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France : Politique en France

Boutin vs Villiers : et s’ils avaient le même problème?

Le feuilleton de l'intégration du MPF dans la majorité aura été le plus décevant de l'été. Accepter de collaborer avec de farouches opposants aux points non-négociables – qui sont les fondements de toute société humaine – est une forfaiture et la raison de grande déception…

Christine Boutin, après avoir intégré un gouvernement qui aura attaqué la famille et détruit le repos dominical, se retrouve aujourd'hui sur la touche politique et s'en prend à l'UMP d'avoir accepté Philippe de Villiers et consorts, non pour les sombres calculs électoraux des prochaines régionales, mais parce que "à force de rassembler tout le monde, on risque de faire émerger des extrêmes"! Pour ceux qui avaient encore des illusions, le masque est définitivement tombé… : la Foi ne réunit pas les hommes politiques, même au nouveau parti "chrétien"-démocrate.

Concrètement, les deux partis qui se targuent à tort ou à raison et sûrement en toute bonne foi - là n'est pas le débat – de défendre des valeurs chrétiennes en viennent à les rejeter insidieusement, à se rejeter mutuellement pour survivre dans ce champs de ruine de la politique. En face (et non avec eux), l'UMP, bon élève du système, se frotte les mains : après avoir écrasé les plates-bandes du FN pendant la campagne présidentielle, il a pillé ensuite les derniers piliers à sa gauche, acheté l'ex-FRS par un poste au gouvernement et vient finalement de neutraliser le MPF pour des manoeuvres politiciennes. Bilan diabolique de destruction des partis ou peut-être finalement, achèvement d'un système dangereusement unitaire…

Les victimes de cette machination sont les fameux points non-négociables, des piliers de la doctrine sociale de l'Eglise, qui finalement ne sont plus défendus par personne, voire seulement par une poignée d'individus qui n'auront de rôle que celui de pantins ou de hochets d'une pseudo-opposition. Tout ça au nom de la survie politique dans un système qui aboutit inéluctablement au déni des fondements naturels et chrétiens de la société. 

Voilà le dilemme des catholiques français en politique aujourd'hui : disparaître, broyé par le Moloch du système ou s'y soumettre et sacrifier progressivement les points non-négociables par compromis successifs pour rester visible dans le champ politique. Il reste cependant une troisième voie pour un engagement personnel fidèle, mais elle exige plus que du courage.

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13 commentaires

  1. En même temps, il n’y a rien là de très nouveau, ni de très intéressant.

  2. C’est bien comme cela : les choses sont claires.
    Tous ces gens sont des pantins au service de la Révolution : ils ne sont donc pas catholiques… on ne peut servir Dieu et le diable à la fois…
    Qui peut leur rappeler leur promesse de confirmant ?

  3. Ah?
    la 3°voie “fidèle”, c’est voter FN?
    On est sauvés alors!
    [Relisez tout : il est question d’un champ politique qui est totalement miné, piégé… celui qui agit est soit tué, soit obligé de se soumettre. La troisème voie que je souligne n’est pas dans ce champs miné, mais à propos de ce champ miné. Lahire]

  4. Tiens, on commence à comprendre?
    Depuis sa création le salon beige soutient toutes les trahisons de Villiers .
    [Je jette volontairement votre commentaire en pature aux lecteurs tant il est absurde. Descendez au bas de cette page et vous constaterez votre erreur. Retournez dans nos archives et vous verrez que vous vous trompez lourdement… Lahire]

