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L'Eglise : L'Eglise en France

2012 : Il faut choisir les personnes qui sauront tenir une vraie vision de l’homme

Mgr Ballot, évêque de Chambéry, rappelle les points non négociables, en vue du choix à faire lors des prochaines élections :

"Le pape Benoît XVI n’a cessé de le rappeler : l’homme devant être toujours respecté dans sa dignité, respecté dans les décisions qui sont prises, l’homme qu’on ne peut jamais réduire à n’être qu’un moyen ou une variable d’ajustement, l’homme qui n’est jamais un objet. […]

On peut citer la question de l’euthanasie que certains lobbies veulent légaliser […]. On peut citer l’éducation affective, relationnelle et sexuelle des jeunes, pratiquement absente de l’éducation au collège et au lycée, et les propositions d’élargir, pour les mineurs, la possibilité d’avorter ou d’utiliser les moyens contraceptifs sans que leurs parents n’en sachent rien. Comment, dans ces conditions, articuler responsabilité éducative des parents et apprentissage de la responsabilité personnelle pour des jeunes? On peut citer la clause de conscience qui protège le corps médical et qui est de plus en plus attaquée, ou les sages-femmes que l’on veut associer à des démarches abortives. Citons encore le dernier débat autour de la théorie du genre qui remet en cause l’identité sexuelle de tout être humain et que certains manuels de SVT (sciences de la vie et de la terre), en classe de première, présentent comme une théorie scientifique, obligeant implicitement chacun à l’admettre.

On pourrait évoquer aussi les lois de bioéthique qui ouvrent la porte à la manipulation des embryons humains comme s’ils n’étaient que des choses qu’on peut utiliser à son gré, alors que d’autres moyens existent pour la recherche. Une bioéthique qui, comme l’écrit Jacques Testard, biologiste, directeur de recherche honoraire à l’Inserm et président de la Fondation Sciences citoyennes, « se construit à force de pragmatisme et de logiques concurrentielles plus que d’analyses morales et de convergences humanistes ».

Régulièrement nos élus ont à se prononcer sur ces questions et ce n’est pas toujours facile pour eux d’avoir une position claire sur leur conception de l’homme, sur l’anthropologie qu’ils défendent. On peut être étonné, par exemple, que certains, parmi ceux  qui condamnent le libéralisme excessif et invoquent le bien commun, la justice, la fraternité, la collectivité, aient des positions plus que libérales, et même ultralibérales, sur ces questions. N’oublient-ils pas que, face à ces enjeux, beaucoup de personnes sont seules avec leurs difficultés, souvent dans des impasses, marquées par de réelles souffrances, habitées par des doutes et des questionnements. On est collectif pour l’économie et on ne l’est plus pour les comportements. […] A ce sujet, on peut saluer l’initiative de 80 députés et 113 sénateurs qui sont intervenus auprès du gouvernement pour contester les manuels de SVT qui introduisent la théorie du genre. L’éducation n’est pas qu’une question de moyens mais aussi de présentation des contenus. On peut être étonné, à juste titre, que ces élus n’appartiennent qu’aux partis de la majorité gouvernementale. Est-ce à dire que sur ces questions il y aurait un clivage droite-gauche ?

[…] Au moment de voter il faudra se le rappeler et dès maintenant scruter ce qui est dit, écrit et défendu. On peut être séduit par des solutions à la crise, qui apparaîtront plus justes, elles seront illusoires si ceux qui les prônent n’ont qu’une vision matérialiste de la personne humaine et se laissent prendre par des lobbies peu enclins à soutenir le plus fragile surtout lorsqu’il n’a pas la force de s’exprimer et qu’on lui susurre indirectement de demander à mourir, ou qu’on souhaite qu’il ne puisse naître."

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