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France : L'Islam en France / France : Société / Valeurs chrétiennes : Culture

Avec Soumission, Houellebecq menace ni plus ni moins la République

Philippe Maxence, directeur de L'Homme Nouveau, publie une tribune dans Le Figarovox. Extraits :

"Au feu! Au secours! Il aura fallu un roman et un romancier pour que la France se réveille avec la gueule de bois. Enfin, quand même! C'est vrai, quoi: avant, tout allait bien. La persécution des chrétiens au Proche-Orient? Une chiquenaude. La montée du chômage et l'appauvrissement de la population? Billevesées! La crise écologique? De quoi occuper Cécile Duflot! La division des Français à propos du mariage pour tous? Juste une question d'ajustement! La montée en puissance de l'État islamique et de la violence qui lui est consubstantielle? N'en faisons pas un foin au risque de faire tourner notre vin en vinaigre. […]

Décidément, nous perdions vraiment notre temps hier en traitant de tous ces faux problèmes. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à du sérieux, à du dur, à du consistant. Avec Soumission, Michel Houellebecq menace ni plus ni moins la République, la paix sociale, l'intégration des communautés dans l'espace français et européen.

Mais, au fait, pourquoi tant de bruit?

Au fond, le romancier a mis en scène pour une France endormie l'élection tranquille d'un président islamique et la mise en place de la charia dans notre beau pays anciennement chrétien. Après Zemmour, cela fait certes décidément beaucoup pour le petit monde médiatico-politique… Mais ce faisant, Michel Houellebecq se révèle et dévoile un peu plus de lui-même en apparaissant comme un étonnant Chesterton contemporain.

[…] Chesterton? Chesterton, surtout, qui bouscula les libéraux et les socialistes de son époque en proposant une autre forme de société fondée sur une économie familiale, respectueuse des rythmes de vie et de l'environnement et que Houellebecq cite distinctement dans Soumission (page 202) puisque -paradoxalement- son président islamique s'inspire directement de cette vision politico-sociale. Chesterton évoquait le «distributisme» puisqu'il s'agissait d'abord de distribuer largement la propriété confisquée par une élite avide alors que Houellebecq parle, lui, de «distributivisme» à l'instar d'une certaine fiche wikipedia.

Chesterton? Chesterton, encore et toujours, qui imagine en 1914 dans un roman prophétique et décapant (L'Auberge volante, en français aux éditions de l'Age d'Homme) la tentative d'installation tranquille d'un islam conquérant grâce à la collaboration des élites aristocratiques et financières de l'Angleterre décadente. Un thème remis à flot aujourd'hui, d'une autre manière, dans un autre contexte, par un Houellebecq sûr de son effet. Chesterton? Oui, lui encore qui au long d'une œuvre éparse, joyeuse, provocante, profonde et drôle a averti ses contemporains de la réalité de l'islam et de sa nature essentiellement conquérante.

Mais alors, Houellebecq? Quoi qu'il en soit de son talent, de ses provocations, de sa renommée, de nos gesticulations, Houellebecq apparaît décidément bien par cette référence au distributisme et cette espèce d'adaptation franco-contemporaine de L'Auberge volante comme un Chesterton contemporain.

Mais c'est un Chesterton triste, à l'image de notre époque qui semble noyée dans sa grisaille comme une mouche dans un verre de (mauvais) whisky. Animé d'une foi chrétienne débordante, Chesterton, lui, n'a jamais conclu à l'inéluctable. Il n'a jamais abdiqué l'espérance parce que sa philosophie sous-jacente était celle de la gratitude. Il se voyait, il voyait tout être humain comme un miracle puisque chaque homme avait échappé à la mort en naissant et en vivant. Il se réjouissait de voir chaque matin la lumière au rendez-vous car il lui avait suffi d'imaginer une fois ce qu'aurait été le monde avec un soleil absent. Son Auberge volante, lui-même, qui est le Soumission de son époque s'achève sur le réveil de l'Angleterre, sur sa victoire et sur l'union d'un homme et d'une femme. Une histoire simple au fond.

Accusé Houellebecq, continuez à lire Chesterton! La cure ne peut avoir que du bon."

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