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Après la manif

Après la manif

La manifestation du 6 octobre pour défendre la vie innocente et la famille naturelle fut un beau succès – minimisé, comme de bien entendu, par les médias aux ordres, mais nous en avons l’habitude !

Il était de bon ton, dans les semaines qui ont précédé ce succès de s’interroger gravement sur la mort de la « Manif pour tous ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que, pour un mort, notre mouvement se porte plutôt bien !

Pour transformer l’essai, et l’emporter politiquement dès cette loi de bioéthique (qui n’est, comme chacun a pu s’en rendre compte, ni bio, ni éthique !), je vous propose, amis lecteurs, quelques réflexions, sur lesquelles j’aimerais beaucoup avoir votre avis (je vous propose de poursuivre la discussion dans le forum bioéthique).

Ma première réflexion est qu’il faut passer de la défensive à l’offensive. Tant que nous nous contenterons de protester poliment contre les lois en discussion, le Système « ne nous calculera pas », comme disent les politiciens. Il faut clairement dire que nous voulons renverser la culture de mort dans son ensemble et pas simplement ralentir l’adoption de la « PMA sans père », en attendant de l’accepter la mort dans l’âme, pour nous préoccuper de ralentir dans six mois la légalisation de la « GPA éthique ». Il faut donc qu’au moins certains parmi les manifestants disent nettement que notre objectif reste évidemment l’abrogation de la loi Taubira. A ce sujet, la discussion, dimanche dernier, avec des manifestants croisés au hasard de nos pérégrinations m’a renforcé dans la conviction que la base, notamment provinciale, de notre mouvement était là pour un combat beaucoup plus global que la seule opposition à la « PMA sans père ».

Et naturellement, je ne parle d’abrogation de la loi Taubira que pour briser le fameux « effet cliquet » qui veut que la droite ne conteste jamais une loi « sociétale » de la gauche. Mais nous visons bien sûr, derrière, l’abrogation du système mortifère mis en place par la loi Veil. Et même le renversement du système individualiste mis en place par les « immortels principes de 1789 », dont l’un des symptômes les plus évidents est la loi sur le divorce, adoptée en 1792, abrogée par la Restauration et de nouveau votée, sous le nom de loi Naquet, en 1884 : le mariage n’étant plus qu’un contrat entre deux individus déracinés et obéissant à une logique utilitariste calculant les coûts et bénéfices de « se mettre ensemble » a cessé d’être ce lien indissoluble sur lequel fonder la famille, cellule de base de la société : c’est à partir de cette logique qu’a pu se développer la logique délirante qui nous a conduits où nous sommes aujourd’hui, où la prétendue « représentation nationale » peut tranquillement écouter un député évoquer les « trouples » – c’est-à-dire les « mariages » à trois – et la « pluriparentalité » !

La meilleure défense, c’est l’attaque, disait Bonaparte, qui s’y connaissait un peu en stratégie. En adaptant à notre situation, je dirais que la seule et unique façon d’éviter la légalisation de l’euthanasie et des mères porteuses est de se battre pour l’abrogation de la loi Taubira, de la loi Veil, de la loi Naquet. Bref, de rejeter en bloc (ce qui n’exclut évidemment pas la prudence politique) les principes dissolvants de 89 – ou, pour employer un vocabulaire plus familier aux catholiques, de nous battre pour la Royauté sociale du Christ.

Nous sommes certes des « conservateurs » en ce sens que nous voulons défendre et conserver l’ordre de la Création. Mais nous ne sommes pas des conservateurs au sens de la dialectique révolutionnaire qui voudrait que nous ayons simplement quelques années de « retard » sur la gauche, avant d’en accepter, bon gré, mal gré, toutes les réformes les plus ineptes.

