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Culture de mort : Avortement

Abolition de l’avortement : l’art du possible

Il est souvent question dans ce Salon de la nécessité politique de procéder par étapes successives et mesurées dans le but nécessaire d’abroger l’avortement. A l’occasion du rejet par référendum de la loi abrogeant l’avortement dans le Dakota du Sud, Jeanne Smits revient sur cette prudence politique :

"Il semblerait que ce soit le caractère absolu de l’interdiction (y compris en cas de viol ou d’inceste) qui ait fait peser la balance de l’autre côté. Echec donc, pour la vie, mais quoi qu’il en soit l’exemple proposé par cet Etat américain a déjà entraîné des initiatives supplémentaires dans d’autres Etats et l’édifice juridique de Roe versus Wade s’en trouve sinon ébranlé, du moins assiégé.

L’affaire pose de façon aiguë la question de ce qu’il est possible de faire en politique. Un texte moins radical… moins radicalement juste !, aurait permis que moins de meurtres légaux de tout-petits soient commis dans et aurait à ce titre pu recueillir, peut-être, davantage de voix. Les partisans d’une interdiction totale auraient pu apporter leur soutien à un texte moins satisfaisant au titre du bien qui pouvait en résulter.

Alors : est-ce une erreur de "tout" demander, alors que les esprits ne sont pas mûrs ? Cette question est cruciale dans les combats pro-vie aujourd’hui. Elle appelle à la fois à une vraie réflexion, à la lumière de la vérité mais aussi de la prudence politique, et à un autre combat : celui de l’information sur la réalité du caractère criminel de l’avortement, quelle que soit l’origine de la grossesse que l’on cherche à arrêter. Deux éléments qui devraient au fond aller de pair : c’est l’affirmation claire d’une opposition totale à la légalité du crime sur les tout-petits qui permet, pour les besoins du moment et selon les circonstances, de demander concrètement une mesure pas totalement satisfaisante mais allant dans la bonne direction.

Quoi qu’il en soit, il faut bien comprendre qu’à l’heure actuelle, une loi du genre de celle du Dakota du Sud n’a pas d’énormes chances de passer le barrage de la Cour Suprême. Le texte a eu un rôle de ballon d’essai, finalement pas si raté si l’on considère que près d’un électeur sur 2 dans le Dakota, 45 %, ne s’est pas laissé influencer par le discours sur le viol et l’inceste dont il s’agit maintenant de montrer qu’il n’est pas véritablement au service des femmes, mais sert à promouvoir l’avortement sous couleur de "compassion"."

Le fait de procéder par étapes implique nécessairement de définir clairement le but que l’on se donne. Car sans but clairement avoué, on provoque des incompréhensions de part et d’autres qui nuisent à l’action politique et on finit en reculades ou compromissions, voire en abandon. Une fois le but clairement défini, c’est au politique de choisir une stratégie par étapes (non-remboursement, réduction du délai, information, aide aux mères, interdiction partielle puis totale…).

Michel Janva

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8 commentaires

  1. Bien sûr, il faut procéder par étape pour obtenir l’abrogation de cette loi, même si c’est une loi criminelle. Mme Jeanne Smits a raison, et la liste “(non-remboursement, réduction du délai, information, aide aux mères, interdiction partielle puis totale…)” n’est pas sans rappeler la litanie des étapes justement qui, en France, nous ont menés là où nous sommes: avortement térapeutique, puis pour viol et inceste, puis pour tous mais aux frais de chacun, puis… et maintenant on parle d’allonger le délai.

  2. Vraiment merci pour cet article qui illustre lr point de vue de la ‘lectrice assidue’

  3. Poussons le raisonnement plus loin ? Si pour obtenir que passe ce qui est possible et permettrait de sauver des vies, il faut ne pas trop insister sur “le but qu’on se donne”, que doit faire le politique ?

  4. Lorsque je dis, entre amis, que des élus qui voudraient supprimer l’avortement devraient le faire progressivement en commençant par restreindre le champ de son application actuelle, je passe pour un assassin.
    L’exemple du Dakota du Sud est un sujet de réflexion : faut-il demander tout, au risque de n’avoir rien, ou faut-il le compromis d’un peu seulement ?

