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7 points sur le bon communautarisme

Développés par Rémi Fontaine dans Présent :

F"1. – Si, avec le Petit Robert, nous définissons le communautarisme comme le système qui développe la formation de communautés, l’homme étant un animal social, on n’échappe pas au communautarisme. Pas même l’anti-communautarisme laïciste et jacobin qui, après s’en être pris aux corps intermédiaires, recrée artificiellement ses propres communautés : départements, partis, lobbies de toutes sortes (féministe, gay, antiraciste)… Son (anti)communautarisme se fonde sur un métissage individualiste selon la théorie du Contrat social et la logique mécanique de son Etat-catalyseur. Au contraire du sain et légitime communautarisme (breton par exemple) qui s’insère organiquement et subsidiairement dans un ensemble complexe de communautés ordonné par l’Etat-Nation.

2. – Le communautarisme est un concept non pas univoque mais analogique (comme on dit en philosophie), fondé sur une réalité : la communauté qu’elle soit naturelle ou d’élection, innée ou acquise. C’est-à-dire qu’il se dit et se vit de plusieurs manières plus ou moins bonnes ou mauvaises selon qu’il est plus ou moins ordonné ou non au bien commun général. Il convient à la fois de distinguer pour unir (les divers et légitimes communautarismes de valeur inégale) et opposer (les légitimes communautarismes aux illégitimes).

3. – Si la France constitue elle-même une communauté nationale au sein d’une communauté encore plus étendue (l’Europe), le nationalisme à la française bien compris (ouvert sur l’universel) constitue par excellence un juste communautarisme, par sa volonté d’organiser, hiérarchiser et développer les communautés saines et légitimes de la nation envers et contre ses communautarismes malsains (par exemple les « Etats confédérés » chez Maurras ou l’islamisme aujourd’hui). C’est aussi ce qu’on appelle la préférence communautaire ou nationale, qui implique la reconnaissance d’une identité.

5. – Plus encore, non pas fermé sur lui-même mais ouvert sur la civilisation de l’amour et le Bien commun surnaturel, le communautarisme catholique (bien commun propre aux catholiques) ne peut être bien sûr que sain et légitime. Par sa réunion du temporel et du spirituel, du naturel et du spirituel, il dépasse en quelque sorte tous les communautarismes légitimes appelés à participer à ce Communautarisme majusculaire. Il est à la fois une communion de personnes et de communautés.

5. – La conjonction (sur)naturelle du communautarisme national (particulier) et du communautarisme catholique (universel) est la seule manière aujourd’hui de lutter en France contre le soi-disant anticommunautarisme ou le multicommunautarisme du laïcisme fermé ou ouvert : ni laïques, ni musulmans ! Contrairement à ce qu’on prétend, le risque de dissolution des communautés naturelles et surnaturelle de notre nation est beaucoup plus fort que celui de la « ghettoïsation » des catholiques, de leur « repli frileux ». Focaliser de manière incongrue sur ce risque face à la réalité beaucoup plus mortelle de l’autre menace, n’est-ce pas être toujours et encore la victime d’une dialectique et d’une sémantique bien connues qui ciblent habituellement les prétendus « extrémistes » pour mieux disqualifier ceux qui dérangent l’idéologie dominante : réacs, ringards, fachos, intégristes, racistes et maintenant… communautaristes ou dissidents chrétiens ?

6. – Nous survivrons et serons d’autant plus missionnaires que nous aurons, dans l’actuelle dissociété nationale, les assises temporelles d’un sain et légitime communautarisme (national et catholique) comme autant d’« anticorps » solidaires, c’est-à-dire de foyers de résistance et de contre-offensive, des bases arrières et des réseaux multiformes, capables de nous représenter et de régénérer autant que possible l’organisme décomposé de la nation. Nous y parviendrons d’autant mieux que nous pourrons restaurer (selon la proposition de Jean Ousset) un certain pouvoir temporel du laïcat chrétien, distinct aussi bien des autorités religieuses (si possible amies) que des autorités civiles hostiles ou neutres.

7. – La preuve concrètement par l’école ou le scoutisme. L’Enseignement catholique sous contrat constitue aussi à sa manière un communautarisme (on l’a bien vu en 1984) mais qui s’étiole dans le malsain communautarisme laïciste, aliénant sa vocation chrétienne à la différence de nombreuses écoles hors contrat d’inspiration catholique. Promouvoir ce type d’écoles constitue bien aujourd’hui un nécessaire repli identitaire en vue de la mission, y compris dans le service public. Idem pour le scoutisme dissident (traditionnel) face au néoscoutisme officiel. On tient là ponctuellement deux visions (chrétiennes) de la politique et du monde que sépare précisément Vatican II (par son « esprit »). Deux visions qui opposent par exemple le communautarisme missionnaire des Scouts de France (du temps de leur âge d’or) et le laïcisme dissolvant des néoScouts de France après leur révolution culturelle des années soixante. Deux visions qui séparent aussi l’Enseignement catholique d’avant et d’après la loi Debré (devenu « non-confessionnel »). On en revient toujours au théorème de Madiran inspiré de Péguy : « Il ne suffit pas d’avoir la foi. Nous sommes faits pour vivre notre temporel en chrétienté. Ailleurs, quand ce n’est pas le martyre physique, ce sont les âmes qui n’arrivent plus à respirer. » Faute de chrétienté, il nous reste encore la possibilité de micro-chrétientés par la voie de la dissidence et de la contre-culture, c’est-à-dire la voie d’un sain et légitime communautarisme en vue du bien commun."

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3 commentaires

  1. Bon, j’avoue ne pas être très sûr où exactement Rémi Fontaine veut en venir et nous emmener.
    En revanche, une chose est absolument sûre: il existe le sain principe des droits individuels qui permettent à chacun de choisir librement ses activités ou encore de s’associer tout aussi librement à un quelconque club, cercle ou encore communauté. Ce type d’association peut s’avérer être, selon le contexte propre à la personne concernée, un utile refuge.
    Mais attention, ce communautarisme tel qu’il apparaît en filigrane dans la prose un peu indigeste de Rémi Fontaine, semble aller bien au-delà.
    En effet, une reconnaissance en droit d’une identité collective à des groupes d’individus, qui plus est susceptible nous dit l’auteur d’exercer un “certain pouvoir temporel” (sic), reviendra à admettre le principe d’une espèce de néo-tribalisme.
    Ceci ne pourra se faire qu’au détriment de l’individu et de ses droits. Mais plus encore, ce sera incompatible avec la conception chrétienne de la dignité et le respect dû à la personne dans l’ordre politique.

  2. La vraie question est : Rémi Fontaine ne se lasse-t-il pas de tourner en boucle sur le même sujet, avec les éternelles mêmes arguments et mots, depuis des années?

  3. Merci Monsieur
    Voilà qui est fort bien dit. Nous avons besoin de ce type de matériaux pour réfléchir et poser des actions concrètes. Il faudrait creuser cette notion de sain communautarisme
    et donner des exemples concrets.
    Avec mon bon souvenir. Amitiés
    Marc Reynaud

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