Mardi, les dés seront jetés : un vote de meute est un vote sans homme.
On veut faire une loi sur la mort, comme si la mort était un décret. On parle de « liberté », de « choix », de « dignité », mais ces mots-là sont des masques. Dès que l’on commence à légiférer sur l’exception, l’exception devient la règle, et la règle devient un fardeau. Il faut ici se méfier de l’éloquence qui simplifie tout et revenir au métier, au geste, à l’homme.
Regardez d’abord le médecin. Son métier n’est pas de juger si une vie vaut d’être vécue ; son métier est de maintenir les conditions de l’existence. Si vous lui donnez le droit de tuer, vous changez la nature de sa main. La confiance du patient repose sur cette certitude : « Cet homme ne me fera aucun mal. » Si cette certitude vacille, l’hôpital devient une administration de la fin, et le soin, une simple gestion de stock. La vraie compassion n’est pas d’éteindre la lumière, mais de rester dans la chambre. On invoque la douleur comme un paravent, alors que la médecine sait déjà la taire par la sédation ; la vraie souffrance que l’on fuit, c’est celle de l’accompagnement. Tenir la main, reconnaître l’homme sous l’agonie, c’est un travail de paysan, patient et obstiné, qui refuse de déraciner ce qui est encore vivant.
En programmant la mort, on vole au mourant son ultime cheminement : ce temps précieux de la relation, du pardon et du dernier échange que nulle procédure technique ne saurait remplacer. Mais pour nous faire accepter ce renoncement, on déploie l’artillerie des nombres. On vous jette à la face des sondages fabriqués, où la question posée contient déjà la réponse voulue. On interroge l’homme bien portant sur sa peur de souffrir, et l’on fait passer son effroi pour une adhésion politique. Ces chiffres sont les béquilles d’un pouvoir qui ne sait plus parler au cœur.
Pourtant, la réalité des chiffres est ailleurs : là où l’euthanasie s’installe, elle devient l’exutoire de la misère. Il y a une pression des familles, des assureurs, les traitements coûtent cher. Le constat est implacable : parmi les personnes euthanasiées, pauvres et solitaires sont sur-représentées. Ce signal envoyé aux plus fragiles est terrible : il leur dit qu’ils sont un poids. Ce n’est plus une loi de liberté, c’est une loi d’élimination sociale et budgétaire qui ne dit pas son nom.
On crée un climat, on sature l’air de certitudes frelatées pour que le député se dise : « La foule le demande, je ne fais que lui obéir. » C’est là le geste de Ponce Pilate : livrer le juste au nom de la clameur publique. C’est ici que le député doit s’examiner lui-même. À l’Assemblée, on vote trop souvent « en meute », l’œil rivé sur le voisin, l’oreille tendue vers la consigne. On se persuade que l’on pourra, le vote passé, se laver les mains de ses conséquences.
Pourtant, ce gouvernement qui vous presse est fragile. Est-il raisonnable de briser l’interdit de tuer — un socle millénaire — pour plaire à un pouvoir qui ne tiendra peut-être pas l’été ? Celui qui livre la vie des plus fragiles pour sauver son propre siège fait un marché de dupe. Car si la main qui tient la seringue est celle du médecin, la main qui autorise le geste est celle du législateur. Et cette main-là, au moment du vote, est terriblement seule. La « discipline de parti » est un vêtement de parade qui ne protège pas du froid de la conscience. Le vote est un acte personnel, inaliénable.
La dignité n’est pas dans l’acte de disparaître, elle est dans le regard que la société porte sur celui qui est affaibli. Plutôt que la rupture de l’euthanasie, la République doit offrir l’abri des soins palliatifs. Un vote de meute est un vote sans homme. Sur un tel sujet, la République n’a pas besoin de soldats dociles, mais de consciences debout. Le député doit savoir qu’une fois la séance levée, il rentrera seul avec son vote. Et ce vote-là, aucun stratège ne l’aidera à le porter s’il devient, dans le silence de la nuit, le poids d’un remords. Le progrès n’est pas d’accélérer l’hiver, mais de construire des abris. Protégez la fragilité, car c’est là votre seul véritable honneur.
Le vote ne lave pas les mains ; il les engage pour toujours.
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Ecole catholique : “Notre ambition est de faire se lever de nouvelles générations pour suivre le Christ”
Le secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, a été interrogé dans France catholique. Extrait :
Il y a une forme de myopie, dans le débat public, entre ceux qui voudraient opposer le projet éducatif chrétien et l’ouverture à tous, comme si être chrétien était réservé à quelques-uns, et être ouvert à tous renvoyait forcément à l’école publique. C’est tout le contraire. Notre mission, c’est d’être pleinement chrétiens et pleinement ouverts à tous. Le soin et l’éducation sont au cœur de la présence au monde de l’Église. Sa mission, selon moi, se résume en cette phrase de l’Évangile : « Le Christ trouvera-t-il la foi quand il reviendra sur terre ? » Notre ambition est donc de faire se lever de nouvelles générations pour suivre le Christ. L’enjeu est de parler aux chrétiens, mais aussi aux autres avec le langage de l’Évangile. Dans le débat public, il y a une perte de culture de ce qu’est la singularité du message chrétien. Il faut que nous arrivions à réexpliquer pourquoi nous avons quelque chose à dire à tous en matière éducative. […]
Soins palliatifs : un débat escamoté au profit d’idéologues
Directeur général de la Fondapol, Dominique Reynié a été interrogé dans La Vie à propos de la proposition de loi sur l’euthanasie. Extrait :
[…] Mon hypothèse est que plus les gens réfléchissent au sujet, plus ils s’orientent vers les soins palliatifs plutôt que l’euthanasie ou le suicide assisté. Or, ce débat n’a pas eu lieu : une personne sur deux n’en a pas entendu parler. Mais aujourd’hui, le sujet monte, et la crainte aussi.
Le lien est rapidement fait avec la crise des finances publiques, notamment sur les réseaux sociaux : légaliser l’euthanasie fera faire des économies. Cette crainte n’est pas aberrante tant on insiste lourdement ces temps-ci sur le déficit public, les déserts médicaux, etc.
Pourquoi dites-vous que le débat n’a pas eu lieu ? Il y a eu l’avis du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, la convention citoyenne, les discussions parlementaires…
L’importance du sujet aurait dû donner lieu à un débat social porté pendant des mois pour que chacun puisse vraiment réfléchir. Il aurait fallu, par exemple, que l’audiovisuel public s’y penche sérieusement, et non pas seulement en évoquant l’euthanasie comme l’expression d’une mort élégante et libre. Cette pression médiatique s’explique par le fait que le sujet a été arrimé dès le début à une position progressiste ; s’opposer est donc considéré comme un conservatisme, devenu pour certains illégitime, voire soupçonnable.
Quant à la convention citoyenne, elle a servi à dispenser les Français de réfléchir eux-mêmes, en tirant au sort des personnes pour le faire à leur place. J’ai la conviction que cela a été organisé par crainte qu’un véritable débat donne lieu à une hostilité plus manifeste. Depuis le rejet du texte par le Sénat, on voit que l’Assemblée nationale cherche à aller très vite. Pourquoi ?
[…]
Le créneau est serré avant les municipales. Les sénateurs et les députés sont de plus en plus souvent pris à partie sur le sujet. Il y a une radicalisation du côté des soutiens au texte. Et on sent que le monde du soin et de la médecine se cabre. Mais il manque à ce débat les grandes voix morales qu’il y aurait eues autrefois : je vois peu d’universitaires, de professeurs de droit constitutionnel, parler de l’interdit de tuer, qui est un interdit pénal et non pas seulement religieux.
Il y a la crainte, dans la sphère politique aussi, de rester dans le monde d’avant, de rater le monde d’après. Or, les élus se trompent quand ils imaginent que la société est inerte ou consentante sur ce sujet. On vient toucher avec ce texte à une conciliation française merveilleusement réussie entre une tradition religieuse ancienne et une tradition humaniste, consistant à ne pas donner la mort. Cela fait naître une inquiétude chez les Français, même si les systèmes d’alerte de relais vers le politique ne fonctionnent pas.
Ils regrettent d’avoir divorcé
Le Figaro a recueilli des témoignages de quadragénaires qui pensaient à tort que le divorce était une affaire simple qui allait résoudre leurs problèmes.
“je me croyais lucide alors que j’étais aveuglé par le ressentiment”
Ils pensaient tourner la page pour enfin vivre pleinement, avant de découvrir, trop tard, que certaines histoires ne se remplacent pas.
La charité, un feu qui convertit la société ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐑𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐂𝐇𝐀𝐓𝐄𝐀𝐔𝐕𝐈𝐄𝐔𝐗, fondateur de l’œuvre catholique de développement “Misericordia”
- 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐏𝐡𝐢𝐥𝐢𝐩𝐩𝐞 𝐌𝐔𝐑𝐀, religieux de Saint-Vincent-de-Paul
- 𝐒𝐭𝐞́𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐅𝐄́𝐕𝐑𝐈𝐄𝐑, ancien prisonnier
« Le bien des âmes ne peut jamais passer par une désobéissance délibérée »
Dans une tribune publiée dans le JDD, la cardinal Sarah appelle la FSSPX à l’unité, tout en reconnaissant qu’il y a bien des loups déguisés au sein de l’Eglise :

Charlie Kirk et la jeunesse chrétienne
Le 22 février, Terres de mission reçoit Corentin Dugast, jeune converti au catholicisme qui vient de publier “Mourir pour la vérité” (Via Romana), réflexion sur la vie et l’assassinat de Charlie Kirk – et, surtout, ce que Charlie Kirk peut dire aux jeunes Français désireux de partager leur foi.
Puis, Guilhem Golfin, philosophe, présente son dernier ouvrage: “Autorité, pouvoir & souveraineté” (Hora Decima)
Quatrième centenaire de la consécration de la basilique Saint-Pierre à Rome
Une série d’initiatives sont lancées pour célébrer le IVe centenaire de la dédicace de la basilique. Outre les projets d’innovation et de recherche, le programme culminera le 18 novembre avec la messe célébrée par le Saint-Père.
- 20 février : inauguration du nouveau Chemin de Croix de la basilique
- Élévations spirituelles, c’est-à-dire des rencontres hebdomadaires de prière et de chant polyphonique animés par la Chapelle Julia ;
- des conférences historico-culturelles, théologico-liturgiques et pastorales-spirituelles (24 mars, 26 mai et 13 octobre)
- à l’approche de la solennité des saints Pierre et Paul, le spectacle « Pierre et Paul à Rome » de Michele La Ginestra.
Autres initiatives :
- une nouvelle application pour les liturgies dans la basilique, avec des lectures, des chants et un service de traduction simultanée en plusieurs langues, développée en collaboration avec le Dicastère pour la communication et la société Translated ;
- la retransmission en direct, toujours en collaboration avec le même Dicastère et avec l’aide de bénévoles de la RAI, des célébrations les plus importantes de la basilique.
Consécration épiscopale : peut-on vraiment séparer le pouvoir d’ordre de celui de juridiction ?
Dans une note, la Fraternité Saint-Pie X se défend de toute accusation de schisme et considère qu’une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique (puisque la FSSPX reconnaît le pape à qui elle a demandé audience), ni de la collation de la juridiction (puisque les évêques ordonnés sont considérés comme auxiliaires pour dispenser les sacrements sans aucun pouvoir de juridiction, à l’inverse de ce qui se fait en Chine), ne constitue pas une rupture de la communion de l’Église.
