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La filière des « Humanités » : une nouvelle programmation culturelle

Marion Duvauchel, Professeur de lettres et de philosophie, explique longuement en quoi cette réforme est mauvaise :

C’est l’été : il faut sauver la planète… Il fait 22 degrés au Groenland, les eskimos mangent des crèmes glacées, la fonte des glaces est notre faute à tous : moyennant quoi Greta Thunberg est venue haranguer les députés sur le réchauffement climatique et on a interdit l’usage des pailles dans les boissons fraîches. Au Congo, les milices de toute obédience violent les femmes pour détruire les communautés et s’emparer des terres riches en coltan. Un médecin les soigne et les recoud. Il a reçu le prix Nobel. Il le méritait amplement contrairement à bien d’autres, Obama le premier. La presse éclairée s’est effarouchée parce que Donald Trump n’a pas reconnu la jeune Yezidi, l’autre prix Nobel. Peut-être le président américain ne connaît-il que le médecin qui continue de recoudre les femmes violées au fond du Congo, sous haute protection? Sur TF1, M. Jean-Pierre Pernod montre avec un sourire désarmant les villages sauvés grâce à Villages de France. Et pendant que le petit peuple, les enseignants, les parents d’élèves et les responsables d’associations familiales sont sur les plages ou à la montagne, ou dans des séjours écolos dans les hauts plateaux du Laos, là où on vit dans les arbres et où on se déplace comme Tarzan, on a publié dans le BO les nouveaux programmes. Ils sont donc officiels. Et ils sont à tomber à la renverse.

Le niveau lycée impliquait comme prérequis la maîtrise de la langue française. Les instructions officielles nouvelles ont réintroduit des points de langue et de grammaire (dont certains du niveau de la classe de quatrième), preuve formelle et accablante de l’effondrement du niveau. Dans ce socle commun de classe de seconde, le français est désormais sur même plan que les arts du cirque. Les arts du cirque, c’est comme l’opéra ou la musique rock. On a le droit d’aimer ou de ne pas aimer. Avec tout le respect que j’ai pour Achille Zavatta, j’ai encore l’idée désuète que certaines disciplines sont comme certains ministères : régaliennes. Et que la maîtrise de langue française en tant qu’elle est encore une langue de culture est une matière régalienne. L’époque est au renversement de toutes les hiérarchies, c’est très nietzschéen, très « post-moderne », et totalement stupide, car comme l’avait vu Nietzche avec perspicacité, juste avant de devenir fou, les hiérarchies se reconstituent ailleurs et autrement. Le plus souvent avec encore plus de férocité, comme les périodes de Terreur nous en fournissent la preuve désolante et sanglante.

En classe de première et de terminale, les « Humanités » constituent donc une des spécialités désormais proposées aux lycéens et elle remplace la filière L.

Les objectifs en sont clairement formulés : il s’agit de

« contribuer au développement des compétences orales à travers notamment la pratique de l’argumentation. Celle-ci conduit à préciser sa pensée et à expliciter son raisonnement de manière à convaincre. Elle permet à chacun de faire évoluer sa pensée, jusqu’à la remettre en cause si nécessaire, pour accéder progressivement à la vérité par la preuve ».

Depuis quand la preuve d’une vérité est elle fournie par une sorte d’auto régulation de la pensée dans le cadre d’un dialogue enchanté au sein d’une classe d’adolescents nourris d’images télévisées, de cancans des people et de jeux informatiques ? Qui peut gober que dans des classes de trente élèves, le merveilleux dialogue socratique qui semble l’horizon transcendantal de cet objectif dément, a une quelconque chance de se voir réalisé. Tous les enseignants qui s’y sont essayé ont très vite repris leurs esprits. Il suffit de voir le modèle de ce type de dialogue sur les plateaux de télévision. Soit ils sont tous d’accord et se chamaillent avec politesse sur des points de détail (type : C’est dans l’air, ou sur Arte), soit ils s’insultent ou en viennent aux mains. Quant à celui qui a en charge la régulation et la distribution de la parole, l’usage de couper la parole avec grossièreté est devenue une coutume de cette presse qui a fait de l’absence de courtoisie une sorte de loi du journalisme.

Si on ne l’a pas compris, je le dis : la filière ou spécialité Humanités est un cadre destiné à la rééducation des esprits récalcitrants ou déviants par rapport aux normes toutes puissantes et aux dogmes nouveaux de la République laïque.

L’analyse des contenus proposés suffit à s’en convaincre. Ils « se répartissent en quatre semestres, chacun centré sur une grande  thématique ».

En classe de Première, au premier semestre, ce sont les pouvoirs de la parole (Période de référence : De l’Antiquité à l’Âge classique).

La sèche phraséologie blanquérienne propose quelques développements :

L’art de la parole (Les arts et les techniques qui visent à la maîtrise de la parole publique dans des contextes variés, notamment judiciaires et politiques, artistiques et intellectuels) – L’autorité de la parole (les formes de pouvoir et d’autorité associées à la parole sous ses formes diverses). Les séductions de la parole (la variété de ses effets : persuader, plaire et émouvoir).

C’est réduire la parole humaine à sa seule dimension pragmatique et instrumentale, et donc en dénaturer le sens et en faire de la poussière. Toute l’histoire de la parole poétique rappelle l’interrogation profonde des sociétés sur la nature de la parole et du langage. La philosophie antique manifeste la plus grande prudence, la plus grande réserve et des réticences plus profondes encore envers la dialectique et la sophistique, que d’ailleurs elle distingue avec soin. La philosophie moderne a même inventé un mot nouveau pour désigner un aspect inhabituel de la parole « argumentative » : la  « phraséologie », ce vocabulaire qu’emploient tous les idéologues et qui convient à la prose journalistique.

Question qui paraîtra anecdotique à tous ceux qui ne sont pas enseignants : comment la philosophie et la littérature vont-elles se partager ce programme édifiant ?

Ces thématiques du premier semestre sont destinées à rééduquer tous ceux qui pensent ou croient encore que l’homme est un être de parole, tous ceux qui croient que la parole n’est pas d’abord destinée à séduire ou à persuader mais qu’elle guérit, console, soulage, expose avec clarté, garantit la communication des esprits, met la clarté du formulisme dans le monde informe de nos sentiments, en bref qu’elle n’est pas que l’instrument de l’interminable bavardage télévisuel ou radiophonique. Et surtout qu’elle nous fait naître à notre spécificité humaine.

Certes, l’un des thèmes proposés dans ce programme d’une féroce modernité, est l’autorité de la parole. Voilà qui est bon. Il y a en effet une parole d’autorité : celle de l’enseignant qui transmet un savoir et ne fait pas que conduire ou tenter de conduire un débat sur l’avortement, le droit de vote pour les étrangers ou la différence entre l’homme et l’animal. L’Education Nationale n’est pas le lieu pour cette parole pipée : elle est le lieu de transmission de savoirs partageables et partagés et celui de la construction d’une raison outillée et capable d’affronter avec intrépidité les problèmes qui se poseront à elle dans une existence droitement incarnée.

Au deuxième semestre de cette classe de première en spécialité Humanités, ce sont les représentations du monde à la Renaissance, à l’Âge classique et aux Lumières qui sont proposées aux lycéens comme thématiques. Trois thèmes là encore : Découverte du monde et pluralité des cultures – Décrire, figurer, imaginer  – L’homme et l’animal.

« La relation à l’animal constitue un révélateur de la place que l’homme s’attribue dans la nature et dans le monde, avec de fortes implications philosophiques, éthiques et pratiques. La période de référence se caractérise par une remise en question de la frontière entre l’homme et l’animal, telle qu’elle était généralement admise au Moyen Âge. De Montaigne à Buffon, cette séparation apparaît plus fragile ou discutable. Le statut de l’animal devient un enjeu majeur, comme en témoigne l’importance de la querelle sur « l’animal-machine ». Les questions de l’intelligence animale et de la communication entre animaux sont abondamment débattues. Les ressemblances, les analogies et les dissemblances entre hommes et bêtes sont méticuleusement explorées, par le fabuliste comme par le naturaliste. L’étude des textes de la période de référence permet d’explorer la complexité de ces relations et de réfléchir sur ce que la connaissance des autres espèces apporte à la connaissance de l’homme. Elle permet également d’aborder certaines questions vives d’aujourd’hui : l’exploitation animale, les droits des animaux, les « cultures animales ».

Ce programme répercute et renforce le préjugé qui veut que l’on ait découvert la pluralité des cultures à la Renaissance et que le Moyen âge chrétien ignorait tout de la culture du voisin ou du lointain. Mais plus encore, il est faux. Le statut de l’animal est loin d’être un enjeu majeur au XVIIème siècle. Quelques pages de Montaigne sur les animaux, un texte de Descartes, fût-il d’anthologie ne suffisent pas pour convaincre. Quiconque a lu avec soin les Fables de la Fontaine sait qu’il peut utiliser un animal dans le sens qui lui agrée : il a la liberté du fabuliste et il ne prétend pas décrire le monde animal, mais éclairer le monde humain en exploitant le monde animal. La connaissance des autres espèces peut nous éclairer sur l’espèce humaine, mais elles ne disent rien de ce qui est spécifique à l’homme: la nature humaine. Depuis quelques décennies, la philosophie a découvert l’historicité. La philosophie a interrogé la question de la différence entre le genre humain (qui implique la nature humaine) et les espèces animales. Elle n’a pas résolu la question. Il serait juste et bon de la laisser ouverte, et de ce fait, de laisser aux lycéens la liberté de croire ou de ne pas croire les dogmes du darwinisme devenu dogme occidental. Car dans toutes les sociétés qui n’ont pas perdu la tête comme les nôtres, on aime bien les animaux, on ne les torture pas inutilement, on leur tord le cou quand ce sont des poulets et on les mange sans faire tout un foin.

En terminale, au premier semestre, c’est la recherche de soi, du romantisme au XXème siècle, qui va occuper les esprits, selon trois thèmes : Éducation, transmission et émancipation – Les expressions de la sensibilité  – Les métamorphoses du moi. Comme le programme ne sera mis en place qu’en 2020, on ne dispose pas des développements et de la bibliographie proposée. Elle n’est pas prescriptive, mais vu le peu de temps laissé aux enseignants pour la préparation, cela revient à la rendre prescriptive.

Les Anciens n’éprouvaient pas comme l’homme moderne un narcissisme exacerbé. Ils regardaient le monde : les poètes cherchaient à en révéler et à en exprimer la beauté, les scientifiques cherchaient à en révéler les lois. La recherche de « soi » est une aventure spécifiquement moderne, et elle a conduit à l’enfermement dans toutes les narcissiques quêtes mémorielles, vaines autant qu’insensées. Comme l’avait vu Nietzsche, la mémoire est aussi une faculté d’oubli. Elle trie : ce qui est digne, ce qui ne mérite pas d’être retenu, ce qui encombre inutilement… L’activité mémorielle déployée par nos sociétés ne fait que cacher leur vide sidéral et leur fastueuse démagogie.

Au deuxième semestre, on attaque la notion d’Humanité, avec pour période de référence les XXème et XXIème siècles. Trois thèmes là encore car on reste hégélien dans l’âme : Création, continuités et ruptures – Histoire et violence – L’humain et ses limites.

Réfléchissons. Pour qu’il y ait continuité et ruptures, il faut un petit plus que deux siècles, il faut ce que Braudel appelle l’histoire de la longue durée, celle que ce programme évacue tout simplement. Il est absurde autant que contradictoire de prétendre aborder la « création » de cette idée d’humanité en se tenant à la seule période contemporaine. Car l’idée de nature humaine n’est pas née n’importe où, elle est née avec le judaïsme et le christianisme, comme l’a joliment rappelé Claude Lévi-Strauss. Elle vient d’un texte révélé, l’Ancien Testament dont le christianisme a été l’héritier. Les limites de l’humain, on les voit venir : le réchauffement climatique, les poulets en plein air. J’imagine avec une joie un petit peu maligne un enseignant qui montrerait un reportage sur la manière dont on saignait le cochon autrefois dans les campagnes. Aujourd’hui pareille expérience pédagogique le mettrait en danger mortel. Devant l’administration.

Comment réintroduire dans ce cadre nouveau d’une affligeante pauvreté toute la richesse notionnelle de l’interrogation philosophique : la question de l’existence et de la mort, celle de l’histoire, ou la nature humaine ? Qu’est-ce que c’est que l’homme, qu’est-ce que c’est que d’être homme ? Comment s’est élaborée la notion de personne au long de notre histoire occidentale ? Tout cela disparaît dans le naufrage général d’un programme de philosophie qui présentait cohérence et rationalité, et offrait encore de larges marges de manœuvre pour enseigner véritablement. Cette culture humaniste ressemble à ces modules organisés dans les écoles d’ingénieurs ou de commerce, sur la base de quelques thèmes bricolés dans des conditions pratiques improbables : la hâte, la précipitation, l’improvisation, et sans doute l’exaspération.

Soyons pratiques : à qui s’adresse cette formation ?

«  à tous les élèves désireux d’acquérir une culture humaniste qui leur permettra de réfléchir sur les questions contemporaines dans une perspective élargie », nous susurre le doux langage blanquérien.

Et voici les bienfaits supposés de pareille formation :

« Avec une pluralité d’aspects, et en prise directe sur un certain nombre d’enjeux de société, cette formation constituera un précieux apport pour des études axées sur les sciences, les arts et les lettres, la philosophie, le droit, l’économie et la gestion, les sciences politiques, la médecine et les professions de santé. Elle sera particulièrement recommandée aux élèves souhaitant s’engager dans les carrières de l’enseignement et de la recherche en lettres et sciences humaines, de la culture et de la communication ».

De qui se moque-t-on ? Quel futur enseignant de physique, de mathématique ou de biologie pourra croire que cette spécialité va le préparer à son futur métier ? Quel futur avocat va s’imaginer que quelques cours sur les pouvoirs de la parole vont lui fournir une préparation solide pour le métier qui l’attend ? Quel futur médecin va croire qu’un enseignement de ce type va lui garantir une propédeutique adaptée pour faire médecine ? Car si on a brisé le numerus clausus, la formation en médecine reste aussi exigeante qu’auparavant et la sélection basée sur les mathématiques. Quel jeune rêvant de devenir vétérinaire va imaginer que le thème de l’homme et l’animal en terminale va le préparer à accoucher des vaches ou à soigner des chiens, des chats ou des poulets ? Quel futur enseignant de philosophie peut croire qu’il va s’initier ainsi à une matière exigeante et souvent mal comprise, réduite à quelques thématiques confuses et disparates.

Quel lycéen a déjà prévu à 16 ans de faire de la recherche en littérature ou en sciences humaines?

A qui s’adresse cette spécialité ? En vrai ?

En vrai, c’est la filière parfaite pour les futurs journalistes. Elle les prépare à leur futur métier : la propagande d’Etat. C’est aussi la filière parfaite pour les futurs animateurs de show télévisés, pour les hordes de sociologues, de psychologues et de politologues dont deux bons tiers sont inscrits au pôle emploi s’ils n’ont pas fait science-po. C’est sans aucun doute la formation idéale pour la filière SMS (sciences médico-sociales) : pour ceux qui vont s’occuper des vieillards, pour les futures assistantes sociales qui vont affronter les migrants, les femmes battues, les alcooliques, et toute l’immense détresse largement fabriquée par une société qui se défait, et dont la matrice chrétienne et l’anthropologie qui la sous-tendait est démolie.

Entrons à présent dans les spécificités de cette nouvelle filière :

« aucune de ces entrées n’est spécifiquement « littéraire » ou « philosophique ». Chacune d’entre elles se prête à une approche croisée, impliquant une concertation et une coopération effectives entre les professeurs en charge de cet enseignement qui doit être assuré à parts égales sur chaque année du cycle ».

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Pour les proviseurs, dès la rentrée, un épouvantable casse-tête. Pour les enseignants, d’interminables réunions pour déterminer qui va prendre tel ou tel créneau horaire. Combien d’heures pour les arts de la parole assumée pour telle partie par le professeur de philosophie passionné de rhétorique cicéronienne… Sur la base de quels programmes précis ? Car il faut élaborer un programme sur ces thèmes nouveaux ? Quand va-t-on le faire ?  La nuit ? Une liste d’œuvres et quelques lignes générales ne suffisent pas pour élaborer un programme cohérent, d’autant qu’il est difficile à des enseignants de travailler ensemble. C’est leur métier qui le veut, pas leur constitution psychologique ou quelque refus caractériel. L’ampleur de notre corpus culturel a conduit à ces spécialisations qu’on appelle des « matières », et qui n’ont jamais interdit, ni empêché des échanges, même si elles ne les ont pas facilité. On ne change pas une « épistémè » pédagogique par décret.

Faut-il rappeler que les enseignants de lettres ou de philosophie (mais les autres aussi) ont passé beaucoup d’heures à lire, à étudier, à travailler pour passer un concours difficile, demeuré exigeant malgré l’effondrement du niveau général. Les enseignants et les enseignantes de matières régaliennes (mais aussi des autres matières) ont le droit d’élever leurs enfants ; ils ont le droit et même le devoir de lire, de réfléchir, de murir un projet ou une expérience pédagogique; ils ont le droit de souhaiter transmettre à leurs enfants la culture dont ils sont largement encore les dépositaires.

Tout cela demande du temps.

Le corps professoral, n’en déplaise à tous ceux qui les méprisent et même les haïssent, constitue une classe sociale particulière, qui a ses travers, ses médiocrités, mais aussi ses vertus, ses mérites, ses grandeurs et ses servitudes. Qui a ses spécificités, comme les ouvriers du bâtiment ou la classe politique ont les leurs. Dans la retransmission culturelle, ils occupent une place centrale. Et cela n’enlève rien aux autres parties constitutives d’une société de le reconnaître. Dans la plupart des sociétés qui ne sont pas post-modernes et ne rêvent pas de le devenir, le respect dû à l’enseignant est une évidence sociale.

Il est inutile de se faire la moindre illusion : dans un an, les concours sont supprimés. On gardera sans doute l’agrégation, pour fournir les futurs laquais de l’institution, ceux qui en seront les garants, feront les programmes et défendront, avec autant d’âpreté que de discrétion, leurs privilèges.

Mais soyons clairs : nos universités en sciences humaines sont déjà les lieux de prédilection des recherches nouvelles sur le genre, le transgenre et sur la nouvelle humanité qui s’annonce et prétend s’imposer, avec ses codes, ses lois et ses normes, le droit des animaux qui prévaut sur celui des vieillards et des enfants mongoliens. Et les lycéens de la filière « Humanités », dûment formés au cours de ces deux années de la nouvelle propédeutique, entreront dans les universités de sciences humaines résolument préparés à écrire des masters sur les droits des animaux ou des thèses sur les devoirs des politiques post-modernes envers les communautés de toute obédience.

La filière Humanités est une entreprise de rééducation des esprits. Elle est destinée à reprogrammer la culture et la pensée de demain : celles de la République post-moderne, de ses fantasmes et de ses impuissances, de ses cultes du moi et de ses fictions fantasmatiques. C’est une pensée d’eunuques et une épistémè châtrée : de la mémoire culturelle de la France, de sa langue en tant que langue de culture, de sa longue histoire religieuse et du socle anthropologique et religieux qui l’a portée et formée, un socle chrétien qui naît au IIème siècle, traverse dix siècles d’un Moyen âge parcourus de courants profonds et continus, et jusqu’à une Renaissance qui vint des Grecs de Byzance, lorsque Mahomet II conquit Constantinople. Surtout, cette nouvelle épistémè veut reprogrammer les esprits pour les convaincre que la nature humaine n’a aucune spécificité, que nous sommes des animaux comme les autres et le bien-être animal vaut largement l’existence des enfants soudanais ou des chrétiens d’Orient qu’on assassine.

L’épistémè nouvelle qu’on entend bien imposer à notre jeunesse dispose d’un nouveau cadre, plus performant encore s’il est possible, pour soutenir l’humanité nouvelle qui entend bien se faire tout en tous et gouverner le monde.

Annexe : voici les œuvres proposées pour le thème « les séductions de la parole ».

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Halle Berry regrette d’avoir attendu pour devenir mère

Halle Berry, interprète de Catwoman, a eu son premier enfant à 40 ans et, si c’était à refaire, elle deviendrait mère plus tôt. Comme l’a expliqué la maman de deux enfants, elle a privilégié sa carrière, ce qu’elle regrette aujourd’hui.

« J’aimais être enceinte. Si j’avais commencé plus tôt, j’aurais probablement eu cinq enfants. Toutes ces hormones me faisaient me sentir incroyablement bien. J’étais tellement vivante avec mon but et ma féminité. J’avais l’impression que mon corps faisait ce pour quoi il avait été créé ».

L’âge du culturel ou la décivilisation du monde. Lecture estivale d’A. Finkielkraut

L’un des charmes du temps estival est de redonner au hasard sa part dans la découverte de livres, au gré des trouvailles lors de brocantes villageoises.

C’est le cas avec le volume d’A.Finkielkraut L’imparfait du présent, paru en 2002 et rassemblant ce qu’il appelle en sous-titre Pièces brèves, ou l’art d’effectuer des prélèvements tout au long de ce qui aura été la première année de ce nouveau siècle. L’inévitable (et appétissante) diversité des sujets laisse quand même affleurer des préoccupations transverses. L’une concerne la culture et ce que l’auteur appelle l’avènement de l’âge du culturel.

Comprenons-bien d’abord ce mot culture : en effet, l’auteur s’en sert pour désigner à la fois un état et son contraire.

L’état de culture, c’était, pour reprendre au mieux les mots d’A.Finkielkraut, un monde de la distinction, de la hiérarchie des rôles, de pratiques symboliques, de frontières : des partages séculaires entre le public et le privé, l’enfant et le parent, l’élève et le professeur, le dedans et le dehors, le monastère éducatif (NDLR : comprendre « l’école ») et le tissu social ; un monde de la modération et du scrupule ; un monde où ce qui était important, c’était la personnalité : qui on était.

Dans ce nouveau monde de l’âge de la culture,  constaté par l’auteur et brossé par touches, tout devient culturel. Chacun peut déterminer à sa guise le contenu de la culture. Et ce contenu peut-être changeant. Toute réalité est donc réformable. L’homme ne se définit ainsi plus par sa capacité à faire des promesses mais par son droit discrétionnaire de reprendre, à tout moment, sa liberté (Illustrons par cette affirmation de Mme Schiappa, le 7 août, à propos des femmes tuées par leurs conjoints : « Je crois que le problème est d’ordre global, systémique et qu’il faut un changement d’ordre culturel… Il y a un changement culturel à opérer »).