Ma deuxième réflexion, c’est qu’il est impératif d’élargir la base sociologique de notre opposition à ce système totalitaire. Il y avait quelques gilets jaunes dans notre cortège de dimanche et c’est une excellente nouvelle. J’ai même vu l’ami Christian Baeckeroot en gilet jaune et écharpe de député (ce qui avait l’air de perturber un peu les observateurs !). Bien que je n’aie pas été souvent sur les ronds-points ces derniers mois, j’ai moi-même volontiers porté un gilet jaune à titre symbolique : la convergence des luttes, dont parle si souvent l’extrême gauche, a dans ce cas une pertinence particulière. Les gilets jaunes « canal historique » (c’est-à-dire les gilets jaunes non infiltrés par les « black blocs » avec la bienveillante complicité du pouvoir macronien) se battent pour la justice sociale et contre l’asservissement de l’homme à la seule logique financière. C’est également le cas des manifestants du 6 octobre : comme les gilets jaunes, nous dénions radicalement à l’Etat comme au marché le droit d’asservir la personne humaine. Je reviendrai sur ce point, mais il me semble crucial pour l’avenir d’avoir une vision globale de la personne humaine et de la société pour s’opposer efficacement à la subversion « déconstructiviste » des soixante-huitards. Et notre doctrine sociale catholique permet admirablement de répondre aux exigences légitimes des gilets jaunes, comme elle nous a largement mobilisés contre la marchandisation du corps.

Toujours en matière d’élargissement de notre base, je reste interloqué que nous fassions si peu pour tendre la main aux « banlieues ». Et, en disant cela, je ne veux évidemment pas dire que les Frères musulmans ou les salafistes sont l’avenir du combat pro-famille, comme certains le disaient en 2013 (même si je suis bien obligé de constater que le gouvernement avait reculé devant l’action des Journées de retrait de l’école, très répandues en banlieue, alors qu’il avait tranquillement méprisé nos manifestations monstres). Je veux dire plutôt qu’il est problématique, à long terme, que nos cortèges soient si manifestement des sorties de messe à Versailles. Etant moi-même une caricature de sortie de messe à Versailles, je ne suis certes pas le mieux placé pour critiquer cet état de fait. Mais j’observe depuis plusieurs années que des évangéliques (dont beaucoup habitent en banlieue, où ils sont parfois plus influents que l’islam) reprennent une bonne partie de nos combats pour la culture de vie. Je ne suis pas exactement un fanatique de la France « black, blanc, beur », dont rêvait feu le président Chirac, mais il est évident que, si nous voulons montrer au monde que notre combat est profondément un combat pour les droits de Dieu et pour la dignité de la personne humaine, il faudra attirer des gens qui ne nous ressemblent pas, mais qui partagent tout ou partie de nos convictions et de nos combats. La défense de la loi naturelle me semble d’ailleurs une excellente base de dialogue œcuménique ou interreligieux non biaisé par un irénisme anti-doctrinal, comme on le vit trop souvent dans l’Eglise de France au cours des dernières décennies (vous connaissez le style “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil” : les musulmans ont le même Dieu que nous et reconnaissent Jésus comme un prophète…). Au passage, la participation commune à des combats pour le bien commun de l’homme et de la nation française pourrait constituer un moteur puissant pour l’intégration de populations d’origine étrangères au sein de la Fille aînée de l’Eglise.

