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L'Eglise : Vie de l'Eglise / Pays : Chine

Accord Chine-Vatican : lettres croisées entre le cardinal Re et le cardinal Zen

Accord Chine-Vatican : lettres croisées entre le cardinal Re et le cardinal Zen

Il y a un peu plus d’un mois, une lettre du cardinal Zen à ses frères cardinaux dénonçant l’accord en cours entre le Vatican et la Chine était rendue publique. Le cardinal Re, récemment nommé doyen du Sacré Collège, a envoyé une lettre aux cardinaux, dans laquelle il justifie cet accord secret et va jusqu’à imputer à Benoît XVI la paternité de l’accord (le cardinal Re affirme que le pape Benoît l’a signé), tout en justifiant la possibilité d’Églises indépendantes :

L’Accord prévoit l’intervention de l’autorité du Pape dans le processus de nomination des évêques en Chine. A partir également de ce fait certain, l’expression « Église indépendante » ne peut plus être interprétée de manière absolue comme une « séparation » d’avec le Pape, comme c’était le cas dans le passé

Le cardinal chinois répond à travers son blog au cardinal Re, dans une lettre ouverte traduite par Benoît-et-moi :

[…]

1- Pour clarifier la vision de Jean-Paul II et de Benoît XVI à l’égard du communisme, il me suffit aujourd’hui de vous renvoyer aux pages 161-162 du livre « Dernières conversations » (le pape Benoît m’en a donné un exemplaire avec la dédicace « en communion de prière et de pensée »).

Question du journaliste Peter Seewald :

« Avez-vous partagé et soutenu activement l’Ostpolitik du Pape (Jean-Paul II)? »

Réponse de Benoît:

« Nous en parlions. Il était clair que la politique de Casaroli, bien que mise en œuvre avec les meilleures intentions, avait échoué. La nouvelle ligne suivie par Jean-Paul II est le fruit de son expérience personnelle, du contact avec ces pouvoirs.

Naturellement, à l’époque, on ne pouvait pas espérer que ce régime s’effondre rapidement, mais il était clair qu’au lieu d’être conciliant et d’accepter des compromis, il fallait s’y opposer avec force [ndt: soulignement du cardinal Zen!]. C’était la vision de fond de Jean-Paul II, que je partageais ».

2- Pour prouver que l’accord signé avait déjà été approuvé par Benoît XVI, il suffit de me montrer le texte signé, que je n’ai pas été autorisé à voir jusqu’à présent, et les preuves des archives, que vous avez pu vérifier. Il ne resterait plus qu’à expliquer pourquoi il n’a pas été signé à l’époque.

3- Le changement « historique (epocale) » de la signification du mot « indépendance », je le crains, n’existe que dans la tête de l’éminent secrétaire d’État, induit peut-être par une traduction erronée du chinois faite par le jeune minutante de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, désormais monoculus rex in regno caecorum (borgne-roi au royaume des aveugles), lequel fut également co-responsable d’au moins 10 erreurs dans la traduction de la lettre du pape Benoît en 2007. Mais étant donné l’intelligence du Très Éminent, il m’est difficile de croire qu’il a été trompé, il est plus probable qu’il ait voulu « se laisser tromper ».

4- Je ne comprends pas la dernière partie de votre lettre, pour le moins confuse. Les faits sont là. J’ai la preuve que Parolin manipule le Saint-Père, qui me montre toujours beaucoup d’affection, mais ne répond pas à mes questions. Devant des prises de positions du Saint-Siège que je ne parviens pas à comprendre, je dis à tous les frères désolés qui s’adressent à moi de ne pas critiquer ceux qui suivent ces dispositions. Toutefois, comme les dispositions laissent encore la liberté à ceux qui ont une objection de conscience, je les encourage à se retirer dans les catacombes, sans s’opposer aux injustices, sinon ils nous en remettraient encore plus.

Qu’ai-je fait de mal ?

5- Je suis d’accord à 100% avec l’invitation à prier.

Je rappelle que récemment, le Saint-Siège a aussi recommandé l’invocation à la Sainte Vierge « Sub tuum praesidium » [Sous l’abri de ta Miséricorde] et celle à l’Archange Saint-Michel.

Il y a évidemment l’Oremus pro Pontifice qui se termine par « et non tradat eum in animam inimicorum ejus« .

Je vous souhaite des moments plus heureux dans votre longue carrière de doyen du Collège des cardinaux.

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