Tout étant culturel, tout devient égal : nous sommes tous égaux et les frontières ont été remplacées par la proximité, l’ascendant des anciens maîtres par la sollicitude de l’adulte fraternel ou copain. L’identité devient l’élément-clé de ce nouveau monde constitué d’échantillons représentatifs. Ce n’est plus qui on est qui inspire, c’est ce qu’on est : le nouvel arrimage à l’appartenance, et de chacun à sa classe, sa minorité, sa communauté d’origine (nouvelle illustration par le tweet récent du ministre du Travail Muriel Pénicaud à l’occasion de la mort de l’écrivain Toni Morrison : « Grâce à elle, les noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la littérature »).

Les capacités sont dorénavant placées sous la tutelle des identités. Le baume du « en tant que » étend maintenant ses bienfaits sur l’humanité entière et on sera respecté et représenté en tant que jeune, en tant que femme, en tant que musulman… Chacun sera fier de son identité : la nouvelle culture est celle des fiertés. Son identité n’a plus de compte à rendre (ah, l’inoubliable Arnaud Gauthier-Fawas, administrateur de l’inter-LGBT et invité de l’émission Arrêt sur images le 29 juin 2018,  expliquant avec sérieux qu’il n’est pas un homme). Et c’est une identité au fil de l’eau, une identité libérée de l’ipséité (NDLR : ce qui fait qu’une personne est unique et absolument distincte d’une autre), déliée de la lourde charge de maintien de soi dans la fidélité à la parole donnée.

A l’âge du culturel, la culture (ancienne) a sombré dans l’indifférenciation culturelle. La culture (nouvelle) est une forme sans matière ou une matière sans forme. C’est la décivilisation du monde. Et nous habiterons à l’avenir un espace d’un seul tenant.

C’était il y a dix-huit ans. Où l’on constate avec le recul que cet état de décivilisation, auquel il faudra bien donner un nom un jour et qui s’est particulièrement déployé depuis dans les domaines de la différenciation sexuelle et de la bioéthique, se conforme finalement à la globalisation du monde.

Le gouvernement se prépare-t-il à imposer “parent1” et “parent 2” sur les états civils des enfants nés de PMA ?

Après la difficulté rencontrée par Marlène Schiappa pour répondre à cette question le 26 juillet, c’est au tour d’Agnès Buzyn d’être très gênée par ce sujet :

Comment apparaîtront les noms des parents sur l’extrait d’acte de naissance d’un enfant né grâce à l’élargissement de la PMA à toutes les femmes? Le sujet reste sensible au gouvernement. Sur RMC/BFMTV ce mercredi 21 août, la ministre de la Santé Agnès Buzyn n’a tout simplement pas répondu à la question posée par Jean-Jacques Bourdin.

“Comment seront nommés les parents? Parent 1 / parent 2?”, tente le journaliste. “Alors, ça ce sera discuté dans l’état civil. C’est Nicole Belloubet (la ministre de la Justice) qui est en charge de l’état civil”, élude Agnès Buzyn avec un sourire et en baissant les yeux, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article (…)

Cette interrogation sur la dénomination resurgit, comme avait pu s’en rendre compte Marlène Schiappa vendredi 26 juillet. Là aussi invitée de la matinale de RMC/BFMTV, la secrétaire d’État en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes n’avait pu y échapper. Et l’avait également évitée de toutes ses forces.

“Alors, les deux parents seront indiqués, puisqu’il y a ces deux parents et qu’ils seront indiqués sur les documents d’état civil”, avait-elle déclaré, avant de poursuivre en expliquant qu’un débat parlementaire viendra compléter le projet de loi qui a été présenté. ”À l’heure actuelle, on ne part pas du tout vers un ‘Parent 1 / Parent 2’. Ce n’est pas du tout le sujet”, avait ajouté Marlène Schiappa.

Le pape François met sur le même plan souverainisme et totalitarisme nazi

En opérant une reductio ad hitlerum d’un courant politique démocratique de plus en plus populaire (souverainisme, populisme) dans une interview accordée à la Stampa le 9 août dernier, la pape François ne risque-t-il pas de troubler voir même de diviser les catholiques ? Une telle prise de position politique avec une analogie aussi lourde de sens est bien éloignée du jugement prudentiel demandé au laïcs. Extrait de l’interview :

Le souverainisme est une attitude d’isolement. Je suis préoccupé parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934. “Nous d’abord. Nous…nous” : ce sont des pensées qui font peur. Le souverainisme est une fermeture. Un pays doit être souverain mais non fermé. La souveraineté doit être défendue mais les rapports avec d’autres pays, avec la Communauté européenne, doivent également être défendus et promus. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal : il conduit à la guerre (…) Même chose pour les populismes. Le peuple est souverain tandis que les populismes nous mènent aux souverainismes : ce suffixe en “isme” ne fait jamais du bien.

Boulevard Voltaire offre une analyse intéressante :

Le pape François nous a habitués à des discours surprenants. Soufflant tour à tour le chaud et le froid, se moquant du qu’en-dira-t-on, le souverain pontife ne laisse personne indifférent. Les propos qu’il vient de tenir à La Stampa suscitent déjà des réactions indignées.

Dans un entretien qui avait notamment pour objet la question européenne, le pontife argentin a soudain sorti cette phrase surprenante : « Le souverainisme est une attitude d’isolement. Je suis préoccupé parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934. “Nous d’abord. Nous…nous” : ce sont des pensées qui font peur. »

Il s’agit d’un entretien, relu et corrigé, et non d’une conversation à bâtons rompus. Le propos est donc réfléchi et assumé. Et laisse pantois.

Nous avions entendu « Le nationalisme, c’est la guerre ». De la part d’un européiste convaincu, dans un cadre électoral, soit. Mais pas une telle énormité. Le souverainisme est l’idée selon laquelle chaque nation doit être souveraine, c’est-à-dire maîtresse de son destin, de sa politique, et donc de son gouvernement. Cette souveraineté s’accommode parfaitement de relations avec l’extérieur, de collaborations, d’ententes, de traités, d’échanges culturels, intellectuels, technologiques ou commerciaux. Elle ne sous-entend aucune fermeture, aucune supériorité sur les autres nations. Elle ressemble, par bien des points, à une famille. Ouverte sur les autres, tissant d’innombrables liens, mais qui privilégie ses membres et leur consacre certains moments sans étrangers à sa table.

La comparaison avec Hitler est stupéfiante. Mettre au même plan une doctrine politique qui, depuis des siècles, régit la plupart des nations et le totalitarisme nazi est profondément choquant. L’idéologie nazie, qu’il est inutile de présenter, se fondait sur la pureté raciale. On sait comment cela s’est terminé. Les hommes qui l’ont combattue l’ont fait au nom des nations libres et souveraines. De Gaulle lui-même était un souverainiste. Qu’en dit le pape ?

Jorge Maria Bergoglio n’est ni un imbécile ni un fou. Prétendre le contraire serait bien mal juger l’homme. Il peut commettre des erreurs de jugement ou d’appréciation, et sa vision eurobéate en est sans doute une. Il est libre de ses opinions et nul n’est contraint de l’approuver. La dureté de son propos appelle donc une question : qu’y a-t-il derrière cette fulmination apostolique ?

Le pape a toujours adopté une position pro-migrants que certains jugent irresponsable. Préoccupé exclusivement de charité envers eux – et nul ne saurait le lui reprocher -, il refuse toute vision politique qui tendrait à interrompre cette vague incessante, y compris si cela déstabilise les nations européennes. La politique de Matteo Salvini l’horrifie sans doute. Celle de Viktor Orbán ne vaut guère mieux à ses yeux. Comment ne pas penser que c’est eux qu’il vise à travers ce propos outrancier ? Mais, pour le catholique un tant soit peu honnête, si la parabole du Bon Samaritain est une règle intangible à suivre, la question de la paix civile l’est tout autant. Et écarter d’un revers de main les risques considérables qu’encourt l’Europe en raison d’un afflux incontrôlé de populations exogènes serait tout aussi criminel que de laisser un malheureux se noyer sans faire un geste pour le sortir de l’eau.

Ce n’est pas avec de tels anathèmes que le pape contribuera à régler humainement la question migratoire. Ni en exhortant les nations européennes à accueillir tous ceux qui se pressent à leurs portes. C’est au contraire dans des nations fières de leurs identités, fortes et souveraines, que ceux qui voudront s’assimiler le feront le mieux. Les autres ne resteront pas. Or, nous a également dit François, les immigrés doivent faire l’effort de s’adapter à la culture de leur pays d’accueil. Ou comment dire tout et son contraire à quelques mois d’intervalle.C’est à n’y rien comprendre.

En 1980, dans son discours à l’UNESCO à Paris, le pape Jean-Paul II parlait ainsi de l’importance de la souveraineté nationale :

Je suis fils d’une nation, dit-il encore, qui a vécu les plus grandes expériences de l’Histoire, que ses voisins ont condamnée à mort à plusieurs reprises, mais qui a survécu et qui est restée elle-même. Elle a conservé son identité et elle a conservé, malgré les partitions et les occupations étrangères, sa “souveraineté nationale”, non en s’appuyant sur les ressources de sa force physique, mais uniquement en s’appuyant sur sa culture. Cette culture s’est révélée en l’occurrence d’une puissance plus grande que toutes les autres forces (…) La nation existe par la culture et pour la culture. Veillez par tous les moyens à votre disposition sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque nation en vertu de sa propre culture. Protégez-là comme la prunelle de vos yeux pour l’avenir de la grande famille humaine. Protégez-là ! Ne permettez pas que cette souveraineté fondamentale devienne la proie de quelque intérêt politique ou économique

Quant à Marine Le Pen, elle a répondu avec humour au pape, le mettant devant ses contradictions :

Immigrés clandestins : l’invasion continue en Italie avec la complicité de la France

La justice italienne a imposé le débarquement des “migrants” (immigrés clandestins) à Lampedusa :

Les migrants recueillis en Méditerranée par l’Open Arms ont débarqué dans la nuit de mardi à mercredi sur l’île italienne de Lampedusa, en application d’une décision de justice prise compte tenu des fortes tensions à bord après des jours de sur-place à quelques encâblures de la côte. Ils étaient 147 à bord à l’arrivée du navire humanitaire près de Lampedusa jeudi, et un peu plus de 80 après l’évacuation vers l’île de plusieurs personnes ayant sauté à l’eau mardi et de plusieurs dizaines de mineurs ou de malades ces derniers jours.

Paris s’est engagé à accueillir «une quarantaine de personnes qui pourront demander l’asile en France», a rappelé Sibeth Ndiaye lors du compte-rendu du conseil des ministres, et «a envoyé sur place ou va le faire dans les tous prochains moments une délégation de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR) qui permettra d’examiner les situations».

 

“La Sécurité sociale n’a pas à rembourser la PMA, quelque chose qui n’est pas fait pour combler une maladie”

C’est ce qu’ont déclaré les député LR Pierre-Henri Dumont et Valérie Boyer, sur Europe 1 :

“La Sécurité sociale n’a pas à rembourser la PMA, quelque chose qui n’est pas fait pour combler une maladie. C’est une dérive du remboursement de la Sécurité sociale“, a déclaré le député LR Pierre-Henri Dumont, sur Europe 1. “Que la société s’organise pour que les principes de la Sécurité sociale soient dévoyés, c’est un vrai problème“, a indiqué la députée LR Valérie Boyer sur LCI, rappelant que ces principes veulent que “les bien-portants cotisent pour les malades”.

Que ces députés LR soient cohérent et s’opposent également au remboursement de l’avortement. La grossesse n’est pas une maladie !

La dépénalisation de l’avortement à Monaco avance

Reprenant quasiment à l’identique la proposition de loi votée le 12 juin dernier par le Conseil national en faveur de cette dépénalisation, le gouvernement a transmis à ce dernier, vendredi 2 août, un projet de loi que cette assemblée doit maintenant inscrire à l’agenda d’une prochaine séance législative. Selon une porte-parole du gouvernement interrogée par l’Agence France-Presse, ce vote pourrait intervenir dans les prochains mois ».

Si cette dépénalisation se généralise, elle serait incompatible avec le catholicisme d’Etat, comme expliqué sur Gènéthique.

Les évêques conseillent aux parents de retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle si leur contenu contredisent les valeurs catholiques

En Pologne :

Les évêques catholiques polonais conseillent aux parents de retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle si leur contenu “contredisent le système de valeurs”. Dans un “Appel du Comité d’éducation catholique (KEP) aux parents concernant la dépravation dans les écoles”, Mgr Marek Mendyk met en cause la “soi-disant éducation contre la discrimination”.

Un enfant ne peut pas participer à de telles activités sans le consentement exprès de ses parents ou de ses tuteurs légaux”, écrit l’évêque auxiliaire de Legnica, en Basse-Silésie. Présidant le KEP, une commission de la Conférence épiscopale polonaise, il vise les cours d’éducation sexuelle prévus par plusieurs municipalités qui s’écarteraient du programme scolaire national.

Sont visées les vues du maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, engagé pour la non-discrimination  des gays et lesbiennes. L’homme politique de gauche a signé une charte des droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels (LGBT), et demande que les élèves en soient informés (…)

Les évêques veulent un contrôle parental sur les activités parascolaires dans les écoles, appelant les parents à la vigilance et à la prudence. “Il vaut la peine de s’intéresser à ce qui se passe dans les écoles, au type d’activités organisées, aux personnes qui les organisent et aux contenus proposés”.

La Conférence épiscopale polonaise propose sur son site internet un modèle de déclaration écrite aux écoles. Elle dit: “Je ne suis pas d’accord pour que mon enfant participe (…) à toute forme d’enseignement ou à tout autre événement lié à l’éducation sexuelle qui dépasse le cadre du programme scolaire de l’année”.

En outre, le modèle de déclaration oblige l’école à informer préalablement les parents de toute initiative prise dans le cadre de l’éducation sexuelle. Si la volonté des parents n’est pas respectée, l’institution publique compétente sera appelée à intervenir et l’on s’efforcera de défendre systématiquement les droits personnels de l’enfant dans les procédures civiles.

La filière des Humanités

De Marion Duvauchel, Professeur de lettres et de philosophie :

C’est l’été : il faut sauver la planète et pendant que le petit peuple est sur les plages, on a publié les nouveaux programmes. La spécialité  « Humanités » est désormais proposée aux lycéens en vue de

«contribuer au développement des compétences orales à travers notamment la pratique de l’argumentation qui conduit à préciser sa pensée et à expliciter son raisonnement de manière à convaincre, et permet à chacun de faire évoluer sa pensée, jusqu’à la remettre en cause si nécessaire, pour accéder progressivement à la vérité par la preuve ».

Qui peut gober que dans des classes de trente élèves, le merveilleux dialogue socratique qui semble l’horizon transcendantal de cet objectif dément, a une quelconque chance de se voir réalisé.

L’enseignement de cette spécialité se répartit sur « quatre semestres centré chacun sur une grande  thématique » (les pouvoirs de la parole en classe de Première, au premier semestre, de l’Antiquité à l’Âge classique). La sèche phraséologie blanquérienne propose bien quelques développements et une bibliographie, mais la question demeure : comment la philosophie et la littérature vont-elles se partager ce programme édifiant ?

Le deuxième semestre propose les représentations du monde à la Renaissance, à l’Âge classique et aux Lumières qui sont proposées aux lycéens comme thématiques. Trois thèmes là encore : Découverte du monde et pluralité des cultures – Décrire, figurer, imaginer  – L’homme et l’animal.

Contrairement à ce que prétendent les IO, le statut de l’animal est loin d’être un enjeu majeur au XVIIème siècle. Quelques pages de Montaigne et un texte de Descartes, même d’anthologie, c’est un peu juste pour nous en convaincre. La philosophie a interrogé la question de la différence entre le genre humain et les espèces animales sans résoudre la question. Il serait juste et bon de la laisser ouverte et de rappeler que dans toutes les sociétés qui n’ont pas perdu la tête comme les nôtres, on aime bien les animaux, on ne les torture pas inutilement, on leur tord le cou quand ce sont des poulets avant de les rôtir sans en faire tout un foin.

Le programme de Terminale ne sera mis en œuvre qu’en 2020. Il est donc réduit au squelette : premier semestre, la recherche de soi, du romantisme au XXème siècle, avec trois thèmes : Éducation, transmission et émancipation – Les expressions de la sensibilité  – Les métamorphoses du moi. Au deuxième semestre, la notion d’Humanité, avec pour période de référence les XXème et XXIème siècles. Trois thèmes là encore car on reste hégélien dans l’âme : Création, continuités et ruptures – Histoire et violence – L’humain et ses limites.

Pour qu’apparaissent de la continuité et des ruptures, il faut ce que Braudel appella l’histoire de la longue durée. Il est absurde et contradictoire de prétendre aborder la « création » de cette idée d’humanité en s’en tenant à la seule période contemporaine. Car l’idée de nature humaine n’est pas née n’importe où, elle est née avec le judaïsme et le christianisme, comme l’a rappelé Lévi-Strauss. Elle vient d’un texte révélé, l’Ancien Testament dont le christianisme a été l’héritier. Les limites de l’humain, on les voit venir : le réchauffement climatique, le bien être animal et la barbarie générale. Ça va leur donner des raisons d’espérer !

Cette formation s’adresse

«  à tous les élèves désireux d’acquérir une culture humaniste qui leur permettra de réfléchir sur les questions contemporaines dans une perspective élargie » ; elle doit constituer un précieux apport pour des études axées sur les sciences, les arts et les lettres, la philosophie, le droit, l’économie et la gestion, les sciences politiques, la médecine et les professions de santé. Elle sera particulièrement recommandée aux élèves souhaitant s’engager dans les carrières de l’enseignement et de la recherche en lettres et sciences humaines, de la culture et de la communication ».

Qui peut croire qu’un jeune qui a l’ambition de devenir avocat, juriste ou médecin va choisir cette spécialité ? Quel jeune rêvant de devenir vétérinaire va gober que le thème de l’homme et l’animal en terminale va le préparer à accoucher des vaches ou à soigner des chiens, des chats ou des poulets ? Quel futur enseignant de philosophie peut croire qu’il va s’initier ainsi à une matière exigeante et souvent mal comprise. Quel lycéen a tout simplement déjà prévu à 16 ans de faire de la recherche en littérature ou en sciences humaines?

A qui s’adresse cette spécialité ? En vrai ? Aux futurs journalistes (qu’elle prépare à leur futur métier : la propagande d’Etat) ; aux futurs animateurs de show télévisés, aux hordes de sociologues, psychologues et politologues dont deux bons tiers sont inscrits au pôle emploi ; aux métiers de la communication : ceux qui font le buzz ou de l’événementiel. Elle s’adresse aux jeunes de la filière SMS (sciences médico-sociales) : ceux qui vont s’occuper des vieillards ; aux futures assistantes sociales qui vont affronter les migrants, les femmes battues, les alcooliques, et toute l’immense détresse largement fabriquée par une société qui se défait, et dont la matrice chrétienne et l’anthropologie qui la sous-tendait est démolie. Les lycéens de la filière « Humanités », dûment formés au cours de ces deux années de la nouvelle propédeutique entreront dans les universités de sciences humaines résolument préparés à écrire des masters sur les droits des animaux ou des thèses sur les devoirs des politiques post-modernes envers les communautés de toute obédience.

La filière Humanités est une entreprise de reprogrammation de la culture et la pensée de demain : celles de la République post-moderne, de ses fantasmes et de ses impuissances, de ses cultes du moi et de ses fictions fantasmatiques. C’est une pensée d’eunuques et une épistémè châtrée : de la mémoire culturelle de la France, de sa langue en tant que langue de culture, de sa longue histoire religieuse et du socle anthropologique et religieux qui l’a portée et formée.

L’épistémè nouvelle qu’on entend bien imposer à notre jeunesse dispose désormais d’un nouveau cadre, plus performant encore s’il est possible et formidable instrument pour reprogrammer les esprits en vue de les convaincre que la nature humaine n’a aucune spécificité, que nous sommes des animaux comme les autres et que le bien-être animal vaut largement l’existence des enfants soudanais ou des chrétiens d’Orient qu’on assassine.

Un cadre nouveau pour la même culture de mort de l’humanité nouvelle, qui entend bien se faire tout en tous et gouverner le monde.

La proximité entre Macron et Sarkozy sert les intérêts du premier et l’égo du deuxième

Analyse fine de Philippe Bilger :

Cette complicité est rentable pour l’habile Macron qui exploite le point faible de Sarkozy: sa vanité (…)

Ce rapprochement est trop systématique pour ne pas susciter tout de même, du côté de la droite, une incompréhension, pire une hostilité parce qu’elle ne pouvait pas imaginer que Nicolas Sarkozy, quoique défait à deux reprises, irait si loin dans une ambiguïté préjudiciable à son camp (…) Rachida Dati a mis en garde Nicolas Sarkozy :“Vous pensez qu’il vous aime mais il vous neutralise” (Le Monde). Propos très fin. Il est facile en effet de percevoir combien cette familiarité est rentable pour le président. Il voit ainsi validée, sur un plan personnel, sa volonté d’effacer l’identité autonome des LR en laissant accroire que LREM leur ouvrira grand les bras, parce que rien au fond ne les distinguerait. D’autant plus que le processus a déjà commencé -on n’a pu que constater les effets délétères de l’absence de soutien explicite de Nicolas Sarkozy lors des élections européennes- et qu’Emmanuel Macron a l’ambition de le voir se poursuivre pour que toute aspiration à une opposition conservatrice soit balayée (…)

Nicolas Sarkozy vit comme des blessures sa défaite de 2012, sa mise au rancart lors de la primaire de la droite et du centre, les procédures judiciaires qui le visent et dont l’une a entraîné son renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris. Ces brèches dans le bloc de réussite et d’intégrité qu’il a toujours prétendu constituer n’ont pas été compensées, consolées, à l’évidence, par le statut de “parrain” de la droite et de “sage” qui lui est accolé et qui ne lui va pas comme un gant.

Ce qui se déroule entre Emmanuel Macron et lui, quels que soient les indéniables risques politiques, est une opportunité unique de satisfaire une certaine vanité. Après avoir dû quitter le pouvoir, si proche de lui encore! Courtisé, flatté, particulièrement soigné en certaines circonstances intimes et familiales par le président, il jouit d’une posture qui cible son point faible : on fait comme s’il était encore nécessaire, irremplaçable. Et quelle volupté narcissique de se voir promu conseilleur en n’étant plus le payeur !

L’affaire Yann Moix est révélatrice du pseudo-travail des journalistes et de l’entre-soi médiatique

Yann Moix accuse depuis des années ses parents de l’avoir maltraité. Il sort d’ailleurs un roman (pourquoi un roman d’ailleurs ?) dans lequel il relate les horreurs qu’il aurait subies. Tout le monde le croit sincère puisque personne ne dit le contraire… Estimant que cela est trop, son père révèle sa part de vérité et notamment que Yann Moix a été une sorte de Tanguy :

“S’il avait vraiment été un enfant battu, qu’on ne l’avait jamais aimé sa mère et moi, croyez-vous qu’on lui aurait payé ses études jusqu’à Sciences Po ? Car Yann a un peu joué les Tanguy, vous savez… On a acheté un appartement à Paris pour qu’il loge le temps de ses études, on a payé son loyer et ses charges jusqu’à au moins ses 30 ans. À l’époque, ma femme et moi on ne partait pas en vacances, notamment pour pouvoir payer à nos deux fils des voyages d’études aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, Autriche ou Irlande… Aurait-on fait tout ça, s’il n’y avait pas d’amour (?)”