Le père Louis-Marie de Blignières, Fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, écrit à propos des sacres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X :
Les défenseurs des sacres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X [FSSPX] insistent sur la différence de nature, dans l’épiscopat, entre le pouvoir d’ordre, qui est transmis par les rites sacrés de la consécration ; et le pouvoir de juridiction, qui est transmis, chez les latins, par l’injonction du Souverain Pontife, et chez les orientaux unis à Rome par le synode. Ils affirment une « parfaite séparabilité » de ces deux pouvoirs. Le schisme, selon eux, consisterait seulement à vouloir transmettre (comme les évêques chinois dans les années cinquante) le pouvoir de juridiction sans l’accord du pape. La pure transmission du pouvoir d’ordre constituerait au maximum une désobéissance, et elle serait, en certains cas, licite car justifiée par un « état de nécessité ».
Ce raisonnement est invalidé par plusieurs considérations.
1° Si nous admettions (par hypothèse) une parfaite séparabilité de l’ordre et de la juridiction, il faudrait pourtant ajouter que, dans un sacre légitime, intervient en fait toujours l’exercice d’une juridiction. En effet, l’acte par lequel est désigné le sujet à sacrer ne relève pas du pouvoir d’ordre, mais du gouvernement de l’Église. « De droit divin – écrit l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II –, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église » [1] et l’agrégation à ce corps est un acte de juridiction. Durant le premier millénaire de l’Église, la désignation était faire ordinairement par les évêques de la Province. Le « mandat apostolique » n’existait pas, mais un sacre épiscopal opéré contre la volonté du propre patriarche, ou a fortiori du pape, était un acte schismatique.
Dans le catholicisme, depuis longtemps, c’est le pape qui opère ce choix (chez les latins) ou le confirme (chez les orientaux unis à Rome). Un évêque qui sacre un prêtre non légitiment désigné (par le pape ou le synode oriental), même s’il entend ne pas transmettre à ce prêtre de juridiction, usurpe bien une juridiction en choisissant ce prêtre-là pour évêque. C’est une désobéissance en matière grave et, selon le critère mis en avant par les défenseurs des sacres FSSPX (« le schisme est uniquement dans l’usurpation de juridiction »), c’est bien un acte schismatique.
2° La séparabilité dont parlent les défenseurs des sacres n’est pas totale. Certes, il y a des évêques qui ne jouissent pas d’une juridiction actuelle, mais tous (à la différence des simples prêtres) ont, en vertu même de leur sacre, une aptitude, de droit divin, à cette juridiction. Il y a, dans la dignité épiscopale elle-même, une relation au Corps mystique, qui ne se réduit pas au pouvoir d’ordonner et de confirmer des baptisés. Cette relation porte sur la régence même de l’Église, en incluant dans cette notion le pouvoir d’enseigner et de gouverner. « L’évêque – écrit saint Thomas d’Aquin – a un Ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Eglise, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale »[2].
Ce pouvoir ne devient juridiction actuelle ou effective que par la désignation et le gouvernement de sujets déterminés. Mais il appelle cette désignation, il y est intrinsèquement ordonné, de par la volonté même du Christ, à tel point que la destination à la juridiction (du for externe) fait partie de la notion même de l’épiscopat. « Ce serait une contradiction dans les termes de concevoir un évêque consacré qui n’aurait, dans le caractère même, aucune relation au gouvernement de l’Église [3]. » Cette vérité est indépendante de la question de la sacramentalité de l’épiscopat.
Celui qui reçoit l’épiscopat sans investiture légitime (par le pape ou le synode oriental) reçoit ainsi un pouvoir spirituel intrinsèquement ordonné au gouvernement de l’Église, en dehors de toute injonction de ceux qui ont autorité dans l’Église. Il reçoit une puissance essentiellement ordonnée à un acte réservé, de droit divin, à ceux qui dans l’Église sont revêtus de l’autorité. Il y a là une grave viciosité qui est dans la ligne même du schisme. C’est pourquoi Pie XII qualifie la consécration ainsi reçue de « très grave attentat à l’unité même de l’Église [4] ».
3° Le schisme intervient lorsque les consécrations sont faites dans le dessein de se soustraire à la juridiction pontificale ou à la communion de l’Église universelle. C’était le cas pour la constitution de l’« Église patriotique » chinoise. C’est ce qui s’est passé pour les sacres de Mgr Lefebvre du 30 juin 1988 et qui est envisagé pour les sacres de la FSSPX du 1er juillet 2026. Ces sacres n’entendent peut-être pas transmettre une juridiction, mais ils visent à se soustraire à une juridiction : se dérober aux « autorités modernistes », pour faire une « opération-survie de la Tradition » hors des structures hiérarchiques.
Le motif donné par l’abbé Jean-Michel Gleize [FSSPX] pour les sacres de 2026 comporte sans aucune équivoque la séparation de la FSSPX d’avec les évêques de l’Église catholique.
Ces consécrations épiscopales sont l’acte rendu nécessaire à l’Eglise en raison d’un « état de nécessité », car la situation présente, qui est celle d’une invasion généralisée et permanente du modernisme dans l’esprit des hommes d’Eglise, réclame, pour la sanctification et le salut des âmes, un épiscopat véritablement catholique et indemne des erreurs du concile Vatican II, tel qu’il ne saurait de fait se rencontrer en dehors de l’œuvre suscitée par Mgr Lefebvre.[5]
C’est pourquoi Jean-Paul II, dans le motu proprio Ecclesia Dei, a parlé à bon droit d’« acte schismatique ». Il ne s’agissait pas seulement de promouvoir quelques prêtres à l’épiscopat, mais le but revendiqué était de se donner les moyens de dispenser les sacrements et l’enseignement dans l’indépendance par rapport à la hiérarchie catholique, pape et évêques en communion avec lui.
De fait, la FSSPX, depuis 1988, et encore plus depuis 2018, où l’abbé Pagliarani est Supérieur général, se comporte comme si elle n’avait aucune subordination à la hiérarchie catholique. Aucune autorisation (en dehors de l’utilisation d’une basilique pour un pèlerinage) n’est demandée pour quelque activité pastorale, apostolique ou enseignante que ce soit. Aucune directive de la hiérarchie comme telle n’est suivie. Aucun document du magistère postérieur à 1962 n’est reçu. Ils sont même parfois d’autant plus critiqués qu’ils contiennent de bons éléments qui pourraient être des « pièges » (ainsi le Catéchisme de l’Église catholique, Veritatis splendor, Dominus Jesus).
Plus grave encore, la FSSPX accorde des dispenses d’empêchement de mariage et juge elle-même en interne de la nullité des mariages. Ce qui est manifestement s’attribuer un pouvoir de juridiction. Depuis 1991, du vivant de Mgr Lefebvre, la FSSPX s’est arrogé sur ses fidèles (et potentiellement sur tous les catholiques), par la création de la « Commission Saint Charles Borromée », le « pouvoir de lier et de délier », usurpant le pouvoir de juridiction que le pape seul peut donner. En mai 2017, huit doyens du District de France de la FSSPX et trois supérieurs religieux affirmaient : « Nous continuerons à ne reconnaître comme ultime juge de ces questions [matrimoniales] que la Commission Saint Charles Borromée […] » [6].
4° La définition que les défenseurs des sacres FSSPX donnent du schisme est incomplète. Ils restreignent le schisme au rapport avec l’autorité, et ils oublient une autre dimension du schisme : l’atteinte à la communion entre les fidèles. « On appellera schismatiques ceux qui refusent de se soumettre au Souverain Pontife, et ceux qui refusent la communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis », écrit le Docteur commun [7].
La FSSPX revendique justement sa séparation d’avec les autres membres de l’Église. L’abbé Pagliarani, en 2016, évoquait « le fait objectif que la vie catholique dans les structures officielles est actuellement impossible [8] ». Selon les directives des supérieurs, il ne faut pas assister aux offices des Instituts Ecclesia Dei, en tout cas ne pas y communier. Il faut s’écarter, non seulement des fidèles qui fréquentent le nouveau rite, mais aussi des « ralliés », pour ne pas être contaminés par l’esprit « moderniste » que ces derniers seraient censés véhiculer. Les prêtres qui se trouveraient présents à une cérémonie religieuse des « ralliés » doivent y assister en dehors du chœur, et en tout cas sans l’habit de chœur, in nigris.
Les fidèles ou les prêtres qui suivent ces directives ne se comportent pas comme des parties dans l’Église. Le grand théologien Cajetan rappelait à ce sujet :
Celui-là est schismatique qui refuse d’agir comme partie de l’Église. Peu importe les motifs : dès qu’on en vient à refuser de se comporter comme partie d’une unique Église catholique, on tombe dans le schisme. Quelque variées que soient les raisons et les passions qui poussent les chrétiens à se soustraire à la communion, à vouloir sanctifier et être sanctifiés, à instruire et à être instruits, à diriger et à être dirigés […], non plus comme parties de l’Église catholique, mais comme s’ils étaient eux-mêmes des « touts » à part, ils sont schismatiques [9].
Conclusion
Ces quatre raisons montrent que les sacres sans mandat pontifical (et a fortiori contre la volonté expresse du pape) ne sont pas légitimes et constituent un très grave attentat à l’unité de l’Église. Effectués avec l’intention de se soustraire à la juridiction du pape et des évêques, ils constituent bien un « acte schismatique ». Le fait que le groupe auquel ils ont donné naissance se refuse à la communion hiérarchique est une confirmation claire de cette situation de dissidence voulue.
Ce qui vient d’être dit n’empêche nullement d’être conscient de la situation dramatique de crise dans l’Église ; ni de constater que certains pasteurs ne font pas leur devoir, quand ils ne donnent pas l’exemple de scandales dans la foi et les mœurs. Cela n’empêche pas de voir que certains actes et certaines omissions de la hiérarchie favorisent à des degrés divers l’hérésie et la destruction des structures. On peut comprendre, dans ces circonstances, que des fidèles du rang, désorientés, se raccrochent aux prêtres qui dispensent les sacrements sous leur forme traditionnelle. Il ne s’agit donc pas d’accuser les personnes ni de considérer que celles qui adhèrent à la FSSPX sont toutes subjectivement schismatiques.
Mais on ne combat pas une erreur par une autre erreur, ni l’hérésie par le schisme. On ne saurait partager le point de vue de ceux qui disent en substance : « Pas d’ennemis à droite, on veut les sacrements et la catéchèse de la Tradition, point à la ligne ! » Ce primat de l’efficacité est une sorte de « primat du pastoral » en version traditionaliste. Ce pragmatisme néglige la primauté de la doctrine et finit par déformer les esprits des fidèles.
Une note personnelle pour terminer. Comme prêtre et comme fondateur, j’ai le devoir de témoigner qu’il faut, quoi qu’il en coûte, rester fidèles à tous les aspects de la doctrine catholique : l’importance de la Tradition, et celle de la communion hiérarchique. Cela est possible et, de fait, en dépit de difficultés nombreuses et d’incompréhensions, cela dure depuis trente-huit ans. Je rends grâces pour les beaux fruits que, par la grâce de Dieu, cette double fidélité a porté.
Rosaire devant Notre-Dame de Paris lundi 23 février 19h30
A la veille du vote des députés sur la loi “d’aide à mourir”, venons tous aux pieds de Notre-Dame la prier en récitant le Rosaire !
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Premier dimanche de Carême : jeûne et tentation
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous sommes entrés, le Mercredi des Cendres, dans le temps du Carême pendant lequel l’Église, par sa liturgie, nous engage à la pénitence. Les ornements sont violets. Il n’y a ni Alléluia, ni Gloria, ni Te Deum. Le silence est imposé aux orgues. On ne doit pas orner de fleurs les autels. La solennité des noces est interdite.
