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L'Eglise : Vie de l'Eglise

A la lueur de la bougie, pistes pour discerner sa voie

A la lueur de la bougie, pistes pour discerner sa voie

Note du Salon Beige : cette tribune a été publiée en mars lors du premier confinement, il nous a paru utile de la présenter, légèrement modifiée, une nouvelle fois.

A la lueur de la bougie : pistes pour discerner sa voie

Il n’est pas dit que le Covid 19 soit l’unique objet de ces temps troublés. Le temps de confinement que nous vivons est aussi une épreuve décapante pour les étudiants et les célibataires appelés à rester plus ou moins enfermés chez eux. C’est sans doute aussi une incroyable opportunité permise par la Providence pour continuer un discernement vocationnel.

Oui, comment mettre à profit ce temps très mystérieux, pas forcément facile à gérer, pour se mettre à l’écoute du Saint-Esprit qui, dans le silence du cœur à cœur, forme doucement notre âme et l’unit chaque jour davantage à Dieu ?

Pour aider ceux qui le souhaitent, il existe une petite neuvaine qui fait du bien : Discerner sa vocation avec Marie. Pour se la procurer cliquer ici.

Rien de grand ici-bas n’a été réalisé sans un certain retrait, une certaine solitude. Affronter les questions existentielles c’est nécessairement se trouver seul. A la naissance nous affrontons cette donnée nouvelle de la vie extra-utérine, à la mort nous vivrons le grand passage, nous rencontrerons le Père miséricordieux et juste en même temps. Et nous serons seuls. Il n’y aura pas d’échappatoire possible.

Marié ou moine, l’homme vit toujours la solitude d’une manière ou d’une autre. Attention, cette solitude n’est jamais totale. Elle est un appel à la communion fraternelle, visible ou invisible. Les moines vivent tous en communauté. Même les chartreux. La solitude avec Dieu a besoin de la vie fraternelle, toujours.

Aujourd’hui, le temps de solitude plus radical que certains sont appelés à vivre est sans doute l’occasion de toucher du doigt quelle est la définition de la bonne solitude. « Je ne suis jamais moins seul que lorsque je suis seul » disent les moines. Le mot moine lui-même vient du grec « monos ». Un autre adage dit « monos pros monon », c’est-à-dire seul vers le Seul. Seul avec Dieu.

Cette découverte de la solitude n’est pas toujours facile à vivre lorsqu’on est seul face à soi-même. Certains penseront : je suis chez moi et soumis à des restrictions de déplacement qui m’empêchent de rencontrer un prêtre, un ami, pour m’aider à progresser « intelligemment » dans cette réflexion, ce discernement. Comment alors réfléchir plus profondément, de manière plus experte ? Tout d’abord, ce n’est pas nous, ni un prêtre qui forme notre âme, c’est l’Esprit-Saint. Lui et lui seul. Certes il est indispensable d’être accompagné, dirigé, d’avoir un confesseur, pour avancer avec un esprit de fils.

Ce temps de confinement manifeste très clairement que la vie chrétienne n’est pas un à côté de notre vie habituelle, quelque chose que l’on gère le dimanche matin ou de manière anecdotique. La vie chrétienne, c’est le cœur de notre vie.

On dit que beaucoup de mariages sont nés des JMJ. Dira-t-on que des vocations monastiques se sont révélées lors de ce confinement 2020 ? Si les JMJ sont des moments privilégiés pour grandir dans l’amitié authentique et plus si affinité, il semble évident que le silence et la solitude vécus par certains en ce moment est une occasion privilégiée d’entendre monter des profondeurs de leur cœur un attrait pour la vie des moines et des moniales.

Demandez à ceux qui ont choisi cette vie, ils vous le diront, c’est une vie heureuse, où la joie est sensible.

Plus encore, pourquoi ne pas aller au culot et carrément profiter de ce confinement pour téléphoner à une abbaye et demander un entretien téléphonique avec le maître ou la maîtresse des novices ? Il ne s’agit pas de prendre la panique et de se dire si j’entre en relation avec le Père Untel ou la Mère Unetelle, je m’engage un peu et cela me donne le vertige… Non ! C’est tout simplement une occasion privilégiée d’entendre une parole qui va aider, soutenir et même consoler. En bref, apprendre à vivre ce temps de solitude comme une opportunité pour grandir.

