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Histoire du christianisme

Bientôt un film sur le génocide vendéen

Le Courrier de l'Ouest a consacré hier dans son édition de Cholet une pleine page à la question du génocide des Vendéens. Reynald Secher répond aux questions :

"A partir de janvier 1794, on met un système mécanique, à grande échelle, pour massacrer la population. C'est un système militaire qui va se traduire par un nombre considérable de morts. J'estime qu'il y a eu au minimum 117.000 morts sur une population de 815.000 personnes en Vendée militaire. Il y a peut-être eu 200.000 ou 250.000 victimes. Mais le plus important ce n'est pas ça, c'est la volonté de cibler les femmes et les enfants.

Des lois ont été votées pour « exterminer les brigands ». Que disent-elles ?
La première, en date du 1er août 1793, prescrit trois choses : l'épuration de l'armée, la division de la population en deux groupes – on déporte les femmes, enfants et vieillards et on décide d'exterminer tous ceux qui restent – enfin on décide de transformer la Vendée en terre brûlée après avoir nationalisé tous les biens. Deux mois plus tard, un avenant à cette loi est voté qui prescrit l'extermination de tous les brigands, c'est-à-dire de tous les habitants de la Vendée militaire. La troisième chose, le 7 novembre, on débaptise la Vendée pour l'appeler Vengé.

Pourquoi estimez-vous qu'il s'agit d'un génocide ?
Le seul fait d'avoir voté la loi est un crime de génocide. En l'occurrence, en Vendée, il y a bien une volonté d’éradiquer une population et une mise en œuvre d'extermination.

Mais cette thèse est très contestée…
On me fait trois critiques majeures. Premièrement, ce n'est pas dû à la loi et à une décision politique, c'est tout le discours universitaire, mais aux dérapages d'un général. Deuxièmement, on dit que les massacres étaient réciproques et troisièmement qu'il n'y a pas de conscience. […] Un certain nombre de généraux comme Turreau ou d'hommes politiques comme Carrier ont dit qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres conçus par les membres du Comité de salut public mais on n'avait pas la preuve. Les preuves, je viens de les trouver aux Archives nationales, on a le dossier original de la volonté des membres du Comité de salut public d'éradiquer la race impure de la Vendée. Ce sont les députés eux-mêmes qui vont sur le terrain, assistés par l'armée, pour exterminer les gens, d'où Carrier à Nantes, d'où Francastel à Angers. On a la preuve incontestable puisqu'ils ont tout signé sur des petits bouts de papier.

Vous parlez aussi de « mémoricide » ? De quoi s'agit-il ?
C'est la mise en œuvre de la mécanique pour occulter le génocide. Moi je suis bouleversé par le fait que l'on puisse nier ce genre de crimes. C'est inacceptable. Ce qui s’est passé avec les Vendéens, c'est la même chose qu'avec les Arméniens ou les Juifs. […]

Avez-vous d'autres projets concernant la mémoire de la guerre de Vendée ?
Je travaille avec un Américain sur la réalisation d'un film, une fiction, qui va poser la problématique pour la rendre universelle. Le scénario est écrit."

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