Introït : Invocábit me…
En ce premier dimanche du Carême, toute la liturgie nous rappelle que ce Carême est un combat que nous allons avoir à mener pendant ces quarante jours pour parvenir à la victoire finale de Pâques. Dans ce combat nous avons des adversaires qui sont les mauvais anges ou démons, et des alliés qui sont les bons anges, nos anges gardiens. Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons Notre Seigneur s’enfoncer dans le désert pendant quarante jours pour lutter contre Satan, chef des démons et nous voyons les anges s’approcher de Lui pour le servir.
Les chants du propre de la messe de ce Dimanche présentent une particularité unique dans la liturgie, c’est qu’ils sont tous tirés du même psaume, le psaume 90 Qui hábitat in adjutório Altíssimi ; il chante la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat, et la certitude de la victoire grâce à cette protection si nous sommes fidèles. Les anges gardiens que le Seigneur nous envoie pour nous aider y sont explicitement mentionnés, nous le verrons au Graduel.
Le chant de l’Introït est emprunté aux derniers versets du psaume, dans lesquels Dieu lui-même prend la parole pour promettre la victoire, qu’il accordera à ceux qui se confient en lui, et la vie éternelle. Il est assez rare dans les Introïts que ce soit Dieu qui parle. Cela ne se produit que deux ou trois fois dans l’année.
Invocábit me, et ego exáudiam eum : erípiam eum, et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum.
Il m’invoquera et je l’exaucerai, je le délivrerai et je le glorifierai, je le comblerai d’une longue suite de jours.
On remarquera l’insistance sur le mot eum, qui revient après chaque verbe, ce qui montre bien l’attention que le Seigneur porte à chacun de nous. Comme il convient pour la parole de Dieu, la mélodie de cet Introït est très affirmative et pleine d’une calme assurance. Il est accompagné, bien entendu, par le premier verset du psaume 90 que nous retrouverons tout à l’heure au Trait :
Qui habitat in adjutorio Altíssimi, in protectione Dei cæli commorabitur.
Celui qui demeure avec le secours du Très-Haut restera sous la protection du Dieu du ciel.
Lisons un très beau commentaire de l’abbé Portier dans la revue Una Voce au sujet de ce chant d’entrée :
« Commencez votre Carême avec ardeur, continuez-le dans la ferveur, et si vous êtes inquiets, moroses, chantez de nouveau cet introït ; il vous mettre dans la joie profonde et vous acheminera sûrement à celle de Pâques, à cette glorification qui commence pour ne plus jamais cesser ».
Graduel : Ángelis suis….
Le texte du Graduel du premier dimanche de carême est tiré du psaume 90. Comme tous les autres chants de cette messe, et nous allons y trouver les versets de ce psaume qui parlent explicitement des anges Gardiens.
Ángelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.
Dieu a donné ordre à ses anges de te garder dans toutes tes voies.
Et le verset :
In mánibus portábunt te, ne únquam offéndas ad lápidem pedem tuum.
Ils te porteront dans leurs mains afin que ton pied ne heurte pas la pierre.
Bien entendu il faut entendre ce texte au sens spirituel ; les pierres que nos pieds peuvent heurter ce sont les tentations et toutes les embûches que l’ennemi diabolique sème sous nos pas. Le rôle des anges gardiens est essentiellement spirituel, comme notre combat de Carême dans lequel nous pouvons compter sur leur aide. La mélodie de ce Graduel est une mélodie type, c’est à dire qu’elle n’est pas seulement composée de diverses formules que l’on retrouverait ailleurs, mais qu’elle est la même d’un bout à l’autre dans un certain nombre de Graduels du répertoire. Elle est en particulier identique note pour note à celle du Graduel Requiem de la messe des défunts, et on remarquera comment ses vocalises s’adaptent avec une grande souplesse à des textes différents et à l’expression de sentiments divers, ici la tranquille sécurité que nous ressentons sous la protection des bons anges.
Trait : Qui hábitat…
Pendant le Carême, comme au temps de la Septuagésime, le Graduel est suivi d’un Trait. Celui de ce dimanche présente une particularité, c’est qu’il est d’une longueur tout à fait inhabituelle. Rares sont les chorales qui le chantent car son exécution intégrale dure près d’un quart d’heure. Il reprend la plus grande partie du psaume 90, treize versets sur seize, longue méditation sur la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat contre les esprits infernaux et leurs tentations. C’est le psaume dont tous les chants de cette messe sont tirés, mais il est aussi connu comme étant un des psaumes des complies du dimanche, car il convient tout à fait d’invoquer la protection du Seigneur et le secours des anges gardiens avant de s’endormir.
Les premiers versets chantent sous forme d’un dialogue la protection que le Seigneur accorde à ceux qui mettent leur confiance en Lui. Les versets suivants expriment cette protection divine avec de belles images que nous allons retrouver à l’Offertoire et à la Communion. Puis ils mentionnent les attaques perfides du démon qui est explicitement nommé et ses ténébreuses manœuvres auxquelles échappe celui qui met sa confiance en Dieu alors que les autres tombent à ses côtés.
V/. Qui hábitat in adjutório Altíssimi, in protectióne Dei cæli commorántur.
Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.V/. Dicet Dómino : Suscéptor meus es tu et refúgium meum : Deus meus, sperábo in eum.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon défenseur et mon refuge. Il est mon Dieu ; j’espérerai en lui.V/. Quóniam ipse liberávit me de láqueo venántium et a verbo áspero.
Car c’est lui qui m’a délivré du piège du chasseur, et de la parole âpre et piquante.V/. Scápulis suis obumbrábit tibi, et sub pennis eius sperábis.
Il te mettra à l’ombre sous ses épaules et sous ses ailes tu seras plein d’espoir.V/. Scuto circúmdabit te véritas eius : non timébis a timóre noctúrno.
Sa vérité t’environnera comme un bouclier ; tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.V/. A sagítta volánte per diem, a negótio perambulánte in ténebris, a ruína et dæmónio meridiáno.
Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les maux qui s’avancent dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi.V/. Cadent a látere tuo mille, et decem mília a dextris tuis : tibi autem non appropinquábit.
Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; mais la mort n’approchera pas de toi.V/. Quóniam Angelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.
Car le Seigneur a commandé pour toi à ses anges de te garder dans toutes leurs voies.V/. In mánibus portábunt te, ne umquam offéndas ad lápidem pedem tuum.
Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
V/. Super áspidem et basilíscum ambulábis, et conculcábis leónem et dracónem.
Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, et tu fouleras au pied le lion et le dragon.V/. Quóniam in me sperávit, liberábo eum : prótegam eum, quóniam cognóvit nomen meum.
Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai ; je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.V/. Invocábit me, et ego exáudiam eum : cum ipso sum in tribulatióne.
Il criera vers moi, et je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation.V/. Erípiam eum et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum, et osténdam illi salutáre meum.
Je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut.Les moines d’En Calcat ne chantent que les premier et dernier versets et psalmodient les autres.
Offertoire : Scápulis suis…
Les deux derniers chants du propre de la messe du premier dimanche de Carême, l’Offertoire et la Communion, ont exactement le même texte, ce qui est encore une autre particularité de ce dimanche, unique dans la liturgie, mais la mélodie grégorienne peut donner à un même texte deux expressions différentes. Il s’agit des versets du psaume 90 qui traduisent la protection divine par de belles images :
Scápulis suis obumbrábit tibi Dóminus, et sub pennis ejus sperábis : scuto circúmdabit te véritas ejus.
Le Seigneur te mettra à l’ombre de ses épaules et sous ses ailes tu espéreras, sa fidélité t’entourera d’un bouclier.
La mélodie de l’Offertoire s’apparente à celle de l’Introït. Elle est pleine de calme et d’assurance paisible. C’est vraiment le sentiment de sécurité sous la protection du Seigneur qui domine.
Communion : Scápulis suis
Le texte de l’antienne de Communion du premier Dimanche de Carême est identique à celui de l’Offertoire. Scápulis suis obumbrábit tibi …
Mais alors que la mélodie de l’Offertoire était assez statique, pleine de calme assurance, celle-ci est plus dynamique ; on y sent passer un grand élan mystique, nécessaire pour triompher dans le combat qui est engagé.
Euthanasie : le pire n’est jamais sûr
Dans un communiqué, le lobby de l’euthanasie, l’ADMD, commence à s’inquiéter “quant au déroulement des discussions parlementaires sur les propositions de loi relatives à la fin de vie“. Sur le texte relatif à l’euthanasie, plus de 2 000 amendements ont été déposés, ce qui permettrait d’empêcher l’aboutissement du processus législatif. L’Assemblée pense déjà décaler le vote solennel sur l’ensemble de la loi au 25 février.
A la suite d’une réunion qui s’est tenue lundi 16 février au Sénat, en présence de Sébastien Lecornu, de Gérard Larcher et de présidents de groupe, il aurait été envisagé le retour, en avril, de la seule proposition de loi relative aux soins palliatifs.
Il faut souligner que les partisans de l’euthanasie brûlent les étapes qu’ils s’étaient eux-même fixés : mettre le pied dans la porte avec une loi minimum autorisant l’euthanasie, ponctuée de moult garde-fous pour rallier les indécis et autres timorés. Au fil du temps, comme avec l’avortement, il suffira de faire sauter un à un ces pseudos garde-fous, comme les pays ayant légalisé l’euthanasie l’ont tous fait, et puis d’étendre le périmètre des personnes à éliminer.
Mais, emportés par leur folie, ils font déjà sauter ces fameux garde-fous. La liste des amendements rejetés en dit long sur l’esprit de la loi : tous ceux visant à s’assurer des capacités de discernement ou de consentement ou de l’absence de pressions ont été rejetés. Tous sans exception. Les députés ont validé un droit d’accès à l’euthanasie à égalité avec le suicide assisté alors que l’euthanasie était censée rester “exceptionnelle” … tout cela en maintenant leur refus d’utiliser les mots appropriés.

Désormais, certains se posent la question de voter cette loi. Le député Stéphane Peu, président du groupe GDR (communiste), avoue ne pas être prêt à l’approuver.
L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), à l’origine du débat sur l’euthanasie et le suicide assisté en France, adhère à une idéologie radicale. Si l’ADMD se limite aujourd’hui à réclamer la légalisation de l’euthanasie volontaire des adultes malades, elle est néanmoins favorable à l’euthanasie des mineurs, des personnes handicapées ou âgées.
Interrogé durant l’Assemblée Générale de l’ADMD de 2022 sur l’opportunité « d’aller plus loin » que le texte de loi discuté alors et de réclamer l’extension de l’euthanasie aux mineurs, aux personnes âgées et aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, Jean-Luc Romero – président de l’ADMD jusqu’en 2021 – répondit qu’il y a un débat interne sur cette question mais que l’association « n’avait pas souhaité aller plus loin, en disant, stratégiquement, ce n’est pas le moment ». L’important serait déjà de faire adopter « le socle » de la loi autorisant le principe de l’euthanasie. Plus tard, dans un second temps, « comme les Belges ont amélioré leur texte, on l’améliorera » ; la Belgique a, en effet, largement étendu l’accès à l’euthanasie aux mineurs et aux personnes dépressives depuis la loi initiale.
