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France : Société

Après la mort d’un collégien à Meaux

Frappé par d’autres élèves, un collégien de 6° est mort à la fin d’un cours d’éducation physique. "Choc émotionnel" dit aujourd’hui l’autopsie :

"La mort est davantage due
à un choc émotionnel consécutif à la bagarre
, c’est un gros problème
cardiaque qui a emporté Karl et ce problème cardiaque a été révélé par
les premiers résultats de l’autopsie".

Mais sans la violence des coups, Karl ne serait pas mort. L’établissement avait pourtant tiré la sonnette d’alarme, comme le dit une représentante syndicale :

"Ca fait deux mois qu’ils disent que ça ne va pas (…) [il n’y a que] quatre assistants pédagogiques sur les 12 promis à la rentrée (…) un enseignant a été
bousculé, un autre a reçu des coups de pieds et de poings en séparant
une bagarre, une surveillante a été arrosée d’eau de javel et une élève
hospitalisée après avoir été battue à la sortie".

Sans parler des tabous auxquels on ne peut toucher :

"Le droit d’expression est
parfois limité, surtout quand on démolit l’ambition réussite
: c’est du
vent, il ne suffit pas d’appeler un établissement "ambition réussite"
pour que ça marche
(…) ça ne coûte rien de
dire qu’on met 12 assistants pédagogiques si on n’arrive pas à les
recruter".

Quant aux circonstances du drame, le professeur n’a pas eu le temps d’intervenir :

"A la fin d’un cours de
hand-ball, il demandait aux enfants de rapporter leurs maillots, il a
vu un attroupement et un élève tomber
(…) Il s’est immédiatement porté à son secours mais il était déjà inanimé (…)  Ce n’était pas
une bagarre qui s’est éternisée (…) [il s’agit d’une] classe de sixième normale dans un
collège où règne un climat de violence
".

La mort de cet enfant est un drame qui détruit une famille et choque profondément les élèves et professeurs de l’établissement. Se repose la question de la place de l’État dans l’éducation, de son rôle de soutien et non de substitution des parents et des moyens qu’il déploie dans ce sens, sans succès.

Lahire

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6 commentaires

  1. La question est de savoir si plus de surveillants changerait quelque chose. Il faudrait surtout que les éducateurs soient convaincus que les bonnes paroles ne suffisent pas et que ces gamins ont besoin de punitions à la hauteur des actes commis. Cela me rappelle un animateur de quartier d’origine marocaine avec lequel mon mari devait collaborer pour parvenir à travailler dans de bonnes conditions dans un quartier “chaud” : (je cite) “au Maroc, pour moins que ça ils auraient eu un doigt coupé, vous êtes trop laxistes “. D’autre part, dans cette histoire c’est encore le plus faible qui a trinqué ; aux dires de ses camarades, qui s’exprimaient anonymement aux infos ce midi, Karl était “le plus sage et le plus gentil de la classe, et aussi le souffre douleur”.

  2. Nous vivons en Urss : “choc émotionnel”…
    Nous nageons en pleins délires totalitaires avec réécriture de l’histoire et complicité des journalistes…
    République Creve!

  3. Aprés des faits dramatiques comme celui-ci, on a toujours droit aux même commentaires de la part des politiques et des enseignants.
    Ce ne sont pas des évènements nouveaux, chaque semaine la violence est là dans les établissements et à la sortie.
    Encore une fois que font les enseignants et les politiques pour remettre de l’ordre; en dehors de se lamenter……..
    Sur cette affaire les agresseurs vont sortir blanchis (si je puis m’exprimer ainsi)sous prétexte que le pauvre Karl était malade du coeur.
    Le procureur avance que les coups ne sont pas responsables….. C’est vrai que des coups violents portés à la nuque ne sont pas graves pour ce même procureur.
    S’il s’agissait d’un de ses enfants aurait-il le même jugement………..

  4. Et si plutôt que de mettre un surveillant, voire un policier derrière chaque élève, on réinstituait les cours de morale?????