Il y a d’autres moyens pour apaiser la soif de paix intérieure et de joie, d’unité profonde, qui nous animent. En voici quelques-uns :

  • Tout d’abord profiter du petit matin pour se mettre à genoux, dans le silence, et adorer notre Dieu. Il est l’auteur de toute vraie joie, de toute vraie paix. Il est la source qui rafraîchit, le pain qui nous nourrit. S’il se cache parfois, c’est pour que se creuse en nous cette soif de le chercher non pas pour notre satisfaction émotionnelle, mais pour que nous l’aimions pour ce qu’Il est, éternellement. Que nous l’adorions… dans le silence. Et là, dans ce cœur à cœur, goutte-à-goutte discret, le murmure d’une source creuse en moi la soif de Dieu… « comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme vous cherche, ô mon Dieu… » dit le psalmiste. « Il n’y a qu’un chemin pour trouver Dieu, c’est la prière. Si on vous dit autre chose, on vous trompe », dit aussi sainte Thérèse d’Avila… Alors, faisons de notre vie une oraison continuelle… et ici-bas nous serons déjà au Ciel.
  • La consécration à la Très Sainte Vierge. Cette consécration est essentielle car elle enveloppe notre âme, notre personne et notre vie d’un manteau de paix. Plus encore, elle nous indique que nous n’avons rien à craindre des « sentiers raboteux » et des serpents du chemin car Marie nous porte dans ses bras. Nous avons besoin de Notre-Dame pour lutter contre les tentations que le démon nous suggère pour nous empêcher de connaître la vraie paix, la vraie joie. Elle nous éduque et nous apprend à persévérer dans nos efforts, elle nous enseigne à demeurer auprès de Jésus, dans le confinement, qui ressemble étonnamment à la vie cachée de Nazareth. Oui, pour ressembler à Jésus, il faut accepter et même choisir le confinement, c’est d’une certaine manière la condition de notre joie. Un enfant pour naître et découvrir la lumière n’a-t-il pas besoin de passer par un sentier resserré ? On dit que tant de choses se passent, même au plan psychologique, lorsque le tout-petit passe de la vie intra-utérine au monde extérieur. De la même façon, l’épreuve d’une certaine solitude est l’occasion de nous rendre plus intérieurs, plus unifiés, c’est-à-dire uns avec Celui qui est l’Un par excellence. Le chapelet est une aide précieuse qui fait entrer avec Marie dans les mystères de Jésus. C’est aussi une école de prière silencieuse, d’oraison.
  • La Sainte Liturgie nous entraîne vers la seule fécondité : tout ce qui n’est pas offert est mortifère. S’unir au Christ qui s’offre à son Père, malgré la souffrance, physique et morale, plus encore accepter toute souffrance comme une marche qui me rapproche du Père plein d’amour. Quels fruits pour nos communions eucharistiques !
  • Ce qui nous amène à la méditation de la doctrine catholique ; oui, méditation. Le Catéchisme ne se lit pas, il se médite car il nourrit l’âme. Il nous enseigne comment comprendre l’Ecriture Sainte et entrer avec amour dans le mystère de l’Eglise.
  • Autre point : la charité fraternelle. Ne puis-je téléphoner, écrire un mail à une (ou des) personne seule que je connais, faire cet effort régulièrement ? Au passage, attention au zapping sur internet, au porno, à ce qui est dangereux pour ma communion avec Dieu, et donc mon salut éternel. Implorer Marie, crier vers Elle quand la tentation survient, ou encore contempler l’image du Christ crucifié. Pour aller plus loin.
  • Enfin, terminer sur la contemplation du grand don de la Miséricorde qu’est la révélation de l’amour de Jésus pour chacun d’entre nous, de son Sacré-Cœur, tellement uni au Cœur Immaculé de Marie. Quelles grâces nous sont données par les sacrements de l’Eglise qui sont tous, chacun à sa façon, un merveilleux signe de la divine miséricorde.

Voilà quelques lignes pour aider à faire de ce confinement, au contraire d’une privation de liberté, l’occasion d’un envol intérieur vers les réalités d’En-hautEt peut-être aussi pour certains, l’opportunité de dire au Seigneur, oui mon Dieu je vous aime, je vous aime tellement que je veux tout vous donner. Je ne veux rien garder pour moi pour être tout à vous, un avec vous, seul vers le Seul, offrir ma vie pour le salut des pécheurs, dans le silence du cloître. Et par là trouver la joie.

Que la Très Sainte Vierge accompagne chacun, prions les uns pour les autres à cette intention. Et unissons-nous aux moines et moniales qui prient aussi pour nous.

Guillaume d’Alançon

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