Le député franc-maçon Jean-Louis Touraine, auteur d’une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie en 2017 et régulièrement invité par l’ADMD, partage exactement et explicitement cette stratégie lors d’une une réunion avec l’association pro-euthanasie Le Choix le 30 novembre 2024 [1] :
« une fois qu’on aura mis le pieds dans la porte, il faudra revenir tous les ans et dire « on veut étendre ça. » […] [d]ans la première loi, il n’y aura pas les mineurs, il n’y aura pas des maladies psychiatriques, dans la première loi, il n’y aura même pas les maladies d’Alzheimer. Donc tout ça ne viendra pas tout de suite. Mais dès qu’on aura au moins obtenu une loi […] on pourra étendre les choses, […] il faudra introduire cette égalité, mais je pense que ce sera un combat important et que nous devrons continuer aussi au moment de l’application de la loi. »
L’actuel président de l’ADMD, Jonathan Denis, ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit en 2022 :
« Comme la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse, telle que votée en 1975, était très incomplète, nous devons craindre que la loi qui sera proposée au vote des parlementaires, en 2023 nous dit-on, ne réponde pas à l’ensemble de nos revendications […]. Nous devrons accepter des concessions qui ne seront que temporaires, transitoires. Car dès lors que le principe même de l’aide active aura été voté, le front des anti-choix aura été brisé et nous pourrons enfin avancer rapidement et faire évoluer la loi vers ce que nous souhaitons tous : une loi du libre choix qui ne comporte aucune obligation pour quiconque. [2] »
En 1985, Paul Chauvet, président de l’ADMD, écrivait déjà :
« Il conviendra donc toujours d’avancer sur deux plans : celui de la demande acceptable aujourd’hui, et celui affirmé, confirmé, de l’idéal recherché, pour faire progresser notre objet [3] ».
Une recherche dans les Bulletins de l’ADMD révèle le radicalisme de cette organisation. Sa position à l’égard de l’euthanasie forcée fut encore débattue en 1988, lorsque le bureau de l’association proposa de modifier ses statuts pour déclarer explicitement qu’elle « s’oppose à l’euthanasie qui ne serait pas l’expression d’une volonté libre et réfléchie de la personne ». Il s’agissait alors de mettre un terme à toute ambiguïté sur la question. Pudiquement, le bulletin suivant de l’association indique que cette proposition suscita de grandes difficultés et fut finalement rejetée [4].
Certes, plus tard, l’ADMD a déclaré s’opposer « à toute euthanasie pratiquée sans demande de la personne concernée », mais tout en soutenant des personnes poursuivies en justice pour avoir euthanasié des patients sans leur consentement. Ce fut le cas dès les années 1980, lorsque l’ADMD se réjouissait de l’acquittement de Pierre Thébault, un infirmier ayant tué une femme de 86 ans ayant une fracture du col du fémur [5], ou encore en 2013 lorsque l’ADMD soutenait le Dr Bonnemaison poursuivi en justice pour avoir empoisonné sept patients hors d’état d’exprimer leur volonté [6].
L’idéal supérieur de l’ADMD n’est pas l’euthanasie des personnes mourantes ou inconscientes, mais le suicide volontaire des personnes qui craignent de se voir dépérir. Pour Odette Thibault, théoricienne et cofondatrice de l’ADMD, le suicide « est le seul moyen de mourir… vivant », c’est « la suprême autonomie, celle qui définit l’être humain… avant qu’on ne la perde tout à fait. » Quant au sénateur Henri Caillavet, ancien président de l’ADMD, « le suicide conscient est l’acte unique authentique de la liberté de l’homme ». Cette apologie du suicide comme acte de liberté s’exprime en contrepoint d’une peur tout aussi extrême de la déchéance physique et de la dépendance. Pour Caillavet:
« Lorsque nous sommes – morts en nous-mêmes – pourquoi maintenir une flamme vacillante ne permettant plus qu’une existence végétative, sinon proche de la sénilité ? Est-ce vivre que de ne plus être autonomes, de dépendre d’autrui, de ne plus être capable d’intégrer le monde extérieur et d’être parfois soumis à un acharnement thérapeutique illusoire ? Certainement pas. »
De ce point de vue, un être privé d’autonomie et de capacités relationnelles ne serait pas ou plus vraiment humain ; ils auraient perdu toute dignité. Comme l’écrit Odette Thibault,
« Tout individu ne possédant plus ces facultés peut être considéré dans un état sous-humain ou infra-humain, poussé à l’extrême dans le cas du débile profond ».
Dès lors, ajoute-t-elle, « beaucoup d’individus sont des morts-vivants, déjà morts à l’humain bien avant la fin de leur vie organique ».
Les tuer ne serait donc pas un meurtre, puisqu’ils seraient déjà morts à l’humanité ; et cela ne violerait pas leur autonomie individuelle puisqu’ils en sont démunis. Odette Thibault va jusqu’à écrire :
« Prolonger cette déchéance est, à mon avis, une des plus graves atteintes qu’on puisse porter à la dignité humaine ».
À ces arguments sur l’indignité et l’inhumanité de la fin de vie s’ajoutent des considérations économiques, sur la charge sociale des personnes handicapées et séniles. Odette Thibault écrit encore à propos des personnes âgées :
« Dès qu’ils sont inutiles, ou qu’ils représentent une charge supplémentaire, comme c’est le cas dans les périodes de pénurie, on est content de les voir disparaitre ».
Un autre administrateur historique de l’ADMD, Albert Cuniberti, ajoute, dans le bulletin de l’association :
« l’acharnement que l’on met à conserver une dérisoire caricature de vie à un nombre croissant de vieillards qui ne le souhaitent pas, coûte de plus en plus cher et devient pour la société une charge de moins en moins supportable. »
Profanations des églises Saints-Pierre-et-Paul à Buchy et Saint-Martin à Rouvray-Catillon
Communiqué de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen,
de M. l’abbé Félix Noungou, curé de la paroisse Notre-Dame de Blainville – Buchy
et de M. l’abbé Sébastien Savarin, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Forges en Bray :
C’est avec une profonde émotion que la paroisse Notre-Dame de Blainville – Buchy et la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Forges en Bray ont constaté qu’une profanation a été commise probablement dans la nuit de ce vendredi 20 février 2026.
Des individus se sont introduits par effraction dans les églises de Buchy et de Rouvray-Catillon. Ils ont dérobé plusieurs objets de culte et ont emporté des hosties consacrées.
Au-delà du préjudice matériel, ces faits constituent une atteinte grave au caractère sacré du lieu et au droit des fidèles à l’exercice paisible de leur culte.
Nous remercions la gendarmerie qui s’est rendue immédiatement sur les lieux. Elle met en œuvre ses équipes de recherche afin de retrouver les malfaiteurs.
Le diocèse constate avec profonde amertume ces actes qui touchent l’ensemble de la population attachée à son patrimoine culturel et spirituel.
Un temps de prière et de réparation sera organisé prochainement dans les deux églises ; les modalités seront communiquées dans les jours à venir par les paroisses.
Au début du Carême, nous appelons les fidèles à s’unir dans la prière, en particulier pour le respect du Saint-Sacrement, pour la conversion des cœurs et pour la protection des lieux de culte. Nous en appelons à la vigilance de tous pour que soit respectée la liberté de culte dont l’ouverture des églises fait partie.
Fin de vie : Quand la mort devient une solution budgétaire
Sous couvert de « progrès », la France s’apprête à briser un tabou civilisationnel. Derrière les slogans, la loi Falorni cache une réalité brutale que nous ne pouvons plus ignorer.
🤔 1. La « Loi d’airain » d’une oligarchie
Comme l’analyse la philosophe Chantal Delsol, une minorité militante impose sa vision en méprisant les aspirations profondes des Français. Ce prétendu consensus est un mirage : l’étude Fondapol prouve que dès que l’on aborde le concret (absence de contrôle, dérives psychiatriques), l’adhésion s’effondre ( cf ref Maroun Badr MA PhD.. en premier commentaire).
🤔 2. Une « résignation organisée »
La députée Hanane Mansouri, dans une allocution magnifique à l’Assemblée Nationale, a eu les mots justes : proposer la mort quand on échoue à offrir le soin est une faillite morale. En l’absence de soins palliatifs partout en France, l’euthanasie n’est pas une liberté, c’est une solution par défaut imposée par une gestion comptable de la souffrance.
🤔 3. L’engrenage autoritaire et utilitariste
Le texte actuel va très loin :
* Délit d’entrave : Un proche tentant de dissuader un malade risquera la prison.
* Recours impossible : Les familles perdent tout droit de protéger les leurs.
* Recyclage humain : Comme le souligne Gregor Puppinck, l’euthanasie devient un gisement de prélèvements d’organes planifiés. C’est le stade ultime d’une société matérialiste.
🙁 Tenir la ligne
Refusons que la mort devienne une politique publique. La grandeur d’une nation se mesure à sa capacité à protéger les plus fragiles, pas à la technique de leur élimination.
L’urgence n’est pas de donner la mort, mais de donner les moyens de vivre et de soigner.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Peut-on encore parler de « liberté de choix » quand la seule alternative proposée par l’État est l’injection létale faute de lits en soins palliatifs ?
chantal delsol : « La loi fin de vie ou la loi d’airain de l’oligarchie »
https://www.lefigaro.fr/vox/societe/chantal-delsol-la-loi-fin-de-vie-ou-la-loi-d-airain-de-l-oligarchie-20260219
Le Figaro
Fin de vie: analyse comparative des enquêtes Fondapol (2025) et IFOP (2026)
Maroun Badr, M.A., Ph.D.
https://lenouveauconservateur.org/uncategorized/fin-de-vie-analyse-comparative-des-enquetes-fondapol-2025-et-ifop-2026/
Le nouveau conservateur
Hanane Mansouri
https://www.youtube.com/watch?v=S6pc0mBBmeY
Groupe UDR YouTube
Décryptage de la proposition de loi sur l’euthanasie par Grégor Puppinck – EDM
https://www.youtube.com/watch?v=tc8OMuVHO3s
European Centre for Law and Justice (ECLJ)
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Démographie : le bébé krach, avec Gérard-François Dumont
Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue Conflits, reçoit le démographe Gérard-François Dumont pour évoquer la chute des naissances en France. Comment évolue la démographie en Chine et en Inde ? Pourquoi les prévisions catastrophistes se sont révélées fausses ? Gérard-François Dumont revient sur les idées reçues de la démographie et analyse les différentes politiques publiques mises en place, rappelant les conséquence des politiques familiales sur la natalité.
Arménie : répression implacable contre l’une des plus anciennes Églises chrétiennes
De Raphaëlle Auclert, spécialiste d’histoire slave et enseignante à l’ICES, pour le Salon beige:
Le Catholicos de tous les Arméniens est poursuivi pour désobéissance par les autorités d’Erevan. Depuis la défaite infligée au pays par l’Azerbaïdjan en 2020, rien ne va plus entre le gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian et l’Église arménienne. Les autorités, qui ont déjà arrêté des dizaines de prêtres, ont désormais engagé des poursuites pénales contre leur chef, le Catholicos de tous les Arméniens Garéguine II. Dernier rebondissement en date : une interdiction de sortie du territoire a été prononcée à son encontre le 14 février, soit deux jours avant un important événement religieux [1].
La première Église de l’humanité, victime de persécutions
L’Église apostolique arménienne (EAA) est l’une des plus anciennes institutions chrétiennes encore existantes à ce jour. Rappelons que l’Arménie fut le premier pays à proclamer le christianisme religion d’État, avec la conversion du roi Trinidate IV en 301 (ou 314). Elle rassemble environ 10 millions d’Arméniens à travers le monde. Environ 700 000 d’entre eux résident en France, soit l’équivalent d’un quart de la population de l’Arménie elle-même. Cette diaspora a notamment donné naissance à de grands musiciens français, comme Charles Aznavour et Michel Legrand. Indissociable de l’identité arménienne, l’EAA jouit d’un statut particulier sur ses terres historiques. La Constitution du pays lui confère en effet une mission exclusive en tant qu’Église officielle de l’État arménien.
