Bannière Salon Beige

Partager cet article

Pays : International

Arrêtons le martyre des Ukrainiens – l’urgence d’une conférence pour la paix en Europe

Arrêtons le martyre des Ukrainiens – l’urgence d’une conférence pour la paix en Europe

De Pierre-Antoine Pontoizeau, pour le Salon beige:

Il y a des esprits va-t’en guerre qui veulent encore la guerre par haine, vengeance, pour faire rendre gorge à l’ennemi. Seulement, depuis 1990, le peuple ukrainien vit une descente aux enfers, un véritable martyre qui s’accélère sous les effets d’une guerre que les puissances occidentales encouragent, en toute inhumanité.

Je me contrefiche de savoir si Poutine est un féodal ou si Zelensky est un sinistre manipulateur – à mon avis les deux. Je me contrefiche de savoir si l’Empire russe en profite ou si l’OTAN et les USA rêvent de mettre à genou l’ours russe. Ce débat est sordide et irresponsable, voire inhumain. La seule réalité, c’est la descente aux enfers d’un peuple qu’il faut arrêter pour que le développement, la coopération et la paix retrouvent naturellement leurs droits.

Les enfants martyrs de l’Ukraine contemporaine

L’indice de concrétisation des droits de l’enfant conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont l’Ukraine est signataire est très moyenne, même avant la guerre. Les ONG, dont Humanium signalent une situation très difficile. Quelques points.  Ils sont les premières victimes de la pauvreté qui touche près de 35 % de la population. Le taux de mortalité infantile est un des plus élevé de la région. La transmission du SIDA des mères à leurs enfants est toujours bien présente et n’a pas diminué. La violence contre les enfants est très préoccupante. Des mineurs sont par exemple victimes des services de police : violence physique, tortures. Cela n’a rien à voir avec la guerre. Les enfants handicapés sont victimes de discriminations et les ONG dont Humanium soulignent bien les discriminations racistes à l’encontre des enfants des minorités dont les Roms. Ils sont victimes de violences organisées. Le martyr des enfants tient aussi au fait que 8 à 10% travaillent, voire subissent les traites clandestines : prostitutions, esclavages, réseaux pornographiques, etc. Le phénomène des enfants des rues est jugé grave, sans accès aux soins, à l’école, exposés aux maladies, à la drogue et aux trafics. La population enfantine est aussi victime des conséquences de Tchernobyl : malformation, vieillissement prématuré, pneumonie. Et cette situation s’aggrave avec la guerre. L’enfant ukrainien est déjà martyr dans de nombreux cas et cette guerre en accroit les effets délétères.

La misère et la pauvreté d’un peuple martyrisé au quotidien

La population est de plus en plus pauvre. LE PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) alerte sur l’extrême pauvreté qui est en train de dévaster l’Ukraine. Déjà, 35% de la population était dans la misère avant la guerre. Un des pays le plus pauvres de la région. Le PNUD craint qu’une guerre de plusieurs trimestres entraine jusqu’à 90% de la population ukrainienne dans l’extrême pauvreté. Un cauchemar. L’estimation a aujourd’hui est de plus de 60%. Toute l’Ukraine bascule dans la misère dit le PNUD.

L’analyse vient des organismes ukrainiens eux-mêmes. L’Institut de démographie annonce un taux de pauvreté de 50% en ce moment même. C’est Ella Libanova, directrice, qui décrit cette tendance. De même, la Commissaire aux droits de l’homme de l’Ukraine Lyudmila Denisova annonçait qu’un quart des Ukrainiens sont en état de misère. Et la guerre précipite le mouvement avec pour cet hiver un risque alimentaire, de manque d’énergie et une mortalité liée à la malnutrition et au froid. Une tragédie se dessine.

