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Pays : Russie / Religions : Eglise orthodoxe

Avant Vatican II, j’étais partisan de passer du slavon à la langue russe, mais quand j’ai vu ce qui s’est passé au sein de l’Église catholique…

Avant Vatican II, j’étais partisan de passer du slavon à la langue russe, mais quand j’ai vu ce qui s’est passé au sein de l’Église catholique…

Suites des bonnes feuilles du livre d’entretiens avec le P. Dimitri Smirnov, déjà évoqué ici.

Le prêtre célèbre face à l’Orient. Pourquoi une telle posture ?

Le prêtre est en avant du peuple, qui est derrière lui. Il est le premier. Venant d’eux, il prie, et le peuple prie par sa bouche. Le pasteur véritable, c’est le Christ. Et le prêtre représente le Christ. C’est pour cela qu’il revêt des habits spéciaux qui représentent la lumière divine sortie du Christ. Ces habits témoignent du fait que, pendant cet office, il joue le rôle du Christ. Il dit les paroles du Christ, il se tient à la place du Christ. C’est pour cette raison qu’est apparue cette coutume de porter la barbe, comme le Christ, et de garder les cheveux longs, comme le Christ.

Que pouvez-vous dire aux catholiques qui ne peuvent imaginer que la messe soit célébrée le prêtre tourné « vers l’Orient » ?

(…) Cela fait presque 40 ans que je suis prêtre et je sais que les innovations ne changent rien à l’Église. Ceux qui avaient l’habitude de la liturgie en latin et à qui on l’a retirée ont souvent déserté l’Église… Et les nouveaux fidèles ne sont pas pour autant venus en nombre…

Certains reviennent !

Mais moins que ceux qui sont partis. Avant le concile de Vatican II, j’étais partisan de passer de l’usage du slavon d’Église à celui de la langue russe, mais quand j’ai vu ce qui s’est passé au sein de l’Église catholique après ce concile… je vous avoue avoir changé d’avis. Pourquoi ? D’abord, le slavon d’Église est bien plus proche du grec ancien, on le comprend très bien à condition qu’il soit prononcé de façon claire, si on baragouine ça fait quelque chose qui n’est ni du russe, ni du tatare.

Certes ce n’est pas l’essentiel, et ce qui compte c’est comment on prononce, la façon dont on célèbre et ce qu’on y met.  

Le pape Benoît XVI parlait à ce sujet de l’ « ars celebrandi ». Mais revenons sur le déploiement fastueux de la liturgie orthodoxe. Pourquoi un tel sens du sacré ?

Je pense que c’est précisément parce qu’elle est traditionnelle. On n’y a rien ajouté de nouveau. En tout cas, rien de notable. Ce qui se célèbre depuis des siècles se poursuit, c’est pourquoi il est proposé simplement d’entrer dans cette rivière plutôt que de se faire son petit étang à côté et d’y patauger. (…)

Vous savez peut-être que Benoît XVI a réhabilité en 2007 l’ancien rite romain ?

Oui, je suis au courant. Il me plaît beaucoup d’ailleurs, ce pape, je l’aime beaucoup. J’ai lu ses livres, j’ai même assisté à un office qu’il a célébré à Valence, lors d’un congrès sur la famille.  

En tant que prêtre, quel regard portez-vous sur cette réaffirmation de la continuité liturgique dans le monde catholique de rite latin ?

Comme toujours, lorsqu’une décision est bien expliquée, avec des arguments qui touchent le cœur, on peut espérer que les esprits seront rejoints. En définitive, plus les raisons sont nettes, plus elles sont efficaces, c’est clair.

C’est-à-dire ?

Je pense que le rite ancien est préférable. Il devrait être proposé en parallèle aux catholiques quitte à l’adapter dans les langues vernaculaires pour ceux qui ne sont pas européens. Nous-mêmes, nous avons reçu le christianisme grâce à saint Cyrille et saint Méthode qui ont créé une langue spéciale qu’on appelle le slavon d’Église. C’est dans cette langue que sont célébrés les offices et nous y tenons beaucoup. Et celui qui ne comprend pas peut prendre le texte russe sans problème. Il me semble que le rite latin doit exister, c’est quand même une tradition, et même une grande tradition.

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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