Pourtant, ce statut ne protège plus le clergé contre un État désormais passé à l’offensive. Les défenseurs des droits de l’homme dénoncent une pression constante exercée sur les serviteurs de l’Église, dont beaucoup ont été soumis à des perquisitions et à des arrestations depuis un an, y compris parmi les plus hauts dignitaires et leurs proches. Le chef même de l’Église apostolique arménienne, Garéguine II, figure parmi eux.
L’Église arménienne, ultime force d’opposition du pays
La brouille date de 2020 : les représentants de l’Église avaient alors critiqué vertement Nikol Pachinian pour l’incapacité de l’État à protéger la population arménienne du Haut-Karabakh (aussi appelé Artsakh en arménien) face à l’offensive des troupes azéries. A l’époque, 120 000 habitants de la région avaient été contraints de fuir, craignant des nettoyages ethniques et des persécutions.
Avec le temps, la confrontation a dépassé le cadre des simples débats pour dégénérer en un affrontement ouvert, marqué par des attaques personnelles et des pressions policières. L’été dernier, Pachinian avait publiquement affirmé que Garéguine II, astreint au célibat, entretenait secrètement une relation conjugale et avait un enfant. L’épouse du Premier ministre est même allée jusqu’à qualifier les chefs de l’Église de pédophiles. En réponse, le chef de l’État a été accusé d’avoir secrètement embrassé l’islam, ce qu’il a réfuté en proposant de démontrer personnellement au Catholicos qu’il n’était pas circoncis [2].
Parallèlement, les autorités ont ouvert des poursuite pénales à l’encontre d’une vingtaine de membres du clergé de l’Église arménienne et ont procédé à l’arrestation du frère et du neveu du Catholicos. Pachinian lui-même les a accusés d’ingérence électorale et de collaboration avec un service de renseignement étranger. Le gouvernement ne se limite du reste pas à l’Église et exerce la même pression sur l’opposition laïque. Au cours de l’année écoulée, plus d’une centaine de militants ont ainsi fait l’objet de perquisitions et plusieurs dizaines d’entre eux ont été arrêtés. Les principales cibles de ces décisions sont notamment accusées d’avoir « acheté des voix » [3].
Un rassemblement dans la ligne de mire des autorités arméniennes
Organisée du 16 au 19 février à Saint-Pölten, en Autriche, sous la présidence de Garéguine II, l’assemblée des évêques de l’Église apostolique arménienne (EAA) s’est pourtant tenue en l’absence du Catholicos, contraint de faire son discours par visioconférence [4]. En cause, les poursuites judiciaires engagées par les autorités arméniennes à son encontre. Le motif invoqué est l’« entrave à l’exécution d’une décision de justice » concernant Arman Saroyan, un évêque favorable au pouvoir et qui a pris position contre le hiérarque.
L’histoire remonte à la décision de Garéguine II de déchoir cet évêque de son statut ecclésiastique. Saroyan, appuyé par plusieurs alliés, avait alors pris partie pour le gouvernement et contesté cette décision devant une juridiction séculière. Bien que la question relevât purement du domaine ecclésiastique, la cour dénia au Сatholicos le pouvoir d’interdire à un prêtre pro-gouvernemental d’occuper sa charge [5]. Estimant la justice séculière incompétente pour statuer sur la nomination des hiérarques, Garéguine II avait, lui, maintenu sa décision le 27 janvier dernier. Nous connaissons la suite : le parquet général d’Arménie jugea ce motif suffisant pour ouvrir une enquête judiciaire et lui interdire de quitter le territoire.
Outre le Catholicos, six autres évêques ont été soumis aux mêmes restrictions par les autorités. Les observateurs estiment que ce calendrier n’est pas fortuit : les enquêtes ont été ouvertes le 14 février, soit juste avant le rassemblement prévu en Autriche. En outre, on notera la coïncidence frappante entre ces événements et les déclarations du Premier ministre Nikol Pachinian, qui affirmait que « l’initiative de convoquer l’assemblée des évêques hors d’Arménie vis[ait] à sortir le Catholicossat de l’Église apostolique arménienne de la République d’Arménie, à renforcer son caractère de marionnette entre les mains de certaines forces et à l’utiliser comme un outil contre la République d’Arménie». Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que l’opinion publique perçoive dans ce zèle des forces de l’ordre une motivation politique sous-jacente.
Une situation inédite
Ara Zograbian, l’avocat du Primat, a qualifié ces actes de «sans précédent» et de «démarche historiquement honteuse de la part des dirigeants arméniens». Le Catholicos accuse quant à lui le Premier ministre de violer la Constitution en s’immisçant dans les affaires de l’Église. D’autres membres du clergé de l’EAA ont également exprimé leur indignation, parmi lesquels l’archevêque Nathan Hovhannisian : « Les idées délirantes selon lesquelles l’assemblée épiscopale ne peut se tenir en dehors de l’Arménie n’ont aucun fondement et je m’étonne qu’à chaque fois, on ne sait pourquoi, un groupe d’incompétents veuille prendre notre peuple pour des imbéciles. »
Un début de campagne électorale explosif
Cette confrontation brutale intervient en amont des élections législatives arméniennes du mois de juin où, selon les sondages, seuls 17 % des électeurs se disent prêts à voter pour le parti au pouvoir. Partant, les pressions exercées sur l’Église pourraient s’apparenter à des tentatives de renforcer le contrôle de l’opinion publique afin d’éviter une défaite de Nikol Pachinian [6].
Malgré les efforts de l’opposition, de la diaspora et des organisations de défense des droits de l’homme, les répressions actuelles en Arménie sont faiblement couvertes par les médias internationaux, laissant le pouvoir agir en toute impunité. Aujourd’hui, le christianisme est confronté à de nombreux attaques dans le monde, qu’elles viennent d’extrémistes ou bien de gouvernements. C’est pourquoi il est crucial que la France, pays de tradition chrétienne et fille aînée de l’Église, prenne fermement position dans cette affaire et attire l’attention de l’opinion publique internationale sur cette violation flagrante des droits des croyants rattachés à l’Église apostolique arménienne. Une situation qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de l’orthodoxie en Ukraine, divisée et otage malgré elle des batailles politiques.
Sources :
- “Armenian Government Opens Criminal Case Against Catholicos Karekin II, Imposes Travel Ban Before Bishops’ Assembly”, The Armenian Report, 14 février 2026, https://www.thearmenianreport.com/post/armenian-government-opens-criminal-case-against-catholicos-karekin-ii-imposes-travel-ban-before-bis
- 2. “Pashinyan and Wife Accuse Clergymen of Pedophilia and Violating Celibacy Vows”, The Armenian Mirror-Spectator, 5 juin 2026, https://mirrorspectator.com/2025/06/05/pashinyan-and-wife-accuse-clergymen-of-pedophilia-and-violating-celibacy-vows/
- 3. “Armenian Opposition Activists Prosecuted After Local Election”, Azatutyun, 18 novembre 2025, https://www.azatutyun.am/a/33594805.html
- “Bishops’ Assembly Opens in St. Pölten”, PanArmenian.net, 18 février 2026, https://www.panarmenian.net/eng/news/330861/
- 5. “Bishop Gevorg Saroyan files lawsuit against Etchmiadzin”, Civilnet, 16 janvier 2026, https://www.civilnet.am/en/news/997078/bishop-gevorg-saroyan-files-lawsuit-against-etchmiadzin/
- 6. “Civil Contract Leads Armenian Poll With 17.3% Support”, Caucasus Watch, 8 septembre 2025,https://caucasuswatch.de/en/news/civil-contract-leads-armenian-poll-with-173-support.html
Egypte : Découverte d’un « véritable musée à ciel ouvert »
Les autorités égyptiennes ont annoncé la découverte d’un site archéologique inédit, sur le plateau d’Umm Arak, au sud du Sinaï.
Les archéologues qui auraient retrouvé des peintures et des gravures appartenant à une période allant de la Préhistoire au Moyen-Age.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Un nombre élevé d’incendies criminels visant des églises en janvier 2026
Au cours du mois de janvier 2026, OIDAC Europe a enregistré 39 crimes de haine antichrétiens ciblant des lieux de culte chrétiens, des symboles religieux et, dans deux cas, un individu chrétien.
Les incidents recensés comprennent 18 cas de vandalisme, 5 cas de profanation, 10 incendies criminels et 4 vols visant spécifiquement des symboles religieux. De plus, trois cas de violence contre des personnes ou des activités chrétiennes ont été enregistrés. L’un concerne une agression physique contre un prédicateur de rue aux Pays-Bas ; l’autre, l’interdiction d’une marche chrétienne au Royaume-Uni en raison de craintes de réactions hostiles. Un cas impliquait des violences physiques, mais a été principalement enregistré comme un incendie criminel.
Le plus grand nombre de cas recensés depuis janvier 2026 a été enregistré en Italie (10), suivie de l’Allemagne (8), de la France (7), de l’Espagne (3), de l’Autriche (2), de la Pologne (2), des Pays-Bas (1), du Portugal (1), de la Roumanie (1) et de la Serbie (1). En dehors de l’Union européenne, des cas supplémentaires ont été enregistrés au Royaume-Uni (2) et en Ukraine (1).
Un fait marquant de janvier 2026 a été le nombre élevé d’incendies criminels visant des églises, avec dix incidents recensés durant la période considérée. La majorité de ces incendies ont eu lieu en Allemagne (4) et en Italie (3), mais des incidents isolés ont également été signalés en France, en Serbie et en Roumanie. Quatre de ces incendies criminels ont impliqué la destruction délibérée d’objets sacrés, notamment des livres liturgiques, des crèches et deux autels. À Rome, une église a dû être évacuée suite à un incendie criminel.
Pour le mois de février, OIDAC évoque l’assassinat de Quentin Deranque.
Syrie : Désengagement des Etats-Unis dans la région
Le dimanche 15 février, le gouvernement syrien a annoncé avoir repris la base d’al-Chaddadi, près d’Hassaké, au Nord-Est du pays, où se trouvaient les forces kurdes et une prison pour jihadistes.
Jusqu’alors, cette base était sous le contrôle de l’armée américaine qui était déployée dans la région dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe État islamique. Quelques jours auparavant, le 12 février, les Etats-Unis avaient annoncé s’être retirés de la base d’al-Tanf, point stratégique situé près des frontières avec la Jordanie et l’Irak.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
“La génération qui vient est une génération de bâtisseurs d’éternité”
À l’occasion d’un dîner de Renaissance catholique, Louis Guéry, directeur général de SOS Calvaires, a prononcé le discours suivant :
Chers amis,
Je voudrais ce soir vous raconter l’histoire de Pierre-Yves. Pierre-Yves a la cinquantaine, il est chauffeur poids-lourds, marié, père d’un petit garçon. Il mène une vie simple, dans un pavillon de lotissement, dans le département de l’Indre. Il n’est pas catholique, il ne connaît pas Jésus, n’en a jamais vraiment entendu parler. Sans animosité envers la religion, ça ne l’intéresse pas vraiment. Marié civilement, il n’est jamais rentré dans une église et personne dans son entourage ne pratique la religion.
Un vendredi matin d’avril 2023, comme tous les jours, Pierre-Yves se lève et s’habille pour démarrer sa journée, une journée comme une autre. Il est 4h30 du matin; pour un chauffeur poids-lourd, les journées commencent tôt. Et alors qu’il fait ses lacets courbés sur ses chaussures, assis dans le canapé du salon, il sent devant lui une chaleur, douce, très réconfortante, prégnante.