Enfin, ma troisième réflexion tient en une phrase : notre force réside dans notre implantation locale. Il était important d’organiser une grande manifestation nationale à Paris pour que les parlementaires voient que nous sommes nombreux et résolus. Mais cette manifestation n’a de sens que pour faire plier le gouvernement, en confortant l’opposition et en fragilisant la majorité. Or, là où nous pesons politiquement, ce n’est pas à Paris ; c’est en province. D’ailleurs, l’essentiel de notre mobilisation de dimanche (comme naguère en 2012-2014) est une mobilisation des paroisses les plus dynamiques de France, c’est-à-dire du maillage territorial le plus efficace qui existe aujourd’hui dans notre pays. C’est exactement l’inverse pour l’oligarchie macronienne : à Paris, elle peut, par l’occultation médiatique, faire croire que nous étions une poignée d’extrémistes. Mais, localement, même les médias dominants n’ont pas les moyens d’occulter la réalité. J’ajoute que la convergence avec les gilets jaunes que j’appelais plus haut de mes vœux sera infiniment plus facile en province qu’à Paris – l’infiltration par l’extrême gauche n’y ayant pas eu lieu. Et, surtout, n’oublions pas que, très prochainement, nous aurons les élections municipales et que les élus locaux seront donc extrêmement attentifs à ce que nous avons à dire. Or, les élus locaux élisent les sénateurs – et la droite sénatoriale est particulièrement « flageolante » sur les questions dites « sociétales » (le président LR de la commission des Affaires sociales, Alain Milon, a d’ores et déjà annoncé qu’il déposerait des amendements en faveur de la prétendue « gestation pour autrui » : avec une « droite » comme ça, plus besoin de gauche !). Avant la manifestation de dimanche, il était assez vraisemblable que le sénat vote majoritairement le texte du gouvernement. Vu notre démonstration de force, c’est moins évident. Et, avec un minimum d’engagement dans le combat local, nous pouvons obtenir que les élus locaux LR et divers droite signifient aux sénateurs leur opposition résolue (ou, au moins, leur peu d’envie de se faire battre par notre opposition résolue aux prochaines municipales…). Or, le vote du sénat est déterminant : si le sénat vote comme l’Assemblée, Macron pourra prétendre, malgré l’évidence manifestée par les états généraux, qu’il y a un consensus. Sinon, il est même envisageable que la réforme soit enterrée sine die.

Se battre localement est encore mieux que le fameux bonbon Kiss cool : avec une seule stratégie, nous obtenons ainsi d’abondants résultats : nous mettons en place une mobilisation durable (il ne faut pas oublier que, pour les provinciaux, la participation aux manifestations parisiennes est une grosse dépense de temps, d’argent et d’énergie, alors que manifester devant la mairie de sa commune ne demande pas beaucoup d’efforts), nous pesons sur le parlement, nous préparons les municipales et nous bâtissons l’armature du mouvement pro-vie dont notre pays a tant besoin.

Alors, au travail !

ON NE LACHE RIEN

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

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2 commentaires

  1. Pour faire triompher nos justes demandes : les manifestants seraient bien inspirés s’ils priaient le Chapelet et chantaient des cantiques plutôt que de chanter n’importe quoi, ah ? mais cela n’est peut-être pas possible car trop chrétien !!!!

  2. l’analyse est juste quand au renversement du système de 1789. Là est le vrai problème. Pour ma part je constate que notre action mène à rien et je pense que nous nous trompons sur ses principes même. Un manifestant de LMPT dit : « Avec la PMA sans père, le reste du monde nous regarde comme des cinglés. »Le reste du monde ne regarde malheureusement pas comme cinglés, les lois iniques et ceux qui les promulguent. PAS DU TOUT. L’Asie bouddhiste par exemple s’en fiche. Les ressorts mentaux de cette culture permettent des choses du même niveau, comme la prostitution adulte ou infantile doublée d’esclavage pour la survie du clan familial. Le lien entre utilité / coût, fins / moyens, le plus qualitatif, le plus haut est celui de la civilisation chrétienne. Elle seule connaît ce concept de “personne”. Celle-ci devenant folle, enfin les gens qui en sont issus, cela ne choque pas grand monde en dehors des tenants des principes de cette civilisation, c’est-à-dire nous les chrétiens. Mais en dehors de nous ? Pas grand monde : ce sont des plus ou moins barbares, des païens qui profitent du progrès immense, fruit de la Civilisation. En dehors du christianisme, l’Occident n’est plus, la France non plus, puisque c’est son essence. Ce n’est pas l’hellénisme, mais le christianisme, qui l’a ingéré. Seule cette culture est la Civilisation. En effet elle seule a permis l’explosion des talents : de l’homme, de l’homme et de la femme de manière aussi rapide, multiple, universel. Il n’en existe aucune autre (parabole des talents). La vérité, les meilleurs modes d’êtres, la meilleure recette anthropologique, les meilleurs et plus simples rapports sociaux, économiques, politiques s’imposent d’autant plus facilement qu’ils renferment en eux-mêmes, développent et génèrent des retombées positives, une démultiplication de la valeur, du bien-être, du bonheur. Bref la Civilisation ne s’est pas donc imposée par la supériorité des armes… Ceci étant donc posé, les perspectives du combat civilisationnel, politique, moral, religieux changent radicalement.

