquer, de le rendre inopérant.

OIls le jugent ruineux pour la classe moyenne, générateur d’un
chômage chronique et pourvoyeur d’une bureaucratie tentaculaire
. Ils
constatent que ce système a contre lui la majorité des Américains et
craignent qu’il grossisse comme une énorme bulle gaucho-socialiste en
gonflant encore davantage la dette déjà faramineuse du pays et en
creusant encore davantage le lit de l’Etat providence
. Cette opposition
contrôle depuis novembre 2012 la Chambre des représentants avec une
substantielle majorité. C’est donc sur ce terrain parlementaire que se
joue actuellement une partie de bras de fer mettant aux prises d’un côté
la Maison-Blanche et le sénat, de l’autre cette Chambre solitaire,
semblable à un roc sur la colline du Capitole.

Comment dévitaliser Obamacare ? En l’asséchant, en lui coupant sa
pompe à dollars, bref, en le privant de tout financement. Priver
d’argent un mécanisme de cette taille, c’est retirer l’eau d’un bocal à
poissons rouges. Mais comment empêcher Obamacare de se réoxygéner ? En
le greffant sur le débat budgétaire. Il suffit qu’une majorité de
députés refusent de voter les dépenses et les recettes prévues ainsi que
les amendements prévoyant le financement d’Obamacare pour que celui-ci
tombe en quenouille.

C’est ce que les élus républicains – accompagnés d’une poignée de
démocrates
– ont fait dans la nuit de lundi à mardi dernier. Ils ont
torpillé le passage du budget par 228 voix contre 201 et, du même coup,
plombé Obamacare. Pas de budget, pas d’argent. Pas d’argent, pas de
salaires. Près de deux millions de fonctionnaires fédéraux sont
actuellement au chômage technique, sans espoir de voir arriver bientôt
dans leur boîte aux lettres leur chèque de fin de mois. […]

Le
président Barack Obama et sa clique de gaucho-libéraux affirment que
c’est une « guerre électorale » menée par l’opposition en vue de glaner
des voix en novembre 2014 aux élections législatives du mi-mandat. De
leur côté, John Boehner, le speaker de la Chambre, et ses troupes
de droite répliquent que c’est une « guerre idéologique » conduite par
le pouvoir afin de culpabiliser cyniquement les républicains dans cette
affaire de paralysie budgétaire.

L’intoxication officielle se trouve à la charnière de cette attaque
et de cette contre-attaque. Car enfin, qui refuse de négocier un
réaménagement d’Obamacare ? Qui rejette le système des navettes et
d’éventuelles concessions ? Qui verrouille le débat jusqu’à imposer le
« tout ou rien » ?
A ces trois questions, même réponse : la
Maison-Blanche et les chefs du sénat. C’est ce camp qui a choisi la
politique du pire, qui joue sur l’impopularité du blocage des circuits
fédéraux, qui inonde les médias de slogans racoleurs.

Le but est évident : laisser pourrir la situation, accuser les
détracteurs du régime d’insensibilité. Un comble ! Les républicains dans
cette affaire ne font que combler les vœux du pays, des vœux exprimés
dans tous les sondages : remettre en chantier le système d’assurance
santé, aller jusqu’à conserver d’Obamacare quelques bonnes idées, mais
surtout lui enlever toute sa « graisse » socialisante qui en fait un
outil compliqué, dévoreur de primes, briseur de consciences (avec son
obligation pour tous de financer produits abortifs et contraceptifs) et
dont l’efficacité reste à prouver.

Les députés se contentent de répercuter le trouble ressenti depuis
près de quatre ans par le pays profond, qui se méfie instinctivement des
machinations administratives nées dans les bureaux d’un centralisme
boulimique. Ce bras de fer est donc bien davantage une guerre
idéologique qu’une guerre électorale. Ce sont bien deux conceptions de
l’intervention étatique qui s’affrontent. Ce sont bien deux conceptions
de la liberté qui s’empoignent
. Avec, en toile de fond, près de deux
millions de victimes et 310 millions d’otages."

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