  5. Malgré ses imperfections dans l’expression, le FN continue dans son programme à défendre les points non négociables, autant que le faisait le FRS de C. Boutin et le MPF de P de Villiers, bien les stratégies politique de chacun de ces partis aient varié.
    Est ce que le problème n’est pas plus profond ?
    Dans la mesure où les catholiques ne se mobilisent pas fortement pour la défense de la Vie ; où ils sont incapables de mettre en forme une pensée sociale catholique de leur temps, oscillant entre distributisme, solidarité étatiste et anti libéralisme du 19 ème siècle, les politiques qui leur sont les plus proches sont eux mêmes soit paralysés et incertains, soit découragés devant ces impossibilités intellectuelles et conceptuelles accumulées. Le militantisme politique des catholiques, y compris des milieux traditionalistes, est inexistant et marginal quantitativement, et leur attitude politique la plus fréquente consiste en une critique permanente des iotas et le dénigrement de la moindre paille. Le tout dans l’attente du parti parfait et du retour d’un St Louis, et dans le soutien à toutes les scissions depuis 15 ans, et je pense par exemple au soutien officieux de la Fraternité St Pie X à l’aventure de B. Mégret, sans parler du catholicisme mis en avant en permanence pour vider des querelles de personnes et justifier les divisions. Les coupages de cheveux en quatre sur les points non négociables utilisés pour diviser et non pour unir, ceci pour les plus ”exigeants” ou qui se voulaient tels, ou comme appel à voter UMP dès le premier pour les plus juste milieu qui se croyaient ”réalistes”, tout cela rend le message politique des catholiques français totalement inaudible, voire inepte.
    Dans ces conditions, ils devront attendre longtemps pour que ce à quoi ils sont légitimement attachés trouve une formulation politique.
    Sans idées claires, on ne peut que connaitre l’errance. Les points négociables sont limpides, avec leur application selon le moindre mal. Et bien, même cela, nous catholiques français nous avons réussi à en faire un sujet compliqué, qui a ajouté des clivages d’interprétations aux clivages religieux et liturgiques qui fractionnent le catholicisme français depuis longtemps.
    Nous sommes globalement les catholiques les plus intelligents de la planète (nous nous pensons tels, puisque nous sommes français….), mais dès qu’il s’agit d’agir sur des bases communes, chacun ressort sa différence et sa nuance, en oubliant les plus souvent que cela ne sert qu’à masquer des calculs et des ambitions de pouvoir ou de boutique.
    Moi qui suis né dans ce milieu catholique traditionaliste et en ai connu toutes les évolutions et circonvolutions, j’ai acquis une certitude : il détient la vérité la plus profonde, mais le salut politique de notre pays ne surgira pas de ses rangs.
    Ce qui ne signifie pas que sur le plan religieux les vocations qui en sont issues préparent le catholicisme français de demain. Mais ce n’est plus de la politique.
    Peut-être l’abbé de Nantes avait-il raison au moins sur ce point, lorsqu’il disait dans les années 70 qu’en France, sans l’épiscopat et contre lui, aucune contre révolution ne serait possible. Ce qui est certain, c’est qu’en effet, les laïcs en sont incapables. Et que l’épiscopat à de rares individualités près, est plus intéressé par le ”partage des richesses” et l’organisation des paroisses sans prêtres que par la défense des points non négociables.
    Aussi, n’accablons pas les politiques : de Boutin à Villiers, en passant par le FN et ses astéroïdes, ils ont déjà bien du mérite à se prononcer pour la famille et contre l’avortement, car nous les catholiques de la tradition, collectivement, nous ne sommes pas arrivés à maturité sociale et politique.

  6. J’invite les lecteurs “critiques” du Salon Beige à lire et méditer la vie de Saint Thomas MORE, patron des politiques pour constater que l’engagement civique du catholique se fait dans un environnement forcément imparfait. Son engagement ne doit pas être partisan mais tourné vers l’action, aussi modeste soit elle.
    Un mandat de simple conseiller municipal a certainement plus d’utilité qu’une candidature à une élection de dimension nationale pour le compte d’un parti.
    J’ai été candidat aux dernières législatives avec pour seule satisfaction (bien vaine…) d’avoir passé la barre des 5%. Je suis aujourd’hui élu dans ma commune et j’ai obtenu de mes collègues du conseil municipal (qui ne pensent pas comme moi)qu’ils votent le budget nécessaire à la restauration de l’église. C’est peu, mais multiplié par 35 000, cela pourrait rapidement faire beaucoup.
    Avis aux râleurs de tous poils si présents sur ce blog: engagez vous modestement mais librement et vous participerez au renouveau politique de la France.

  7. pas mieux

  8. à Hervé Lépinau,
    ce que vous faites très bien et manifestement de bonne volonté ne doit pas empêcher vos corréligionaires de s’exprimer là où ils sont appelés à le faire par le Saint-Père lui -même “notamment”! )pour protester avec toute la vigueur requise contre les atteintes ,sans précédent dans l’histoire de l’humanité, portées à celle-ci par des lois mortifères.(Morano-Léonetti en particulier)
    Votre générosité objective ne doit pas vous encourager à confondre les niveaux d’intervention et la gravité des sujets quand bien même votre action à son niveau procède également de l’indispensable reconstruction.
    Il y a bien des vies de Saints qui nous éclairent sur le nécessité de protester vigoureusement à juste titre, je pense à l’instant à Saint Colomban, par exemple, fondateur au VIème siècle de l’Europe authentique.
    Je ne crois pas avoir compris à leurs lectures de qu’ils aient volontiers confondu compromission avec composition, n’est-ce pas?
    J’ai été comme vous même en son temps plusieurs foiss engagé dans les combats électoraux et élu, c’est pourquoi je me permets de vous faire partager mon sentiment en réponse à votre interpellation.
    Je partage , en tout cas votre sentiment sur le rôle extrêment réducteur si ce n’est piégeant non seulement des partis, mais du système lui-même qui s’affranchit par lui-même de sa “légitimité authentique” lorsqu’il porte atteinte au caractère sacré de la Vie telle que voulue par son Créateur.
    ( je pense ici non seulement à l’avortement où l’euthanasie masquée, mais également au principe très naturel du repos dominical)
    Bien à vous, et que Dieu vous garde.