    Il me semble que nous n’avons toujours pas compris l’environnement où nous sommes, le champ de bataille sur lequel nous avons tant de défaites. Dites-moi depuis l’école libre quelles victoires avons-nous remportées ? Nous souffrons d’une distorsion du réel.

    Nous ne sommes pas dans la situation d’une société chrétienne qui renoncerait à ses principes un par un. Ce qui, si je ne me trompe pas est le postulat méthodologique de toute l’action politique chrétienne (dans toutes ses composantes et diversité).

    Oui historiquement, mais non structurellement et non humainement. Déjà, la plupart de nos contemporains n’ont que la génétique en commun avec les générations de français précédentes. La lignée du Baptême est rompue à l’échelle nationale (Combien sommes nous ?). Voilà pour l’histoire. Bien sûr, cet argument est partiel, mais c’est sa dimension dominante aujourd’hui sur la réalité qu’il veut décrire, concernant l’histoire. Oui je sais la France est, reste pour l’Éternité, car elle est baptisée (hors on ne baptise que des réalités éternelles : des personnes et des nations de personnes), la Fille aînée de l’Eglise.

    En ce qui concerne la structure : la Révolution a défini les structures, les fondements de la société dite “française”. La négation de Dieu, donc le mensonge, et son père Satan en sont les fondements. C’est un fait et l’action politique chrétienne a été de croire que ça n’avait pas d’importance et que l’on pouvait changer de l’intérieur la sève d’une plante vénéneuse, d’un figuier pourri (échec de l’action politique de “Sens Commun” par ex). Ce qui traduit une erreur de jugement, de discernement (cf la parabole du discernement « à quoi reconnaissez-vous un bon arbre…). Jésus en outre ne dit pas de changer l’ivraie en bon grain, l’ivraie est ivraie : mystère indépassable, et l’on connaît son sort.
    Le régime républicain a bâti ses fondations sur la négation et le dévoiement de la Civilisation (chrétienne donc). Les gens, nous tous, qui se sont laissés gouvernés par ce régime, volontairement ou non sont sous sa domination. Ils ont acceptés de fait ses principes culturels et nous, les chrétiens en grande majorité pour l’action politique aussi.

    Nous avons de facto admis que notre Civilisation était du même ordre et parenté que leur A-civilisation. Et donc accepté que notre position ne soit qu’un point de vue divergent d’avec le leur, dans une société commune. Alors qu’en réalité nous n’avons rien en commun. RIEN. Être chrétien, donc civilisé est l’autre du non chrétien, du non civilisé. Nous n’avons ce me semble pas le même père, eux Satan le Menteur et nous Dieu le père, Trinité Sainte… Désolé pour les tendres. Sinon à quoi sert notre Baptême ? Le fondement de la société républicaine (qui n’est donc pas “française”) est la liberté absolue, par tous les moyens, et dans tous les domaines atteignables par la raison. C’est leur postulat, il est faux… et ce n’est pas le sujet. La source, la norme est la loi fondée sur cette volonté humaine de liberté absolue. C’est contre les principes même de la Civilisation, c’est une contre civilisation. Mais comme il n’y a qu’une Civilisation et c’est le Christ, donc alors même qu’une société se dirait Contre Civilisation, ne serait qu’une sous culture, car il n’y a pas de contre Vérité, mais la Vérité et le mensonge… Le mensonge qui n’est qu’un rien ridicule, un pet de mouche.

    Il n’y eu pas déchristianisation mais la construction, la Révolution, l’avènement d’un autre monde. C’est cela le génie diabolique, intelligent aussi, de 1789. Ils n’ont pas à proprement parler déchristianisé, mais fondé un autre régime, contre Dieu. La déchristianisation n’en est que la conséquence. Nous, nous courrons après une hypothétique déchristianisation des lois, mais eux ont fondés leurs lois, bâtissent, développent, rééduquent, installent et projettent.