Mais la réflexion la plus intéressante est au sujet des journalistes qui n’ont visiblement jamais pris la peine de contacter ses parents ou proches pour savoir si Yann Moix n’affabulerait pas :

“Depuis peut-être cinq ans que Yann a commencé à livrer publiquement sa version de l’histoire familiale, seuls deux médias se sont donnés la peine de nous contacter, nous, ses parents. Il y a cette journaliste de l’émission Sept à Huit, sur TF1, et vous, La Rep. Vous êtes les seuls. Je me demande comment travaillent les autres rédactions pour ne pas se dire, peut-être devrait-on aussi leur donner la parole.”

Très révélateur de cette caste médiatique qui se protège mutuellement en permanence…

 

 

Les ordinations de prêtres dans les diocèses français en 2019

Le nombre d’ordination par diocèse varie de 1 à 9 et, malheureusement, 53 diocèses n’ont eu aucune ordination :

Les évêques de France [ont ordonné] 126 prêtres en 2019, soit un prêtre de plus qu’en 2018. Ces ordinations se répartissent en trois catégories : 78 ordinations de prêtres diocésains, soit 11 ordinations supplémentaires en un an, 18 ordinations de prêtres issus d’une communauté non religieuse (Communauté Saint-Martin, Communauté de l’Emmanuel…), soit 20 ordinations de moins qu’en 2018, et 30 ordinations de prêtres religieux (Compagnie de Jésus, Communauté des Frères de Saint-Jean, Congrégation du Saint-Esprit…), soit 10 ordinations de plus que l’an dernier (…)

Diocèse d’Amiens

1 ordination. Sylvain Mansart, 33 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h30 en la cathédrale d’Amiens.

Diocèse d’Angers

1 ordination. Kevin Emmanuel Labbé, 29 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h en la cathédrale Saint-Maurice d’Angers.

Diocèse d’Autun

2 ordinations. Bernard Giroux, 69 ans, et Hervé de Laguiche, 33 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h en la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône.

Diocèse d’Avignon

1 ordination. Grégoire Vu Thai Huy, 41 ans.
Messe d’ordination le 26 mai 2019 à 16h en la métropole Notre-Dame des Doms.

Diocèse de Bayonne – Lescar – Oloron

3 ordinations. Vianney Arnauld, Paul de Lapasse et Dominique Nguyen.
Messe d’ordination le 29 juin 2019 à 10h30 en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne.

Diocèse de Beauvais – Noyon – Senlis

2 ordinations. Sébastien Jacinto et Augustin Chartier.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 16h en la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.

Diocèse de Belfort-Montbéliard

2 ordinations. Saran Remy Francis et Maxwel Michael Antony.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h en la cathédrale Saint-Christophe de Belfort.

Diocèse de Belley-Ars

1 ordination. Axel Albar.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h en la co-cathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse.

Diocèse de Besançon

3 ordinations. Sylvain Herrgott, 38 ans, Emmanuel Barsu, 28 ans, et Sébastien Moine, 34 ans.
Messe d’ordination le 29 juin à 10h30 en la cathédrale Saint-Jean-Saint-Étienne.

Diocèse de Bourges

2 ordinations. Arthur Adrien, 35 ans, et Vincent Joyau, 29 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h30 en la cathédrale Saint-Étienne de Bourges.

Diocèse de Cahors

2 ordinations. Barthélemy Dinama Khonde et François Servera.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h30, cathédrale de Cahors.

Diocèse de Cambrai

1 ordination. Felice Rossi, 61 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h en la cathédrale Notre-Dame-de-Grâce de Cambrai.

Diocèse de Chambéry – Maurienne – Tarentaise

2 ordinations. Loïc d’Aranda, 31 ans, et Guillaume Humblot, 41 ans.
Messe d’ordination le 29 juin 2019 à 10h en la cathédrale de Chambéry.

Diocèse de Créteil

4 ordinations. Jean-Pierre Bioret, 49 ans, Aurélien Fourcault, 43 ans, Antoine Dinh Kien Pham, 35 ans, et Vincent Schlatter de Pomphily, 28 ans.
Messe d’ordination le 23 juin à 16h en la cathédrale Notre-Dame de Créteil.

Diocèse de Digne – Riez – Sisteron

1 ordination. Pierre-Mathieu NDiaye, 38 ans.
Messe d’ordination le 16 juin 2019 à 15h en la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg à Digne-les-Bains.

Diocèse de Dijon

2 ordinations. Joseph Mangaly, 34 ans, et Augustin Pascal, 32 ans.
Messe d’ordination le 30 juin à 15h30, en la cathédrale de Dijon.

Diocèse d’Évreux

1 ordination. Jordan Peretel, 32 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h30 en la cathédrale d’Évreux.

Diocèse de Fréjus – Toulon

3 ordinations. Pierre-Guilhem Chapotin, 37 ans, Tanguy Pouliquen, 31 ans, et Joseph-Marie Sallé, 37 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 16h au séminaire de La Castille.

Diocèse de La Rochelle – Saintes

3 ordinations. Louis Chasseriau, 37 ans, Luca Astolfi, 28 ans et Guy Auburtin.
Messe d’ordination de Louis Chasseriau et Luca Astolfi le 22 juin 2019 à 10h en la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle.
Messe d’ordination de Guy Auburtin le 15 septembre 2019 en la cathédrale Saint-Pierre de Saintes

Diocèse de Lille

2 ordinations. Jean-Pierre Roussel, 45 ans.
Messe d’ordination le 26 mai 2019 à 15h30 en la cathédrale Notre-Dame de la Treille.

Diocèse de Lyon

4 ordinations. Armel Bouchacourt, 30 ans, Nicolas Charrier, 38 ans, Thomas Samson, 31 ans, et Vincent Gaisne, 31 ans
Messe d’ordination le 29 juin 2019 à 10h à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.

Diocèse de Meaux

2 ordinations. Jean-Baptiste Pelletier et Maximilien Maurice.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h00 en la cathédrale-basilique Saint-Étienne de Meaux.

Diocèse de Montpellier

3 ordinations. Frank Condi, 40 ans, Jose-Miguel Flores-Lorenzo, 30 ans, et Jean-Vincent Raccurt, 26 ans.
Messe d’ordination le 30 juin à 16h en la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier.

Diocèse de Nancy – Toul

1 ordination. Louis-Serge Kédé, 39 ans.
Messe d’ordination le 16 juin 2019, en la cathédrale de Nancy.

Diocèse de Nantes

2 ordinations. Nicolas Harel, 41 ans, et Thomas Cruchet, 30 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h, en la cathédrale de Nantes.

Diocèse de Nanterre

3 ordinations. Elom Gayibor, Louis Mathieu et Marc Leroi.
Messe d’ordination le 22 juin 2019 à 10h en la cathédrale Sainte-Geneviève de Nanterre.

Diocèse de Paris

8 ordinations dont 3 pour le diocèse. Édouard Barbey, 30 ans, Martin Dareau de Laubadère, 30 ans, et Emmanuel Wirth, 31 ans.
Messe d’ordination le 29 juin 2019 à 9h30 à Saint-Sulpice.

Diocèse de Quimper – Léon

1 ordination. Cyriaque Danguy des Déserts, 33 ans.
Messe d’ordination le 23 Juin 2019 à 15h30 en la cathédrale Saint-Corentin.

Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier :

1 ordination. Gaëtan Lormel, 42 ans.
Messe d’ordination le 23 juin en l’église Saint-Michel de Saint-Brieuc.

Diocèse de Saint-Dié :

1 ordination. Damien Bessot, 38 ans.
Messe d’ordination le 29 juin à 10h en l’église Notre-Dame d’Épinal.

Diocèse de Saint-Flour :

1 ordination. Paul de Tinguy du Pouët, 31 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 17h30 en la cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour.

Diocèse de Séez

1 ordination. Pierrick Harivel, 30 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h en la cathédrale de Séez.

Diocèse de Sens et Auxerre

1 ordination. Matthieu Jasseron, 34 ans.
Messe d’ordination le 29 juin 2019 à 18h30 en la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre.

Diocèse de Soissons – Laon – Saint-Quentin

1 ordination. Arnaud Bore, 27 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h en la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais de Soissons.

Diocèse de Strasbourg

1 ordination. Blaise Bakulu Madila, 41 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h en la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.

Diocèse de Tours

1 ordination. Alexandre Brouillet, 28 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15h30 en la cathédrale Saint-Gatien.

Diocèse de Tulle

1 ordination. David Wosynski, 44 ans.
Messe d’ordination le 16 juin 2019 en la cathédrale de Tulle.

Diocèse de Valence

2 ordinations. Josselyn Chaland, 27 ans, et Florian Meignié, 36 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 16h en la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence.

Diocèse de Vannes

2 ordinations. Thierry Félix, 53 ans, et Johann Ribette, 31 ans.
Messe d’ordination le 23 juin 2019 à 15h30 en la cathédrale Saint-Pierre de Vannes.

Diocèse de Versailles

9 ordinations. François-Xavier Colin, Jacques Frachon, Adrien Comerre, Gabriel Rougevin-Baville, Godefroy de Sevin, Alexandre Descamps, Stéphane Fonsalas, Christophe Roumegous et Olivier Rousseau, tous âgés de 28 à 37 ans.
Messe d’ordination le 30 juin 2019 à 15H30 à la cathédrale Saint-Louis de Versailles.

Diocèses sans ordination de prêtre ou sans ordination de prêtre diocésain en 2019 :

Agen ; Albi ; Aire – Dax ; Aix-en-Provence – Arles ; Ajaccio ; Angoulême ; Annecy ; Arras ; Auch ; Bayeux – Lisieux ; Blois ; Bordeaux – Bazas ; Carcassonne – Narbonne ; Châlons-en-Champagne ; Chartres ; Clermont ; Coutances – Avranches ; Évry – Corbeil-Essonnes ; Gap – Embrun ; Grenoble – Vienne ; Langres  ; Laval ; Le Havre ; Mans ; Marseille ; Nice ; Périgueux – Sarlat ; Poitiers ; Puy-en-Velay ; Limoges ; Luçon ; Mende ; Metz ; Montauban ; Moulins ; Nevers ; Nîmes – Uzès – Alès ; Orléans ; Pontoise ; Pamiers – Couserans – Mirepoix ; Perpignan – Elne ; Reims ; Rouen ; Rennes ; Rodez – Vabres ; Saint-Claude ; Saint-Denis ; Saint-Étienne ; Tarbes – Lourdes ; Toulouse ; Troyes ; Tulle ; Verdun ; Viviers.

Procession du 15 août : La Provence floute le visage du sénateur RN Stéphane Ravier et uniquement le sien

Démasquée, le quotidien la Provence a été contraint d’ouvrir une enquête interne. il fait bien faire porter le chapeau à quelqu’un car cela n’a rien à voir avec la proximité des municipales…

Le sénateur du Rassemblement National Stéphane Ravier a protesté contre le quotidien régional “La Provence” vendredi 16 août après la publication d’une photo d’une procession du 15 août à Marseille, sur laquelle son visage, et uniquement le sien, a été flouté.

Je suis plus que surpris, c’est une grande première. Je suis curieux de connaître la motivation de ce journaliste qui a pris cette initiative militante“, indique Stéphane Ravier.

Contacté, le directeur départemental de la Provence, Guilhem Ricavy, absent au moment des faits, reconnaît une “faute journalistique d’un de ses photographes“.

Il ne s’agit ni d’une démarche de la direction, ni de la direction en chef, ni du chef de service mais d’un photographe qui a agi seul à 23h10. Il va devoir nous expliquer les raisons de son acte. Depuis 20 ans que je suis à La Provence, cela n’était jamais arrivé“, explique Guilhem Ricavy (…)

De son côté, Stéphane Ravier est prêt à “tout accepter, à tout croire“.

Le directeur départemental de La Provence s’est excusé par téléphone. Je propose maintenant au journaliste d’assumer ses convictions et de rendre sa carte de presse, car il a une déontologie à respecter“, selon Stéphane Ravier.

La photo non floutée de Stéphane Ravier doit être publiée dimanche 18 août dans La Provence.

Prince Harry et Meghan Markle : après la bêtise, voici l’hypocrisie

Ils déclarent ne pas vouloir plus de deux enfants pour ne pas polluer la planète mais se rendent en jet privé pour leurs luxueuses vacances à Ibiza :

“Le prince Harry et Meghan Markle mettent-ils leur combat pour l’écologie sur pause pendant leurs vacances ? C’est ce que commencent à croire certains défenseurs de l’environnement, qui n’ont pas hésité à violemment critiquer le couple princier pour ses dernières vacances en famille, rapporte le Daily Mail. La semaine passée, le prince Harry, son épouse Meghan Markle et leur fils de quelques mois Archie ont séjourné à Ibiza dans une villa luxueuse au sein de laquelle ils se sont rendus… en jet privé. Selon des médias espagnols, cités par le quotidien britannique, le couple a séjourné sur l’île du 6 au 12 août, soit juste après le discours du prince Harry au Camp Google de Sicile, où il a justement évoqué le changement climatique. Avec un tel appareil, le couple a émis six fois plus de monoxyde de carbone par personne qu’il ne l’aurait fait avec un vol commercial, au nombre de 14 par jour au départ de Londres. (…)”

Avant d’atterrir en France, le prince Harry et Meghan Markle ont visité l’Espagne – afin de célébrer comme il se doit les 38 ans de la duchesse de Sussex – ainsi que la Sicile . Ce qui nous fait un total de trois voyages consécutifs, au sein d’un moyen de transport privatisé… en l’espace de huit jours à peine. Or, si le jeune papa a fait escale en Italie, c’était pour délivrer un discours écologique, le 1er août lors d’un sommet organisé par Google. Chose qu’il a fait, à la perfection, pieds nus.

Greta Thunberg : l’imposture et les manipulations continuent

Son voyage en voilier va nécessiter plusieurs vols en avion mais combien de personnes vont naïvement continuer à se faire intoxiquer par cette imposture ?

“C’est un paradoxe auquel Greta Thunberg, très critique envers les conséquences écologiques des vols en avion, devrait se faire un plaisir de répondre. La jeune militante suédoise, qui doit participer à un sommet sur le climat à New York le 23 septembre prochain, a choisi de s’y rendre en traversant l’océan Atlantique à bord d’un voilier en carbone réputé très écologique – bien que sponsorisé par des marques un peu moins écolos. Problème : l’organisation du périple en mer va nécessiter au moins quatre vols transatlantiques, rapporte le journal allemand Die Tageszeitung. Un comble.

Et pour cause : selon le quotidien, deux employés, qui auront la tâche de ramener le voilier en Europe, devront avant cela se rendre outre-Atlantique en avion. Le skipper allemand qui accompagne Greta Thunberg, Boris Herrmann, reviendra lui aussi par les airs sur le Vieux Continent (…) Le père de la militante, Svante Thunberg, le fondateur monégasque de l’équipe Malizia détentrice du voilier, Pierre Casiraghi, et un cinéaste sont également du voyage à bord du voilier. Pierre Casiraghi, actionnaire d’une entreprise d’hélicoptères, n’est par ailleurs pas vraiment réputé pour son engagement en faveur de l’environnement. Il rentrera lui aussi des États-Unis en avion.”

Quelques réflexions suite au débat sénatorial du 2 juillet concernant la proposition de loi pour interdire les « violences éducatives ordinaires ».

Les violences éducatives ordinaires : un débat qui agite beaucoup les progressistes. Une proposition de loi sur ce sujet a déjà été examinée et votée par l’Assemblée Nationale le 29 novembre 2018, contribuant ainsi à une intrusion supplémentaire de l’Etat dans le domestique et l’intime. Une autre avait déjà été discutée au Sénat sur proposition de la toujours souriante Mme Rossignol.

La proposition (en trois points) discutée ce 2 juillet stipule dans son article 1er :  

Après le deuxième alinéa de l’article 371-1 du code civil, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques » ; ensuite (article 1er bis) : Au deuxième alinéa de l’article L. 421-14 du code de l’action sociale et des familles, après le mot : « secourisme », sont insérés les mots : « , à la prévention des violences éducatives ordinaires » ; enfin (article 2), « Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 1er septembre 2019, un rapport présentant un état des lieux des violences éducatives en France et évaluant les besoins et moyens nécessaires au renforcement de la politique de sensibilisation, d’accompagnement et de soutien à la parentalité à destination des parents ainsi que de formation des professionnels concernés ». Plus que quelques jours pour le rapport puisque la proposition a été adoptée de façon définitive.

Rappelons que, fort heureusement, violences et maltraitance à l’égard des enfants sont déjà réprimées dans le Code pénal.

L’enjeu était d’ajouter une mention sur les violences éducatives ordinaires dans le Code civil. Argument décisif des progressistes, énoncé par M.Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la santé, représentant le gouvernement :  85 % des parents français ont déjà eu recours à des violences éducatives ordinaires ; or,

«  études à l’appui, nous savons aujourd’hui qu’une éducation punitive a des conséquences désastreuses sur le développement, la santé mentale et la stabilité affective de l’enfant. Des conséquences à la fois immédiates et de long terme sont observées : elles portent sur toute la vie du sujet qui aura eu à essuyer des humiliations et des châtiments corporels dans sa prime enfance. À court terme, on observe une hausse des comportements agressifs chez les enfants ayant subi des violences, un risque accru de troubles cognitifs. À long terme, on peut observer une baisse de l’estime de soi, des comportements antisociaux, une augmentation de la prévalence de troubles mentaux et addictifs et, pour les cas les plus graves, une déficience mentale liée à une réduction de la zone grise du cerveau, un risque d’obésité plus élevé ainsi que des troubles cardiovasculaires ».

On devrait donc logiquement constater que 85% des cohortes d’enfants connaissent hausse des comportements agressifs, baisse de l’estime de soi, comportements antisociaux et même réduction potentielle de la zone grise du cerveau….

Ces débats au Sénat conduisent à six réflexions. Aucune d’entre elles n’est véritablement réjouissante quant à la qualité de la production législative française.

1) On est un peu inquiet de la pertinence des soi-disant références éducatives proposées par les personnes soutenant le texte.

La première référence est celle proposée par Adrien Taquet, (le premier mot de son discours introductif est « Rousseau ») :

« Pour cette raison, l’éducation relève d’un art, décrit en ces termes par Rousseau dans l’Émile : « Prenez une route opposée avec votre élève ; qu’il croie toujours être le maître, et que ce soit toujours vous qui le soyez. » Le parent accompli, comme le bon éducateur, doit savoir faire oublier la tutelle qu’il exerce sur son enfant. ».

Si l’on comprend bien, il faut savoir manipuler l’enfant ! D’autant plus surprenant que, juste avant, le secrétaire d’Etat affirmait aussi :

« La qualité première du pédagogue, c’est d’avoir le souci constant de la cohérence entre les principes affichés et les méthodes employées ».

La citation a en tout cas l’effet salutaire de nous amener à relire ledit Rousseau dans ses œuvres (Confessions livre VIII) et ça vaut quand même son pesant de cacahuètes :

« Tandis que je philosophais sur les devoirs de l’homme, un événement vint me faire mieux réfléchir sur les miens. Thérèse devint grosse pour la troisième fois…

Si j’étais de ces hommes mal nés, sourds à la douce voix de la nature, au dedans desquels aucun vrai sentiment de justice et d’humanité ne germa jamais, cet endurcissement serait tout simple ; mais cette chaleur de cœur, cette sensibilité si vive, cette facilité à former des attachements, cette force avec laquelle ils me subjuguent, ces déchirements cruels quand il les faut rompre, cette bienveillance innée pour mes semblables, cet amour ardent du grand, du vrai, du beau, du juste ; cette horreur du mal en tout genre, cette impossibilité de haïr, de nuire, et même de le vouloir ; cet attendrissement, cette vive et douce émotion que je sens à l’aspect de tout ce qui est vertueux, généreux, aimable : tout cela peut-il jamais s’accorder dans la même âme avec la dépravation qui fait fouler aux pieds sans scrupule le plus doux des devoirs ? Non, je le sens et le dis hautement, cela n’est pas possible. Jamais un seul instant de sa vie Jean-Jacques n’a pu être un homme sans sentiment, sans entrailles, un père dénaturé. J’ai pu me tromper, mais non m’endurcir…. Mon troisième enfant fut donc mis aux Enfants-Trouvés, ainsi que les premiers, et il en fut de même des deux suivants, car j’en ai eu cinq en tout ».

Rousseau, le premier des progressistes ?

La deuxième référence est donnée par la sénatrice Esther Benbassa : « Françoise Dolto, célèbre psychanalyste, déconstruisait déjà, au début des années soixante-dix, l’idée que l’éducation devait se conjuguer avec l’autorité et la punition ». Mais où donc Mme Benbassa est-elle allée chercher que Françoise Dolto avait voulu que l’autorité ne fît plus partie de l’éducation ? C’est un contresens à peu près total.

La troisième est un rêve de la sénatrice Michelle Meunier :

« Je fais le rêve, monsieur le secrétaire d’État, que nos enfants ainsi éduqués ne toléreront plus la violence dans le monde, une fois devenus adultes, dans leur vie quotidienne, leur vie professionnelle, leurs relations intimes. Je fais le rêve d’une société où, lorsqu’ils diront : « Non, je ne veux pas ! », ce refus sera suivi d’effet ».

Là encore, si nous comprenons bien : non, je ne veux pas aller me coucher ; non je ne veux pas manger de la soupe ; non, je ne veux pas arrêter de tirer les cheveux de ma sœur… et bien, tout ceci doit être accepté par les adultes. Notre rêve est de savoir si Mme Meunier a eu des enfants ; en cas d’une réponse positive, si elle les a éduqués ou bien, pleine de bienveillance, si elle les a confiés à la DDASS, modèle contemporain des Enfants-Trouvés rousseauistes ; et si elle les a éduqués, on aurait bien aimé être petite souris pour voir comment ça se passait en vrai. Ceci étant, M.Taquet, son ministre, plaide pour l’art de la tromperie. Alors tout est possible.

2) On est un peu inquiet du manque de discernement des personnes soutenant ce texte et de leur incapacité à distinguer entre geste éducatif (oui, on sait, quelle horreur !) et maltraitance ; entre usage de la force (bien démonétisé c’est vrai grâce à M.Castaner) et usage de la violence.