  9. @ Hervé de Lépinau
    Très juste attitude : pour reprendre le tire d’un livre de Jacques ELLUL, il faut ”Penser global, et agir local”.
    Cela peut se faire avec ou sans parti, dans le cadre de mandats électifs locaux, et/ou dans le cadre des institutions associatives et autres.
    A contrario vous devez reconnaître que l’interdit qui pèse sur toute idée réputée d’ “extrême-droite” rend cet engagement difficile et donc courageux. Ainsi, le FN demeure un parti autorisé, mais ”interdit” politiquement : Gaudin vient de le rappeler. Oui à P de Villiers, mais non à Marine Le Pen, a t il dit en substance.
    Vous imaginez-vous candidat du FN aux législatives ? Non sans doute, car ce serait un risque social et professionnel trop important pour l’avocat et le conseiller municipal que vous êtes. De quelle nature est la ligne rouge de cet interdit et qui la trace ? Le Grand Orient principalement.
    Si P de Villiers est admis dans le club des partis du système, c’est qu’il accepte cet interdit maçonnique.
    Mais bravo pour le vote du crédit d’entretien de votre église. Essayez de faire supprimer aussi les crédits pour le Planning familial ou de faire voter des subventions pour une association d’aide aux mères en difficulté : et là, vous comprendrez où se situe la ligne rouge, si vous voulez la franchir et accepter la diabolisation, et la marginalisation qui s’en suit.
    Car entretenir l’église c’est bien, mais si ne naissent plus de petits français pour y prier……..

  10. 100% d’accord avec PG et Hervé de Lépinau. Une petite remarque supplémentaire : Ph. de V. a été abandonné par ses propres électeurs, ceux qui partagent ses convictions, lors des dernières élections européennes : cette élection ne les intéressait pas.
    Si les gens ne vont pas voter, il ne faut pas ensuite qu’ils se plaignent. Dans le système actuel, il n’y a pas de place pour les petits partis. Et je ne parle même pas des médias.
    Je ne pense pas que le vicomte va abandonner ses convictions, mais le jeu d’équilibriste qu’il pratique depuis plusieurs années va devenir encore plus compliqué. Après tout, c’est cela la politique, et pour le moment il a réussi à survivre. Maintenant, il serait peut-être temps pour lui de construire un véritable parti avec des militants.
    Notons que dans son cas, l’accusation d’être “d’extrême droite” est omniprésente (Christine Boutin, qui soutient le vote des immigrés aux municipales. Pourquoi pas aux législatives ? Mystère. Que ne ferait-on pas quand on est catholique pour ne pas avoir cette étiquette infamante d’être “d’extrême droite”, comme Sharon, Bush, Uribe, Benoît XVI et tant d’autres). Une accusation qui peut vous tuer politiquement, et que les nouveaux inquisiteurs lancent régulièrement à son encontre (O. Duhamel par exemple, qui le considère comme xénophobe).

  11. à Hervé de Lépinau,
    veuillez m’excusez d’avoir écorché bien involontairement votre nom.

  12. On aurait pu croire que Christine Boutin se réjouirait de voir rallier Philippe de Villiers à l’UMP, elle qui défend la vie, la dignité humaine, la doctrine sociale de l’Eglise… mais NON! Elle s’insurge contre l’extrémisme! «Je suis par exemple favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne suis pas certaine que Villiers le soit…”. C’est vrai que Christine Boutin a toujours était cohérente, elle qui dit être contre l’avortement alors que pendant 20 ans elle fut l’élue du parti qui a promulgué la loi VEIL. Que doivent-être déçus les électeurs qui lui ont apporté leur suffrage : qu’ils se rassurent alors le vote des étrangers pour C. BOUTIN est plus important que l’avortement!

  13. certains blogueurs ont peut etre vu,en son temps, avant la derniére présidentielle ,une emission :ripostes sur la 5 durant laquelle BOUTIN se lamentait dés que g.PELTIER parlait.compétition d’électorat ?trés juste la réflexion de PG sur la ligne rouge ,en dehors du grand orient il existe beaucoup de comités para maçonniques qui donnent le bon ton.

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