L’émigration massive, la fuite de l’enfer ukrainien

Toute la presse, de toutes les obédiences, de La Croix à Lutte Ouvrière, du Monde au Figaro en France partage le constat terrible d’un pays qui a perdu un quart de sa population en trente ans. Et la guerre accroit ce phénomène de dépopulation. Des 41 millions annoncés avant la guerre, le pays compterait moins de 37 millions d’habitants. Ils étaient 51 millions au moment de l’indépendance. Cet effondrement est donc imputable aux politiques ukrainiennes pour une immense partie et au fait de la guerre depuis six mois. Seulement de nombreuses décisions politiques ont accéléré cette émigration massive. Quelques exemples. Lutte Ouvrière note bien le chômage de masse, la désindustrialisation massive, la recherche d’un travail en Pologne, en Russie ou en Europe de l’Ouest. Zelensky déclarait que 10 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, occasionnant cette émigration économique. On oublie de dire que Zelensky a détruit les restes de la protection des travailleurs de l’époque soviétique au nom du libéralisme. Il a autorisé la cession des terres aux étrangers, réclamée par les puissances étrangères. Qui a dit qu’il y avait des colonisateurs pour s’approprier les terres ? La guerre des terres fertiles a commencé, là aussi, avec l’exploitation des travailleurs, la confiscation des terres, la spoliation et la perte des revenus de subsistance d’une économie grégaire. L’ONU alerte sur les conséquences de cette dépopulation massive. Le facteur démographique étant déterminant pour le développement économique : investissement, main d’œuvre, consommation, la dépopulation accélère l’effondrement économique d’où la certitude d’une faillite décrite par tous les observateurs économiques internationaux.

La certitude d’une faillite cataclysmique

Déjà très fragile, la Banque Mondiale, le FMI, la COFACE, Fitch, Standard & Poors, Moody’s ont tous publié des notes avec des prévisions de faillite à court terme. Le PIB sera divisé par deux à fin 2022 ; la guerre étant une pure folie destructrice. L’Ukraine vit sous perfusion des aides internationales estimées à environ 85 milliards actuellement. Mais qu’en est-il de la situation économique ? Le financement courant est estimé à 5 milliards par mois que l’économie ukrainienne ne produit plus. Même les économistes locaux, Volodymyr Vakhitov, économiste à la Kyiv School of Economics explique que l’aide étrangère permet d’éviter la faillite. Le plus délirant, ce sont des pays dont les économies sont elles aussi très endettées et ou une part croissante de la population bascule dans la pauvreté qui viennent supporter un Etat ukrainien dévasté. Les USA donnent 43 milliards, la France aurait donné 2 milliards, etc. La géopoliticienne Ana Pouvreau abonde en ce sens dans La Croix : « La guerre a actuellement pour effet d’amplifier le fléau de la corruption en Ukraine car elle a contribué à renforcer les réseaux criminels et l’économie grise et à déstabiliser les structures de lutte contre la criminalité. » A quoi jouons-nous, si ce n’est a engendrer de la misère en Ukraine et bientôt chez nous ?

Les institutions financières décrivent un pays ruiné, sans activité, incapable de produire les recettes fiscales indispensables, parasité par une corruption massive et endémique qui date de bien avant la guerre. La dette extérieure explose, atteignant 130 milliards. L’inflation sera de 20 % a minima sur l’année de guerre, insoutenable pour les populations. Les notes de ces organismes financiers mentionnent par exemple un environnement des affaires sous l’emprise de la corruption incluant le système judiciaire, des monopoles oligarchiques néfastes, des services publics inopérants. Et la guerre accroit le pouvoir de ces corrupteurs dans un Etat encore moins organisé.  Aujourd’hui, les détenteurs d’obligations ukrainiennes reportent le paiement des intérêts de la dette. Mais pour combien de temps ? Car les notes économiques soulignent qu’il n’y a aucun espoir, surtout si la guerre dure. Le pays est donc objectivement en faillite. Chaque mois de guerre est un désastre humain et économique. Ce sont-là les analyses conjointes des trois institutions : Moody’s, Fitch et Standard & Poors.

Un parti politique gouvernemental en perdition, avant même la guerre

On oublie trop d’analyser les « trahisons » successives du gouvernement Zelensky, entre ses promesses électorales et la réalité des décisions qui ont provoqué une érosion massive de la confiance des Ukrainiens. La guerre est alors une fuite en avant cynique dont il n’est pas impossible d’imaginer qu’elle serve, à très court terme, les ambitions politiques d’un parti très largement rejeté dans l’opinion. Alors qu’il s’était engagé à lutter contre la corruption, rien n’a été fait. L’agence internationale Transparency International, spécialiste de la corruption, classe l’Ukraine au 117e rang sur 180 pays, avec 33 points sur une échelle de 0 à 100. Notons que le 0 indique que la corruption remplace le gouvernement de droit. Avec 33, le score est éloquent. Guerre ou pas guerre, le pays est martyrisé par quelques dizaines de familles oligarchiques qui vampirisent toute l’économie à leur profit.

