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L'Eglise : L'Eglise en France

Après la crise, notre penchant le plus spontané sera une amnésie

Après la crise, notre penchant le plus spontané sera une amnésie

L’évêque de Nanterre, Mgr Rougé, a été interrogé dans le Point. Extrait :

Nous avons commencé une série d’entretiens avec des intellectuels et des politiques pour penser le monde après. Selon eux, rien ne sera plus comme avant dans notre mode de vie. L’un d’eux a même parlé d’un retour à la « sobriété ». Qu’en pensez-vous ?

Ce serait succomber à nouveau au syndrome du colosse aux pieds d’argile que d’affirmer avec assurance que « rien ne sera jamais plus comme avant » après la crise. Notre penchant le plus spontané sera au contraire une amnésie plus ou moins délibérée, une fuite en avant, peut-être même effrénée, pour reconstruire certes mais aussi pour oublier. N’est-ce pas ce que nous avons globalement fait, à quelques ajustements près, après la crise financière de 2008 ? Par ailleurs, « l’homme éternel » reste le même, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, et la récurrence perpétuelle de discours sur le « nouveau monde » sonne comme « une cymbale retentissante ». Il faudra donc un véritable effort collectif pour analyser la crise en profondeur et faire des choix modestes mais précis (en matière d’éducation, de rapport aux territoires, d’institutions notamment européennes, de choix d’investissement, d’options éthiques…) en vue d’une transformation durable de nos modes de vie et de développement.

Comment voyez-vous le monde d’après Covid-19 ? Quelle place pour l’Église ?

Pour ce qui est de l’Église, je souhaite que nous demeurions fidèles à l’expérience d’intériorité, de simplicité, de fraternité et de créativité de ce temps de confinement. Pour le reste, ce que les chrétiens, avec d’autres, appellent « l’écologie intégrale » me semble plein de promesses : un modèle de développement qui intègre l’espace et le temps, qui fasse une vraie place aux personnes fragiles, qui donne le goût de la sobriété joyeuse. Cette « écologie intégrale » ne s’oppose pas à la révolution numérique mais peut en favoriser une intégration pleinement humaine. Elle passe par un enracinement culturel et spirituel renouvelé et par une attention plus ambitieuse à la dignité de toute personne humaine. Je trouve significatif, de ce point de vue, que l’épidémie soit venue interrompre un processus législatif assez destructeur en matière de bioéthique. Beaucoup, pendant le confinement, auront relu les classiques et pris soin de leurs proches : voilà qui ouvre, simplement mais fondamentalement, la double perspective de l’enracinement et de la fraternité. […]

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