Apprenons à résister!

MbAinsi titre ce document de monseigneur Nicolas Brouwet, évêque de Tarbves et Lourdes, qui invite les catholiques de son diocèse à entrer en Résistance. Voici l'introduction : 

"La loi sur le mariage et l’adoption pour les personnes de
même sexe a été adoptée à l’Assemblée Nationale. Dans une
absence étonnante de débat et d’écoute.

Sur des sujets aussi
profonds, aussi sensibles, aussi lourds de conséquences pour
l’avenir de notre société, il aurait été préférable de s’écouter
parler et de chercher ensemble des solutions à nos questions.
En organisant des états généraux où nous nous serions parlés en vérité, où nous aurions échangé nos convictions, où
nous nous serions écoutés en prenant au sérieux l’opinion des
autres, nous aurions pu peut-être
– en tenant compte des situations concrètes auxquelles les personnes homosexuelles sont
confrontées – trouver des solutions satisfaisantes pour tous.

Quelle que soit l’issue du passage de la loi au Sénat,
beaucoup d’entre vous se demandent ce que nous devons faire maintenant et comment préparer l’avenir.
Je voudrais vous suggérer des pistes pour continuer à aller
de l’avant"
.

Puis s'en suivent deux parties intitulées "Des convictions dont nous n’avons pas à rougir " et "Apprendre à résister !" avant de conclure sur "Une résistance politique ? " que je reproduis ci-dessous :

"Il n’appartient pas aux évêques, qui ont un pouvoir d’ordre spirituel, d’organiser une ré-
sistance politique. Ce n’est pas leur mission. Il leur revient, en revanche, de prendre la
parole pour participer à la réflexion. Mais également d’encourager tous ceux qui désirent
s’engager dans la vie politique autrement
:

  • en ayant à cœur le respect de la
    personne humaine avec une attention prioritaire pour les plus fragiles,
    même ceux qui semblent ne plus
    compter pour personne ;
  • en cherchant ce qui est vrai et juste
    pour une société par-delà les polé-
    miques et les surenchères liées aux
    périodes électorales ;
  • en visant toujours le bien commun et
    non l’institutionnalisation des désirs
    individuels ;
  • en osant garder sa liberté intérieure
    face aux consignes de vote ;
  • en cultivant une indépendance face
    à la puissance médiatique ;  
  • en protégeant la famille réelle, fondée
    sur la différence sexuelle et orientée
    à l’édification de la vie sociale.

L’Église ne s’oppose pas par principe
aux nouveautés et aux évolutions de
la société. Mais elle ne les adopte pas
non plus sans essayer de voir en quoi
elles constituent un progrès véritable
.
Elle opère ce discernement à partir de
l’Evangile et de son expérience. Elle
l’opère aussi par un lent travail de la raison et dans la lumière de l’Esprit Saint.
Elle cherche ainsi ce qui est le mieux pour
l’homme et pour les sociétés.

C’est pourquoi aussi elle se trouve bien
souvent en décalage avec le monde, sa
culture, ses modes, ses idéologies, ses
systèmes de pensée. Notre situation n’est
pas toujours confortable
.
Nous devons faire face aux critiques, aux
accusations, aux incompréhensions, aux
agacements et à la mauvaise volonté.
Reconnaissons aussi que, parfois, nous
méritons ces reproches.

Mais ne nous y trompons pas : le mystère
de la croix sera toujours présent.
Dans
quelques jours nous allons célébrer la
Passion du Seigneur ; « le disciple n’est
pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur » (Evangile selon Saint Matthieu 10, 24).
Nous ne pourrons jamais être en osmose
totale avec les mœurs de l’époque.
Ou
alors nous aurions perdu notre saveur,
notre richesse, celle de la Parole de Dieu,
pour nous conformer aux idées du temps.

Or ces idées sont bien souvent passagères ; elles naissent et meurent avec les
générations.
Notre force est de garder précieusement
notre foi dans le Seigneur et notre attachement à l’Evangile
. Non pour notre
bonheur individuel ; mais pour le service
du monde dans lequel nous vivons".

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