L’urgence d’une conférence internationale pour la paix en Europe

Il faut arrêter la guerre, car le peuple ukrainien et ses enfants vivent un martyre depuis trente ans qui ne fait que s’accentuer. Il est du devoir des hommes de paix d’exiger l’arrêt de la guerre, et Zelensky en a le pouvoir avec l’aide des pays européens. Sauf à être dans cette surenchère de haine, dans cette folie destructrice contre les Russes, nous devons tous demander la paix. Et il appartient aux populations de décider librement d’être russophones ou ukrainophones, d’être russes ou ukrainiennes, polonaises ou hongroises même. Ce sont les peuples qui sont libres, pas des représentants qui prétendent imposer leurs vues. Que les nationalistes ukrainiens, d’ailleurs minoritaires dans le pays acceptent le verdict de la liberté des urnes pour savoir si la nation ukrainienne est une fiction ou une réalité vécue et souhaitée par les populations. Nous devons soutenir l’arrêt des combats, demander des référendums d’autodétermination des populations dans leurs Oblasts, sous l’égide des institutions internationales et en accepter tous loyalement le verdict. Le temps des féodaux qui décident que celui-là est à moi est révolu. Soyons vraiment digne des valeurs occidentales de liberté et de souveraineté des populations.

Il faut donc soutenir l’appel à la paix de l’Administrateur du PNUD, Achim Steiner, lorsqu’il dit que : « La guerre en Ukraine entraîne des souffrances humaines inimaginables, avec la perte tragique de vies humaines et le déplacement de millions de personnes. » Et il est indispensable : « Pour éviter d’autres souffrances, de plus amples destructions et un appauvrissement accru, la paix est nécessaire maintenant ». Je partage pour ma part son diagnostic qui vient rendre coupable nos dirigeants qui cachent la situation pour nous enfermer dans une logique de guerre mortifère : « Un déclin économique alarmant, ainsi que les souffrances et les difficultés qu’il entraînera pour une population déjà traumatisée, doivent maintenant être mis en évidence. Il est encore temps de rectifier cette sombre trajectoire ».

Voilà pourquoi je suis en total désaccord avec le Président Macron et que notre Parlement a un devoir de paix et de rappel à l’ordre que la Nation française ne veut pas la guerre. Sans consultation du parlement, le président Macron devient très personnellement, jour après jour, co-responsable du martyre des Ukrainiens, par fanatisme anti-russe, par intérêt économique peut-être, car de sordides manœuvres succéderont à la faillite inéluctable de ce pays où les prédateurs ne manqueront pas de se partager la dépouille. Oui, nos valeurs sont bafouées quand on promeut et entretient ici la guerre en Europe. Ce cynisme est indigne, et malheureusement, beaucoup de nos contemporains en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie ne sont pas dupes de cette déshérence morale de l’Occident et de la France, qui explique aussi le rejet actuel des pays africains au passage. Oui, nos dirigeants deviennent les bourreaux de l’Ukraine en perpétuant une guerre absurde dont les responsables sont là : des dirigeants occidentaux, les oligarchies ukrainiennes et les Russes.

Les références :

Quelques esprits chagrins reprochent toujours le manque de sources, alors qu’elles sont le plus souvent indiquées dans mes articles. Pour attester des sources et des preuves de toutes les informations qui démontrent mes propos et que tout cela n’est pas le fruit du délire d’un complotiste pro-russe, merci de consulter l’ensemble de ces documents, parmi de très nombreux, et de cesser de polluer les fils de discussion d’invectives indignes d’une situation où se jouent sous nos yeux le destin de millions de nos contemporains :

Journal La Croix : L’Ukraine, une économie sous perfusion étrangère (la-croix.com)

Journal La Presse : Moody’s abaisse la note de l’Ukraine et signale une perspective négative | La Presse

Journal Ukriform : En Ukraine, le taux de pauvreté dépasse les 50% (ukrinform.fr)

Journal Le Monde : Entre guerre et pauvreté, l’Ukraine se vide (lemonde.fr)

Journal Lutte Ouvrière : Ukraine : la démographie s’effondre, comme le reste | Le Journal Lutte Ouvrière (lutte-ouvriere.org)

ArabNews : S&P abaisse la notation de l’Ukraine, défaut «quasi-certain» | Arabnews fr

