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L'Eglise : Benoît XVI

Abandonnons toujours plus les œuvres des ténèbres pour prendre les armes de lumière

Le pape a assisté vendredi 20 avril à un concert offert en son honneur, pour son anniversaire, par le Land allemand de Saxe et la Ville de Leipzig, avec au programme la 2e symphonie de Mendelssohn, appelée « Chant de louange ». Le pape a prononcé une allocution au terme du concert, dont voici un extrait :

"L’art en tant que louange à Dieu, Beauté suprême, fonde le mode de composition de Menselssohn, et cela non seulement en ce qui concerne la musique liturgique ou sacrée, mais toute sa production. Comme le rapporte Julius Schubring, pour lui, la musique sacrée en tant que telle n’était pas à un degré au-dessus de l’autre ; chacune à sa façon devait servir et honorer Dieu. L’exergue que Mendelssohn a écrite sur la partition de la symphonie «Lobgesang» dit: « Je voudrais voir tous les arts, en particulier la musique, au service de Celui qui les a donnés et créés ». Le monde éthique et religieux de notre compositeur n’était pas détaché de sa conception de l’art, et même en faisait partie intégrante : «Kunst und Leben sind nicht zweierlei», « l’Art et la vie ne sont pas deux choses distinctes », mais un tout, écrivait-il. Une profonde unité de vie qui trouve son principe unificateur dans la foi, a caractérisé toute l’existence de Mendelssohn et a guidé ses choix. Dans ses lettres, nous saisissons ce fil conducteur. A son ami Schirmer, il disait, le 9 janvier 1841, en faisant allusion à sa famille : « Parfois, certes, les préoccupations et les jours sérieux ne manquent pas… et pourtant, on ne peut rien faire d’autre que de prier Dieu avec ferveur de nous conserver la santé et le bonheur qu’il nous a donnés » ; et le 17 janvier 1943, il écrivait à Klingemann : « Chaque jour, je ne peux rien faire d’autre que remercier Dieu à genoux pour chaque bien qu’il me donne ».

Donc une foi solide, convaincue, nourrie de façon profonde par l’Ecriture Sainte, comme le montre entre autres les deux oratorios « Paulus » et « Elias », et cette symphonie que nous venons d’entendre, pleine de références bibliques, surtout des psaumes et de saint Paul. Il m’est difficile de mentionner tel ou tel de ces moments intenses que nos avons vécus ce soir ; je voudrais seulement vous rappeler le merveilleux duo des sopranes et du chœur sur ces paroles tirées du Psaume 40 : «Ich harrete des Herrn, und er neigte sich zu mir und hörte mein Fleh’n» – « J’ai espéré dans le Seigneur et il s’est penché sur moi et il a entendu mon cri » -; c’est le chant de celui qui place en Dieu toute son espérance et sa certitude de ne pas être déçu.

Je voudrais encore remercier l’orchestre et le chœur du Gewandhaus, le chœur de la [télévision] Mitteldeutscher Rundfunk (MDR), les solistes, le chef d’orchestre, ainsi que les autorités de l’Etat libre de Saxe et de la Ville de Leipzig, pour l’exécution de cette « oeuvre lumineuse » – comme l’appelait Robert Schumann -, qui nous a permis à tous de louer Dieu et j’ai pu remercier Dieu, d’une façon particulière, une fois encore, pour mes années de vie et de ministère.

Je voudrais conclure par les paroles que Robert Schumann a écrites dans la revue « Neue Zeitschrift für Musik » après avoir assisté à la première exécution de la symphonie que nous avons écoutée, [des paroles] qui veulent être une invitation à la réflexion: « Comme le dit le texte si splendidement mis en musique par le maître, abandonnons toujours plus « les œuvres des ténèbres pour prendre les armes de lumière ». »"

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