Alet-les-Bains (11) : l’église vandalisée, son trésor pillé. “Le diable est passé par là”.

AlbCela n'offusque personne, malgré le très bel article de la Dépêche du Midi :

"Les cloches n'ont pas sonné comme cela était prévu par le protocole de protection. Mais les cambrioleurs, doublés d'apostats et de sacrilèges qui ont vandalisé et pillé l'église Saint-André à Alet-les bains, dans la nuit de lundi à mardi, avaient abaissé le commutateur de l'alarme sonore qui se trouve dans l'escalier grimpant au clocher. On y accède par une porte latérale dans le passage entre le clocher et le cimetière. Et qui ne communique pas avec le bâtiment de l'église-musée de la commune, accueillant de belles pièces de l'art religieux, reflet d'un riche passé déposé par le rayonnement de l'église Sainte-Marie dont il reste de belles ruines et trois siècles d'évêché (…)

Lorsque Jean-Michel Boulbès, responsable du service du personnel municipal, débarque dans l'église, hier matin, il sait que «le diable est passé par là» et ne peut que constater l'ampleur des dégâts. La grille de la sacristie mitoyenne avec le chœur ainsi qu'une fenêtre intérieure en verre épais de la salle au trésor, située de l'autre côté en vis-à-vis, ont été descellées. Cet espace, fermé par une épaisse porte et protégé par un système d'alarme propre, contient le saint des saints si l'on nous autorise l'expression : une vierge en bois polychrome du XIIe siècle, Notre-Dame d'Alet, une vierge en ivoire du XIVe qui n'ont pas été du goût des cambrioleurs, apparemment déficients culturels. On y trouve aussi des ostensoirs et des «monstrances», sorte de présentoirs en verre, sertis d'un revêtement en or sur lequel les voleurs ont naturellement flashé (…)

Deux de ces modèles ont disparu : la relique de saint Roch, l'homme au chien qui sévissait parmi les lépreux dans les pèlerinages, ainsi que l'une bien plus ancienne, puisqu'il s'agit d'une relique de la vraie croix dont la présence à Alet-les-Bains est attestée par des chroniques, et qui avait en 1096 motivé la visite du pape Urbain II.

Depuis toujours et cela durerait encore, ces «doudous» mités et véreux, noircis à la fumée des cierges, bercés par d'interminables litanies, nourriraient un trafic pas très catholique au profit d'amateurs déviants adeptes de messe noire et autres fantaisies dont le genre humain n'est jamais avare. Des ciboires en vermeil et revêtement or ainsi qu'un calice avec sa patère brodée de fils d'or font également partie du magot «étouffé». La liste sera vraisemblablement plus longue (…)".

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