Association Humanium – ONG internationale pour la protection des enfants : Enfants d’Ukraine – Humanium

ONU : L’Ukraine pourrait sombrer dans la pauvreté si la guerre continue, alerte le PNUD | ONU Info (un.org)

Note COFACE : Ukraine / Etudes économiques – Coface

Partager cet article

9 commentaires

  1. Zelensky Ne trahit, il continue et parachève l’œuvre des bolcheviks

  2. Zélensky, Bidon, Macron, sans oublier Van der layette, les grands humanistes de ce début de siècles se oquent de leur peuple alors à plus forte raison du peuple ukrainien et continue à raconter leurs sales salades à des demeurés qui écoutent bouche-bée leurs mensonges. Un tel article devrait se retrouver dans tous les journaux de France et de Navarre avec parution 2 fois par semaine pour bien inculquer aux gens le sordide de l’affaire et arrêter de taper sur Poutine

  3. Tout à fait d’accord avec cet article : il faut absolument arrêter la course en avant guerrière que la plupart des acteurs jouent actuellement : USA, Russie, Zelenski, UE ont la France. Implorons la Paix !

  4. En fait(s), cette guerre semble arranger beaucoup de monde!
    A commencer par Mr Biden qui peut exporter son pétrole à bon prix et il peut aussi remettre en exploitation son gaz de schiste aussi à un bon prix.
    On comprend mieux pourquoi il remet régulièrement une pièce dans la machine en envoyant à l’Ukraine des aides en matériels de guerre pour la faire durer.
    Les pays exportateurs de gaz et pétrole ne sont pas non plus fâchés de la situation , c’est même pour eux une aubaine!

    Ce qui reste incompréhensible ce sont les attitudes et positions des pays de l’UE et à fortiori celle de la France!
    Elle me laisse le sentiment effroyable que l’équipe dirigeante de notre pays ne dispose pas de l’éclairage à tous les étages…

  5. Il y a quelque chose de curieux à prétendre à la fois se contrefiche “de savoir si l’Empire russe en profite ou si l’OTAN et les USA rêvent de mettre à genou l’ours russe” et ne faire le reproche de la situation qu’à la partie occidentale, et vertement :
    “une guerre que les puissances occidentales encouragent, en toute inhumanité”
    “A quoi jouons-nous, si ce n’est a engendrer de la misère en Ukraine et bientôt chez nous ?” : nous, je suppose qu’il s’agit des Occidentaux, éternels coupables?
    “Sauf à être dans cette surenchère de haine, dans cette folie destructrice contre les Russes, nous devons tous demander la paix.”
    “le président Macron devient […], par fanatisme anti-russe”
    “déshérence morale de l’Occident et de la France”
    “nos dirigeants deviennent les bourreaux de l’Ukraine en perpétuant une guerre absurde dont les responsables sont là : des dirigeants occidentaux, les oligarchies ukrainiennes et les Russes.” seul passage où on raccroche un peu les Russes à leurs responsabilité, encore que la formulation semble leur épargner l’infâmie d’être les “bourreaux de l’Ukraine”, seulement des co-responsables de la guerre absurde…

    Le parti pris me semble donc évident, et le texte moins convaincant.

    De toute façon il est aussi manifestement à côté de la plaque par rapport aux propres sources que l’auteur présente, avec injonction de lire, mais manifestement sans, lui, les avoir lues. Par exemple il déclare :
    “[M Zelenski] s’était engagé à lutter contre la corruption, rien n’a été fait”
    tout en se référant à une note de la Coface : https://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Ukraine
    Or cette note précise : “En octobre 2021, le Parlement a adopté une nouvelle loi renforçant l’indépendance du Bureau national anticorruption de l’Ukraine.” . Libre à M Pontoizeau de penser que c’est peu, mais ce n’est pas rien.

