Achat de sperme, import-export, bébés sur catalogue : la "procréation" est un marché juteux

C'est déjà le cas au Danemark, la France veut prendre le train en marche : la marchandisation des corps, corrolaire du mépris de la dignité de la personne humaine, est une réalité. D'ici à ce qu'elle devienne la règle… :

"Âgé de 22 ans, originaire de Londres et en échange à l’université d’Aarhus, Conrad étudie en première année de mastère de management des conflits. Cherchant un petit boulot, il s’est laissé tenter par une annonce sur Internet. «ça disait : ‘‘Vous voulez gagner beaucoup d’argent ?’’» Depuis, comme de nombreux étudiants dans cette ville qui en compte 40 000, il fait escale ici deux à trois fois par semaine sur le chemin de la fac. Une halte rapide– dix minutes – et lucrative.

Première banque de sperme du Danemark, avec plus de 21 000 naissances à son actif depuis 1991 et un stock permanent d’échantillons provenant de 400 donneurs, «Cryos» («froid» en grec ancien) verse en moyenne 250 couronnes danoises (33€) à ses «fournisseurs» pour un échantillon. S’ils acceptent que leur identité soit révélée à leur progéniture une fois celle-ci majeure, le gain peut s’élever à 500 couronnes. «J’ai choisi de ne pas être anonyme pour gagner plus d’argent, dit Conrad, mais c’est aussi moral. C’est difficile de ne pas savoir d’où on vient. Je le sais, je n’ai connu mon père qu’à 17 ans.» Et si, dans vingt ans, une flopée de descendants le sollicitait ? «Je n’y pense pas», lâche-t-il dans un grand rire. Sans plus.

Selon la loi danoise, un donneur de sperme ne peut être à l’origine de plus de douze grossesses dans le pays. Mais le royaume scandinave n’est pas le principal marché de Cryos, qui exporte 90% de sa «collecte» dans plus de 70 pays, à des cliniques privées ou à des particuliers. France, Pologne, Espagne, Thaïlande… La multiplicité des destinations contrebalance le manque à gagner qu’entraînent les quotas fixés par les législations nationales.

Pragmatique, ce raisonnement est celui d’Ole Schou, patron et fondateur de Cryos. Âgé de 58 ans, il se dit «amateur de sports extrêmes» et auteur d’un essai de 400 pages sur le sperme– «200 pages scientifiques, 200 pages de business plan». Mais, diplômé d’une école de commerce, Ole Schou est surtout un professionnel du marketing et le chef d’une entreprise de 40 employés, dont il tait le chiffre d’affaires".

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