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Abbaye de Chantelle : l’histoire des soeurs aux produits de beauté

Ce mois-ci, Divine Box vous emmène à la découverte de l’abbaye de Chantelle, dans l’Allier. Sur place, les bénédictines prient et travaillent à la production de produits de soin et d’hygiène. Un grand classique dans les produits monastiques !

L’histoire de l’abbaye de Chantelle commence il y a fort longtemps…

À Chantelle, tout commence au… Ve siècle ! On y construit en effet un château primitif et une église dédiée à saint Vincent, culminant à 323 mètres, et surplombant donc la région ! Un lieu stratégique donc, dont nous verrons l’importance plus tard…

Mais la présence monastique, elle, n’arrive qu’en 937. À cette date, les propriétaires des lieux (un certain Ainaud et son épouse Rothilde) donnent ainsi les bâtiments à des chanoines de saint Augustin. Cet acte fondateur, co-signé par saint Odon (bénédictin réputé de l’époque), est encore précieusement conservé à l’abbaye.

Incroyable, non ?

L’abbaye de Chantelle : un lieu prisé

Au fil des années, Chantelle fait des envieux parmi les stars de l’époque !

Il faut dire que sa situation géographique est stratégique à l’époque. La colline qui surplombe la région était en effet tout proche d’une ancienne voie romaine, très empruntée alors pour les déplacements et le commerce, qui reliait autrefois Clermont à Bourges.

Grâce à ce positionnement tout particulier, l’abbaye de Chantelle a rapidement attiré du monde. Voici quelques faits marquants :

  • au VIIIe siècle, Pépin le Bref (roi des Francs) s’empare du château;
  • en 1286, Aymar de Cros (évêque de Clermont) s’y fait sacrer;
  • au XVe siècle, le duc de Bourbon en prend possession et rebâtit tous les lieux;
  • au XVIe siècle, Anne de Beaujeu (fille du roi Louis XI et régente de France) y installe sa résidence avant d’y mourir.

Entre temps, le prieuré se refait plusieurs beautés : au XIIe et au XVe siècle. Les bâtiments s’embellissent !

L’abbaye de Chantelle se situe en Auvergne, dans un ancien château – Divine Box

Chantelle chancelle

Mais la vie de château (héhé) prend fin un peu plus tard.

En 1638 notamment, le château de Chantelle est « desmolly et razé » sous les ordres de Richelieu, ennemi farouche de la noblesse. Il soupçonnait alors les lieux d’être un repaire de potentiels ennemis du roi. Heureusement pourtant, le prieuré reste alors intact !

Mais au XVIIe siècle, la communauté des chanoines faiblit, et laisse finalement sa place à des jésuites en meilleure forme. Le dynamisme de ces derniers donneront plus de rayonnement et de dynamisme à Chantelle, et c’est tant mieux !

Un siècle plus tard, à la Révolution, le prieuré est vendu comme bien national. Triste sort… C’est donc la fin de la vie religieuse à Chantelle, après plus de huit siècles d’histoire !

Mais attendez, les bonnes nouvelles arrivent un peu plus tard…

Les bénédictines de Chantelle arrivent

Une fois passé le tumulte de la Révolution, l’évêque de Moulins désire que la vie monastique reprenne à Chantelle. Et il a bien raison, tiens !

C’est ainsi qu’en octobre 1853, un groupe de bénédictines de l’abbaye de Pradines (près de Roanne), arrive à l’abbaye de Chantelle. On y est enfin ! La nouvelle communauté grandit alors vite et bien et aménage petit à petit les quelques vestiges des siècles passés.

À peine dix ans plus tard, en 1862, les bâtiments sont même classés « monuments historiques » ! Pas mal non ? L’abbaye de Chantelle reprend donc du poil de la bête, et rayonne doucement mais sûrement !

Les « bénédictines de Chantelle » sont aujourd’hui une dizaine à l‘abbaye de Chantelle – Divine Box

La cosmétique à l’abbaye de Chantelle : ça mousse ! 

Après la Seconde Guerre mondiale, les bénédictines de Chantelle cherchent une activité pour préserver les lieux et assurer la subsistance de la communauté. Après mûre réflexion, le choix est fait en 1952 : l’abbaye de Chantelle fabriquera des produits d’hygiène pour la famille ! En voilà une drôle d’idée en terme d’artisanat monastique !

Au lancement en août 1954, toute la communauté est investie : une soeur chimiste en production, une soeur mathématicienne en comptabilité, et les autres notamment pour le conditionnement. En deux temps trois mouvements, elles sortent déjà un lait de toilette et une eau de Cologne ! C’est le début d’un grand succès pour les bénédictines de Chantelle…

À Chantelle, « Business is Business » 

Très vite, les produits de soin de l’abbaye de Chantelle font un carton dans la région !

Au fil des années, les soeurs développent alors leur gamme : nouvelles senteurs, nouveaux formats, nouveaux produits etc. Chaque soeur participe ainsi, selon ses capacités, à la production ou au conditionnement.

En 1962, les soeurs créent leur propre entreprise : « Les Fabrications des Bénédictines de Chantelle ». Elle deviendra ensuite en 1982 : « Société Nouvelle des Fabrications des Bénédictines de Chantelle ». Les soeurs s’organisent de mieux en mieux, et se professionnalisent. Eh oui, même chez les bénédictines on parle business plan !

Quelques partenariats  de production émergent avec d’autres abbayes, notamment avec les moines de l’abbaye Sainte-Marie du Désert en 1994. Mais plus tard, notamment en 2012, tout sera rapatrié à l’abbaye de Chantelle.

Les soeurs de Chantelle conçoivent, développent et fabriquent artisanalement des produits cosmétiques dans leur laboratoire. Un grand classique des produits monastiques – Divine Box

L’abbaye de Chantelle aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, l’abbaye Saint-Vincent de Chantelle regroupe dix bénédictines qui vivent toujours selon la règle de saint Benoît : « prière et travail ».

En plus des sept prières quotidiennes (la première à 5h40 !), les soeurs accueillent les pèlerins de Compostelle et travaillent de leurs mains au conditionnement des produits et au développement des nouveautés cosmétiques.

Cliquez ici pour en savoir plus sur les produits de l’abbaye de Chantelle, ou bien par là pour en savoir plus sur l’abbaye de Chantelle, son architecture et sa situation aujourd’hui.

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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