    Pontoizeau cite Transparency International, mais sans donner le lien, un oubli sans doute, je me permets donc de proposer celui-ci :
    https://www.transparency.org/en/cpi/2021/index/ukr
    on y voit grosso modo une amélioration, certes faible et lente, de l’indice “Corruptions Perceptions Index”. Peu, mais pas rien, il ne faut pas dire n’importe quoi.
    L’évolution russe, pour comparer, paraît moins favorable : https://www.transparency.org/en/cpi/2021/index/rus
    /!\ attention, ce n’est pas intuitif pour tout le monde, mais plus l’index est élevé, moins la corruption est considérée comme importante. Je me permets de préciser, certains grands esprits s’y trompent, cf ce cas :
    https://www.heidi.news/articles/les-methodes-de-l-espion-suisse-jacques-baud-pour-disculper-la-russie-en-ukraine

    Pour complément, et comparaison avec d’autres pays de la région, voici quelques données de cet index pour 2021:
    Ukraine: 32, 122e rang
    Russie : 29, 136e rang
    Pologne: 56, 42e rang
    Biélorussie: 41, 82e rang
    Turquie: 38, 96e rang
    Lituanie: 61, 34e rang
    Finlande: 88, 1er rang

    M Pontoizeau a-t-il en tête que sa référence Transparency International donne la Russie dans une situation pire du point de vue de la corruption? Je lui proposerais bien en prime cet article sur le sujet des kleptocrates, qui semble le tracasser à propos de l’Ukraine, mais qu’il n’évoque pas quant à la Russie : https://www.transparency.org/en/news/countering-russian-kleptocrats-wests-response-to-assault-on-ukraine

    “Le taux de mortalité infantile est un des plus élevé de la région”
    ce n’est pas faux, comme le montrent les données de la Banque Mondiale (une source citée dans un autre article de M Pontoizeau : https://www.lesalonbeige.fr/lukraine-fuite-en-avant-dun-economie-en-ruine-depuis-lindependance/), mais, à moins de ne vouloir faire qu’un texte à charge, pourquoi ne pas préciser que ce taux, au moins jusque à 2020, dernière date des données, était en forte baisse, c’est à dire que la situation allait vers le mieux? Qu’on en juge sur pièces :
    https://databank.worldbank.org/reports.aspx?source=2&series=SP.DYN.IMRT.IN&country=UKR,RUS,BLR,POL,TUR (données en tableau)
    https://data.worldbank.org/indicator/SP.DYN.IMRT.IN?locations=UA-RU-BY-PL (graphe, sans la Turquie pour que l’échelle soit plus lisible)

    “la Banque Mondiale, le FMI, la COFACE, Fitch, Standard & Poors, Moody’s ont tous publié des notes avec des prévisions de faillite à court terme”
    belle brochette de référence, ça fait sérieux. Ou ça le ferait si les références disaient ce qu’on leur fait dire. J’ai consulté la référence française, la page Coface, et cherché le mot “faillite”, je ne l’ai pas trouvé… J’ai aussi chercher “défaut” sans plus de succès, ni rien trouvé quant à une prochaine faillite. Il faut dire que le contenu de cette page semble dater d’avant l’attaque russe de février.
    Sur le site du FMI j’ai cherché “Ukraine” et pris l’article le plus récent : rien distingué sur la faillite prochaine du pays (https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/08/04/blog-global-current-account-balances-widen-amid-war-pandemic-080422)
    J’ai regardé Fitch, mais je ne suis pas compétent pour comprendre les notions manipulées.

    Bref, au regard des sources évoquées par l’auteur lui-même, son article ne me paraît pas satisfaisant. A revoir. Je reconnais mon incompétence à interpréter des rapports techniques, mais pour les sources présentant des textes ou données simples, je pense savoir lire.

    Pour Lutte Ouvrière, comment dire? Joker! Pas de blague sur le lien traditionnel Moscou-communistes.

    Et quel est le propos, finalement? A part dire que la guerre c’est mal, et la paix c’est mieux?

    En fait ce serait intéressant d’étendre la réflexion : la paix à tout prix? Mais l’argumentaire ici présenté tend à indiquer que dès lors que la guerre engendrera de la souffrance, il faut plier tout de suite devant celui qui menace d’employer la force. On voit bien à quoi ça mène : au niveau des individus tout racket devrait être accepté, de peur de se faire rosser ou pire ; au niveau des états, il faudrait également se plier, façon Münich, Daladier, Chamberlain… ça n’avait pas été judicieux à l’époque, semble-t-il, on ne peut donc pas en faire une règle de conduite absolue.

    Plutôt que des charges mal étayées contre l’unique Ukraine (ou quasiment) et les “Occidentaux” confits en turpitudes (ça finit par faire un peu woke), pourquoi ne pas donner des instruments de réflexion de niveau un peu supérieur?