    La société qui nous entoure est largement d’accord, sinon consentante à toutes ces lois. Nous ne sommes qu’une minorité. Nous sommes les derniers civilisés au sein d’une société païenne, dont les principes anthropologiques, moraux, politiques sont païens et même anti chrétien.
    Qu’y-a-t-il d’anormal à ce que leurs lois ne le soient pas aussi ? Rien ! Pourquoi en êtes-vous scandalisés ?

    Alors marquons simplement notre différence, n’acceptons pas concrètement pour nous-mêmes et les nôtres, nos familles, les applications concrètes de ces lois. Ne nous laissons pas régir d’abord par ces lois. MARQUONS PUBLIQUEMENT NOTRE DIFFÉRENCE. Réclamons, un aménagement de la loi pour nous, conforme à la vie chrétienne. Mais pour nous d’abord, pas pour les autres. Ils y viendront quand ils en verront les avantages, et la supériorité intrinsèque de la Civilisation et des lois qui en découlent. Réclamons comme les PREMIERS CHRETIENS, NOTRE LOI.
    Cela mettra le monde en face des vraies contradictions, oppositions.

    C’est comme cela : avec l’opposition têtue des premiers chrétiens pour eux-mêmes d’appliquer personnellement des actes contraires au Christ, et avec la demande concrète d’aménagement de la loi, pour que les chrétiens ne puissent pas désobéir à Dieu tout en obéissant à César, qu’ils réclamaient le fait de la dispense du culte à l’Empereur. Faisons de même : c’est la recette du succès.

    Ensuite nous gagnerons par nos mœurs, à nouveau la société toute entière et César ensuite.

    Alors pourquoi vouloir faire changer d’avis des païens, aux mœurs païennes, à la culture barbare et la minorité gouvernante qu’ils se sont donné comme chefs, des ennemis ? Faire changer d’avis ? Non ! Convertir OUI !

    A part les convertir, les vaincre ou dominer (c’est cela la vraie politique puisqu’il s’agit de pouvoir), je ne vois pas en quoi une action politique comme manifester est possible où il s’agirait seulement de convaincre une partie d’un autre point de vue, mais sur des principes de civilisation qui seraient donc communs ?
    Manifester ne correspond pas vraiment au mode d’action de notre réalité sociale et politique. Ceux qui nous gouvernent, le font de nous comme d’une minorité à minorer du corps social. Pourquoi, nous écouteraient-ils ? Jamais, ils ne le feront, nous ne sommes pas sur le même logiciel.

    Ils s’en moquent et s’en réjouissent ; car d’un, ils nous forcent à réagir selon leur propre logiciel tout en sachant que nos arguments, ne correspondant pas à la matrice, sont inaudibles, nous enlevant ainsi toute puissance tout pouvoir politique réels ; deux, en nous ignorant ils marquent leur puissance sur toute la société ; trois comme nous sommes dans la réaction, nous n’avons jamais l’initiative et nous subissons ; enfin ils savent aussi que nous devons puiser dans nos bourses pour le faire et que cela ne tiendra pas indéfiniment.
    Nos contemporains, sont neufs ou hostiles, mais largement ignorants : des païens, qui ne connaissent pas la réalité de la Civilisation, ni les effets bienfaisants du Christ sur la vie morale, le bonheur personnel et familial. Ils ne connaissent, et seulement pour les plus aisés désormais, que l’égalité homme/femme, la liberté d’engagement, de contrat, de responsabilité, d’innovation (fruit logique du Christ) et les biens de consommation qui en résultent… mais tout cela commence déjà à disparaître. Les « Gilets Jaunes » en témoignent.