  5. Il faut tenter un compromis qui, certes, enverrait à l’incinérateur des milliers d’enfants à naître, mais en sauverait 20 ou 50 fois plus.
    Pourquoi ne pas dire “avortement interdit sauf cas extrême”, avec liste des cas extremes?
    Pour satisfaire les ânes, les cas extremes suivants iraient :
    -viol, inceste
    -danger pour la mère
    -grave maladie du foetus
    -âge de la mère (moins de deux ans après les premiere regles, ça doit donner du moins de 14 ans)
    Les pro-morts se servent de ces cas pour justifier leur génocide, a priori si ces cas ne sont plus impliqués les pro-mort n’auraut rien pour persuader (pas convaincre, persuader).
    Sinon, sur la contraception, il faut interdire autant que possible la contraception abortive: interdiction de la pilule porgestative (l’ostroprogestative bloque l’ovulation alors que la progestative bloque la nidation), du stérilet mais maintien de la pilule du lendemain et à la limite du DPI.
    Je tiens à préciser que j’ai une maladie génétique qui fait que malgré ces restrictions apportées à l’avortement un enfant à naître ayant la même maladie resterait sur la liste des incinérable.
    En mettant ces deux lois, on devrait bien baisser de 95 à 98% les meurtres légaux d’enfants à naître, et d’autant la destruction d’embryon.
    Une fois que de telles lois sont passée, on peut débattre de leur restriction ultérieure. Désolé de decevoir la plupart, mais la fin de l’avortement n’est pas pour demain, alors autant le limiter de manière extreme ce qui est jouable.

  6. Le côté maximaliste puritain de certains mouvements pro vie américains effraie beaucoup de citoyens des USA, à tort certainement, mais c’est un fait, selon des témoignages d’amis vivant là bas : il faut éviter le manichéisme formel quand on défend le bien. Sans quoi les personnes en cause -et sur l’avortement elles sont des dizaines de millions, femmes, parents et maris ou compagnons de ces femmes- se sentent exclues d’un salut possible, ce qui est particulièrement vrai dans une société religieuse commes les USA. Chez nous cet aspect existe également : on ne peut traiter d’assassins toutes les femmes qui ont avorté, même si cet acte est criminel. En toute chose, si on veut retourner l’opinion, on se doit de ne pas donner l’impression de dénier la dignité de ces femmes, et certains catholiques en font trop dans l’expression. Vérité au Dakota du Sud, vérité aussi en France. L’avortement est criminel, mais les femmes en sont les secondes victimes, après leur enfant :c’est une dimension de réparation qu’il faut garder à l’esprit.

  7. Le Christ et à sa suite Jean-Paul II étéent -ils ” maximalistes ou puritains” ? Pardonnez-moi mais ces réflexions m’affligent.Un prêtre ne pourrait-il pas rétablir la Vérité, bien malmenée sur ce point ?
    “Il semblerait que ce soit le caractère absolu de l’interdiction”…dit l’article de Jeanne Smits.Il apparaît surtout que l’on oublie ici “le caractère sacré de toute vie humaine”.Nous sommes dans le domaine mystique et non pas seulement de (basse) politique essayons tout de même de ne pas l’oublier, la politique a nécessairement ses limites qui n’autorisent pas pour autant la révision du dogme.

  8. La dégradation des esprits est terrible.
    La suppression de l’avortement légal sera une oeuvre de longue haleine, qui suppose :
    1)beaucoup de pédagogie de la charité (écouter les femmes et les familles, les permettre de se libérer de leur misère par la parole)
    2)puis, simultanément, une progression législative (aide aux familles et aux mères en difficulté)et médiatique.
    L’indicateur final sera la baisse du nombre d’avortements. La loi devra finalement paraître obsolète au bout de … quelques années.
    Supprimer immédiatement tout ou partie des avortements par voie législative est malheureusement voué à l’échec. Il faut imposer les faits avant la loi.
    La volonté de s’inscrire sur cette ligne n’existe pas actuellement dans les partis politiques (il paraît que même le FN y a renoncé ?)et donc un outil de lobbying très professionnel s’impose. Quel généreux donateur aura le courage de le financer pendant le temps nécessaire ?

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