La tape, la fessée, l’engueulade, la remontrance, voilà des mots sympathiques qui sont exclus du vocabulaire employé par les zélotes du texte. Ceux-ci parlent d’éducation punitive, de violences, enfants battus, faits de maltraitance  (M.Taquet très en verve décidément : « Notre tâche est à présent de changer les pratiques et le regard de nos concitoyens sur les faits de maltraitance ») ; voire des infanticides comme le laisse entendre Mme Benbasse : « Mes chers collègues, je souhaite vous rappeler les chiffres suivants : deux enfants meurent chaque semaine à la suite de violences, 73 000 par an en sont victimes ». Comment ne pas comprendre qu’il y a là des registres différents ?

D’ailleurs ces fameux textes internationaux qui semblent nous contraindre à modifier notre législation parlent eux de négligence, violence ou exploitation pour ce qui concerne l’article 17 de la Charte sociale européenne par la France et de toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales pour ce qui concerne l’article 19 de Convention internationale des droits de l’enfant.

3) Il est possible que tout parent se sente à certains moments un peu démuni avec le moyen éducatif unique proposé, la bienveillance.

Citons encore M. Taquet : « Vous l’aurez compris, l’éducation bienveillante est au cœur de notre nouvelle approche des politiques de l’enfance. » ; ou la sénatrice Elisabeth Doineau :

« Nombre de livres, d’émissions, de podcasts traitent de la parentalité bienveillante….Parce que l’éducation joue un rôle fondamental non seulement dans la formation de l’être humain, mais aussi dans l’évolution de la société, il est primordial de l’exercer avec bienveillance….La bienveillance est donc la clé d’une éducation réussie ».

Le reste est proscrit, le rappelle le rapporteur Mme de la Gontrie : « Les deux textes répondent aux mêmes objectifs, rappelés par M. le secrétaire d’État à l’instant : la lutte contre les violences éducatives ordinaires – termes qui m’ont toujours choquée et qui recouvrent à la fois les coups, les gifles, les cris, les humiliations et les insultes – et l’affirmation de la non-violence comme principe d’éducation. ». Quand on sait que le fameux  je compte jusqu’à 3. Si à 3, tu n’as pas…. », honteuse menace, violence éducative ordinaire,  risque de diminuer l’auto-estime de son enfant… !

La bienveillance (l’amour est aux oubliettes : c’est lui qui a fait croire au qui bene amat bene castigat de nos ancêtres qui ne connaissaient rien à la zone grise du cerveau de l’enfant) est donc la seule arme de l’éducateur. Dans un chapitre intitulé « La croisade sentimentale » (L’imparfait du présent, 2002), Alain Finkielkraut écrit :

« A l’instar des apôtres de l’école heureuse, nous traitons l’enfance comme une minorité opprimée, qui a besoin de se libérer… Ce ne sont pas des contestataires marginaux mais des réformateurs officiels qui proclament, avec A.S.Neill (fondateur vénéré de Summerhill), que « le commandement auquel tout parent et toute profession doivent obéir, c’est : Tu seras du côté de l’enfant » ».

On aura ainsi remarqué que l’enfant est toujours considéré comme un être bon, malléable, incapable de réaction. Jamais un caractère, mais une victime. M. Taquet le confirme qui considère que « l’apprentissage de la parentalité relève d’un équilibre subtil entre confiance en soi et capacité à répondre aux besoins de l’enfant ». L’enfant vu sous l’angle de besoins uniquement.

4) Les progressistes décrivent une sorte de continuum de la violence, commençant par la tape et allant crescendo jusqu’à l’infanticide

Citons encore la toujours souriante Mme Rossignol :

« Par ailleurs, je ne connais pas la différence entre la « vraie » violence et la « moindre » violence quand il s’agit d’enfants. Frapper un enfant, c’est abuser de la force physique de l’adulte. Le rapport de force est tellement disproportionné que tout geste pouvant être considéré comme une petite violence entre adultes représente en réalité une grande violence pour un enfant ».

Ou Mme de la Gontrie :

«  Selon la Fondation pour l’enfance, 75 % des maltraitances ont débuté dans un contexte de punitions corporelles. Elles en constituent le terreau».

Ou encore la sénatrice Maryse Carrère :

«  le recours à la violence, notamment la fessée considérée encore comme une méthode éducative, favorise pourtant l’agressivité des enfants, conforte la baisse de leur estime et peut pénaliser leurs résultats scolaires. Plus alarmant, cette violence est parfois la porte d’entrée de châtiments plus graves ».

Le secrétaire d’Etat est là encore à l’unisson :  « Une fois qu’un coup a été porté à l’enfant sous couvert éducatif, le risque d’aller crescendo est présent et peut mener au pire ».

C’est un peu comme si on voulait interdire l’islam en France parce qu’il peut conduire à des Allahou Akbar terroristes !

5) Une qualité de travail législatif qui laisse rêveur

On sait que les violences et la maltraitance à l’égard des enfants sont déjà sanctionnés par le Code pénal. On ne sait pas bien l’intérêt de l’inscription dans le Code civil. De plus, les violences éducatives ordinaires, pourtant au cœur du texte, ne sont pas précisément définies. Enfin, aucune sanction en cas de manquement n’est prévue.

D’autre part, le processus d’approbation de certains groupes sénatoriaux semble manquer cruellement de sérieux :

M.Dany Wattebled pour le Groupe « Les Indépendants – République et Territoires » :

« en son état actuel, notre droit offre tous les outils nécessaires : l’article 222-13 du code civil interdit déjà toute forme de violence physique envers les enfants et érige en circonstance aggravante le jeune âge de la victime. La règle posée ici est de nature exclusivement civile. Elle n’est pas assortie d’une sanction. Sa portée reste donc limitée. Elle vise simplement à affirmer un principe devant guider l’attitude des parents à l’égard de leurs enfants. Ce texte a surtout une portée symbolique et pédagogique. Dès lors, nous sommes légitimement amenés à nous interroger sur notre mission de législateur, car la loi ne saurait être seulement symbolique : elle doit avoir une portée certaine !C’est donc dans un esprit de consensus que le groupe Les Indépendants la votera ».

Même raisonnement, même démarche pour Mme Pascale Gruny (pour le Groupe Les Républicains) :

« Une nouvelle fois, on s’amuse avec le sujet de la fessée, mais on ne propose rien de concret pour empêcher et sanctionner la vraie violence. Le dispositif proposé soulève une autre difficulté : que sont précisément les violences éducatives ordinaires ? Veillons à ne pas confondre ce qui relève de la maltraitance avec ce qui vise à mettre un terme à certaines pratiques des enfants. … Doit-on bannir toute éducation qui pourrait comporter parfois, sans forcément une intention évidente des parents, un geste ferme pour indiquer à un enfant de ne pas toucher aux plaques de cuisson chaudes, aux produits ménagers ou aux prises électriques ? Quels gestes relèvent des violences ? Quels gestes sont au contraire « tolérables » ? La rédaction proposée est peu intelligible de ce point de vue. Une fois de plus, son application, alors qu’elle a vocation à clarifier une jurisprudence, ne semble pas évidente. Si le droit n’est pas clair, comment espérer son application uniforme ? …Enfin, les Français en ont assez de cette ingérence de l’État, qui voudrait les « rééduquer » et leur dire comment éduquer leurs enfants. L’éducation relève en premier lieu des parents et du cercle familial…. Par souci de cohérence, nous voterons ce texte. »

Autrement dit, ils savent que le texte ne sert à rien et est de mauvaise qualité mais ils le votent ! Et après, il paraît que l’indice de confiance des Français envers leurs parlementaires est assez bas. Etonnez-vous !

6) Une législation d’inspiration féminine

Pouvons-nous faire remarquer que Mme Maud Petit, présente lors de la séance au Sénat, a été rapporteur du texte à l’Assemblée Nationale ? Que le rapporteur au Sénat était la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie ? Que (la souriante) Mme Rossignol, avait déjà déposé et fait discuter au Sénat une proposition de loi similaire ? Et qu’enfin, lors de la discussion générale, sur 10 intervenants, 8 femmes étaient des femmes ?

Pouvons-nous trouver que cette proposition de loi, pleine de bonnes intentions (l’enfer en est pavé), présente certaines analogies avec la proposition de loi récemment discutée en première lecture à l’Assemblée Nationale et visant à lutter contre la haine sur internet, à l’initiative de Mme Laetitia Avia (tiens, une femme…) : le souci d’une « pureté » de tout comportement ou écrit, des mesures pouvant aboutir à une surveillance mutuelle constante, voire à une délation de tous contre tous. Alors même que les vrais cas nécessitant réponse pénale forte sont souvent difficiles à saisir et donc à empêcher ou au moins à punir.

Toujours dans L’imparfait du présent, A.Finkielkraut a écrit : « La maman est l’avenir de l’homme ». Pas sûr que cela soit vraiment rassurant.

Le Salon beige écrivait déjà en décembre 2018 que la véritable violence éducative est de priver sciemment un enfant de son père. Mais c’est vrai, il ne s’agit là que d’une violence non-ordinaire.

Le 22 août, allons à la messe pour ceux qui en sont empêchés

Communiqué de l’AED :

Le 28 mai dernier, l’Assemblée Générale des Nations Unies a décidé de proclamer le 22 août Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions.

A l’occasion de la première édition de cette Journée, l’AED rappelle que 200 millions de chrétiens ne peuvent vivre librement leur foi à travers le monde. Certains se trouvent dans des régions sans prêtres, très isolées, certains sont emprisonnés, subissent des persécutions, des violences, ou vivent dans un pays où la foi chrétienne est interdite.

L’Œuvre propose d’apporter un soutien spirituel à ces chrétiens d’une manière simple et concrète : en se rendant à la messe pour eux, jeudi 22 août prochain.

Afin de témoigner de leur fraternité, les participants sont invités à :
– s’inscrire sur cette carte interactive qui géolocalisera les participants (disponible ici), en précisant son prénom et l’adresse de l’église
– se manifester sur les réseaux sociaux en portant un badge avec le #22aout.

Le père Yves Genouville, assistant ecclésiastique de l’AED, célèbrera la messe du 22 août à 9h00, en l’église Saint-Louis de Versailles. Pierre Bouhey, président de l’AED, précise :

« Alors que les violences contre les fidèles de toutes religions connaissent une augmentation sans précédent, partout à travers le monde, cette Journée constitue un message et mandat clair que les actes de violence à motivation religieuse ne peuvent être et ne seront pas tolérés par les Nations Unies, les Etats-membres, et la société civile. Il appartient désormais aux États et aux sociétés civiles de veiller à ce que cette action symbolique se transforme en une action significative ».

Rochefort 6 : les 5 infos à savoir pour briller

Avez-vous déjà goûté la Rochefort 6 ? Il s’agit de l’unique bière ambrée de l’abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy de Rochefort, en Belgique !

Sous sa belle robe aux reflets orange-rubis, cette bière, titrant à 7,5% (vol.) dévoile en bouche de délicieux arômes de caramel, d’épices et de torréfaction.

Mais savez-vous qu’elle est la plus ancienne des bières de Rochefort ? Ou pourquoi son nom intrigue tout le monde ? Dans cet article, Divine box vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la bière trappiste Rochefort 6 pour épater vos amis ! C’est parti !

1/ La plus « vieille » bière de la brasserie de Rochefort

Dans la trilogie des bières de l’abbaye de Rochefort, la Rochefort 6 serait la plus ancienne. Techniquement, les dates des premiers brassages des bières sont les suivantes :

  • Rochefort 6 : 1953
  • Rochefort 8 : 1954
  • Rochefort 10 : 1950

Alors, la Rochefort 6 n’est pas la plus ancienne parmi les 3 bières de Rochefort ?

Et bien, oui et non, car la recette de la Rochefort 6 serait directement inspirée d’une bière brassée avant la Seconde Guerre mondiale, bien avant les deux autres bières de Rochefort !

Donc… si on se réfère à cette date-là, ça compte ! La Rochefort 6 est donc la plus vieille bière issue de l’artisanat monastique de l’abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy de Rochefort !

2/ D’où vient l’appellation de la « Rochefort 6 » ? 

D’où vient le « 6 » de la Rochefort 6 ? Mystère mystère, on vous dit tout !

Au départ, la Rochefort 6 était simplement surnommée la « Trappiste » donc l’origine de ce « 6 » n’y est pas liée.

On pourrait alors penser que la Rochefort 6 porte son nom pour rappeler le taux d’alcool de la bière. Mais non puisque le taux d’alcool de la Rochefort 6 est à 7,5% ! Mais alors pourquoi ce numéro 6 ?

Et bien son nom est en lien avec une ancienne mesure belge, le degré Baumé (°Bé), employé pour mesurer la concentration en sucre du moût. Le moût, c’est le résultat du mélange entre l’eau et le malt (céréales torréfiées). Donc la Rochefort 6 avait un degré de… 6°Bé !

Puis quand l’Union Européenne a uniformisé la numérotation des bières en 1993, les moines ont choisi de conserver ce nombre 6 en souvenir de la tradition du degré Baumé. Sympa non ?

Pour les petits curieux qui veulent en savoir plus, on a écrit un petit article sur les numéros des bières de Rochefort.

C’est le degré Baumé qui est à l’origine des numéros que porte les bières de l’abbaye de Rochefort – Crédit photo : @taste_be (Instagram)

3/ La Rochefort 6, une bière ra-ri-ssime !

Vous avez-dit rarissime ? Et oui, puisque la Rochefort 6 est une bière d’une grande rareté dans la petite famille des bières trappistes. Il faut être un petit malin pour s’en procurer, en effet :

  • La Rochefort 6 représente seulement 10% de la production annuelle de la production de la brasserie de l’abbaye de Rochefort
  • La brasserie de Rochefort est une petite brasserie car seulement 50 000hl/an sont brassés. D’ailleurs, c’est la plus petite des brasseries wallonnes trappistes derrière l’abbaye Notre-Dame de Scourmont (Chimay) et l’abbaye Notre-Dame d’Orval (Orval).
  • Les moines brassent la Rochefort 6 quelques semaines seulement dans l’année

Donc cette petite quantité de production et son succès font de la Rochefort 6, une bière d’une grande rareté !  Tout le monde veut pouvoir la déguster !

La Rochefort 6 est brassée seulement quelques semaines par an ce qui contribue à sa rareté. – Crédit Photo : @artalebeerfeed (Instagram)

4/ La Rochefort 6 est labellisée « Authentic Trappist Product », une appellation exceptionnelle

Seulement douze brasseries dans le monde entier sont autorisées à mettre le logo « Authentic Trappist Product » sur les étiquettes de leurs produits monastiques. Et l’abbaye de Rochefort fait partie de ce club très select qui demande le respect de trois critères. C’est tout simple, on vous explique ; il faut que :

  • La bière soit brassée dans l’enceinte de l’abbaye
  • La bière soit brassée par les moines ou sous leur strict contrôle
  • Les bénéfices servent à financer la vie de la communauté et d’autres œuvres caritatives en cas de surplus.

La Rochefort 6 applique ces trois règles et a donc le droit d’arborer ce logo sur son étiquette.

Donc la Rochefort 6 est une bière authentiquement trappiste ! C’est pas beau ça ?

La Rochefort 6 a bien le logo « Authentic Trappist Product », preuve de son authenticité. – Crédit photo : @hopmaestro (Instagram)

5/ La Rochefort 6, une bière parmi les meilleures au monde

Si la « Meilleure » est le surnom de la Rochefort 10, la Rochefort 6 est aussi fort bien classée.

En effet, elle a reçu plusieurs bonnes notes :

  • La Revue du Vin de France lui donne une note de 17/20
  • Belgibeer la classe dans le top 10 des meilleures bières trappistes
  • Le site RateBeer, un site d’experts qui classent et notent plus de 200 000 bières du monde entier, lui décerne la 2ème place dans le Top 50 des Belgian Ale – Dark/Amber !
  • Sur Ratebeer, elle est aussi notée… 97/100 !
  • BeerAdvocate lui attribue la note « outstanding » de 4,17 sur 5

Des résultats prometteurs pour cette bière délicieuse. Alors, si ce n’est pas déjà fait, vous lui faites un sort à cette Rochefort 6 ?

Comme de nombreuses bières, la Rochefort 6 a son propre verre.  – Crédit Photo : @hoppy_franky (Instagram)

Où trouver la Rochefort 6 ?

Pour déguster et acheter la Rochefort 6, vous pouvez vous rendre à la boutique près du monastère. Voici son adresse : Abbaye de Rochefort, 5580 Rochefort, Belgique.

Si vous n’habitez pas à proximité et souhaitez soutenir l’abbaye, cliquez ici pour acheter la Rochefort 6 sur la boutique monastique en ligne de Divine Box.

Ou bien par ici pour en apprendre encore plus sur la Rochefort 6, et notamment pour savoir pourquoi on dit qu’elle est brassée dans la « Cathédrale de la bière »…

C’est arrivé un 18 août…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 18 août : saints du jour français ou en France.
    • BBx Martyrs (64) des pontons de Rochefort (1794-1795)

La déportation sur les pontons de Rochefort a concerné 829 prêtres, dont 547 ont péri d’avril 1794 aux premières semaines de 1795.

La Constitution civile du clergé

L’Assemblée constituante vote la Constitution civile du clergé le 12 juillet 1790. La Constitution civile du clergé transforme les ecclésiastiques en fonctionnaires élus par l’assemblée des citoyens actifs, et évince le Pape de la nomination des évêques. Ceci n’est pas acceptable par le Saint-Siège.

Les prêtres constitutionnels, assermentés ou jureurs sont ceux qui se soumettent à cette constitution, les réfractaires ou non jureurs sont ceux qui refusent de prêter serment. Les assemblées successives condamnent à l’exil, à la réclusion puis à la déportation les prêtres réfractaires (mais aussi des assermentés !) L’Église souffrira lourdement de ces évènements : les lieux de culte sont fermés, la pratique interdite, des prêtres sont massacrés.

La Terreur à Rochefort

Le 21 septembre 1792, la Convention succède à l’Assemblée législative, qui elle-même avait déjà remplacé l’Assemblée constituante. La République est proclamée le lendemain.    La Société populaire et le Comité de surveillance (institutions révolutionnaires locales) fraîchement mises en place, font de Rochefort une ville ultra-jacobine. Lequinio et Laignelot, les représentants du peuple envoyés par la Convention seront chargés de faire appliquer à Rochefort le régime de la Terreur, décrété le 5 septembre 1793. Les prisons se remplissent, 52 têtes tomberont place Colbert, où est installée la guillotine.

Les convois des prêtres déportés

Un arrêté du Comité de salut public (25 janvier 1794) organise le départ des prêtres réfractaires vers les ports de l’Atlantique, où ils doivent être regroupés avant leur déportation. Ceux qui sont emprisonnés à Nantes seront noyés par Carrier, et finalement, seuls Bordeaux et Rochefort mettront en œuvre les directives du comité.

Les convois de déportés traversent la France pendant l’hiver et jusqu’au printemps 1794, parcourant parfois jusqu’à 800 km. Les conditions de voyage (parfois à pied) sont souvent difficiles, en raison des nuits passées en prison aux étapes, et des insultes et brutalités endurées à certaines haltes. Ils sont souvent systématiquement dépouillés.

À leur arrivée à Rochefort, ils seront incarcérés dans différents lieux (prison Saint-Maurice, couvent des Capucins…) ou sur des navires (le Borée, le Bonhomme Richard, la Nourrice).  Les déportés sont finalement entassés dans deux anciens navires négriers, les Deux-Associés et le Washington, réquisitionnés après l’abolition de l’esclavage par la Convention le 4 février 1794. Destinés à partir pour la Guyane ou les côtes d’Afrique, les bâtiments ne quittèrent cependant pas l’estuaire de la Charente. En état de naviguer, ils n’étaient donc pas de véritables pontons (navires retirés du service, déclassés et démâtés pour servir de magasin ou de prison) mais ils en remplirent les fonctions.

Les pontons

Le commandement des navires fut assuré par Laly pour les Deux-Associés et Gibert pour le Washington. Ils appliquèrent avec leurs équipages, les consignes de sévérité avec rigueur, les aggravant même parfois : pas de prière, injures, menaces, brimades physiques, nourriture infecte, pas de conversation. Mais les prisonniers continueront dans le secret une activité religieuse. Les décès dus aux conditions de détention s’accélèrent, le scorbut, le typhus font des ravages. L’épidémie est telle qu’enfin les prisonniers valides sont transférés sur un troisième navire, l’Indien, tandis que les plus malades sont débarqués sur l’île citoyenne (l’île Madame) où beaucoup périront. L’automne 1794 est particulièrement rude, et en novembre, le vent renverse les tentes de fortune de l’hôpital installé sur l’île, les survivants sont alors à nouveau embarqués sur les navires. Les conditions matérielles de détention s’améliorent quelque peu tandis que la neige et le gel s’installent. En décembre, trois bâtiments chargés de prêtres et provenant de Bordeaux, (le Jeanty, le Dunkerque, et le Républicain) se réfugient dans l’estuaire (les Anglais bloquent les côtes).

La fin de la Terreur

Lors du Coup d’État du 9 thermidor an II (27 juillet 1794) Robespierre, principal instigateur de la Terreur, est exécuté, et c’est pour la République un nouveau départ. Des épurateurs écartent les éléments les plus extrémistes de la dictature révolutionnaire. Les institutions du régime précédent (Tribunal révolutionnaire, clubs et associations patriotiques) sont généralement supprimées. Bien des prisons commencent à s’ouvrir. Cependant, en cette fin d’année 1794, les pontons gardent toujours leurs prisonniers. Quelques-uns sont libérés mais aucune mesure collective n’est prise.

Grâce à quelques initiatives individuelles (notamment des interventions auprès de la Convention), le transfert à Saintes des prêtres déportés de Rochefort a lieu en février 1795. Ils peuvent y célébrer à nouveau le culte et administrer les sacrements dans les oratoires privés. Sur les 829 prêtres déportés à Rochefort, 274 survécurent. Les déportés de Bordeaux, d’abord transférés à Brouage, ne furent conduits à Saintes que plus tard. 250 prêtres sont morts sur les 1494 emmenés initialement à Bordeaux.

La deuxième déportation

En octobre 1795, la Convention ordonne cependant, après ce bref répit, la réclusion ou la déportation des prêtres réfractaires vers la Guyane. Encore une fois, ces départs n’eurent pas lieu, et un décret du 4 décembre 1796 prononcera enfin la libération des prêtres détenus. Le 18 fructidor de l’an V (4 septembre 1797), un coup d’État des républicains du Directoire (le Directoire avait remplacé la Convention dès la fin 1795) contre les modérés et les royalistes, devenus majoritaires aux élections, fait resurgir la ligne dure à la tête de la République. Le pouvoir exécutif s’en trouve renforcé, au détriment du législatif. Les adversaires politiques sont emprisonnés ou déportés.

