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Culture de mort : Euthanasie

Affaire Lambert : l’Académie de médecine rappelle fermement la déontologie médicale

Désignée par le Conseil d'État pour l'éclairer sur le cas de Vincent Lambert, l'Académie de Médecine a remis un rapport ferme et sans langue de bois, rappelant des principes fondamentaux en faveur des patients en état végétatif chronique ou en état de conscience minimal. Voilà qui sonne comme un désaveu pour le Dr Kariger :

"Le rapport sonne comme un rappel à l'ordre des médecins. Saisie par le Conseil d'État le 18 février dernier pour apporter des éclairages au cas Lambert, ce jeune tétraplégique dont le maintien en vie dépend de la justice et divise la famille depuis un an, l'Académie nationale de Médecine (ANM) vient de livrer son expertise sur l'approche déontologique et médicale à observer chez les patients en état végétatif chronique (EVC), en état de conscience minimal (ECM) et pauci-relationnels.

Ferme et direct, il rappelle des fondamentaux qui tranchent avec les interprétations passionnelles sur la «fin de vie» de ces patients non mourants mais lourdement handicapés, requalifiée en l'espèce de «véritable demande d'arrêt de vie».

Sans ambiguïté, l'Académie rappelle sa position: «L'arrêt de vie, en réponse à une demande volontaire à mourir alors que la vie en elle-même n'est ni irrémédiablement parvenue à son terme ni immédiatement menacée ne peut être assimilée à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s'agirait «seulement» d'une aide au suicide, il n'est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort». Rappelons que Vincent Lambert, comme beaucoup de patients dans son état, ne peut pas communiquer sa volonté, qu'il ne l'a ni préalablement écrite dans des «directives anticipées» ni désigné une personne de confiance pour la faire valoir.

Tout aussi fermement, le rapport de 9 pages réaffirme que «le droit de la personne à l'alimentation et aux mesures appropriées à la qualité de vie», comme la kinésithérapie, l'hygiène et la prévention des escarres, ne peut être «subordonné à sa capacité relationnelle», qu'«aucun médecin ne peut l'accepter». Pourtant, Vincent Lambert, depuis fin 2012, ne bénéficie plus de kiné ni d'orthophonie.

En d'autres termes, peu importe le degré de conscience ou de communication, un médecin «a mission de soigner», dit l'Académie en précisant ne pouvoir «souscrire» à une «distinction entre état végétatif chronique et état de conscience minimal». Dans sa demande d'expertise, le Conseil d'État avait demandé que les neurologues définissent le degré de conscience de Vincent Lambert et l'irréversibilité ou non de ses lésions… […]

L'Académie se refuse en outre à considérer que «les personnes qui n'ont pas retrouvé une capacité relationnelle, si minime soit-elle, ne sont «pas en vie», ni même «en survie», mais «maintenues artificiellement en vie». Une réponse sans détour au Conseil d'État qui, le 14 février, avait estimé que Vincent Lambert était maintenu artificiellement en vie du fait d'une sonde alimentaire (gastrostomie), caractérisant ainsi ce soin vital comme un traitement et ouvrant la voie à l'interprétation de l'obstination déraisonnable. «Il apparaît (…) difficile de porter chez ce type de patient un diagnostic de «maintien artificiel de la vie» fondé sur une évaluation aléatoire de la conscience subjective». […]

Enfin, en faisant une allusion franche au Dr Kariger, médecin de Vincent Lambert à l'origine de son «processus de fin de vie» au CHU de Reims, l'ANM insiste à plusieurs reprises sur «l'exigence d'une concertation vraiment collégiale» dès lors que se poserait la question de l'obstination déraisonnable à poursuivre un traitement. Lorsque le premier processus avait été enclenché, le Dr Kariger n'avait pas informé les parents de Vincent Lambert, qui l'avaient appris «par hasard» 17 jours après l'arrêt de l'alimentation."

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