Il lève la tête lentement et voit devant lui deux soldats. Il les reconnait aux sandales, à l’uniforme. Ce sont des soldats romains, qui s’approchent de lui et qui entourent de part et d’autre un homme ensanglanté, défiguré, meurtri et dépouillé de ses vêtements. Il ne l’a jamais vu, mais il le reconnait. C’est Jésus qui revient de la flagellation. Il s’approche de Pierre-Yves, son regard est transperçant. Il lui dit : « N’aie pas peur, tout va bien aller. » Le Christ fait alors demi-tour et s’éloigne peu à peu. La chaleur reste encore quelques instants dans le salon puis disparaît elle aussi. Pierre-Yves se réveille. Il tient dans ses mains ses lacets.
Il ne comprend pas ce qui lui est arrivé. Pierre-Yves prend sa tension. Est-ce qu’il a rêvé, est-ce qu’il a fait un AVC ? Non, il finit par boucler ses lacets, il se lève, ses jambes le supportent. Il retrouve ses esprits, prend son café comme tous les jours de la semaine, monte dans son camion et prend la route pour sa journée de travail comme d’habitude. La journée s’écoule, mais Pierre-Yves est troublé. Il a changé. Sur la route du retour, il se met à pleurer toutes les larmes de son corps, pendant plus de 3h. Lui qui n’avait pas pleuré depuis 30 ans. Il n’en avait jamais eu l’occasion.
Ce jour-là, Pierre-Yves s’est converti et sa famille avec lui. Depuis il a rencontré des prêtres, reçu le catéchisme, demandé le baptême. Aujourd’hui, il va à la messe le dimanche et récite son chapelet. En se remémorant quelques semaines plus tard cet événement qui a transformé sa vie, Pierre-Yves s’est rendu compte que le matin de cette apparition, c’était le vendredi saint d’avril 2023.
Pierre-Yves m’a raconté son histoire à l’abbaye de Fontgombault il y a quinze jours, le 18 janvier dernier. Là-bas, il participe avec plus de 70 bâtisseurs à un chantier du Moyen-Age : restaurer un chemin de croix, enfoui dans les ronces de la colline qui jouxte l’abbaye bénédictine. Ce chantier de plus de deux années se fait à coups de pioche et de pelle, sans outil thermique, car la colline est inaccessible depuis la route. Un chantier titanesque qui consiste à dégager les pentes abruptes des bords de la Creuse de la végétation qui depuis un siècle avait pris le dessus. Il faut creuser un escalier dans la colline, façonner un chemin au milieu des grottes où l’ermite Gombault, il y a 1000 ans, s’était installé avec ses compagnons avant de fonder l’abbaye.
Pierre-Yves et ses compagnons sont faits du même bois. Ils travaillent activement, dans la joie, depuis un an, et pour un an encore, à redresser les 14 croix du chemin que le temps avait fait oublier.
Parmi ces bénévoles de l’association SOS Calvaires que j’ai l’honneur de représenter ici devant vous, ils sont nombreux comme Pierre-Yves. J’aurais pu vous raconter l’histoire de Gaël qui a vu la Sainte Vierge au moment de sa troisième tentative de suicide quand la corde a mystérieusement lâché ; qui m’avoue en me tombant dans les bras, qu’il vit chez SOS Calvaires la jeunesse qu’il n’a jamais eue. J’aurais pu vous parler d’Allan, manouche habitant à Blois, qui, me dit-il, a beaucoup réduit les bagarres depuis qu’il a rencontré SOS Calvaires et Jésus.
Ils sont venus trouver dans notre association le moyen de dire la Foi qu’ils ont dans le cœur depuis quelques années. Ils sont venus dire haut et fort, au vu et au su des passants, qu’ils sont chrétiens. Quand ils restaurent des croix aux bords des routes, les voitures ne ralentissent pas, mais elles voient : ce groupe d’hommes au pied de cette croix du bord de route. Cela les interpelle, trouble ce que la routine donne à voir. Et rien ne nous réjouit autant que le passant qui s’arrête, regarde, formule un souvenir d’enfance, lance un mot d’encouragement. Ces bâtisseurs élèvent vers le ciel des témoins de la Joie qui est la leur depuis qu’ils sont chrétiens.
Ils sont venus aussi pour réparer le petit patrimoine oublié, et en restaurant, ils réparent ce qu’ils considèrent être des années d’errance. C’est une réparation charnelle qui s’opère. Le rattrapage de maçonnerie devient rattrapage du cœur. Chacun d’entre nous, quand il brosse la pierre pour lui enlever ses mousses médite aussi sur le propre démoussage de son âme. C’est une démarche expiatoire, une sorte de pèlerinage immobile. C’est la méditation du pauvre, quand les mots ne viennent pas, quand la pensée est obstruée, quand les distractions faciles empêchent de s’asseoir pour Lui. Les bâtisseurs de SOS Calvaires se lèvent et travaillent à restaurer ces croix, pour dire à Celui-là qu’on l’aime. C’est notre langage à nous. Prendre soin, rendre beau, redonner vie.
Il s’agit là d’une réparation par la transpiration parce que nos corps ne doivent pas oublier ce qu’est le poids du bois sur une épaule. Faites l’expérience de porter une croix en haut d’un sommet savoyard, vous retrouverez les sensations de souffrance de Celui qui a engendré notre civilisation, il y a deux millénaires. C’est la mémoire de ces souffrances, inscrites dans notre ADN d’hommes façonnés à l’image du Très Haut, que nos bâtisseurs cherchent à retrouver quand ils se lèvent, chaque samedi matin, qu’il vente où qu’il neige pour monter sur les cimes. Ils se retroussent les manches, prennent leur pinceau, leur brosse, leur débroussailleuse et s’activent au pied de leur croix. La tâche est simple, mais elle met le corps à rude épreuve. L’effort nous montre nos limites, nous rappelle la mesure de l’espace, de la gravité, du temps.
Nous voulons aussi restaurer ces croix car elles sont de notre territoire. C’est la croix du bord de route devant laquelle nous passons tous les matins pour rejoindre notre lieu de travail, c’est là que nous sommes nés, parfois, c’est cette terre que nous avons adoptée au moins, et sur laquelle nous voulons vivre et élever nos enfants. C’est là que nous prenons racine, que nos enfants prennent racine. C’est là que nous voulons porter du fruit en abondance ; C’est sur ces paysages qu’ont façonnés nos aïeux que nous voulons nous aussi poser notre empreinte, que nous voulons laisser la meilleure trace de nous-mêmes.
Enfin, ces aventures ne seraient pas, si elles n’étaient pas vécues ensemble. Quand, adulte, on cherche des amis avec qui partager des moments d’authenticité, de simplicité, de prière et de beauté, la fraternité qui nous rassemble, grâce à laquelle on chante autour d’un feu ou d’une bonne table, est le lien qui rassemble les hommes debout. Ces croix qui donnent les points cardinaux, ces croix qui déterminent le croisement des routes, nous voulons en faire des carrefours, des points de ralliement, pour que tous ceux qui veulent viennent, au pied de la croix, être là, épaule contre épaule, le nez en l’air et la joie au cœur.
Si Pierre-Yves comme Gaël ou Allan, ont rejoint SOS Calvaires, c’est pour toutes ces raisons. C’est pour professer haut et fort leur Foi et travailler à une œuvre concrète, enracinée et fraternelle. Pour tous ceux-là dont je me fais ce soir le porte-voix, je voudrais vous dire combien cette France des campagnes est belle, combien les croix des champs méritent d’être au centre de nos vies.
Chers amis du temps qui passe et de celui qui vient, Stat Crux dum tempus fugit. La Croix demeure tandis que le temps passe. Levez les yeux, regardez l’horizon, là-bas se dresse dans la brume, la croix de votre chez vous. Arrêtez-vous, elle vous attend depuis longtemps. Déposez-y une prière, un geste, une larme. Pour ceux qui sont loin, pour ceux qui sont seuls, ou pour ceux qui ne sont plus.
La génération qui vient est une génération de bâtisseurs d’éternité, ceux qui n’ont pas rejeté la pierre d’angle, mais qui s’efforcent de la tailler dans le roc. Ces pierres, maçonnées à la hâte il y a plus d’un siècle, n’appartiennent pas à la grande Histoire. La loi ne les protège pas. Elles sont malmenées par l’urbanisation des bourgs et l’élargissement des routes, elles sont parfois profanées par les artisans des ténèbres ; elles sont aussi, tout simplement victimes des accidents de la route. Leur taille modeste les rend sujettes à la destruction indifférente. Seuls nos yeux peuvent les sauver. Jetons sur ces pierres notre regard, contemplons leur beauté simple, leur allure modeste, leur élégance figée. Notre coup d’œil porté sur ces vestiges leur donnera du prix. Car seule notre attention leur donnera toute leur valeur. Nous sauverons alors ces calvaires et en sauvant ces pierres, c’est je l’espère, la Croix qui nous sauvera.
Louis Guéry
La vie : un don inestimable
La France débat actuellement de la loi sur l’euthanasie. Une loi source de division et d’inquiétude.
La vie est précieuse. La vie est une mission.
La loi actuellement débattue provoque une source d’inquiétude. Désormais, l’être humain est réduit à prendre un létal car « une charge pour la société ». Une pure indécence ! Réduire l’être humain à un motif économique signifie que la vie n’est qu’économique. Cela créera des conflits intrafamiliaux, et une défiance vis-à-vis des services médicaux.
Donc, si une personne est âgée, malade, handicapée, le létal serait recommandé que les soins palliatifs. Ainsi le commandement « Tu ne tueras point » et le Serment d’Hippocrate seront rompus. Une rupture anthropologique.
Au lieu de mettre les moyens aux soins palliatifs, à des traitements, la loi préfère réduire les coûts de soins au profit de l’euthanasie, du létal.
Aussi, cette loi ouvrirait une boîte de Pandore, avec des actions et des résultats désastreux (nous pouvons le constater en Belgique, au Canada).
Dans cette même loi débattue à l’Assemblée nationale, toute entrave, tout empêchement à l’euthanasie est passible de sanction. Une sanction injuste. Où est la fraternité ?
Ainsi, l’Etat doit mettre les moyens dans les soins palliatifs, de défendre la vie !
En ce temps de Carême, prions pour la France, prions pour la vie !
La vie est un don inestimable !
Que Dieu protège la France de tout mal !
Source de l’article : https://journallespoir.wordpress.com/2026/02/19/la-vie-un-don-inestimable/
(Je vous recommande de signer la pétition de la Fondation Jérôme Lejeune : https://stop-euthanasie.fr/ )
(Tous mes remerciements à la Marche pour la vie, l’Alliance Vita, la Fondation Jérôme Lejeune de promouvoir et de défendre la vie. Aussi, je remercie les députés et sénateurs qui votent pour la protection de la vie) .
(Source de l’image : Marche pour la Vie).
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
“La proposition que nous discutons représente une rupture que je ne suis pas prêt à approuver à ce stade”
Intervention du député Stéphane Peu, président du groupe GDR (communiste), concernant l’article 2 de la loi sur l’euthanasie :
Je profite également de cet article 2 pour m’exprimer. Dans le prolongement des propos de Mme Firmin Le Bodo, j’aborde ce texte avec beaucoup de doutes, beaucoup d’humilité, beaucoup de questions. Je me félicite que le projet initial ait été scindé en deux, les soins palliatifs d’un côté et l’aide active à mourir de l’autre. Cela me semble une bonne chose.