Les précédentes mesures de détente sont annulées et les décrets de proscription envers les prêtres sont renouvelés. Ils ont à nouveau emprisonnés à Rochefort et quelques-uns sont effectivement envoyés en Guyane, où la mortalité est effrayante. Mais le Directoire se voit obligé de suspendre ces départs, certains navires étant capturés par les Anglais, et les prêtres seront entassés dans les citadelles de St-Martin-de-Ré et du Château d’Oléron jusqu’en 1802.

La libération

Le Coup d’État du 18 brumaire de l’an VIII (9 novembre 1799) donne le pouvoir à Bonaparte. Le Consulat, nouveau gouvernement remplaçant le Directoire dote la France d’une nouvelle constitution (celle de l’an VIII), trois consuls sont nommés, dont Bonaparte, 1er consul. Les persécutions des prêtres prennent fin lorsque le Saint-Siège conclut un Concordat avec la France (ratifié le 5 avril 1802). Cet accord, signé par le Pape Pie VII et le 1er consul Bonaparte, réorganise le catholicisme dans le pays.

Cette hécatombe resta pourtant longtemps ignorée, et même volontairement tenue cachée, par souci de ne pas réveiller les querelles de la Révolution. La cause aboutit par la béatification solennelle d’octobre 1995, par laquelle l’Église reconnut en soixante-quatre des victimes des pontons (le bienheureux Jean-Baptiste Souzy et ses compagnons) d’authentiques témoins de la foi, mis à mort volontairement, en haine de la foi, et en acceptant consciemment leur sort.

Liste des soixante-quatre prêtres ou religieux béatifiés

1. Jean-Baptiste Étienne Souzy, prêtre du diocèse de La Rochelle. Déporté sur les Deux-Associés; mort le 27 août 1794.

2. Antoine Bannassat, curé de Saint-Fiel (Creuse). Déporté sur les Deux-Associés; mort le 18 août 1794.

3. Jean-Baptiste de Bruxelles, chanoine de Saint-Léonard (Haute-Vienne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 18 juillet 1794.

4. Florent Dumontet de Cardaillac, aumônier de la comtesse de Provence. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 5 septembre 1794.

5. Jean-Baptiste Duverneuil (père Léonard), carme de la maison d’Angoulême. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juillet 1794.

6. Pierre Gabilhaud, curé de Saint-Christophe (Creuse). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 août 1794.

7. Louis-Wulphy Huppy, prêtre du diocèse de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 29 août 1794.

8. Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon, chanoine de Saint-Yrieix (Haute-Vienne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 12 août 1794.

9. Barthélemy Jarrige de la Morelie de Biars, bénédictin de l’abbaye de Lezat (Ariège). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 juillet 1794.

10. Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, chanoine de Saint-Yrieix (Haute-Vienne). sur les Deux-Associés; mort le 31 juillet 1794.

11. Joseph Juge de Saint-Martin, sulpicien, directeur de séminaire. Déporté sur les Deux-Associés; mort le 7 juillet 1794.

12. Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort, missionnaire à Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juillet 1794.

13. Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie, chanoine de Saint-Yrieix (Haute-Vienne). Déporté sur les Deux-Associés; mort le 1er juillet 1794.

14. Claude-Barnabé Laurent de Mascloux, chanoine du Dorat (Haute-Vienne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 septembre 1794.

15. Jacques Lombardie, curé de Saint-Hilaire-de-Foissac (Corrèze). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 juillet 1794.

16. Joseph Marchandon, curé de Marsac (Creuse). Déporté sur les Deux Associés ; mort le 22 septembre 1794.

17. François d’Oudinot de La Boissière, chanoine du diocèse de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 septembre 1794.

18. Raymond Petiniaud de Jourgnac, vicaire général de l’évêque de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juin 1794.

19. Jacques Retouret, carme de la maison de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 août 1794.

20. Paul-Jean Charles (frère Paul), moine cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Allier). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 25 août 1794.

21. Augustin-Joseph Desgardin (frère Elie), moine cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Allier). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 6 juillet 1794.

22. Pierre-Sulpice-Christophe Favergne (frère Roger), frère des Écoles chrétiennes à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 12 septembre 1794.

23. Joseph Imbert, jésuite. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 9 juin 1794.

24. Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont, sulpicien, supérieur du petit séminaire d’Autun. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 août 1794.

25. Claude Laplace, prêtre à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 14 septembre 1794.

26. Noël-Hilaire Le Conte, chanoine de la cathédrale de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 17 août 1794.

27. Pierre-Joseph Le Groing de La Romagère, chanoine à la cathédrale de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juillet 1794.

28. Jean-Baptiste-Xavier Loir, capucin au Petit-Forez, à Lyon. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 19 mai 1794.

29. Jean Mopinot (frère Léon), frère des Écoles chrétiennes à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés; mort le 21 mai 1794.

30. Philippe Papon, curé de Contigny (Allier). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 17 juin 1794.

31. Nicolas Sauvouret, cordelier à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juillet 1794.

32. Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juin 1794.

33. Louis-Armand-Joseph Adam, cordelier à Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 juillet 1794.

34. Charles-Antoine-Nicolas Ancel, eudiste à Lisieux. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 29 juillet 1794.

35. Claude Beguignot, chartreux à Saint-Pierre-de-Quevilly, près de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juillet 1794.

36. Jean Bourdon (frère Protais), capucin à Sotteville, près de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 23 août 1794.

37. Louis-François Lebrun, moine bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 20 août 1794.

38. Michel-Bernard Marchand, prêtre du diocèse de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 15 juillet 1794.

39. Pierre-Michel Noël, prêtre du diocèse de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés; mort le 5 août 1794.

40. Gervais-Protais Brunel, moine cistercien de Mortagne (Orne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 20 août 1794.

41. François François (frère Sébastien), capucin. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 août 1794.

42. Jacques Gagnot (frère Hubert de Saint-Claude), carme de la maison de Nancy. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 septembre 1794.

43. Jean-Baptiste Guillaume (frère Uldaric), frère des Écoles chrétiennes à Nancy. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 27 août 1794.

44. Jean-Georges Rehm (père Thomas), dominicain au couvent de Schlestadt (Alsace). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 11 août 1794.

45. Claude Richard, bénédictin à Moyen-Moutier (Vosges). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 9 août 1794.

46. Jean Hunot, chanoine à Brienon-l’Archevêque (Yonne). Déporté sur le Washington ; mort le 7 octobre 1794.

47. Sébastien-Loup Hunot, chanoine à Brienon-l’Archevêque (Yonne). Déporté sur le Washington; mort le 17 novembre 1794.

48. François Hunot, chanoine de Brienon-l’Archevêque (Yonne). Déporté sur le Washington ; mort le 6 octobre 1794.

49. Georges-Edme René, chanoine à Vézelay. Déporté sur le Washington ; mort le 2 octobre 1794.

50. Lazare Tiersot, chartreux à Beaune (Côte-d’Or). Déporté sur le Washington ; mort le 10 août 1794.

51. Scipion-Jérôme Brigeat Lambert, doyen du chapitre d’Avranches (Manche). Déporté sur le Washington ; mort le 4 septembre 1794.

52. Jean-Nicolas Cordier, jésuite. Déporté sur le Washington ; mort le 30 septembre 1794.

53. Charles-Arnould Hanus, curé et doyen du chapitre de Ligny (Meuse). Déporté sur le Washington ; mort le 28 août 1794.

54. Nicolas Tabouillot, curé de Méligny-le-Grand (Meuse). Déporté sur le Washington ; mort le 23 février 1795.

55. Antoine, dit Constant, Auriel, vicaire à Calviat et Sainte Mondane (Lot). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juin 1794.

56. Élie Leymarie de Laroche, prieur de Coutras (Gironde). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 août 1794.

57. François Mayaudon, chanoine à Saint-Brieuc puis à Soissons. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 11 septembre 1794.

58. Claude Dumonet, professeur au collège de Mâcon (Saône-et-Loire). Déporté sur le Washington ; mort le 13 septembre 1794.

59. Jean-Baptiste Laborie du Vivier, chanoine de la cathédrale de Mâcon (Saône-et-Loire). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 27 septembre 1794.

60. Gabriel Pergaud, génovéfain de l’abbaye de Beaulieu (Côtes-d’Armor). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 juillet 1794.

61. Michel-Louis Brulard, carme de la maison de Charenton. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 25 juillet 1794.

62. Charles-René Collas du Bignon, sulpicien, supérieur du petit séminaire de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 3 juin 1794.

63. Jacques-Morelle Dupas, vicaire à Ruffec (Charente). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 juin 1794.

64. Jean-Baptiste Ménestrel, chanoine à Remiremont (Vosges). Déporté sur le Washington ; mort le 16 août 1794.

  • St Firmin ; évêque († IVE S.)

À Metz, au IVe siècle, saint Firmin, évêque.

  • St Éone : évêque en Arles († 504)

À Arles en Provence, en 504, saint Éone, évêque, qui défendit son Église contre les erreurs de Pélage et recommanda au peuple, pour lui succéder, saint Césaire qu’il avait ordonné prêtre.

  • Bx Antoine Banassat : prêtre et martyr († 1794)

Dans la baie devant le port de Rochefort, en 1794, le bienheureux Antoine Banassat, prêtre et martyr. Curé au diocèse de Limoges au moment de la Révolution française, en raison de son sacerdoce, il fut détenu sur un bateau négrier et y mourut d’inanition.

  • le 18 août : fête de Notre-Dame de Liesse, sanctuaire du diocèse de Soissons lié à l’histoire de France.

Voir le 18 août 1857, plus bas et la chronique du 16 février.

  • le 18 août 1276 : décès du pape Adrien V.
  • le 18 août 1304 : bataille de Mons-en-Pévèle.

En 1296, le comte Guy de Dampierre, comte de Flandre depuis le Roi Saint Louis, se fait confisquer les principales villes de Flandre par Philippe le Bel, qui ensuite nomme Jacques de Châtillon gouverneur. Une révolte fiscale éclate à Bruges et dans la nuit du 17 au 18 mai 1302, une centaine de soldats français sont égorgés dans leur sommeil, ce sont les « Matines de Bruges », (voir la chronique du 18 mai). Toutes les villes se regroupent autour des révoltés ; les Français sont chassés.

Philippe le Bel rassemble son ost, qu’il confie à Robert d’Artois. Le 8 juillet les deux armées sont face à face. La lourde cavalerie française, sans appui des arbalétriers, charge et s’embourbe. Les Flamands ne font pas de prisonniers ; des centaines de chevaliers sont égorgés. La déroute est totale ; c’est la retentissante défaite lors de bataille de Courtrai le 11 juillet 1302, dite bataille des «Éperons d’Or». De plus, le Roi de France doit affronter aussi le roi d’Angleterre, qui veut se défaire du lien de vassalité. Deux ans plus tard, le 18 août 1304, le Roi prend sa revanche sur les Flamands à Mons en Pévèle.

Ces derniers, en fin de journée, fuient vers Lille, que le Roi assiège et conquiert au bout d’un mois. Philippe IV le Bel attribue la victoire à la protection de la Vierge et dans la nef de Notre-Dame de Paris, il fait dresser une statue équestre en bois en ex-voto face à l’autel de Marie qui se trouve à côté du premier pilier oriental côté sud.

La bataille de Mons-en-Pévèle, par Charles Philippe Larivière, Galerie des Batailles du château de Versailles

  • le 18 août 1503 : décès du pape Alexandre VI.

Voir la chronique du 11 août.

  • le 18 août 1516 : Concordat de Bologne.

Le pape Léon X cède Parme et Plaisance à la France par le Concordat de Bologne ;

Il est en réalité signé à Rome, lors du Ve concile du Latran. C’est le chancelier Antoine Duprat qui le signe pour le Roi de France, François Ier. Le concordat est fixé par la bulle pontificale : la Primitiva illa ecclesia, qui règle les relations entre l’Église et le Roi de France jusqu’en 1790. Le Roi de France exerce un pouvoir sur l’Église dans son royaume, que n’a aucun autre souverain catholique. Mais le pape l’accepte, car seul le Roi de France prête serment lors du sacre de protéger l’Eglise et de lutter contre les hérésies.

Le concordat est donc un compromis qui abroge la Pragmatique Sanction de Bourges du 7 juillet 1438, (voir la chronique du jour). La primauté du pape sur le Concile général est reconnue, contrairement aux affirmations du concile de Bâle, contre le pape Eugène IV en 1434. En contre partie, la pratique de Philippe le Bel concernant les bénéfices ecclésiastiques est officialisée sur plus de 150 évêchés et un demi-millier d’abbayes.Les deuxparticipent à la désignation des évêques : le Roi les nomme et le pape leur confère l’investiture canonique. Les évêques prêtent serment de fidélité au Roi de France. Il faut souligner que le duché de Bretagne et le comté de Provence, ne sont pas concernés dans un premier temps,par le concordat. En octobre, un indult les rattache au texte. Et il faut aussi souligner que le Roi doit forcer le Parlement de Paris à enregistrer le texte.

A chaque fois qu’un territoire sera rattaché à la France, un droit de nomination spécifique sera signé par le pape de l’époque pour le Roi régnant. C’est la révolution qui met fin au Concordat avec la CCC, la constitution civile du clergé, condamnée par le pape Pie VI. Napoléon en reprendra l’idée avec le Concordat de 1801, qui n’a rien à voir avec celui de Bologne. L’absence de serment royal lors du sacre aboutit finalement à détacher la hiérarchie de l’Eglise catholique en France de la tutelle de l’Etat.

  • le 18 août 1559 : décès du pape Paul IV.
  • le 18 août 1572 : le futur Henri IV épouse Marguerite de France.

Marguerite de Valois, la sœur du roi Charles IX de confession catholique, et Henri de Navarre futur Henri IV se marient à Notre-Dame de Paris. Une réception est donnée ensuite au Palais de la Cité, pour sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Catherine de Médicis va provoquer, dans la nuit du 23 au 24 août, le massacre de la Saint-Barthélemy.

  • le 18 août 1563 : décès d’Étienne de La Boétie, écrivain français.
  • le 18 août 1649 : entrée triomphale du Roi Louis XIV à Paris.

Ayant dû fuir Paris à cause de la journée des Barricades le 26 août 1648, le Roi y entre de nouveau après quelques mois de siège. La Fronde des Princes va alors commencer, car les Grands du Royaume rejettent l’autorité de Mazarin. Ce dernier décide de s’exiler pour faciliter le retour à la paix civile.

  • le 18 août 1662 : Pascal reçoit le Viatique et l’Extrême-onction et entre agonie.

Malgré sa faiblesse extrême il se lève pour recevoir son Dieu debout.

  • le 18 août 1690 : victoire française à la bataille de Staffarde.

La bataille de Staffarde oppose le royaume de France au duché de Savoie, dans le cadre de la guerre de la ligue d’Augsbourg.

  • le 18 août 1792 : dissolution en France des congrégations religieuses, surtout les congrégations enseignantes.
  • le 18 août 1813 : victoire du maréchal Davout à Lauenbourg.
  • le 18 août 1823 : décès d’André-Jacques Garnerin.

André-Jacques Garnerin, né à Paris le 31 janvier 1769, est l’inventeur du parachute et est devenu le premier parachutiste de l’histoire.

  • le 18 août 1850 : décès d’Honoré de Balzac, écrivain français.

L’Auteur de la Comédie humaine s’éteint avant d’avoir pu achever son immense œuvre. On y trouve :

Les Chouans, La Peau de chagrin, Le Médecin de campagne, Eugénie Grandet, Le Père Goriot, Le Lys dans la vallée

  • le 18 août 1857 : couronnement de Notre Dame de Liesse.

Statue de Notre dame de Liesse, vue du chœur de la basilique mineure.

Monseigneur de Garsignies confie, le 28 octobre 1851, le sanctuaire et l’organisation des pèlerinages aux Pères de la Compagnie de Jésus. Ayant demandé au pape Pie IX l’autorisation de couronner Notre Dame de Liesse, ce dernier donne son accord. Un triduum préparatoire est organisé ; une cloche offerte par Napoléon III. Une nouvelle statue de Notre Dame de Liesse, celle-là actuellement sur l’autel, représentant la Vierge assise tenant son Fils est portée solennellement dans la basilique. Les révolutionnaires avaient en effet détruit la statue miraculeuse en 1794, voir la chronique du 16 février.

30 000 pèlerins suivent la cérémonie à laquelle participent un peloton de cavalerie, plus de huit cents prêtres et cinquante chanoines, son altesse le prince de Monaco, le préfet de l’Aisne, le maire, les autorités civiles et militaires.

Après avoir posé sur la tête de la Reine des Cieux, le diadème d’or et de perles, Monseigneur de Garsignies s’agenouille et dit :

“O Vierge Marie, puisse votre Fils nous couronner là-haut de gloire, comme aujourd’hui nos mains vous couronnent ici-bas ! ”

L’évêque consacre ensuite le diocèse, et le maire offre à la Vierge un cierge.

Le culte de Notre Dame de Liesse se répand dans le monde : en Amérique, au Japon, en Chine, à Ceylan, et à plusieurs endroits de l’Afrique : Kabara, Grimari dans l’Oubangui (République Centrafricaine), au Gabon, à Betsiléo, à Madagascar. En 1934, pour le 800ème anniversaire de la construction du sanctuaire, ce sont 120 000 personnes qui participent aux festivités organisées.

  • le 18 août 1868 : découverte de l’hélium.

C’est en observant une éclipse du soleil que le Français Janssen découvre un gaz inconnu dans l’atmosphère du soleil. Il l’appelle hélium par référence au grec helios (soleil). En 1895 on découvre qu’il existe aussi en petite quantité dans l’atmosphère terrestre.

  • le 18 août 1870 : bataille de Saint-Privat, ou bataille de Gravelotte.

Les Français sont écrasés par l’artillerie prussienne.

  • le 18 août 1919 : le général WEYGAND, arrivé le 22 juillet en Pologne, estime sa mission terminée, le pays est sauvé de l’invasion soviétique

Voir la chronique du 2 juillet.

  • le 18 août 1944 : Laval démissionne et quitte Paris pour Belfort.

Le maréchal est toujours à Vichy où les Allemands font pression depuis la veille (voir la chronique du 17 août) pour qu’il parte pour l’Allemagne. Le 20 août le chef de l’Etat est fait prisonnier et emmené de force.

  • le 18 août 2008 : 10 soldats français sont tués et 21 blessés dans une embuscade en Afghanistan.
  • le 18 août 2011 : le pape Benoît XVI se rend aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid.

Le despotisme du néant

Remarquable tribune de Maxime Tandonnet, dont vous retrouvez le blog ici.

La vie politique se situe à deux niveaux: l’écume des choses et les grands courants de fond. L’actualité est submergée d’anecdotes jouant sur l’émotionnel: les pizzas du président Macron, le chat de le Pen, l’escalade de M. Woerth, les bons rapports Macron/Sarkozy qui s’affichent tous deux ensemble, sans Hollande, « tiers-exclu » freudien du trio élyséen… Elle croûle sous le poids des polémiques, volontaires ou involontaires.  Cette gesticulation quotidienne a pour effet de couvrir les grands courants de fond de l’histoire présente: l’effondrement global du niveau scolaire et intellectuel du pays, le fantastique délitement de la société française qui sombre dans la violence (explosion des meurtres et des agressions), les phénomènes démographiques et les migrations Sud-Nord (quadruplement de la population de l’Afrique avant la fin du siècle), l’explosion d’une Europe qui n’a jamais été aussi déchirée, les records absolus atteints en matière de dette publique et de prélèvements obligatoire, la vertigineuse désindustrialisation de la France – c’est-à-dire son délabrement économique.

Le drame de la politique française tient à la perte du sens de l’engagement. Le bien public n’existe presque plus aux yeux des dirigeants nationaux. Leur motivation, empoisonnée par une sorte de démence narcissique, se focalise sur des satisfactions de vanité: se pavaner sous les ors de la fausse république devient le but suprême en soi, de même que s’y maintenir le plus longtemps possible. Leur objectif n’est pas d’améliorer, même à la marge, même modestement, en fonction des réalités, la vie de la collectivité et œuvrer au destin de la France. Il est de pavoiser dans la durée. Dès lors, la politique cesse de se définir comme un mode d’action en faveur du bien public, mais tourne chaque jour davantage, à l’exubérance vaniteuse, le jeu des manipulations et la foire aux illusions. Tel est le drame politique de la France.

D’ailleurs, rien n’est plus mensonger que le terme de république – res publica. Dès lors que la chose publique, la notion d’intérêt général, est noyée dans la démence égotique, la république devient un mot creux privé de toute signification. Le régime qui caractérise la France n’a plus de rapport avec la république et c’est faire insulte aux souverains qui ont bâti notre pays que de l’assimiler à une « monarchie ». Non, c’est toute autre chose, le régime est d’un genre nouveau, ni république, ni monarchie, conjuguant une autocratie de façade, à laquelle les systèmes totalitaires de jadis n’ont pas grand chose à envier, mais une autocratie stérile, sans prise sur le monde des réalités, ce qui la distingue radicalement des dictatures de jadis.  Despotisme du néant, despotisme de l’impuissance, despotisme de la vanité. Et plus le pouvoir s’enfonce dans l’impuissance, et plus cette impuissance se métamorphose en gesticulations vaniteuses. C’est par ce constat tout simple et sans prétention que commence la résistance, résistance intellectuelle, résistance aux manipulations, aux mensonges, aux gesticulations bref à l’entreprise de crétinisation nihiliste du pays.

L’affaire Jeffrey Epstein s’invite en France

Lu dans Présent :

L’affaire Jeffrey Epstein, « suicidé apparent » en prison, s’invite en France par le biais d’un « carnet noir » empli d’adresses et d’un nouveau dysfonctionnement du gouvernement. En effet, deux secrétaires d’Etat, Marlène Schiappa et Adrien Taquet, ont réclamé le 12 août l’ouverture d’une enquête. Pourquoi ? Le proxénète des « élites mondialisées » pédophiles venait souvent dans sa résidence près de l’Arc de Triomphe. Son « carnet noir » pourrait impliquer des personnalités riches et connues, et une partie des victimes d’Epstein seraient de jeunes françaises, parfois âgées d’une douzaine d’années selon le Daily Telegraph. La demande des secrétaires d’Etat a entraîné un « recadrage » du ministre de la Justice, Belloubet ayant rappelé à ses collègues le principe d’indépendance de l’autorité judiciaire. Une nouvelle preuve de l’incompétence du pouvoir politique actuel où l’inculture institutionnelle semble régner.

