Avoir le courage de s’en remettre à la miséricorde de Dieu

Extraits de l'homélie du Pape François, dimanche de la Miséricorde Divine, 7 avril
2013, au jour de la prise de possession de sa Cathédrale Saint Jean de
Latran :

"[…] Dieu nous attend toujours, il ne se fatigue pas. Jésus nous manifeste
cette patience miséricordieuse de Dieu pour que nous retrouvions
confiance, espérance, toujours! Romano Guardini disait que Dieu répond à
notre faiblesse avec sa patience et c’est le motif de notre confiance,
de notre espérance.

Je voudrais souligner un autre élément: la patience de Dieu doit
trouver en nous le courage de revenir à lui
, quelle que soit l’erreur,
quel que soit le péché qui est dans notre vie. Jésus invite Thomas à
mettre la main dans les plaies de ses mains et de ses pieds, et dans la
blessure de son côté. Nous aussi nous pouvons entrer dans les plaies de
Jésus, nous pouvons le toucher réellement; et cela arrive chaque fois
que nous recevons avec foi les Sacrements. Dans une belle homélie saint
Bernard disait: «Par les plaies [de Jésus], je puis goûter le miel de ce
roc et l’huile qui coule de la pierre très dure (cf. Dt 32, 13),
c’est-à-dire goûter et voir combien le Seigneur est bon
» (Homélie sur le
Cantique des Cantiques 61, 4). C’est justement dans les plaies de Jésus
que nous sommes assurés, c’est là que se manifeste l’immense amour de
son cœur. Thomas l’avait compris. Saint Bernard se demande: sur quoi
puis-je compter? Sur mes mérites? Mais «mon mérite, c’est (…) la
miséricorde du Seigneur, et je ne manquerai pas de mérite tant que la
miséricorde ne lui fera pas défaut. Si les miséricordes de Dieu se
multiplient, mes mérites seront nombreux
» (Id., 5). Ceci est important:
le courage de m’en remettre à la miséricorde de Jésus, de compter sur sa
patience, de me refugier toujours dans les plaies de son amour. Saint
Bernard arrive à affirmer: «Mais qu’arrivera-t-il si j’ai à me reprocher
quantité de fautes? "Là où le péché s’était multiplié, la grâce à
surabondé" (Rm 5, 20)» (Ibid.). Quelqu’un pourrait peut-être penser: mon
péché est tellement grand, mon éloignement de Dieu est comme celui du
plus jeune fils de la parabole, mon incrédulité est comme celle de
Thomas; je n’ai pas le courage de retourner, de penser que Dieu puisse
m’accueillir et qu’il m’attende, moi. Mais Dieu t’attend, toi, il te
demande seulement le courage de venir à lui. Combien de fois dans mon
ministère pastoral on m’a répété: «Père, j’ai beaucoup de péchés»; et
l’invitation que j’ai toujours faite est: «Ne crains pas, va chez lui,
il t’attend, Lui fera tout». Que de propositions mondaines
entendons-nous autour de nous, mais laissons-nous saisir par la
proposition de Dieu, la sienne est une caresse d’amour.
Pour Dieu, nous
ne sommes pas des numéros, nous sommes importants, ou mieux, nous sommes
le plus important de ce qu’il a; même pécheurs, nous sommes ce qui lui
tient le plus à cœur.

Après son péché, Adam éprouve de la honte,
il se sent nu, il ressent le poids de ce qu’il a fait; et pourtant Dieu
ne l’abandonne pas: si à ce moment-là, avec le péché, commence l’exil de
chez Dieu, il y a déjà la promesse du retour, la possibilité de
retourner à Dieu. Dieu demande immédiatement: «Adam, où es-tu?», il le
cherche. […]"