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France : Laïcité à la française

Benoît XVI et la laïcité

La visite de Nicolas Sarkozy a fait rejaillir le débat bien français sur la laïcité. Le 9 décembre 2006, alors que la France se perdait dans la fête des Lumières en souvenir de la loi de 1905, Benoît XVI avait pris soin d’en parler lui-même. Retrouvons ce texte incontournable dont on trouve quelques bribes ici :

"[A l’origine, le concept de laïcité indique] "la
condition du simple fidèle chrétien, qui n’appartient ni au clergé ni à
l’état religieux
". [Au Moyen Âge il a pris le sens] d’opposition entre
les pouvoirs civils et les hiérarchies ecclésiastiques, et à l’époque
moderne il a pris celui de l’exclusion de la religion et de ses
symboles de la vie publique les reléguant à la sphère privée et de la
conscience individuelle. Ainsi au concept original de ce mot a été
attribué une acceptation idéologique opposée
".

"[il est nécessaire] d’élaborer un concept de laïcité qui, d’une part reconnaît Dieu et sa
loi morale, le Christ et son Église et la place qui leur est due dans
la vie humaine, individuelle et sociale, et d’autre part, qui affirme
et respecte ’l’autonomie légitime de la réalité terrestre
(…)
une saine laïcité demande à l’État de ne pas considérer la religion
comme un simple sentiment individuel qui pourrait se confiner au seul
domaine privé
". La religion "doit donc être reconnue comme présence
communautaire publique. Cela implique d’ailleurs que chaque confession
religieuse
(à condition qu’elle ne soit pas en opposition avec l’ordre
moral et qu’elle ne soit pas dangereuse pour l’ordre publique) ait la
garantie du libre exercice de ses activités de culte
".

"L’hostilité à toute forme d’importance politique et
culturelle de la religion; à la présence, en particulier, de tout
symbole religieux dans les institutions publiques" n’est pas laïcité
mais laïcisme
comme également refuser "à la communauté chrétienne et à
ceux qui la représentent légitimement, le droit de se prononcer sur les
problèmes moraux qui aujourd’hui interpellent la conscience de toutes
les personnes, en particulier les législateurs et les juristes".

"Il ne s’agit pas d’une ingérence de
l’Eglise dans les activités législatives, propre et exclusive à l’Etat,
mais de l’affirmation et de la défense des grandes valeurs qui donnent
un sens à la vie des personnes et en sauvegardent la dignité. Ces
valeurs, avant d’être chrétiennes, sont humaines, telles à ne pas
laisser l’Eglise indifférente et silencieuse, car elle a le devoir de
proclamer avec fermeté la vérité sur l’homme et son destin
".

Il est intéressant de savoir les concepts cachés derrière les mots. Quand Benoît XVI parle de laïcité, ceux qui fêtent  le 9 décembre en France voient rouge. Avant de se réjouir de voir tel ou tel responsable politique respecter la laïcité, il convient de s’assurer de la sémantique choisie.

Lahire

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2 commentaires

  1. En réalité, en France, “laïcité” est synonyme et euphémisme de “anticatholicisme”… D’où la conception particulière…

  2. On peut lire cette allocution de Benoït XVI en son intégralité ici : http://cathojuris.org/article92.html

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