Comme d’habitude, les « progressistes » traînent dans de sales draps

L’affaire Epstein est une sale affaire, et le mot « sale » est faible. Elle est aussi un révélateur du culte de l’illimité des sociétés mondialisées. Plus de morale, plus de respect de l’humain, juste jouir sans entraves et remplir le vide des désirs individuels, vide qui demande toujours plus, comme un puits sans fond. Ce n’est pas la première affaire sale tournant autour de pratiques sexuelles nauséabondes, viols ou trafic d’êtres humains, que l’on pense à l’affaire Weinstein ou à Strauss-Kahn. Elles impliquent des membres des « élites mondialisées », celles qui font la morale aux peuples, expliquant ce qui est bien et ce qui est mal. Epstein faisait partie de ces cercles fournissant de « très jeunes filles », selon les témoignages, et organisant des orgies avec ces mineures. Une figure des « élites mondialisées », la « jet set », financier, proxénète pédophile à l’échelle mondiale et suicidé dans sa cellule ? Prostitution, trafic de mineures, drogues et fric à gogo… […]

Paroisse pour la Vie : une initiative de l’abbé Lelièvre

Nous avons interrogé l’abbé Lelièvre, qui lance une initiative pour la vie :

Vous lancez une initiative intitulée Paroisse pour la vie. De quoi s’agit-il ?

Cette année scolaire et universitaire qui s’ouvre marque les 25 ans de l’Evangile de la Vie. Cette Lettre Encyclique, Saint Jean Paul II la considère comme le document central de l’enseignement de son pontificat. C’est dire si nous trouvons dans ces pages, après 25 ans, vraiment de quoi accompagner la vie et l’engagement de notre Baptême. La paroisse est un lieu privilégié, précieux, “la fontaine du village” comme disait Saint Jean XXIII. De là, découle la Vie de Dieu : les Sacrements. La Parole de Dieu écoutée, reçue. Alors, rien de plus naturel pour nous que d’encourager les paroisses à devenir paroisse pour la vie, avec tout simplement, trois axes proposés :

  • prier la prière pour la Vie de Saint Jean Paul II. Cette belle prière qui conclue son Encyclique. (Disponible en image pour être largement diffusée, auprès de l’Evangile de la Vie).
  • Puis, proposer la formation cette année, autour de l’Encyclique.
  • Et ensuite, traduire par une charité inventive et audacieuse selon les besoins de notre paroisse, d’un doyenné,  ces actions en faveur de la vie depuis sa conception jusqu’à son terme naturel et son entrée dans la Gloire.

Il est bon aussi de faire connaitre ce qui se vit déjà ici ou là. C’est, de fait, une vraie mobilisation des paroisses, comme Jean Paul II appelait à une mobilisation générale par la prière en premier lieu, pour un réveil des consciences. L’enjeu est primordial : le salut des âmes !

Nous allons probablement faire face à de nouvelles attaques de la culture de mort à l’occasion de la prochaine loi de bioéthique. Comment s’y préparer spirituellement et politiquement ?

Des défis et enjeux importants et décisifs sont devant nous : PMA, GPA. D’autres sont présents ou arrivent, comme la clonage, la chimère. Nous sommes en présence d’un monde non seulement sans Dieu, qui refuse Dieu, mais en rébellion contre Dieu. Cette logique du refus de Dieu se retourne contre l’homme lui-même et son semblable, au point de vouloir disparaître parce que nous avons tout raté ((Cf Cad Ratzinger dans Regarder le Christ et Au commencement Dieu créa. Ed Fayard). C’est le refus de la Miséricorde Divine. Nous sommes en présence du péché contre l’Esprit-Saint qui prend cette forme particulièrement forte.

Puisque nous avons tout raté, faisons un monde nouveau : par étapes, le transhumanisme. Nous sommes en plein dans le règne de Nietzsche : la négation de Dieu. La négation et le refus d’être créés à l’image et ressemblance de Dieu. Cette dignité devient insupportable. Donc faisons une humanité nouvelle… finalement, sans l’homme lui-même. Avec un “sur-homme”. Nous sommes devenus aveugles, aussi par nos silences qui finissent par être complices avec cette oeuvre de destruction de la personne humaine créée à l’image et ressemblance de Dieu, et appelée à partager sa Gloire. Benoit XVI, dans Caritas in Verirate le dit en ces termes “L’homme est désormais parvenu à la racine de la vie”. C’est précisément ici que se trouve le point central du combat actuel que nous vivons : l’arbre de vie. Toutes les questions actuelles, depuis le refus d’Humanae Vitae, tournent autour de cette réalité de l’arbre de vie.

La réponse d’un baptisé est d’abord d’accentuer sa vie intérieure, sa vie spirituelle. Autrement, nous risquons de nous décourager et d’abandonner le combat. Mettre Dieu à la première place, vraiment, dans ma vie. C’est ce qu’enseignaient Saints Louis et Zélie Martin à leurs enfants, dont Sainte Thérèse. Autrement, nous n’en sortirons jamais de ces impasses folles et diaboliques.  Puis, de travailler les enseignements de l’Eglise, comme Humanae Vitae, Evangelium Vitae, Veritatis Splendor, sans oublier deux textes de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, si lumineux : Donum Vitae (1987) et Dignitas Personae (2008).

Face au transhumanisme nous avons la réponse. C’est la Transsubstantiation. La Messe quotidienne, où la Gloire de Dieu vient habiter le baptisé. Ainsi, sur chaque visage humain s’inscrit le Visage de Dieu (Cf Benoit XVI, homélie du 15 août 2005)

Après, comment traduire cela en politique ? Par une révolution. Laquelle ? Être cohérent avec son Baptême, la Loi Naturelle et la Parole de Dieu… jusque dans les urnes et l’engagement quotidien. Ce sont les principes non négociables dont parlaient Benoit XVI. C’est la seule issue possible.

Trop souvent, les pasteurs de l’Eglise de France restent silencieux devant les « démons homicides ». Comment nous, fidèles catholiques, pouvons nous les aider à porter la parole prophétique dont notre société a tant besoin ?

“Si nous nous taisons, les pierres crieront” dit la Parole de Dieu. Ces pierres, les maux de notre temps, ont été annoncés par Paul VI dans Humanae Vitae, au chapitre 17. Nous sommes en présence d’une immense détresse. Elle attend une oreille attentive dans nos paroisses, pour être des lieux de consolation, et de résurrection par la Grâce.

Nous fêtons tout au long de cette année les 25 ans de la grande encyclique de Jean Paul II Evangelium vitae. Comment pouvons nous aider à diffuser ses enseignements autour de nous?

Il me semble que les 25 ans de l’Encyclique de Jean Paul II se présentent comme une grâce pour chacun de nous. Cet anniversaire tombe à pic alors que des questions importantes, des enjeux importants sont devant nous. Alors, chacun peut lire, s’approprier cette Lettre. Tout simplement en lisant par exemple un paragraphe par jour après avoir invoqué le Saint Esprit qu’Il vienne habiter mon cœur et mon intelligence. Que l’Esprit Saint me guide dans cette lecture et que cette lecture se fasse nourriture pour mon âme et mon intelligence. Elle se transformera naturellement en charité concrète dans ma famille, ma paroisse, mon travail, dans mon quartier.

Nous proposons avec “Paroisse pour la Vie”, que la Lettre Encyclique devienne le texte majeur qui sera lu en paroisse cette année. Chacun fera comme il est possible. Petit à petit, les pages s’ouvrent et sort la lumière dont nous avons besoin, le souffle missionnaire dont nous avons besoin pour être présents et répondre à nos contemporains, répondre et transmettre cette Espérance qui ne déçoit pas. Cette Espérance encouragera, ouvrira des portes, pour proposer d’ouvrir une antenne locale d’écoute, de se mettre en lien avec des mouvements ou associations, d’organiser une journée pour la Vie cette année, de favoriser la fête des mères etc… Les idées ne manquent pas. Nous en proposons sur le site Paroisse pour la Vie.

Foi, raison, islam et violence. Retour sur l’année 2006

Rien qu’en lisant ce titre, vous allez vous dire : encore une assimilation injustifiée et clairement islamophobe de l’islam à la violence.

Et c’est vrai que ce serait extrêmement déplaisant de supputer ne serait-ce qu’un début de correspondance entre les pays de l’OCI (Organisation de coopération islamique, en vert sur la carte ci-dessous)

et les pays qui se caractérisent par des persécutions contre les chrétiens (hormis la Chine et la Corée du Nord) sur la deuxième carte (Orange = Liberté religieuse avec de fortes persécutions dans certaines régions ; Rouge = Aucune liberté religieuse, chrétiens pénalisés par une discrimination évidente, persécutions ciblées)

Si on essaie de varier les sources, ce serait extrêmement abusif de déceler ne serait-ce qu’un début de correspondance entre ces mêmes pays de l’OCI et ceux figurant dans des cartes publiées dans Le Figaro pour 2010 et 2013 (ci-après, toujours hormis Chine et Corée du Nord) :

Ce serait même, horresco referens, extrêmement déplaisant de supputer ne serait-ce qu’un début de correspondance entre les pays de l’OCI (voir carte plus haut) et les pays recensés par l’ILGA (association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes) comme criminalisant les relations homosexuelles entre adultes consentants (pays en marron et bistre dans la carte ci-dessous).

Ce serait toujours extrêmement déplaisant de relever que, selon les commentaires récents du Pew Research Center, dans les 16 pays du Moyen-Orient où l’islam est religion d’Etat, dans les années passées, les pressions en faveur de cette religion d’état n’ont pas vraiment augmenté (depuis 2013) parce qu’en fait, elles étaient déjà maximales (« However, government favoritism has barely increased in the Middle East over the course of the study, partly because it started at such a high level that there was not much room for growth on the scale »).

Bon, évidemment, on sait qu’il y a persécution et persécution.

Par exemple, la carte du Pew Research Center sur les Restrictions gouvernementales en matière de religion classe la France et l’Espagne dans la catégorie « Elevées » (high), au même titre que le Nigéria et plus fort que la Libye… !

Ainsi, l’Espagne est pointée du doigt pour la mise en place de règles locales interdisant le port de la burqa et du niqab dans l’espace public, interdiction non encore décidée au niveau national

(« Spain has experienced some of the largest increases in its score for government limits on religious activities since 2007. In 2010, several cities in Catalonia introduced bans on the burqa and niqab (full-body and head coverings) as well as face-covering veils in public buildings. Additionally, the country’s largest opposition party also proposed a ban on the niqab in all public places, though it was ultimately rejected »).

Et le même organisme pointe aussi le Royaume-Uni parce que « in the UK, the monarch is the supreme governor of the Church of England, and must be a member of that church » : le monarque est aussi chef de l’Eglise d’Angleterre, ce qui a profondément handicapé l’organisation du communautarisme musulman en Grande-Bretagne comme on le sait…

C’est pourquoi, il apparaît illustratif de se reporter à quelques faits concrets relevés lors de ce mois de juillet 2019 ; mais dont, bien évidemment, il serait encore extrêmement déplaisant de tirer quelque conclusion que ce soit sur les relations entre islam et violence :

  • à Bani dans le nord du Burkina Faso, le 27 juin, quatre laïcs catholiques sélectionnés parce que portant une croix ont été tués par un groupe djihadiste ;
  • une église syro-orthodoxe dévastée par un attentat terroriste revendiqué par Daesh à Qamishli en Syrie ;
  • 8 convertis chrétiens arrêtés le 1erjuillet en Iran ;
  • profanation au Kosovo le 13 juillet du cimetière orthodoxe de Lipljan, visant sans doute à intimider et pousser à l’exil la minorité serbe qui refuse encore de quitter le territoire ;
  • le 16 juillet, messe de reconsécration de la cathédrale de Jolo, qui avait été ravagée par un attentat le 27 janvier, revendiqué par l’Etat islamique.

D’autant plus, faut-il le rappeler, que le règlement des piscines grenobloises continue d’interdire le burkini….

Ce serait enfin extrêmement déplaisant de tirer quelque conclusion que ce soit de la difficulté à trouver un témoignage concret de l’islam comme religion de paix et d’amour. Comme par exemple, le serait l’annonce par les états musulmans du Moyen-Orient de l’ouverture de leurs frontières pour accueillir ces migrants africains qui partagent leur religion en grand nombre.

Donc, pour ne pas être hâtif, il a paru intéressant de se reporter de façon concrète à l’année 2006.

Le discours de Ratisbonne : rappelez-vous, en 2006, le pape Benoît XVI, encore au début de son pontificat, retourne à Ratisbonne où il avait enseigné. Il y donne un cours à l’université. C’était le 12 septembre 2006.

Le Pape l’annonce lui-même : il est heureux de « pouvoir une nouvelle fois donner un cours » et rappelle la pratique, il y a 60 ans, du« dies academicus, où les professeurs de toutes les facultés de l’Université de Bonn ne présentaient devant les étudiants de toute l’université, permettant une expérience d’universitas ». L’université était alors fière de ses deux facultés de théologie, au sein desquelles on s’interrogeait sur la dimension raisonnable de la foi.

Dans sa leçon, le Pape souligne « l’affirmation décisive : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu ». Et il rapproche cette conviction avec une manière de penser grecque : « Je pense qu’ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu’est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible ». Et le Pape de développer cette affinité entre la philosophie grecque et la foi chrétienne, y compris par le rappel du prologue de l’Evangile de St Jean : « Au commencement était le logos »,logos signifiant tout à la fois raison et parole. « Au commencement était le logos, et le logos est Dieu nous dit l’Evangéliste ». Et Benoît XVI de rappeler aussi le rôle essentiel dans la diffusion de l’Evangile de sa version traduite en grec, la Septante.

Toute la leçon développe ainsi ce rapprochement intérieur mutuel entre la foi biblique et l’interrogation sur le plan philosophique de la pensée grecque,

« un fait d’une importance décisive non seulement du point de vue de l’histoire des religions mais également de celui de l’histoire universelle. En tenant compte de cette rencontre, il n’est pas surprenant que le christianisme ait en fin de compte trouvé son empreinte décisive d’un point de vue historique en Europe. Nous pouvons l’exprimer également dans l’autre sens : cette rencontre à laquelle vient également s’ajouter par la suite le patrimoine de Rome, a créé l’Europe et demeure le fondement de ce que l’on peut à juste titre appeler Europe ».

Le Pape ensuite examine les trois époques d’une déshellénisation du christianisme (et donc d’une certaine façon d’un éloignement réciproque entre foi et raison) : la première date des postulats de la Réforme au XVI siècle, la seconde de la théologie libérale des XIX et XX siècles, la troisième étant la période actuelle, avec -en considération de la rencontre avec la multiplicité des cultures- l’idée que la synthèse avec l’hellénisme ne serait qu’une première inculturation qui ne devrait pas lier les autres cultures.

Il souhaite un renouvellement du dialogue entre foi et raison à partir des différents progrès dus à la science :

« la raison moderne propre aux sciences naturelles, avec son élément platonicien intrinsèque, contient en elle une interrogation qui la transcende… La question sur la raison de ce fait donné existe et doit être confié par les sciences naturelles à l’autres niveaux et façons de penser, à la philosophie et à la théologie ».

Et conclut :

« C’est à ce grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs dans le dialogue des cultures. La retrouver nous-mêmes toujours à nouveau est la grande tâche de l’université ».

Du haut niveau universitaire, donc. Le journal La Croix, dans son numéro du 13 septembre, titre : « Le Pape en Bavière : Benoît XVI réaffirme avec force le lient entre foi et raison », et sous-titre :

« Devant un parterre d’universitaires et de chercheurs, le pape, dans un texte théologique capital, a fait du rapport entre foi et raison une réponse aux fanatismes modernes ».

Et puis ? Et puis  vint l’onde d’hostilité haineuse et de violences qui s’est propagée dans les pays musulmans. Pourquoi ? Parce que, en introduction de son propos, le Pape avait fait référence à une de ses lectures récentes rapportant une partie du dialogue entre l’empereur byzantin Manuel II Paélologue et un Persan cultivé, dialogue annoté ensuite par l’empereur au moment même où Constantinople était assiégé par les… musulmans (pacifiques bien sûr). Dans ce dialogue, l’empereur aborde le thème du djihad et dit à son interlocuteur :

« Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ».

Et il ajoutait ce qui était le point de départ de la leçon du Pape :

« Dieu n’apprécie pas le sang. Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. Celui qui veut conduire quelqu’un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace ».

Le monde musulman s’irrite et manifeste pour exiger des excuses personnelles de Benoît XVI. De nombreuses églises chrétiennes sont attaquées et endommagées en Cisjordanie ; le Parlement pakistanais condamne les propos du Pape ; le secrétaire général du parti islamiste Oumma au Koweït demande que tous les pays musulmans rappellent leurs ambassadeurs auprès du Vatican, jusqu’à ce que le Pape présente des excuses pour le tort porté au prophète et à l’islam ;  le roi Mohammed VI du Maroc (le Commandeur des croyants, l’adepte de cet islam du juste milieu loué actuellement pour ses vingt ans de règne) rappelle son ambassadeur auprès du Vatican pour consultations ; le premier ministre turc (déjà Erdogan) réclame des excuses pour des déclarations horribles et malencontreuses ; et enfin, une sœur italienne est tuée en Somalie le 17 septembre, un chef religieux de Mogadiscio lié au mouvement des tribunaux islamiques ayant appelé les musulmans à se venger du Pape, ajoutant que toute personne offensant le prophète Mahomet devait « être tuée ».

Certains musulmans néanmoins apparaissent capables d’associer foi et raison au milieu de ce tumulte : le plus haut responsable du clergé musulman, Ali Bardakoglu, indique :

« Les musulmans doivent apprendre à exprimer leurs réactions de façons sensée, à agir et penser rationnellement ».

Et puis voilà qu’Antoine Sfeir (récemment décédé, il était directeur de la rédaction des Cahiers de l’Orient, et fin connaisseur du Moyen-Orient ; un politologue écouté) publie une tribune intitulée « Non à ceux qui règnent par la terreur sur la pensée musulmane ». Il y écrit en particulier : « L’islam a été au nom d’Allah, un long chapelet de massacres » (le Figaro, 19/09). Et on tend l’oreille : rien, pas de fatwa homicide, pas la plus petite condamnation à mort, pas de menace, pas de lapidation.

Et puis voilà que Robert Redeker (professeur de philosophie) publie, le même jour dans le même journal une tribune intitulée « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre » (Cf le chapitre « 2006 : Certains jouent délibérément à chatouiller la fatwa » dans Histoire de l’islamisation française).  M.Redeker y décrit déjà ce qui est toujours d’actualité :

« L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile, accusation d’islamophobie contre les esprits libres ».

Après avoir rappelé « exaltation de la violence, chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran », il conclut :

« Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde »

(finalement, pas très éloignée de la conclusion de M.Sfeir).

Et là, c’est immédiatement l’émeute. M. Redeker est contraint, après menaces de mort, d’arrêter immédiatement son enseignement et de plonger, sous la protection de la police, dans la clandestinité.

Et puis voilà qu’on se rappelle que 2006 en France, c’était aussi l’affaire dite des caricatures de Mahomet. Le 8 février 2006, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo avait sorti un numéro spécial sur Mahomet, reprenant en particulier des caricatures qui avaient été publiées au Danemark en septembre 2005.

Courant septembre 2005, le journal Jyllands-Posten avait lancé un appel à la fédération des dessinateurs indépendants du Danemark en leur demandant des dessins représentant Mahomet. Cette initiative était une réponse aux difficultés rencontrées par l’écrivain danois Kåre Bluitgen pour faire illustrer son livre pour enfants consacré à Mahomet, depuis l’assassinat de Theo van Gogh aux Pays-Bas en 2004 ; les artistes danois contactés avaient fait part de leur peur des réactions d’extrémistes musulmans. Sur les quarante artistes contactés par le Jyllands-Posten, douze répondent positivement. Et le 30 septembre, le journal publie douze caricatures sous le titre Les visages de Mahomet.

Ce sont ces caricatures qui sont publiées par Charlie Hebdo.

Il faut ensuite lire la chronologie des événements, extrêmement détaillée, jour après jour, et publiée par Wikipedia : plus de vingt pages de réactions musulmanes dans tous les pays du monde, d’actions diplomatiques et gouvernementales variées (dont des boycotts), de menaces, de manifestations et de faits de violences divers. La première victime semble avoir été un prêtre catholique italien en Turquie, le 5 février 2006 : tué par un lycéen de 16 ans qui a indiqué avoir été motivé par l’affaire des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten..

Le caractère mondial des manifestations est impressionnant : Londres, Syrie, Djibouti, Liban, Afghanistan, Egypte, France, Belgique, Finlande, Croatie, Thaïlande, Inde, Egypte, Australie…. Une véritable internationale.

Le paroxysme de la violence a bien sûr été atteint le 7 janvier 2015 par l’assassinat de la rédaction de Charlie Hebdo et les autres meurtres associés.

Quelles conclusions opératoires sur les relations entre foi, raison, islam et violence tirer de ces événements de 2006 ?

  • Quand une personnalité de premier plan appelle, dans une démarche délibérément universitaire, à un dialogue interculturel sur la dialectique entre foi et raison, la réponse du monde musulman est l’émeute et la violence. De façon évidente, la dispute théologique, comme la franchise universitaire (franchise : quel beau mot, avec son double sens !) ne relèvent pas des catégories usuelles du monde musulman.
  • De même, quand un intellectuel décrit l’islam comme fondamentalement violent et haineux, pour démontrer que ce propos est violemment faux, les musulmans se précipitent dans des propos et actions violents et haineux ; même basculement (les assassinats en plus) dans la violence quand des caricatures sont publiées en mettant en cause d’abord un dogme de non-représentation de Mahomet !
  • L’islam ne « fonctionne » pas mondialement comme une religion : il fonctionne comme une internationale politico-religieuse. Chefs d’Etat, institutions, mouvements, tout se met en branle pour arriver à cette démonstration du primat du politico-religieux.
  • Dans cette mobilisation de moyens, la menace et l’usage de violence sont d’effet immédiat et constant.
  • Figure de style : au vu des exemples ci-dessus, apparaît-il déraisonnable de penser que la capacité de mobilisation de la raison, du raisonnement philosophique, dans le monde musulman est assez réduite ?
  • Cette violence musulmane sert la stratégie de l’intimidation menée par les institutions musulmanes.
  • Pour ce qui est de l’intimidation, une récompense toute spéciale pour le personnel politique qui a paru le premier affecté. Ainsi, en France, le 7 février 2006, les organisations musulmanes qui demandaient la saisie du numéro de Charlie Hebdo à paraître le 8 février, dont le Conseil français du culte musulman (CFCM), étaient déboutées ; alors même que le gouvernement français tentait de faire interdire le journal en influençant les juges et en leur conseillant d’accepter les plaintes de ces associations et du MRAP.

Et Jacques Chirac s’est avec constance illustré dans cette complaisance. Après la parution de Charlie Hebdo, il a condamné en Conseil des ministres « les provocations manifestes susceptibles d’attiser dangereusement les passions ». A propos de la leçon de Ratisbonne, il a aussi déclaré qu’il fallait « éviter tout ce qui anime les tensions entre les peuples ou les religions ». Dans l’affaire Redeker, son ministre de l’Education nationale Gilles de Robien a déclaré : « Un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances ».