    Bref dans ces conditions, manifester c’est perdre de l’argent au pire, et au mieux sert seulement à compter “combien de divisions” nous sommes, à nous rassurer de nous voir ensemble, favoriser les rencontres et synergies futures. Bon une fois, deux fois, trois fois ça suffit pour se reconnaître et se regrouper non ? Cela ne produira rien de plus. Ceux qui se joindront par congruence, lors d’une manif, sont en fait déjà du petit nombre. Manifester ne sert qu’à nous compter pour nous et pour eux, nos ennemis.

    Maintenant c’est l’affrontement, ou si nous ne combattons pas : la mort. Physique car à la longue les générations passent et ne se renouvellent pas, mais spirituelle d’abord car n’obtenant aucun résultat les gens se découragent et perdent la Foi peu à peu, dans un fatalisme… fatal.

    Encore faut-il savoir de quel affrontement nous parlons. La guerre civile, elle vient … ou pas, je ne suis pas devin, même si tous les ingrédients sont là. Et puis un tel malheur n’est pas souhaitable et nous ne le provoquerons pas. Mais de toute façon qu’il soit physique ou politique, nous ne devons pas reculer. C’est impossible, cette lutte est existentielle, essentielle.

    Il s’agit d’affronter l’autre : soit en lui proposant la réalité concrète de l’Evangile, c’est-à-dire le Christ qui SAUVE, encore faudrait-il savoir de quoi il nous SAUVE (de la pauvreté ? Non du péché, Sauveur des Hommes et pas de la “planête”, ni des crapauds, qui vont disparaître car c’est de Foi, si si relisez Saint Paul, les Evangiles et l’Apocalypse), avec Charité évidemment, soit en se regroupant et en le combattant par une vraie guerre politique. Trump est un exemple de lutteur, discutable certes, mais il combat, fait la guerre politique.

    Nous, nous ne faisons pas encore la guerre, nous sommes plutôt dans “faire semblant”, nous “composons” depuis en somme le “ralliement”. Hors eux en face, nous écrase à la moindre occasion. Pourquoi ne ferions-nous pas de même. La Charité en politique n’est pas la faiblesse, jamais, et surtout quand il s’agit du Bien Commun. C’est méconnaître ce qu’est le gouvernement.

    C’est quoi gouverner ? Sinon exercer le “pouvoir”, s’en servir, encore faut-il le conquérir, pour servir. Servir c’est aussi détruire les sources de mensonges, les voleurs, les bergers mercenaires… Ridiculiser l’adversaire, lui nuire, lui rendre coup pour coup, lui opposer sans cesse la Vérité, et son ignorance, le contrôler, l’écraser s’il ne comprend pas la miséricorde quand l’occasion se présente… tout cela en politique est Charité. Imitons les abeilles défendant leur ruche. On ne dit pas tricher, voler, mentir… Mais faire la guerre car elle est JUSTE.
    Il est temps de montrer au monde l’inanité de leurs mensonges, utopies, idéologies, religions ou irréligion, de les discréditer par la Vérité, bref d’affronter. Où sont les controverses avec des islamologues, des communistes, des écologistes, des francs-maçons… ? Invitons démontons, ridiculisons publiquement leurs arguments. La vie et paroles des martyrs des premiers siècles n’illustrent-ils pas mes propos ?

    Je ne ferai pas, donc par choix conscient, plus d’une ou deux manifestations contre la PMA, car je n’en ai plus le loisir, ni l’argent de ce loisir. Car faire une action de retrouvailles pour des retrouvailles est de l’ordre non pas de l’action politique mais du loisir. Je garde mes sous pour un pèlerinage par exemple, genre de rassemblement plus efficace. Par contre, toutes les fois que les occasions de combat se présentent je combattrai et pour gagner, si je le sens avec l’Esprit Saint. N’allons plus au combat pour perdre.

    Quant aux lois iniques, qu’ils les votent mais qu’elles ne nous régissent pas, nous les chrétiens !
    Nous devons défendre et réclamer nos particularismes : la clause de conscience, coûte que coûte ou désobéir, nous devons dire “touche pas à mon vieux” aux fossoyeurs des hôpitaux, faire de la publicité de nos mœurs dans toutes les circonstances de la vie et montrer sa fécondité. Se montrer solidaires les uns des autres pour que la loi n’imposent à aucun chrétien un sort qu’il ne veut pas, et s’il le vit qu’il le vive en martyr et faisons-en la publicité. Je ne dis pas que cela n’est pas déjà fait, mais que cela n’est pas clairement fait comme action publiquement chrétienne.