  5. D’une manière ou d’une autre, les aggresseurs seront blanchis : ils ont seulement 11 ans et ne sont donc pas légalement responsables de leurs actes. Dans un sens, ils sont aussi victimes : s’ils avaient reçu en temps et en heure les coups de pied au cul auxquels il avaient droit (droit qu’ils pourraient revendiquer à juste titre) en serait-on arrivé là ?
    S’ils ont une part de responsabilité, il ne faudrait pas oublier celle de leurs parents et surtout celle de l’Education Nationale.

  6. Violence à l’école : quand les élèves s’entretuent
    Karl, 12 ans, a été assassiné le 21 décembre à la sortie de son cours de sport : il est mort roué de coups par des élèves de onze ans.
    On ne peut qu’être consterné par cette barbarie digne du pire bidonville d’Haïti.
    Et révolté par les réactions officielles :
    – Le SNES, syndicat majoritaire du secondaire, déplore… le manque de moyens. Il affirme que, si le gouvernement avait donné davantage d’argent à l’établissement, cet enfant ne serait pas mort. La rengaine est connue. Au collège Albert Camus de Meaux, là où se sont produits les faits, il y a 100 adultes pour 602 élèves.
    – Le rectorat de Créteil assure, quelques heures à peine après les faits, que personne n’est responsable parmi les fonctionnaires de l’établissement. Cet événement « aurait pu se produire n’importe » et, à cette époque de l’année, les élèves sont « nerveux ». Le collège est « un établissement qui tourne bien, qui est bien tenu, avec une vie scolaire importante et bien menée. » La rengaine est connue également. Et cela fait longtemps qu’elle ne convainc plus. La semaine dernière, dans ce même collège « sans histoires », une enseignante a failli être étranglée, une autre a reçu un coup-de-poing, un troisième a évité de justesse un coup de boule.
    – Le ministre de l’éducation Gilles de Robien va « ordonner une enquête administrative »…;
    – Les « enquêteurs » cités dans Le Monde déclarent il n’y a pas eu “de déchaînements de violence avec intention de tuer. Simplement une bagarre comme il s’en produit tous les jours dans les écoles”. Les protagonistes n’étaient d’ailleurs pas porteurs d’armes. Ni couteau, ni bâton. Le jeune Karl a été frappé à mains nues puis à coups de pieds par “trois ou quatre élèves”.
    Karl aurait donc été tué à main nue par des enfants de 11 ans. Cet élément, qui devrait glacer le sang, est présenté comme une circonstance atténuante.
    On s’est aperçu à l’autopsie que Karl souffrait d’une malformation cardiaque. Le Monde écrit donc que « la mort est survenue à la suite d'”un arrêt cardiaque dû à une malformation” ». Arrêt cardiaque qui s’est produit, sans doute par hasard, au moment où il était par terre, à encaisser les coups de pieds dans le ventre et dans la tête. Pas de chance.
    Mais personne, non, personne n’ose mettre en cause les coupables. Pas une information sur la personnalité des assassins de Karl. Pas une interrogation sur leur responsabilité. Sur leurs antécédents. Sur le nombre de fois où ils avaient déjà franchi la ligne jaune, à l’école ou ailleurs. Sur le nombre de fois où des adultes ont fermé les yeux, ont accepté, ont renoncé à réprimer des mots et des gestes intolérables. Sur les personnes, parents, enseignants et autres éducateurs, qui, par faiblesse ou par lâcheté, les ont laissés grandir sans leur fixer ni bornes ni repères. Car on ne devient pas assassin par hasard, pas dans ces circonstances. Frapper un enfant au sol est un geste déshonorant qui traduit un esprit troublé, même chez un enfant de onze ans.
    Et bien sûr, aucune volonté ne s’exprime de réprimer ces assassins de façon exemplaire. C’est hors sujet. Depuis quarante ans, des sociologues et des psychologues véreux répètent que la sanction ne sert à rien, que les punitions n’ont pas de vertu éducative. Une nouvelle fois hier, ils ont eu du sang d’enfant sur les mains.
    La chronique de SOS Education
    http://www.soseducation.com/rw_chronique_21_violence-a-l-ecole-quand-les-eleves-s-entretuent.php

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