    Par exemple ce texte du Vatican :
    https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html#III.%20L%C3%89CHEC%20DE%20LA%20PAIX:%20LA%20GUERRE
    “Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise”
    indique au §500

    Une guerre d’agression est intrinsèquement immorale. Dans le cas tragique où elle éclate, les responsables d’un État agressé ont le droit et le devoir d’organiser leur défense en utilisant notamment la force des armes.Pour être licite, l’usage de la force doit répondre à certaines conditions rigoureuses: «
    — que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain;
    — que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces;
    — que soient réunies les conditions sérieuses de succès;
    — que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition. Ce sont les éléments traditionnels énumérés dans la doctrine dite de la “guerre juste”. L’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun ».

    J’espère que mon long texte ne sera pas une de ces minables pollutions des fils de discussion, comme dit Pontoizeau, et si c’était le cas j’en serais fort marri.

    PS: M Pontoizeau regrette qu’on ne demande pas aux gens la langue et la nationalité qu’ils veulent “il appartient aux populations de décider librement d’être russophones ou ukrainophones, d’être russes ou ukrainiennes, polonaises ou hongroises même”. On pourrait faire ça en France aussi, après tout, si des sous-oblasts de Seine Saint Denis voulaient se rattacher à tel ou tel autre pays, pourquoi nos dirigeants fanatiques ne leur organisent-ils pas des référendums?
    Pour son information, dans le cas de l’Ukraine, dont il se demande si les urnes pourraient indiquer le caractère fictionnel ou non, qu’il se figure que ça a déjà été fait, sans l’attendre, en 1991, et les résultats oblast par oblast sont librement consultables :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_sur_l%27ind%C3%A9pendance_de_l%27Ukraine
    (le “oui” à l’indépendance majoritaire partout, entre 56% en Crimée et 99% à Ternopil, en passant par 86% à Louhansk et 87 à Donetsk)
    Remarque : la version anglaise indique que 55% des Russes ethniques ont voté “oui”.

    • Permettez-quelques remarques. Les conclusions du PNUD qui dispose des mêmes informations ne vous ont-elles pas convaincues ? La doctrine sociale de l’église ne s’appliquerait-elle pas à la guerre menée depuis 2014 contre les populations russophones d’Ukraine que vous semblez omettre. Ignorez-vous le massacre d’Odessa où 32 contestataires furent enfermés et brûlés vifs : la maison des syndicats du 2 mai 2014, l’ONU reprochant à l’Ukraine de bâcler l’enquête. Je dis simplement comme notre Pape François le 24 août qu’il faut arrêter cette guerre qui va précipiter le peuple ukrainien dans la mort durant l’hiver prochain. La doctrine de la guerre juste de Saint Augustin tient compte de la proportionnalité de la réplique mais aussi, et vous semblez l’oublier, de la prudence et de la protection des siens pour ne pas les exposer à plus de souffrances. Que les Russes aient une responsabilité, personne ne le niera. Libre à vous d’adopter une position belliqueuse, mais dois-je in fine vous rappeler le propos du Christ dans l’évangile de Jean :” Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. Jésus dit à Pierre: Remets ton épée dans le fourreau.” Etre artisan de paix, c’est avoir la sagesse de ne pas susciter les crises et les guerres. Je vous laisse juger.

      • Les 32 morts d’Odessa à la suite d’une émeute, je dirais que c’est un sujet tragique, mais un autre sujet, qui relève de la police et la justice, non de la guerre.

        La guerre civile est un fléau terrible. Je place dans cette catégorie la guerre au Donbass entre 2014 et cet hiver, et c’est bien ce fléau qui se serait sans doute éteint assez rapidement, pour sortir du domaine de la guerre, si la Russie n’y avait mis sa patte. C’est bien souvent le malheur qu’un pays déjà affligé d’une guerre civile voie cette plaie infectée et surinfectée par l’immixtion de puissances étrangères qui la font durer et empirer.

        L’invasion lancée en février, c’est encore autre chose. Ceci dit, je suis bien d’accord avec vous : une résolution pacifique et juste du différend Ukraine-Russie aurait été bien préférable à la guerre, et je ne doute pas qu’il ne fasse pas très bon être enfant ou avoir charge de famille dans le pays en ce moment.

        Quant au moyen d’en sortir, je prie, et pour ce qui concerne les hommes je n’en sais rien.

  6. Je crois que la Russie s’occupe de remettre de l’ordre dans le merdier causé par l’OTAN.

Publier une réponse