    Alors Manifester ? Oui mais avec les bons slogans : “Nous les chrétiens voulons vivre comme-ci, mourir comme ça !”. Et non pas faire des slogans “vérité générale” qui n’intéressent pas la majorité païenne au cerveau aliéné, dont le logiciel ne permet plus d’accueillir une vérité universelle comme : “PMA sans père !” car ça ne marchera pas comme je l’ai expliqué plus haut et tous nous le voyons. “Pour nous, les chrétiens, nous ne voulons pas de sédation”, « Pour nous les soignants chrétiens nous voulons garder la clause de conscience ». C’est l’esprit de ce qui devrait se faire.

    C’est justice que de faire ainsi car nous ferons ainsi référence constante à Celui qui est la source de notre Civilité, de notre Sagesse, de notre excellence, Jésus Christ ; et car Charité ordonnée commence par soi-même. C’est aussi comme ça que le monde verra clairement comment les chrétiens, personnellement et en familles vivent, et cela aura bien plus de chance de faire des émules. Nous devons réclamer notre singularité, sans l’imposer à cette société païenne. Nous sommes la minorité. Pour l’instant une minorité active, mais inefficace.

    La laïcité permet de lutter pour que notre vie personnelle puisse être vécue selon nos croyances, et refuse au contraire de les imposer aux autres. C’est comme cela qu’est vu notre position à slogans « universels », la volonté de régir tout le monde. La société est déjà divisée mais pour de faux motifs. Nous poserons ainsi le curseur de la division : le Christ et la Civilisation versus l’erreur des religions, de l’irréligion, des utopies, des idéologies… versus la barbarie évoluée.

    Car pourquoi un chrétien ne pourrait-il pas mourir ou vivre comme il l’entend du moment que cela n’affecte pas les autres et qu’il est un bon citoyen ? Rassurons-les, nous servirons d’autant mieux César que Dieu sera contenté dans les lois qui nous régissent, nous les chrétiens.

    Assumons d’être la minorité et progressons comme ont su faire les premiers chrétiens par l’exemple, les conversions, et la différence juridique. Oui cela signifie tomber de notre piédestal, du siège/piège de l’Etat pour notre épiscopat (consulté pour être mieux ignoré absolument en tout), dans la marginalité. Oui la conséquence, c’est de se défaire de la caution du monde et d’être considérés, traités comme des moins que rien. Alors là est le choix accepterons-nous la marginalité ? (il fut compté au rang des malfaiteurs…). La communauté chrétienne l’accepta durant 3 siècles sous Rome la païenne, l’inique, la dépravée, et nous rougirons-nous de ce choix qui fut payant ?

    Cela nous donnera la Joie car nous serons en plein jour, là où nous avançons plus ou moins masqués, et nous engrangerons victoires sur victoires, en les grignotant. Ou nous récolteront des palmes de martyrs, la victoire du Ciel. Ce qui, ne l’oublions pas, est semence certaine de chrétiens. Mais en aucun cas nous perdrons du terrain (celui-ci ou le Ciel) et connaîtront la tristesse d’une action donnant depuis 250 ans défaites sur défaites, pertes des âmes, car notre action ne fait pas tant d’émules que cela… Pour être tout à fait franc : l’extrême stérilité de notre action est révélatrice de notre erreur. La France s’est tout simplement déchristianisée durant ces 250 ans.

    Nous devons nous réapproprier, pour nous, par principe, notre façon d’être un bon citoyen, fusse dans le régime le plus inique qui soit. Le jour où nous toucherons à César, comme le fut Constantin, alors nous pourrons envisager de refonder notre Cité. Car, de manière pragmatique, elle sera nôtre. Avant, cela paraît hypothétique, miraculeux.