Cela rappelle un extrait du texte volontairement polémique et violent de Michel Onfray, Greta la science, publié le 23 juillet 2019 :

« A l’Assemblée nationale, où, semble-t-il, elle a été invitée par un monsieur Orphelin, toujours avec le masque de Buster Keaton, elle a froidement fait la leçon à des adultes qui, se faisant mépriser, ont consciencieusement applaudi. Il faudra un jour réfléchir sur le rôle tenu en politique par l’humiliation chez certains qui jouissent à se trouver des maîtres et à jouir dans la soumission – fasciste, brune, rouge, noire, islamiste ou verte ».

  • Face à l’intimidation, les « intellectuels » se sont, en 2006, bien mieux comportés.

Tout d’abord, il faut noter une sorte de solidarité journalistique pendant l’affaire des caricatures :

En novembre 2005, l’Association mondiale des journaux (WAN) déclarait soutenir l’action du Jyllands-Posten ; ensuite ces caricatures étaient reprises dans plusieurs journaux, y compris dans des pays musulmans : Suède, Belgique, France (publication  dans France-Soir des douze caricatures danoises ce qui provoque le limogeage de Jacques Lefranc, son directeur de la publication de France-Soir), Allemagne (Die Welt, Berliner Zeitung), Italie  (La Stampa), Espagne, Pays-Bas. Mais aussi, donc,  le 17 octobre 2005, publication de six caricatures dans le journal égyptien Al Fagr, pendant le Ramadan, sans aucune réaction ni politique ni religieuse. Publication aussi en Jordanie (Shihaneet Al-Mehwar, et arrestations des deux rédacteurs en chef) ; en Indonésie publication dansPéta ; en Algérie, des caricatures ont été montrées lors d’un journal télévisé (provoquant le limogeage des responsables et journalistes concernés)

Cette solidarité est aussi évidente chez les principaux éditorialistes et chroniqueurs.

Bernard-Henri Lévy publie deux Bloc-Notes, le premier le 27/09 intitulé « Benoît XVI avait raison » ; le deuxième le 9/10 intitulé « Pourquoi Redeker ? ». Dans le premier, il écrit :

« Le pape, il faut le dire et le répéter, n’a pas outragé les musulmans. Le pape, il ne faut pas céder sur ce point, avait le droit comme quiconque de donner son avis sur une religion qui n’est pas la sienne (NDLR : et BHL d’ajouter « mais qui est sœur, cousine, de la sienne » !)… Le problème alors serait de savoir pourquoi ils sont si nombreux à descendre dans la rue quand une autorité spirituelle étrangère propose, dans le cadre d’un débat de fond, une interprétation erronée de leur foi et si peu, si atrocement et tragiquement peu, quand ce sont des musulmans qui comme au Darfour donc ou en Irak tuent d’autres musulmans par milliers aux portes des mosquées. Cette question-là, Benoît XVI ne l’a pas posée. Mais il n’est pas inutile, après lui, de la soumettre à la réflexion de nos amis musulmans ».

Ne mégotons pas sur ce soutien, même si BHL termine son propos par cette constatation qui mériterait, elle aussi, réflexion et dispute (comme cette idée typiquement musulmance du cousinage entre catholicisme et islam):

« Tant il est vrai qu’il n’y aura pas d’autre façon de séparer, dans cette région du monde et de l’esprit, les deux partis : les islamofascistes d’un côté, dont chaque appel au mertre ou au suicide, chaque prêche djihadiste est comme un formidable crachat à la face du Prophète, et, de l’autre, les héritiers d’Averroès et Avicenne, tenants obstinés et parfois héroïques de la douceur, de la rationalité, des Lumières de l’islam ».

Et à propos de Robert Redeker :

« M.Redeker, dès lors que ce texte lui vaut d’avoir sur la tête, au pays des droits de l’homme et de Voltaire, une sorte de fatwa, mérite un soutien total, indiscuté, sans bémol… Nous n’avons d’autre choix, au point où nous en sommes, que de défendre inconditionnellement le chroniqueur du Figaro ».

Le 5 octobre, la philosophe Chantal Delsol publie un texte fort : « Affaire Redeker : en démocratie, le débat ne se contrôle pas ». Elle y écrit en particulier :

« A force de nous cacher volontairement sous le voile du mensonge, d’affirmer qu’il pleut quand on nous crache à la figure, notre peuple de couards finira par faire volontairement tout ce qu’il ne veut pas. Il s’autocensurera de plus en plus, gommant volontairement la liberté de penser, et sera un jour ou l’autre enjoint de vivre à l’encontre de ses propres convictions, à force d’avoir refusé de les défendre. Dans certaines banlieues, dans certaines écoles, ce renoncement a déjà commencé ».

Et à propos des menaces de mort prononcées contre Redeker :

« Je m’étonne de ne pas voir les autorités musulmanes de notre pays s’indigner les premières et voler au secours du banni. Il y a des silences qui sont des acquiescements. Nous avons sur notre sol une querelle de cultures qui peut se terminer en guerre sanglantesi nous continuons de récuser l’évidence de la différence… Je suis bouleversée de voir un certain nombre de mes compatriotes, et certains parmi les plus haut placés (NDLR : visait-elle J.Chirac ?), laisser entendre avec perfidie que Redeker a mérité ce qui lui arrive. Cela signifie tout simplement qu’ils ont déjà admis la légitimité de la procédure de fatwa. Et que, tremblants de peur, ils finissent par donner raison aux ordonnateurs du ban, afin de ne pas être les prochains sur la liste. Et je ris en pensant que les mêmes nous donnent à longueur de journée des leçons de résistance à propos d’une guerre vieille d’un demi-siècle, où leurs comportements présents montrent si bien qu’ils auraient couru, de trouille, pour approuver servilement les envahisseurs de l’époque ».

De même, le philosophe André Glucksmann écrit le 6 octobre :

« Il appartient aux autorités morales, politiques et confessionnelles, toutes sans exception, de condamner à haute et intelligible voix, sans restriction aucune, les menaces proférées contre Robert Redeker. Dans nos contrées, on ne lapide pas, on n’exécute pas les « mal-pensants ». ».

Le 9/10, Franz-Olivier Giesberttitre son éditorial du Point : « Nous sommes tous des Redeker » :

« C’est clair : désormais, il ne faudra plus écrire qu’en présence de l’imam du coin ou du délégué local de la Fédération des droits de l’homme. Si on n’a pas reçu leur visa de censure, on risque les pires ennuis ».

Et le 27/11, pour finir,  Alain Finkielkraut dans le Figaro « L’affaire Redeker et la blessure de la liberté ». Extrait essentiel :

« Pour avoir mis en cause, sans prendre de gants, la violence de l’islam, le philosophe Robert Redeker a perdu la liberté d’enseigner et celle d’aller et venir. Menacé de mort par des fanatiques sans frontières, il vit protégé, c’est-à-dire prisonnier. Cette séquestration épouvantable, cette menace Internet, cette intimidation de la vie de l’esprit, cet affront sans précédent à la souveraineté nationale ont suscité certes des réactions mais des réactions embarrassées, des réactions timides, un soutien du bout des lèvres à l’homme traqué. On l’a défendu avec les pincettes du dégoût…. Il est plus que temps de libérer le ouià Redeker du maisqui l’entrave, qui l’étouffe et qui finalement le bâillonne. Si nous ne voulons pas laisser s’instaurer dans l’espace public le règne de l’autocensure, notre soutien doit être inconditionnel. La critique de l’islam esquissée par Redeker est-elle pertinente ? Ce n’est pas l’invalider, en tout cas, que de vouloir, au nom du Coran, punir de mort celui qui affirme que le Coran est violent. »

A l’occasion de la relecture de ces tribunes (qui donnent aussi du grain à moudre dans la lutte fameuse contre les stéréotypes, du genre Le monde merveilleux de l’Espagne musulmane…)  on apprend d’ailleurs que, au début du mois d’octobre 2006, l’Opéra de Berlin avait déprogrammé Idoménée de Mozart, opéra critiquant toutes les religions mais supposé offenser en particulier les musulmans. Ce qui nous ramène étrangement à cette pièce d’Eschyle, les Suppliantes, annulée au dernier moment à la Sorbonne le 25 mars 2019 pour cause de l’usage de masques et maquillages noirs par des acteurs blancs.

Il faut se réjouir de la quasi-unanimité des réactions des intellectuels français en 2006. 13 ans après, 4 ans après « Je suis Charlie », avons-nous l’impression que cette résistance serait encore à niveau ? Ce qui est sûr, c’est que plus personne ne prendra le risque de publier une caricature de Mahomet ; et avec les arrière-pensées contenues dans des initiatives comme la proposition de loi de Mme Avia, la condamnation pour blasphème ou pour islamophobie n’est pas très loin. Les hommes politiques sont décidément un maillon faible de la résistance culturelle et civique.

Et au fait, pourquoi aucune violence, aucune menace, aucun meurtre après le texte d’Antoine Sfeir ?

Parce que dans ce texte (où il écrivait aussi : « La fièvre qui s’est emparée du monde musulman depuis les années 1970 se réfère de plus en plus exclusivement à cette période médinoise, qui, en aucun cas, ne reflète et ne représente la seule face de l’islam. Période démentie dans les faits par sept siècles de présence lumineuse de l’islam en Andalousie, sous réserve de la dhimmitude dans laquelle sont néanmoins restés confinés les gens du livre » et reconnaît aussi que « depuis lors, cet islam semble avoir été occulté, rejetant la raison »), la phrase proposée était un faux.

La vraie phrase écrite par Antoine Sfeir était :

« Comment leur dire que les propos du Pape appelaient au dialogue et à la raison ? Benoît XVI en sait quelque chose, lui dont l’institution a été, au nom de Dieu, un long chapelet de massacres » !

Cet artifice pour simplement mettre à nu la différence essentielle entre le monde de culture musulmane et le monde de culture chrétienne, entre la foi chrétienne et le système politico-religieux musulman : la violence –avant toute raison- est bien une des cartes maîtresses de la foi musulmane comme élément indissociable d’un système politico-religieux. Ce qui varie, ce sont les conditions d’opportunité et de dynamique qui rendent la mise en évidence et l’usage de cette violence plus ou moins forts.

Et c’est bien pourquoi, ce qui est difficilement compréhensible, ce n’est pas qu’un non-musulman soit islamophobe (qu’il ait peur de l’islam). C’est qu’il ne le soit pas.

C’est arrivé un 17 août…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 17 août : saints du jour français ou en France.
    • Ste Jeanne Delanoue : vierge et fondatrice de la Congrégation « Sainte Anne de la Providence » († 1736)

Jeanne Delanoue nait à Saumur, sur les bords de la Loire, le 18 juin 1666, dernière d’une famille de douze enfants. Ses parents tiennent un modeste magasin de mercerie, près du sanctuaire de Notre-Dame-des-Ardilliers. Elle perd son père, bien jeune à l’âge de six ans et, malgré son jeune âge, elle aide sa mère à tenir le magasin pour faire vivre toute la famille. Ses qualités sont remarquables : habile, active, infatigable, au point de garder le magasin ouvert dimanches et jours de fêtes.

Quel avenir ne pouvait-elle pas espérer? Certainement, agrandir son « affaire » et prospérer. Mais voici que, à l’âge de 27 ans, elle reçoit, de la part d’une vieille et fidèle pèlerine de Notre-Dame-des-Ardilliers, une invitation à se consacrer aux pauvres, si nombreux. Sa mère est morte depuis peu.

Malgré ses responsabilités accrues, elle va s’occuper un peu des pauvres, pour répondre à cet appel qu’elle sent bien venir de Dieu. Elle s’occupe d’eux chaque jour, plus que de ses clients. Jusqu’à ce qu’elle soit toute à eux « à plein temps ». Bientôt, du reste, les pauvres ne l’attendent plus chez eux, mais ils se rendent chez elle. En 1700, une enfant est accueillie à la maison, bientôt suivie de malades, de vieillards et d’indigents.

Pour tant de monde à loger, il n’y a que des grottes de tufeau. On les aménage au mieux. Mais il faut chercher de l’aide. Au bout de quatre années, en 1704, quelques jeunes filles se sont trouvées disposées à aider Jeanne et même à revêtir l’habit religieux si elle le leur demande. Ainsi naît la Congrégation de « Sainte Anne de la Providence ». C’est sous ce nom que sont approuvées les Constitutions en 1709.

La ténacité de Jeanne Delanoue, secondée par de si beaux dévouements, fonde le premier hospice de Saumur en 1715; il avait été demandé par le Roi Louis XIV en … 1672!

Sa charité déborde bien vite hors des limites de sa ville de Saumur et de son diocèse. Du reste, elle compte déjà quarante auxiliaires, toutes à ses ordres, et décidées à suivre son exemple de dévouement, de prière et de mortification.

A sa mort, le 17 août 1736, Jeanne Delanoue laisse une douzaine de communautés, hospices et petites écoles aussi. « La Sainte est morte », dit-on à Saumur.

Tout le monde a pu admirer son zèle, son action dans les nombreuses visites reçues ou faites, mais seuls ses intimes connaissent sa mortification, sa vie de prière et d’union à Dieu. C’est de là que procède cette charité inlassable, attirée vers tous ceux qui souffrent, mais surtout s’ils sont pauvres. Et Dieu sait qu’ils ne manquent pas, en ces tristes années de famine, de disette et de froid ; années de guerre aussi. Les Sœurs de Jeanne Delanoue, comme on les nomme tout simplement aujourd’hui, comptent environ 400 religieuses, en France, à Madagascar et à Sumatra, où elles ont fondé en 1979.

Jeanne Delanoue a été béatifiée le 05 novembre 1947, par le Vénérable Pie XII, 1939-1958) et canonisée le 31 octobre 1982 par Saint Jean-Paul II.  

  • Bx Noël-Hilaire Le Conte : clerc et martyr († 1794)

Simple clerc, chargé de la musique à la cathédrale de Bourges au moment de la Révolution française, en haine de la religion chrétienne, il fut déporté sur un bateau négrier dans la baie devant le port de Rochefort et y mourut, jeune, avec des marques de grande piété.

  • le 17 août 682 : élection du pape saint Léon II.
  • le 17 août 1424 : Bataille de Verneuil.

Charles VII est battu par les Anglais du régent, le duc de Bedford, alliés aux Bourguignons, lors de la bataille de Verneuil en Normandie. Malgré le renfort d’un important contingent écossais, l’armée du « Dauphin » ne peut résister aux archers anglais, commandés par Jean de Lancastre. Véritable duel d’archerie, la bataille se solde par la perte de 6 000 français (la moitié de la troupe) et la mort des commandants écossais John Stuart, grand connétable de France, et Archibald Douglas.

  • le 17 août 1633 ou 1644 ou 1645 : naissance de Jean de La Bruyère.

Jean de La Bruyère est issu d’une famille aisée, il suit des études de droit à Orléans puis revient à Paris. Il est surtout connu pour avoir écrit plusieurs ouvrages dont un seul est passé à la postérité : “Les caractères ou les mœurs de ce siècle“, qui paraît en 1688. En 1693, il est élu à l’Académie française.

  • le 17 août 1601 : naissance de Pierre de Fermat, mathématicien français.
  • le 17 août 1648 : prise de Lens par l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg.

La chute de la ville est suivie le 20 août par une éclatante victoire française où Condé écrase l’archiduc.

  • le 17 août 1661 : Nicolas Fouquet donne une somptueuse réception à Vaux-le-Vicomte.

Le surintendant des finances Nicolas Fouquet donne une grande fête dans son château de Vaux-le-Vicomte en l’honneur de Louis XIV.

Il fête l’achèvement du château qu’il s’est fait construire à Vaux-le-Vicomte. Il a fait appel aux meilleurs artistes : le buffet est organisé par Vatel ; Molière et Lully présentent une comédie-ballet dans les jardins (dessinés par Le Nôtre) Les Facheux, créée pour l’occasion. Un grand feu d’artifice est donné au-dessus du château. Cet étalage de luxe suscite des questions du Roi, car les caisses du Royaumes sont vides. Louis XIV suspecte des détournements de fonds. Il fait arrêter Fouquet le 5 septembre, à Nantes.

  • le 17 août 1699 : naissance de Bernard de Jussieu, botaniste français.

Bernard de Jussieu naît à Lyon. C’est un célèbre botaniste français qui devient professeur de botanique au service du Roi, à Paris où il décède le 6 novembre 1777.

  • le 17 août 1737 : naissance d’Antoine Parmentier, pharmacien militaire.

Antoine Augustin Parmentier est un pharmacien militaire, agronome, nutritionniste et hygiéniste français. Il est surtout connu pour avoir introduit la pomme de terre en Europe pour lutter contre les famines.

  • le 17 août 1740 : élection du pape Benoit XIV.

Prospero Lambertini, naît à Bologne le 31 mars 1675, et meurt le 3 mai 1758. À la mort de Clément XII, il est élu pape à l’unanimité, après un des plus longs conclaves des derniers siècles qui dure six mois et provoque 254 scrutins.

Benoit XIV confirme la bulle Unigenitus, contre les jansénistes ; crée à Rome une faculté de chirurgie, un musée d’anatomie, et encourage la dissection ; publie la lettre apostolique Immensa pastorum, dans laquelle il condamne les mauvais traitements infligés aux Amérindiens ; il renouvelle les condamnations pontificales à l’égard de la franc-maçonnerie, condamnée en 1751 dans la bulle Providas romanorum.

Le Pape Benoît XIV, par Pierre-Hubert Subleyras.

  • le 17 août 1795 : la Convention vote la Constitution de l’An III, qui définit le Directoire.

Robespierre a disparu mais les révolutionnaires sont toujours là. Et alors que la France a vécu près de 13 siècles avec une constitution en partie non écrite : « Les Lois Fondamentales du Royaume », après 3 ans de révolution elle connaît déjà sa deuxième constitution républicaine. Et l’avenir va montrer combien ce régime n’est pas naturel à la France, puisque les constitutions, les républiques et les empires vont se suivre à un rythme élevé.

  • les 16-17 août 1812 : victoire de Smolensk.

Smolensk est une ville située sur la route de Moscou, que Napoléon avait décidé de conquérir sans combat. Les échecs de Ney entraînent une bataille. Les assauts français et les bombardements d’artillerie mettent le feu à la ville. Les forces russes se replient le 17 août, en bon ordre après avoir perdu 4 700 tués et entre 7 000 et 8 000 blessés. La Grande Armée ne déplore que 700 tués et un peu plus de 3 100 blessés.

  • le 17 août 1892 : signature franco-russe d’une convention militaire.

L’alliance franco-russe est signée par le général Raoul de Boisdeffre, adjoint du chef d’État-major français, et son homologue russe le général Obroutcheff. Elle stipule un soutien mutuel en cas d’attaque de l’un ou autre des signataires par un ennemi (la triple Alliance). La coopération militaire, est accompagnée d’une coopération financière et économique. C’est la révolution communiste russe, impulsée par l’Allemagne qui rompt l’alliance.

L’accord fut conclu non officiellement à l’été 1891 par un échange de lettres entre le ministre des Affaires étrangères Alexandre Ribot et Nicolas de Giers, puis une convention militaire rigoureusement secrète fut signée le 17 août 1892 à l’issue de plusieurs séries de discussions.

  • le 17 août 1908 : premier dessin animé cinématographique projeté à Paris.

C’est au Théâtre du Gymnase à Paris, qu’est projeté le premier dessin animé cinématographique “Fantasmagorie“, œuvre du Français Emile Cohl, de son vrai nom Emile Courtet.

  • le 17 août 1944 : le Maréchal Pétain est “invité” par le diplomate Renthe-Fink à partir pour l’est.

Il refuse. Le 19 le diplomate allemand pose un ultimatum au Maréchal, malgré la présence de diplomates étrangers. Le 20 les Allemands l’emmènent de force vers l’Allemagne. Il reste fidèle à sa promesse faite aux Français lors de son discours du 20 juin 1940 :

« J’ai été avec vous dans les jours glorieux. Chef du Gouvernement, je suis et resterai avec vous dans les jours sombres. Soyez à mes côtés. Le combat reste le même. Il s’agit de la France, de son sol, de ses fils. »

  • le 17-25 août 1944 : début de la libération de Paris.

Alors que la Bataille de Normandie n’est pas finie, la Résistance parisienne décide de déclencher son insurrection contre la garnison allemande du Gross-Paris, commandée par le général Dietrich von Choltitz. Le jeudi 17 août, la Radio Nationale, jusque-là sous le contrôle des autorités d’occupation, suspend ses émissions. Le 18 août, les imprimeurs sont en grève, plus aucun journal ne paraît ; les PTT, autre fief électoral du PCF, font de même. Les premières barricades se dressent. De Gaulle insiste auprès d’Eisenhower le 19 août, pour que des unités soient envoyées à Paris. Face au refus américain, il donne l’ordre à la 2e Division Blindée du général Leclerc de libérer la capitale. Le 21 août, les Allemands tiennent encore tous les points clés de la capitale. Le général Leclerc met les Américains devant le fait accompli. Le 23 août, des accrochages ont lieu près des Champs-Elysées, ce qui provoque l’incendie du Grand Palais. Le 25 août von Choltitz se rend.

  • le 17 aout 1945 : les militaires de carrière obtiennent le droit de vote.

Les militaires, citoyens de seconde zone dans la république française?

  • le 17 août 1960 : indépendance du Gabon.
  • le 17 août 1967 : la participation devient obligatoire dans les entreprises.

L’ordonnance du 7 janvier 1959 a introduit la participation facultative aux bénéfices de l’entreprise pour les salariés De nouvelles ordonnances la rendent obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. C’est un moyen de délier rémunération et contrat de travail, tandis que le blocage des fonds favorise l’épargne populaire. De Gaulle met en application la Doctrine Sociale de l’Eglise, que cette dernière prône depuis plus d’un siècle.

  • le 17 août 1995 : attentat place de l’Étoile à Paris.

Il fait 16 blessés. Cet attentat fait partie des 8 attentats qui touchent la France entre juillet et octobre 1995, à l’instigation du GIA algérien.

Academia Christiana : bâtir un réseau et diffuser des idées

Julien Langella, co-fondateur d’Academia Christiana, répond aux questions de Pierre Saint-Servant dans Présent à l’occasion de la septième Université d’Eté d’Academia Christiana, du 19 au 26 août, sur le thème « Construire demain » :

Les années passent et l’engouement pour Votre université d’été se maintient ? En regardant le chemin parcouru, quels furent les ingrédients du succès ?

Notre succès se maintient et se consolide avec au moins 150 jeunes à notre université d’été, ce qui nous place au même niveau que les mouvements militants les plus performants. Ce que nous ne sommes pas, notre ambition étant plus modeste : bâtir un réseau et diffuser des idées. Nous étoffons notre programme chaque année : en plus du secourisme, de la boxe thaï et d’ateliers ludiques, nous offrons maintenant une formation aux adolescents. Le premier ingrédient de notre succès, c’est de répondre à une demande que personne ne satisfait aujourd’hui dans le monde catholique : défendre une voix catholique intransigeante, anti-libérale et identitaire. Le tout avec style.