La loi Claeys-Leonetti n’a que dix ans et elle est loin d’être appliquée. Nous venons d’adopter un texte sur les soins palliatifs et je ne comprends pas bien cette précipitation alors que la loi précédente n’est toujours pas appliquée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR. – Mme Blandine Brocard applaudit également.)
La proposition que nous discutons représente une rupture que je ne suis pas prêt à approuver à ce stade. C’est une porte entrouverte, et nous savons que partout où une telle porte a été entrouverte, l’ouverture a ensuite été élargie à d’autres cas supplémentaires. À chaque fois, l’adoption d’une telle loi a représenté une rupture anthropologique. Nos concitoyens s’inquiètent beaucoup de la qualité des soins, de l’hôpital public, d’une loi sur le grand âge qui ne vient pas. Ils s’inquiètent également de la solitude de nos aînés, à laquelle notre société est bien en peine de répondre. Il y va de la responsabilité de la société tout entière, mais aussi de la responsabilité individuelle. Nous vivons un moment où l’individualisme triomphe et où bien d’autres périls menacent notre société – je pense notamment à la conception utilitariste et productiviste de l’être humain. Je me souviens qu’en 2020, lors de l’épidémie de covid, certains – notamment parmi les plus libéraux – ne comprenaient pas comment un pays pouvait mettre à l’arrêt son économie et dépenser autant d’argent pour lutter contre une épidémie qui ne concernait que les vieux.
Parler de « fin de vie » est trompeur
Première séance du mercredi 18 février 2026 à l’Assemblée nationale.
Article 1er (suite)
Mme la présidente :
Je suis saisie d’une série d’amendements identiques, nos 1, 81, 274, 284, 421, 487, 491, 827, 854, 1093, 1214, 1244 et 1807, tendant à supprimer l’article 1er. Sur ces amendements, je suis saisie d’une demande de scrutin public par les groupes Rassemblement national et Ensemble pour la République.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 1.
M. Patrick Hetzel :
Nous souhaitons supprimer cet article, dont la rédaction est assez trompeuse. Il y est question de « fin de vie », alors qu’en réalité, il ne s’agit pas forcément de fin de vie : un malade peut être en phase avancée de la maladie mais avoir encore – et c’est heureux ! – quelques années à vivre. Je m’appuie à la fois sur les déclarations de l’Académie nationale de médecine et sur celles du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE). Par ailleurs, 14 millions de personnes souffrent d’une affection de longue durée (ALD) dans notre pays ; toutes ne sont pas pour autant en fin de vie.
La loi doit respecter l’objectif constitutionnel d’intelligibilité, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas être équivoque. Or parler de « fin de vie » pour désigner les situations couvertes par cette proposition de loi est équivoque. Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir, comme sur l’euphémisation qui est à l’œuvre, notamment lorsqu’on parle d’aide à mourir au lieu d’euthanasie ou de suicide assisté.
Il est important d’en discuter car ce dont il est question, c’est d’une rupture anthropologique – nous sommes un certain nombre à le penser, et beaucoup de nos concitoyens le pensent aussi. Les sondages de la Fondapol – Fondation pour l’innovation politique – montrent qu’à mesure que les débats avancent, les Français sont de plus en plus dubitatifs sur ces questions touchant à la fin de vie. Il est important que la société prenne conscience de la rupture anthropologique en train de se jouer dans notre hémicycle.
IVG, avortement et statut du fœtus : pourquoi le droit français est-il si contradictoire ?
Le législateur français a bâti autour du statut du fœtus une architecture juridique d’une complexité remarquable. Cette complexité n’est pas accidentelle : elle est le produit d’une tentative de concilier des impératifs irréconciliables. Mais en refusant de trancher la question ontologique — qu’est-ce qu’un être humain ? — le droit a généré une série d’anomalies qui, mises bout à bout, révèlent non pas une simple imprécision technique, mais une incohérence systémique. Examinons ces contradictions texte à l’appui.
L’absurdité géographique : quand quelques centimètres multiplient la peine par six
L’article 221-1 du Code pénal est sans ambiguïté : « Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre. Il est puni de trente ans de réclusion criminelle. » (Code pénal, Livre II)
L’article 223-10 du même Code dispose : « L’interruption de la grossesse sans le consentement de l’intéressée est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. »
Or la distinction dans ces deux cas vient de l’attribution arbitraire de l’humanité de la part du droit français, en effet, on acquerrait notre personnalité juridique qu’une fois né viable. C’est pour cela qu’on distingue le fait de donner volontairement la mort à un fœtus, et le fait de la donner à un “humain” selon la loi.
La différence de traitement est vertigineuse. Un fœtus de sept mois, biologiquement identique d’une seconde à l’autre, voit son statut juridique basculer radicalement selon sa position dans l’espace. In utero, si un acte médical entraîne sa mort, la peine maximale est de 5 ans de prison. Ex utero, quelques secondes après l’expulsion, le même geste devient un meurtre passible de 30 ans de réclusion criminelle.
La question s’impose : comment expliquer qu’un trajet de quelques centimètres — la traversée du col de l’utérus — multiplie la peine par six ? La nature de la victime n’a pas changé. Son degré de développement est strictement identique. Sa capacité à ressentir la douleur, sa conscience, son activité cérébrale, son patrimoine génétique : tous ces paramètres biologiques sont les mêmes avant et après. Seule variable : la géographie.
Cette distinction révèle que le droit ne juge plus l’acte ni la victime, mais le lieu. L’humanité devient une convention territoriale. On ne protège plus un être ; on protège une localisation. Lorsqu’une loi pénale fait dépendre la qualification d’un homicide et l’ampleur de sa sanction de la position géographique de la victime, elle cesse de reposer sur un principe stable. Elle repose sur une fiction spatiale dont l’arbitraire est manifeste.
Notons d’ailleurs que cette incohérence n’est pas propre au droit pénal. Le Code civil lui-même contient une contradiction interne remarquable.
Quand le Code civil contredit le Code pénal : l’enfant conçu, tantôt né, tantôt inexistant
L’article 318 du Code civil dispose : « L’enfant conçu est réputé né chaque fois qu’il y va de son intérêt. » (Code civil, Livre I)
Cette règle, dite de l’infans conceptus, est un principe ancien du droit romain. Elle permet à l’enfant conçu mais non encore né de bénéficier d’une succession, de recevoir une donation, d’hériter. Le législateur reconnaît donc explicitement que l’enfant avant sa naissance peut être titulaire de droits patrimoniaux. Pour que ces droits puissent lui être attribués, il faut nécessairement qu’il soit considéré comme existant juridiquement.
L’article 725 du même Code civil confirme : dans les successions, l’enfant conçu est pris en compte s’il naît vivant par la suite. Le droit civil admet donc que l’enfant à naître possède une existence juridique rétroactive à la conception dès lors qu’il y va de son intérêt.
Or, confrontons cette reconnaissance à celle du Code pénal. L’article 223-10 sanctionne l’interruption de grossesse non consentie, mais ne qualifie jamais le fœtus de « personne ». L’article 221-1 sur le meurtre ne s’applique qu’après la naissance. Le Code pénal refuse donc de reconnaître au fœtus la qualité de sujet de droit protégé en tant que tel.
La contradiction est manifeste : le droit civil reconnaît l’enfant conçu comme existant juridiquement quand il s’agit de lui attribuer des biens, mais le droit pénal refuse de le protéger comme une personne quand il s’agit de le protéger contre la mort. L’existence juridique du fœtus est donc modulée selon la branche du droit concernée. Il existe pour hériter, mais pas pour être protégé. Il est « réputé né » pour recevoir, mais réputé inexistant pour survivre.
Cette asymétrie révèle que le statut juridique du fœtus n’est pas déterminé par une définition cohérente de l’humanité, mais par une sélection opportuniste selon les intérêts en jeu. Le droit ne définit pas ce qu’est un être humain, puis en tire des conséquences. Il définit d’abord le résultat souhaité — autoriser l’IVG, protéger la succession — puis ajuste le statut du fœtus en conséquence.
Ce que la France a signé et qu’elle préfère oublier
Le droit français ne vit pas en vase clos. Il s’inscrit dans un corpus de traités internationaux qui, en vertu de l’article 55 de la Constitution, ont une autorité supérieure aux lois nationales. Parmi ces traités figure la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée par la France le 7 août 1990 et publiée par le décret n°90-917 du 8 octobre 1990.
Le préambule de cette Convention stipule explicitement : « Gardant à l’esprit que, comme indiqué dans la Déclaration des droits de l’enfant, “l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance”. » Texte intégral de la CIDE
Cette formulation n’est pas incidente. Elle reprend explicitement le principe IX de la Déclaration des droits de l’enfant de 1959. Elle est le résultat de négociations diplomatiques lors de la rédaction du texte. Elle signifie, en termes clairs, que l’enfant mérite une protection juridique appropriée avant la naissance.
La France a signé ce texte le 26 janvier 1990. Elle l’a ratifié le 7 août 1990. Elle en a accepté tous les termes, y compris ce préambule. Or, l’article L2212-1 du Code de la santé publique dispose : « La femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin ou à une sage-femme l’interruption de sa grossesse. Cette interruption ne peut être pratiquée qu’avant la fin de la quatorzième semaine de grossesse. » Code de la santé publique
Cette législation refuse précisément toute protection juridique au fœtus avant la naissance. La Convention affirme une protection « avant comme après la naissance » ; la loi française autorise explicitement la suppression du fœtus jusqu’à 14 semaines. L’incompatibilité est structurelle.
On objectera que le préambule d’une Convention n’a pas de portée normative directe, que des réserves ont été formulées lors de la ratification. Mais ces objections techniques ne changent rien au fond : un État qui ratifie un traité dont le préambule affirme la protection de l’être humain avant la naissance, puis légifère en sens inverse, n’est pas dans une position de cohérence. Il est dans une position d’inconfort qu’il gère par le silence.
Ce silence est révélateur. Si la contradiction était mineure, elle aurait été traitée explicitement. Une réserve spécifique sur ce passage du préambule aurait été formulée lors de la ratification. Rien de tel. La France a préféré laisser coexister deux régimes juridiques opposés, en comptant sur l’inattention pour que la tension ne soit jamais mise au jour dans le débat public.
L’application sélective des critères
Le législateur justifie implicitement le statut du fœtus en invoquant des critères biologiques : la conscience, la viabilité, l’activité cérébrale « organisée ». Mais ces critères, appliqués avec rigueur, posent un problème majeur : ils ne s’appliquent pas qu’au fœtus.
Le patient en état végétatif persistant ne présente aucune activité cérébrale organisée, aucune conscience vérifiable, aucune interaction sociale. S’il était soumis aux critères invoqués pour le fœtus, il cesserait d’être une personne au sens de la loi. Or, le droit français le reconnaît pleinement comme tel.
Le nourrisson de trois mois échoue au test de Gallup — test de reconnaissance de soi dans un miroir — jusqu’à l’âge de douze à dix-huit mois. Sa conscience de soi n’est pas établie. Sa rationalité est nulle. Pourtant, la loi le protège sans réserve.
Le patient atteint de démence sévère a perdu toute rationalité, toute mémoire de son identité, toute capacité d’interaction sociale. Les critères cognitifs de l’humanité, appliqués uniformément, ne le concernent plus.
Face à ces cas, deux positions seulement sont logiquement tenables :
Soit les critères retenus sont défectueux, car ils s’appliquent de manière inégale et révèlent qu’ils ne définissent pas l’humanité mais opèrent une sélection politique déguisée en argument biologique.