    Ce n’est pas que je n’y crois pas. Bien au contraire, mais pour qu’il vienne ce miracle, Clovis ou Jeanne, nous devons faire ce qu’il faut. Hors ce n’est pas du tout ce qui se passe. Donc, il ne viendra pas. Le chef de Dieu, ne viendra que quand ses soldats combattront véritablement, c’est-à-dire, publiquement sous sa bannière. Comment un chef pourrait-il rejoindre son armée, si celle-ci combat sous une bannière indéfinie, soi-disant « universelle », « acceptable par tous », ” vérité générale” (et pas Incarnée), qui permet d’être du monde mais pas trop, celle d’une République aristotélicienne qui permettrait aux païens, aux révolutionnaires ennemis de Dieu, comme aux chrétiens de vivre saintement ensemble et en parfaite harmonie ? Dites-moi, que je relise Saint Ignace de Loyola… C’est un peu notre postulat non ?

    Le ralliement juste est celui de l’obéissance à toute institution humaine, car toute autorité vient de Dieu, en tant que gouvernement d’une nation, entité à laquelle le chrétien appartient. Cette obéissance à César qu’il fut, lui, juste ou injuste d’ailleurs, est due. Mais nous avons cru, que cette institution pouvait être bonne, un jour, alors qu’elle a posée ses propres “Tables de la Loi”, celles de Satan. Cette croyance, là, est mauvaise, erronée pour la République. Le ralliement consiste à obéir aux lois générales, tant qu’elles ne contreviennent pas à nos mœurs chrétiennes, et à participer au fonctionnement de cet Etat, dans cette mesure. Mais tout en sachant que cet état est intrinsèquement pervers, contraire, à la vie politique chrétienne du pays. Par conséquent, être présents, participer, certes, mais à condition de réclamer notre distinction, nos exceptions juridiques et pour nous, pas pour tout le monde.

    Comme si la République pouvait se convertir ? Cette République-là est intrinsèquement mauvaise, fut-elle permise par Dieu…

    Ne disait-on pas des premiers chrétiens « Voyez comme ils s’aiment ? ». Curieux non ? L’hagiographie n’aurait-elle pas du dire (comme la fausse charité d’aujourd’hui) voyez comme ils aiment les autres (à leur détriment, c’est-à-dire jusqu’à perdre la Foi) ? Non. Sagesse réelle car c’est en voyant comment les chrétiens s’aimaient en communauté et se régissaient, se gouvernaient avec l’excellence des mœurs du Christ, selon leurs revendications particulières pour les devoirs civiques (pas de culte à l’Empereur), tout en étant « les meilleurs citoyens de Rome » que les païens en virent tout le bénéfice qu’il y a d’être chrétien pour soi-même, sa vie morale et pour la société. Car s’ils s’aiment vraiment eux-mêmes, alors ils ne peuvent qu’aimer véritablement les autres ensuite, respecter le bien public, le Commun. Le B.A. BA de l’évangélisation (cf l’Evangile où les apôtres qui doivent rester dans une maison et non pas passer de maisons en maisons afin que les gens puissent voir l’excellence réelle de leurs mœurs quotidiennes, qui est la vérité de l’être …). La politique commence là.

    Elle implique de ne pas durcir en vérité absolue, que le pauvre non chrétien, nous sanctifie. Inversion qui devient perverse, freudienne. Est fondamentalement riche, celui qui connaît Dieu, donc Jésus Christ. Est fondamentalement pauvre celui qui ne connaît pas le Christ. Faire du pauvre matériel le prima absolu de l’évangélisation me semble tourner à la trahison de Juda… “des pauvres, vous en aurez toujours, mais moi vous ne m’aurez pas toujours” “le prix de ce parfum aurait du aller aux pauvres…”. Et la Charité ne se limite pas aux pauvres… La justice, le devoir d’état, … sont charité.

    Cette stratégie est donc en conséquence ni marketing, ni prosélyte, ni démagogique mais relationnelle. Et là Michel nous sommes d’accord.

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