Vous placez cette UDT sous le thème de la reconstruction. C’est une troisième voie entre le renoncement et le mythe du Grand Soir ?

Il y a plusieurs manières de reconstruire qui sont complémentaires. La réinformation – à laquelle participe Présent –, la création d’écoles libres, l’activisme de terrain, le combat électoral ou l’action patrimoniale (je pense, par exemple au chantier de La-Chapelle-Basse-Mer de Reynald Sécher). Toutes ces initiatives, chacune n’étant qu’un moyen et non une fin en soi, concourent à reconquérir notre patrie. Quant à nous, nous formons les acteurs et les cadres de la reconquête. Pour partir en croisade, il faut des âmes de croisés. Par notre esthétique, une vision exigeante de la communauté et une formation humaine intégrale, nous contribuons à forgerde telles âmes. Nous ne sommes pas résignés mais réalistes : avant le Grand Soir, il y a les petits matins.

La critique du libéralisme est une constante de votre formation doctrinale, tout comme la réflexion écologique et l’affirmation identitaire. Un cocktail explosif qui pourrait vous éloigner d’une possible « union des droites » ?

Qu’est-ce que la droite ? Si c’est un mélange d’affairisme, de conservatisme bon teint pour draguer les cathos et d’opportunisme idéologique, alors nous n’en sommes pas. La droite, la vraie, est profondément anti-libérale, elle remet en cause l’argent roi et défend les équilibres subtils qui ont enfanté et fait vivre la terre où les hommes naissent, vivent et espèrent. Nous sommes philosophiquement de droite car nous défendons la patrie en tant qu’écosystème des hommes, la justice sociale – ainsi que la définit le théologien jésuite Luigi Taparelli en 1840 – comme le principe d’organisation sociale qui rend à chacun selon ses mérites et ses besoins, et la fidélité à notre héritage helléno-chrétien. C’est parce que nous sommes de cette droite, la seule qui peut être qualifiée ainsi, que nous rejetons le culte progressiste de la croissance, la lâcheté devant la déconstruction libertaire des repères et le saccage de la Création, trois aspects de la soi-disant « droite ». Nous sommes pour l’union qui permettra de faire gagner nos idées, mais avant d’entreprendre quoi que ce soit, encore faut-il savoir qui l’on est.

Vos références vont de Gustave Thibon à Christopher Lasch en passant par Gomez Davila, Spengler ou encore Jacques Ellul, puisant aussi bien à « droite » qu’à « gauche ». Comment définiriez-vous en quelques mots la lignée philosophico-politique à laquelle vous vous rattachez et que vous souhaitez prolonger ?

Nous sommes catholiques et, à ce titre, tout ce qui peut encourager le règne social du Christ est nôtre. Toute vérité est nôtre. Nous marchons dans les pas de la philosophie aristotélicienne, de nos pères les Grecs jusqu’à Gustave Thibon en passant par saint Thomas et Chesterton. Nous défendons la philosophie réaliste et puisons dans la pensée de tous ceux, abusivement classés « à gauche » ou « à droite », qui invoquent l’existence de limites, morales, territoriales, écologiques et anthropologiques, à l’orgueil de l’homme moderne.

En parallèle de vos activités de formation, nombre de vos cadres et militants ont fait le choix de s’enraciner en campagne, incarnant un visage méconnu de la néo-ruralité. Vous donnez souvent en exemple des initiatives utopiques. N’est-ce pas un pas de côté ou une manière de fuir ?

Nous avons en effet des militants qui ont fait le choix de l’enracinement et de l’entraide communautaire dans des campagnes préservées, non pour s’y réfugier mais pour y trouver un terrain favorable à l’action locale et conforme à leur talent. Souvent, l’existence d’une école indépendante justifie cette démarche. Tous ne sont pas faits pour l’activisme urbain. Par ailleurs, la majorité de nos membres sont des citadins actifs dans des mouvements de jeunesse, des médias de réinformation et même des partis politiques. Notre université d’été, enracinée dans cette France « périphérique » profonde, est une occasion de ressourcement pour mener la bataille partout où celle-ci nous appelle.

Vous vous intéressez depuis longtemps au populisme, quel fut votre regard sur les Gilets jaunes ? Quels sont vos espoirs pour les années à venir ?

Les Gilets jaunes ont vu naître un authentique mouvement populiste trans-partisan, l’expression enthousiasmante d’une colère populaire qui couvait depuis trop longtemps. Nous y avons donc participé, sans déployer notre appartenance à Academia Christiana mais avec notre seule bonne volonté. Nous ne faisons pas de calculs d’apothicaire, nous agissons d’abord par devoir, comme le fit sainte Jeanne d’Arc. Nous espérons que les jeunes passés par notre école y trouvent une boussole intellectuelle, une énergie morale et une faculté au sacrifice qui en fassent des exemples aux yeux de tous et leur donne la force d’agir concrètement, ici et maintenant, pour le bien commun. […]

La croix irradiée retrouve la cathédrale de Nagasaki

Lu ici :

Alors que le Japon commémorait le 9 août 2019 le soixante-quatorzième anniversaire du bombardement atomique de Nagasaki, une croix de bois retrouvée intacte au milieu des ruines a été replacée dans son lieu d’origine : la cathédrale d’Urakami, située près de l’hypocentre de la catastrophe.

Le jeudi 9 août 1945, à 11h du matin, le bombardier B-29 américain Bockscar larguait « Fat Man » sur la ville de Nagasaki, causant la mort directe d’au moins 40 000 personnes. Trois jours après Hiroshima (75 000 morts), le second bombardement nucléaire de l’histoire frappait le centre historique du catholicisme dans l’archipel nippon. Au lieu de tomber sur les établissements Mitsubishi, l’objectif initial, la bombe au plutonium explosa à 580 m à la verticale du quartier d’Urakami, une vallée de la banlieue industrielle de Nagasaki. La cathédrale de l’Immaculée Conception, où les fidèles s’étaient massés pour prier à l’approche de la fête du 15 août, fut entièrement détruite.

Dans les décombres, une croix fut retrouvée. Haute d’un mètre et large de 30 cm, décorée à la feuille d’or, elle fut confiée quelques mois après le drame à un militaire américain, Walter Hooke, par l’évêque de Nagasaki, Mgr Aijiro Yamaguchi. Lieutenant en second dans le Corps des Marines, Walter Hooke conserva la croix irradiée telle une relique avant d’en faire don, en 1982, au Peace Resource Center de Wilmington College, une université située dans l’Etat de l’Ohio.

C’est cette croix qui a été restituée à son sanctuaire d’origine le 7 août 2019. La directrice de l’établissement, Tanya Maus, avait fait le voyage pour la remettre personnellement aux autorités de l’actuelle cathédrale de Nagasaki, reconstruite sur les ruines de l’ancienne.

L’archevêque de Nagasaki, Mgr Mitsuaki Takami a déclaré en recevant la relique : « Cette croix évoque à quel point l’homme peut être sauvage mais, en même temps, elle nous fait entrer dans l’espérance ». Il est vrai que face à la barbarie et au mal sous toutes ses formes, la Croix est notre unique espérance. Ave crux spes unica.

La Pologne catholique résiste à la peste arc-en-ciel

Samedi, Jakub Baryła, 15 ans, armé d’un crucifix, est resté au milieu de la rue alors qu’arrivait la gay pride de Płock (vidéo ici).

Le lobby mondial LGBT a cru pouvoir monter une grosse opération de propagande suite aux propos de l’archevêque de Cracovie, Mgr Marek Jędraszewski, contre la « peste arc-en-ciel » qui remplace la peste brune et la peste bolchevique. Mais il n’a pu mobiliser qu’une centaine de militants qui sont allés brailler devant l’archevêché. En revanche, samedi (au moment de la gay pride de Płock) ils étaient 3.000 devant le même archevêché pour soutenir l’archevêque.

Une déclaration a été lue :

Depuis ce lieu, nous en appelons à nos prêtres polonais : n’ayez pas peur de prêcher la vérité selon l’Évangile, dénoncez les dangers pour nos enfants, nos familles, notre Église, qui est également pour la Pologne et ses valeurs chrétiennes! Sous nos yeux, l’hydre à multiples têtes de l’anticléricalisme féroce se lève et attaque les catholiques, et les prêtres en particulier, non seulement par la parole mais aussi en actes. Nous assistons à des agressions contre des prêtres et à des blasphèmes et des profanations atroces lors des prétendus « défilés pour l’égalité ». Nous pouvons voir que les opinions catholiques sont ignorées et retirées d’Internet et des espaces publics. Nous ne pouvons rester indifférents face à la montée de la haine contre les catholiques et nos lieux de culte. L’année dernière, plus de trente églises, chapelles et cimetières catholiques polonais ont été profanés! Cette année, les attaques contre les prêtres ont également commencé ! Nous ne devons pas permettre que cela se produise !

Youtube a supprimé la vidéo de l’homélie de Mgr Jędraszewski… puis l’a rétablie…

Un dominicain polonais a cru bon de demander d’envoyer des lettres pour demander la démission de l’archevêque. Il a été envoyé dans un monastère pendant trois semaines…

Interrogé par un journaliste, l’évêque de Włocławek, Mgr Wiesław Mering, a répondu : « Après tout, l’archevêque n’a rien dit d’autre que ce qu’une personne normale, saine, doit penser, qu’elle soit laïque, prêtre ou évêque. » Et il a exprimé son « admiration » pour le « courage » manifesté par l’archevêque.

Mgr Stanisław Gądecki, archevêque de Poznań et président de la conférence épiscopale, a déclaré que les attaques contre Mgr Jędraszewski sont un symptôme du « totalitarisme idéologique » LGBT.

Le cardinal Zenon Grocholewski, préfet émérite de la congrégation pour l’éducation catholique, a envoyé une lettre à l’archevêque de Cracovie :

Pour ma part, je ne vois rien d’inapproprié dans le contenu de cette homélie, mais bien au contraire une interprétation réaliste de la réalité et un sens des responsabilités qui vous ont guidé dans la défense de la vérité, du bien, de la justice et de la loi de Dieu contre l’idéologie actuellement imposée. Au nom de cette idéologie, on se permet des offenses extrêmement vulgaires vis-à-vis des choses les plus saintes pour nous : l’Eucharistie, la Bienheureuse Vierge Marie et le sacerdoce. (…) Cher Archevêque Marek, veuillez accepter mes sincères remerciements pour votre ministère pastoral intelligent et dévoué.

Sur son site internet, le cardinal Dominik Duka, archevêque de Prague, a déclaré que l’archevêque de Cracovie s’était opposé à « l’idéologie LGBT » liée à « un programme athée et sataniste », et a appelé ses homologues slovaques et hongrois à le soutenir.

Sans surprise, notre ineffable quotidien La Croix « informe » ses lecteurs que Mgr Jędraszewski a « tenu des propos très controversés » et que « la Pologne est divisée »…

Comprendre la fin du système économique avec Gaël Giraud

Les analyses prédisant le prochain effondrement du système financier occidental, et donc encore mondial, sont de plus en plus nombreuses, et proviennent de plus en plus d’experts ou de responsables ayant pignon sur rue, alors qu’elles étaient naguère le fait de peu recommandables “anti-systèmes”, catalogués “extrême droite” ou “extrême-gauche”.

Nous vous proposons ci-dessous deux longs entretiens récemment accordés par Gaël Giraud à deux médias se voulant alternatifs, le premier ouvertement de gauche, le second plutôt inclassable. Cette personne qui nous était jusque là inconnue, est à la fois l’économiste en chef de l’agence française de développement, un directeur de recherche au CNRS, et… prêtre jésuite !

Certains de ces propos pourront agacer passablement le lecteur du Salon Beige, notamment sur sa vision assez “dans le vent” de l’écologie – qui confine à l’écologisme et au réchauffisme, ou encore ses amitiés à l’extrême-gauche, qui semblent (car comme tout “interviouvé”, il ne dit que ce qu’il veut bien afficher) n’avoir pas de symétriques.

Toutefois, l’ensemble est d’un très haut intérêt, et d’une clarté très pédagogique sur tous les sujets abordés. Plus encore, et bien qu’il n’y consacre qu’un temps limité, le père Giraud explicite sa critique fondamentale du libéralisme et de sa conception erronée de la propriété privée par la profonde dérive qui a caractérisé cette notion, par rapport aux fondements médiévaux hérités de la réforme grégorienne du XIè Siècle. À ce sujet, nous invitons le lecteur impatient à consulter directement la fin de la seconde video (celle de thinkerview), à partir de 1h24.

La fécondation artificielle est à réprouver sans appel

Discours de Pie XII aux médecins, le 29 septembre 1949 :

Votre présence autour de Nous, chers fils et chères filles, porte avec elle une signification profonde, qui Nous cause une grande joie. Le fait de représenter ici trente nations différentes, alors que les fossés creusés par les années d’avant-guerre sont encore loin d’être comblés ; le fait de venir Nous dire les hautes pensées qui président à vos échanges de vues, dans le domaine médical ; le fait, enfin, d’exercer dans ce domaine, mieux qu’une simple profession, un véritable et excellent ministère de charité : tout cela est bien de nature à vous assurer de Notre part le plus paternel accueil. Vous attendez de Nous, avec Notre bénédiction, quelques conseils touchant vos devoirs. Nous Nous contenterons de vous communiquer de brèves réflexions sur les obligations que vous imposent les progrès de la médecine, la beauté et la grandeur de son exercice, ses rapports avec la morale naturelle et chrétienne.

Depuis de longs siècles — et surtout à notre époque — se manifeste, incessant, le progrès de la médecine. Progrès assurément complexe et dont l’objet embrasse les branches les plus variées de la spéculation et de la pratique. Progrès dans l’étude du corps et de l’organisme, dans toutes les sciences physiques, chimiques, naturelles, dans la connaissance des remèdes, de leurs propriétés et des manières de les utiliser; progrès dans l’application à la thérapeutique non seulement de la physiologie, mais aussi de la psychologie, des actions et réactions réciproques du physique et du moral.

Soucieux de ne rien négliger des avantages de ce progrès, le médecin est continuellement à l’affût de tous les moyens de guérir ou, tout au moins, de soulager les maux et les souffrances des hommes. Chirurgien, il s’applique à rendre moins pénibles les opérations qui s’imposent ; gynécologue, il s’efforce d’atténuer les douleurs de l’enfantement, sans toutefois mettre en péril la santé de la mère ou de l’enfant, sans risquer d’altérer les sentiments de tendresse maternelle pour le nouveau-né. Si l’esprit de simple humanité, l’amour naturel de ses semblables, stimule et guide tout médecin consciencieux dans ses recherches, que ne fera pas le médecin chrétien, mû, par la divine charité, à se dévouer sans épargner ni ses soins ni lui-même pour le bien de ceux, que, avec raison et selon la foi, il regarde comme ses frères. Certes, il se réjouit de tout cœur des immenses progrès déjà réalisés, des résultats jadis obtenus par ses devanciers, poursuivis aujourd’hui par ses collègues, avec lesquels il se solidarise dans la continuité d’une magnifique tradition, légitimement fier aussi de sa part de contribution. Jamais pourtant il ne se considère comme satisfait : il voit toujours, en avant, de nouvelles étapes à parcourir, de nouvelles avances à accomplir. Il y travaille passionnément, à la fois comme médecin tout consacré à procurer le soulagement de l’humanité et de chacun des hommes ; comme savant, à qui les découvertes se succédant les unes aux autres font goûter avec ravissement « la joie de connaître » ; comme croyant, comme chrétien, qui, dans les splendeurs qu’il découvre, dans les nouveaux horizons qui s’élargissent devant lui à perte de vue, sait voir la grandeur et la puissance du Créateur, la bonté inépuisable du Père qui, après avoir donné à l’organisme vivant tant de ressources pour se développer, se défendre, se guérir spontanément dans la plupart des cas, lui fait encore trouver dans la nature inerte ou vivante, minérale, végétale, animale, les remèdes aux maux corporels.

Le médecin ne répondrait pas pleinement à l’idéal de sa vocation si, mettant à profit les plus récents progrès de la science et de l’art médical, il ne faisait entrer en jeu, dans son rôle de praticien, que son intelligence et son habileté, s’il n’y apportait aussi — Nous allions dire surtout — son cœur d’homme, sa charitable délicatesse de chrétien. Il n’opère pas « in anima viii » ; il agit directement sur les corps, sans doute, mais sur des corps animés d’une âme immortelle, spirituelle et, en vertu du lien mystérieux mais indissoluble entre le physique et le moral, il n’agit efficacement sur le corps que s’il agit en même temps sur l’esprit.

Qu’il s’occupe du corps ou du composé humain dans son unité, le médecin chrétien aura toujours à se tenir en garde contre la fascination de la technique, contre la tentation d’appliquer son savoir et son art à d’autres fins qu’au soin des patients à lui confiés. Grâce à Dieu, il n’aura jamais à se défendre contre une autre tentation, criminelle celle-ci, de faire servir à des intérêts vulgaires, à des passions inavouables, à des attentats inhumains les bienfaits cachés par Dieu dans le sein de la nature. Nous n’avons pas, hélas ! à chercher bien loin, à remonter bien haut, pour trouver des cas concrets de ces odieux abus. Autre chose est, par exemple, la désintégration de l’atome et la production de l’énergie atomique ; autre chose est son usage destructeur, échappant à tout contrôle. Autre chose est le magnifique progrès de la technique la plus moderne de l’aviation ; et autre chose l’emploi massif d’escadrilles de bombardiers, sans qu’il soit possible d’en limiter l’action à des objectifs militaires et stratégiques. Autre chose, surtout, l’investigation respectueuse, qui révèle la beauté de Dieu dans le miroir de ses œuvres, sa puissance dans les forces de la nature ; autre chose la déification de cette nature et des forces matérielles dans la négation de leur auteur.

Que fait, au contraire, le médecin digne de sa vocation ? Il s’empare de ces mêmes forces, de ces propriétés naturelles pour procurer par elles la guérison, la santé, la vigueur, et souvent, ce qui est plus précieux encore, pour préserver des maladies, de la contagion ou de l’épidémie. Entre ses mains, la puissance redoutable de la radioactivité est captée, gouvernée pour la cure de maux rebelles à tout autre traitement, les propriétés des poisons les plus virulents servent à préparer des remèdes efficaces ; bien plus, les germes des infections les plus dangereuses sont employés de toutes manières en sérothérapie, en vaccination.

La morale naturelle et chrétienne, enfin, maintient partout ses droits imprescriptibles; c’est d’eux, et non de considérations de sensibilité, de philanthropie matérialiste, naturaliste, que dérivent les principes essentiels de la déontologie médicale : dignité du corps humain, prééminence de l’âme sur le corps, fraternité de tous les hommes, domaine souverain de Dieu sur la vie et sur la destinée.

Nous avons déjà eu mainte occasion de toucher un bon nombre de points particuliers concernant la morale médicale. Mais voici que se pose au premier plan une question, qui réclame, avec non moins d’urgence que les autres, la lumière de la doctrine morale catholique : celle de la fécondation artificielle. Nous ne pouvons laisser passer l’occasion présente d’indiquer brièvement, dans les grandes lignes, le jugement moral qui s’impose en cette matière.

1°) La pratique de cette fécondation artificielle, dès lors qu’il s’agit de l’homme, ne peut être considérée ni exclusivement, ni même principalement, du point de vue biologique et médical, en laissant de côté celui de la morale et du droit.

2°) La fécondation artificielle, hors du mariage, est à condamner purement et simplement comme immorale. Telle est en effet la loi naturelle et la loi divine positive, que la procréation d’une nouvelle vie ne peut être le fruit que du mariage. Le mariage seul sauvegarde la dignité des époux (principalement de la femme dans le cas présent), leur bien personnel. De soi, seul il pourvoit au bien et à l’éducation de l’enfant. Par conséquent, sur la condamnation d’une fécondation artificielle hors de l’union conjugale, aucune divergence d’opinions n’est possible entre catholiques. L’enfant conçu dans ces conditions serait, par le fait même, illégitime.

3°) La fécondation artificielle dans le mariage, mais produite par l’élément actif d’un tiers, est également immorale et, comme telle, à réprouver sans appel. Seuls les époux ont un droit réciproque sur leur corps pour engendrer une vie nouvelle, droit exclusif, incessible, inaliénable. Et cela doit être, en considération aussi de l’enfant. À quiconque donne la vie à un petit être, la nature impose, en vertu même de ce lien, la charge de sa conservation et de son éducation. Mais entre l’époux légitime et l’enfant, fruit de l’élément actif d’un tiers (l’époux fût-il consentant), il n’existe aucun lien d’origine, aucun lien moral et juridique de procréation conjugale.

4°) Quant à la licéité de la fécondation artificielle dans le mariage, qu’il Nous suffise, pour l’instant, de rappeler ces principes de droit naturel : le simple fait que le résultat auquel on vise est atteint par cette voie, ne justifie pas l’emploi du moyen lui-même ; ni le désir, en soi très légitime chez les époux, d’avoir un enfant, ne suffit à prouver la légitimité du recours à la fécondation artificielle, qui réaliserait ce désir.

Il serait faux de penser que la possibilité de recourir à ce moyen pourrait rendre valide le mariage entre personnes inaptes à le contracter du fait de l’impedimentum impotentiae.

D’autre part, il est superflu d’observer que l’élément actif ne peut être jamais procuré licitement par des actes contre nature.

Bien que l’on ne puisse a priori exclure de nouvelles méthodes, pour le seul motif de leur nouveauté, néanmoins, en ce qui touche la fécondation artificielle, non seulement il y a lieu d’être extrêmement réservé, mais il faut absolument l’écarter. En parlant ainsi, on ne proscrit pas nécessairement l’emploi de certains moyens artificiels destinés uniquement soit à faciliter l’acte naturel, soit à faire atteindre sa fin à l’acte naturel normalement accompli.

Qu’on ne l’oublie pas : seule la procréation d’une nouvelle vie selon la volonté et le plan du Créateur porte avec elle, à un degré étonnant de perfection, la réalisation des buts poursuivis. Elle est, à la fois, conforme à la nature corporelle et spirituelle et à la dignité des époux, au développement normal et heureux de l’enfant.

Votre esprit sincèrement religieux et votre présente démarche, chers fils et chères filles, sont un gage de votre indéfectible fidélité à tous vos devoirs de médecins catholiques, un gage aussi de votre volonté de contribuer, par votre exemple et votre influence, à promouvoir, parmi vos collègues et vos disciples, parmi vos clients et leurs familles, les principes qui vous inspirent vous-mêmes. C’est dans cette confiance que, avec toute l’effusion paternelle de Notre cœur, Nous vous donnons, à vous, à tous ceux que vous représentez ici, à vos familles, à tous ceux qui vous sont chers, Notre Bénédiction apostolique.

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