Soit les critères sont valides et doivent être appliqués uniformément — position que personne n’ose défendre, car elle conduit à des conclusions insoutenables.
L’absence de troisième option est instructive. Elle indique que le système actuel ne repose pas sur une définition cohérente de l’humanité, mais sur une décision politique préalable — autoriser l’avortement — que l’on a ensuite tenté de justifier après coup en bricolant des critères suffisamment étroits pour ne viser que le fœtus. Plus de détails ici
La confusion entre convention et universel
Tout ce qui précède converge vers une contradiction fondamentale : l’humanité juridique est traitée comme une convention, mais appliquée comme un universel.
Une convention sociale — la majorité à 18 ans, le permis de conduire — est une règle subjective destinée à réguler le « faire ». Elle est territoriale : l’interdiction de conduire sans permis s’arrête à la porte de votre propriété privée. Sa validité est contractuelle.
L’humanité, en revanche, relève de l’universel. Elle protège l’« être », non le « faire ». L’interdiction de tuer ne s’arrête pas au seuil de votre domicile. Elle ne dépend ni du contexte, ni du consensus. Elle traverse la frontière entre public et privé.
Or, en séparant l’être biologique du statut juridique, le législateur fait basculer l’humanité du côté de la convention. Si « être humain » devient une ligne sur un curseur législatif, elle perd sa portée inviolable. Ce que la loi accorde par convention, elle peut théoriquement le retirer selon l’époque ou le régime.
Mais le droit ne peut assumer cette logique jusqu’au bout. Car si l’humanité était vraiment conventionnelle, sa validité se limiterait au domaine public. On pourrait alors, chez soi, définir que certains individus n’y ont pas droit. L’absurdité est telle que le législateur préfère masquer la contradiction plutôt que de la résoudre — car la résoudre impliquerait d’admettre que le fœtus est un être humain, avec les conséquences juridiques qui en découlent.
Conclusion : Quand la cohérence cède devant l’impératif politique
Ces anomalies — l’absurdité géographique, la contradiction entre Code civil et Code pénal, la Convention internationale ignorée, les critères appliqués de manière sélective, la confusion entre convention et universel — ne sont pas des détails techniques. Ce sont les symptômes d’un système juridique qui tente de défendre une position indéfendable rationnellement.
Lorsqu’une loi multiplie les exceptions, les contradictions et les silences, ce n’est pas un défaut de rédaction. C’est le signe qu’elle protège non pas un principe, mais un résultat politique. Le droit français sur l’IVG ne repose pas sur une définition stable de l’humanité. Il repose sur un impératif : autoriser l’avortement. Tout le reste — les seuils, les critères, les peines — a été construit après coup pour donner une apparence de cohérence à ce qui, par nature, ne peut en avoir.
Un droit qui refuse de nommer ce qu’il fait ne protège pas la liberté. Il la simule. Et une humanité définie par commodité politique est une humanité en sursis.
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La Turquie refuse de reconnaître son incapacité à respecter la liberté de religion et la liberté d’expression
Le Parti politique chrétien européen (ECPP) est déçu par la réaction du gouvernement turc à la résolution du Parlement européen condamnant l’expulsion ciblée de chrétiens et de journalistes étrangers. L’ECPP trouve profondément préoccupant que la Turquie refuse de reconnaître son incapacité à respecter la liberté de religion et la liberté d’expression.
Au cours des dernières années, la Turquie a interdit à plus de 300 missionnaires chrétiens étrangers de revenir dans le pays, les qualifiant de menaces pour la sécurité nationale sans preuve, sans procès et sans possibilité réelle de faire appel.
La semaine dernière, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant fermement les expulsions ciblées de journalistes et de chrétiens étrangers menées sous des prétextes non fondés de sécurité nationale et sans procédure régulière. La résolution déplore l’absence d’accès aux preuves et à un contrôle judiciaire significatif, et réaffirme le soutien indéfectible du Parlement européen aux chrétiens et à la liberté de religion ou de conviction.
En réponse, le ministère turc des Affaires étrangères a publié un communiqué rejetant la résolution du Parlement et affirmant qu’elle « ne correspond pas à la réalité ». La déclaration rejetait également ce qu’elle qualifiait d’ingérence dans les procédures judiciaires et avertissait que la résolution allait à l’encontre des efforts visant à développer les relations entre l’UE et la Turquie, accusant le Parlement européen d’agir contre la Turquie et de tenter de s’ingérer dans ses affaires intérieures.
Le cri d’alerte de deux médecins en soins palliatifs
Claire Fourcade est médecin en soins palliatifs à Narbonne (Aude), ancienne présidente de la SFAP et Ségolène Perruchio est chef de service de soins palliatifs à Puteaux (Hauts-de-Seine), présidente de la SFAP. Dans une tribune publiée dans Le Figaro, elles alertent :
Quelques jours seulement après son examen au Sénat, la loi sur « l’aide à mourir » revient en deuxième lecture à l’Assemblée nationale dans une précipitation qui étonne autant qu’elle interroge.
Nous contestons en effet l’urgence d’un tel texte quand la fin de vie ne se classe qu’au 18e rang des priorités des Français du dernier baromètre Harris Interactive loin derrière bien d’autres questions, et en particulier celle de l’accès aux soins et dans un contexte national et international menaçant, incertain et anxiogène. La possibilité de demander à mourir est-elle la seule perspective à offrir ?
Nous contestons le récit dominant qu’on nous impose sur le consensus qui entourerait ce texte. La Fondapol (dans son étude très complète «les Français n’approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté» de décembre 2025) comme les débats récents au Sénat et le vote très partagé de la première lecture à l’Assemblée, montrent les nuances et les ambivalences autour d’un projet clivant dès que l’on s’éloigne des questions binaires qui construisent des consensus factices pour entrer dans la complexité du sujet.
Nous contestons l’idée que la mort choisie et organisée par l’État serait la seule mort digne. Nous revendiquons l’égale dignité de toutes les personnes que nous accompagnons quelles que soient leurs vulnérabilités, leur âge ou leur utilité sociale. Sans exception.
Nous contestons qu’il s’agisse « d’une grande loi de liberté ». Liberté choisie pour un petit nombre certes, mais liberté perdue pour toutes les personnes « éligibles » dont la capacité à vouloir exister est rendue fragile par la maladie, la précarité ou la solitude de ne pas avoir à se demander si elles veulent continuer à vivre.
Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi d’égalité quand tous les jours 500 patients meurent sans avoir eu accès aux soins palliatifs dont ils auraient eu besoin, quand la loi de 1999 garantissant un accès universel aux soins palliatifs laisse 50% des besoins non couverts et quand la stratégie décennale en cours n’a ni pilote, ni suivi, ni indicateurs.
Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi de fraternité. « Ma vie, ma mort, mon choix, mon droit » est une logique ultra-libérale loin de la promesse d’un accompagnement inconditionnel et solidaire « parce que nous tenons à vous et que vous comptez pour nous tous ».
Nous contestons le tri des souffrances qu’impose cette loi. Comment déterminer de façon acceptable, claire et durable, les critères d’accès à ce nouveau « droit » ?
Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi de modernité et de progrès social alors que les solutions qu’elle propose nous ramènent 40 ans en arrière quand la médecine pensait n’avoir d’autre choix que celui de donner la mort par les cocktails lytiques faute de mieux.
Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi d’ultime recours pour des situations exceptionnelles. Elle devrait alors s’accompagner de conditions restrictives à l’image de la procédure autrichienne qui assume sa complexité. Le rejet de tous les amendements de protection et les critères larges et flous qui ont été adoptés consacrent au contraire l’ouverture d’un « nouveau droit » auquel rien ne doit faire obstacle : celui de choisir le moment de sa mort. Nous sommes en démocratie, ce choix est possible mais il doit être assumé clairement.
Nous contestons le tri des souffrances qu’impose cette loi. Comment déterminer de façon acceptable, claire et durable, les critères d’accès à ce nouveau «droit» ? Comment accepter que souffrir, expérience intime et subjective, puisse donner un droit à certains et non à d’autres ? Les personnes qui viendront demander l’accès à ce droit au motif de l’égalité de tous devant une souffrance qu’elles jugent insupportable seront bien sûr légitimes à le faire.
Nous contestons le pouvoir donné au médecin qui, à rebours de toute l’évolution récente de notre droit, se trouve être seul à décider, prescrire et administrer une substance létale au terme d’une collégialité et de délais minimaux et sans contrôle autre qu’a posteriori une fois la personne décédée. Il s’agit d’une loi du pouvoir médical et non d’une loi d’autonomie pour les citoyens.
Nous contestons la coercition exercée sur les soignants contraints, s’ils souhaitent user de leur clause de conscience, de rompre la promesse du non-abandon faite aux personnes accompagnées. Coercition également pour tous ceux qui voudraient soutenir le désir de vivre plutôt que celui de mourir par la création d’un délit d’entrave. Coercition enfin pour les établissements dont le projet s’opposerait à ces pratiques car si « les murs n’ont pas de conscience » comme on nous le répète, les murs ne soignent pas non plus, contrairement aux équipes qui les habitent.
Nous contestons l’idée d’une coexistence apaisée entre soins palliatifs et « aide à mourir ». Ce texte sera un frein aux progrès des soins palliatifs, du soulagement de la douleur et de l’accompagnement. Dans les dernières années, nous avons vu progresser à la fois les techniques (pompes d’analgésie intra thécale, chirurgie de la douleur…), les connaissances (développement des thérapies non médicamenteuses, littérature scientifique autour des souhaits de mort, « wish to hasten death ») et l’organisation des soins palliatifs (hôpitaux de jour orientés vers l’amélioration de la qualité de vie et permettant des soins palliatifs précoces, hospitalisation à domicile, projets de création de maisons d’accompagnement, équipes d’intervention rapide qui sont de véritables SAMU palliatifs…). Nous voyons naître outre- Atlantique, avec l’utilisation des thérapies psychédéliques, des perspectives qui pourraient révolutionner demain le soulagement de la souffrance. Qui peut croire que ce vaste mouvement se poursuivra inchangé si un tel texte est adopté quand on voit le recul spectaculaire des pays qui nous ont précédé sur ce chemin dans les classements internationaux de soins palliatifs (La Belgique a reculé de 21 places, le Canada de 11, l’Australie de 9 entre 2015 et 2021 quand le Royaume -Uni est resté 1er) ?
Nous contestons enfin que la mort provoquée puisse être considérée comme un soin qu’elle vient au contraire interrompre, supprimant la personne qui souffre et non sa souffrance et compromettant la confiance indispensable à la relation soignant-soigné.
Nous réaffirmons qu’un autre choix est possible et que la réponse à la souffrance ce n’est pas la mort mais le soin.
Levée de l’immunité parlementaire du député PS de l’Ariège Martine Froger
Le député socialiste de l’Ariège Martine Froger est mêlé à une enquête sur des abus de confiance, de biens sociaux et du travail dissimulé dans deux associations. Elle a omis de déclarer des revenus et la justice souhaite l’interroger. Le procureur a obtenu la levée de son immunité parlementaire.
L’enquête est menée depuis plus d’un an par le service de traitement du renseignement et d’action contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN), le service de renseignement financier de Bercy.
Martine Froger, députée PS de l’Ariège, a omis de déclarer une partie de ses revenus à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, issus de deux associations ariégeoises dont elle était directrice salariée. Les deux associations sont le Centre d’accompagnement social aux techniques agropastorales (CASTA) et l’association BATI+, toutes deux liées à des chantiers d’insertion. L’enquête pointe aussi le fait que ces délits ont été couverts par d’autres personnes.

