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L'Eglise : Vie de l'Eglise

“12 critères pour sélectionner un évêque”

Riposte Catholique publie un texte de l’abbé Paul A. McGavin, prêtre australien et aumônier de l’University of Canberra, théologien, qui donne les grandes lignes devant présider au choix d'un évêque, en 12 points. Ce texte fait suite à une lettre ouverte que le prêtre avait adressée au Pape François, portant sur la nomination des évêques.

"Contrairement à ce que les catholiques croient officiellement, l’ordination ne transforme pas un homme. Celui qui la reçoit a accès à l’autorité et à la grâce que confère le sacrement de l’ordre. Mais la concrétisation de celles-ci dépend dans une large mesure des qualités humaines que possède celui qui est ordonné. Les critères de sélection doivent porter essentiellement sur les qualités humaines et sur la manière dont la grâce peut se manifester dans ces qualités humaines.[…]

  • 1. Il faut choisir un homme viril ; un homme qui ait confiance en lui-même et qui soit bien assuré dans sa masculinité ; un homme qui ait un mode de vie concrètement physique et qui soit fort au point de vue mental mais également au point de vue physique. Il faut rechercher le type d’homme que les garçons et les hommes admirent et que les femmes respectent.[…]
  • 2. La cohérence est d’une très grande importance. L’évêque-est-il un homme qui, avec prudence, dit en quoi il croit et met en œuvre ce qu’il dit ?[…]
  • 3. Les principes sont d’une très grande importance. L’évêque est-il un homme qui insistera pour que les procès soient justes et que la justice soit correcte ? Un homme qui s’efforcera d’agir canoniquement plutôt qu’arbitrairement ?[…]
  • 4. La crainte de Dieu est d’une très grande importance. Saint Jean nous enseigne que « le parfait amour bannit la crainte » (1 Jn 4, 18). Il ya peu de gens qui soient parfaits en amour ; une vive crainte de Dieu nous empêche de faire ce que l’amour parfait ne ferait pas et nous pousse à faire ce que l’amour parfait ferait. Un homme est ordonné évêque non pas pour lui-même, mais pour Dieu et pour son Église.[…]
  • 5. L’inclusivité est d’une très grande importance. En tant que prêtre et pasteur, l’évêque a-t-il agi de manière à construire une communauté dans laquelle les personnes les plus diverses puissent trouver une place et être accueillies ?[…]
  • 6. La prière est d’une très grande importance.[…]
  • 7. L’humilité est d’une très grande importance.[…]
  • 8. L’amour de la beauté est d’une très grande importance. Les gens peuvent frémir à l’idée d’un évêque esthète, mais lorsqu’un évêque fait preuve de goûts peu raffinés, l’Église en souffre considérablement.[…]
  • 9. L’exercice intellectuel est d’une très grande importance. À cet égard, notre pape actuel constitue un cas intéressant : ce n’est pas un intellectuel au sens strict, mais il a un esprit théologique ouvert à la recherche et il défie puissamment l’Église dans les domaines où elle a fait preuve d’une pensée conventionnelle et non pas d’une recherche attentive et d’une défense de la foi.[…]
  • 10. La capacité de mise en œuvre concrète est d’une importance cruciale. Le « métier » d’évêque dépasse les capacités d’un homme seul. Cela signifie qu’un évêque doit être aidé dans sa mission. Cette aide provient en premier lieu de ses collaborateurs les plus proches, ses prêtres et ses diacres.[…]
  • 11. Décider de ce que l’on ne va pas faire est d’une importance cruciale. Il existe un type d’homme qui se croit capable de tout faire et de tout gérer et qui finit, au contraire, par ne rien gérer du tout. Il existe un type d’homme qui travaille inlassablement et qui réalise peu de choses, qui est inefficace, parce qu’il n’a pas su établir une distinction entre ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire.[…]
  • 12. “Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (1 Cor 11, 1). Ces fortes paroles sont de l’apôtre Paul. En plusieurs décennies, je n’ai pas pu les appliquer facilement à tous les évêques que j’ai connus peu ou prou. Trop souvent on a affaire à des hommes qui font ce qui leur plaît et qui ne favorisent que les gens qui peuvent les aider à s’occuper de « leurs affaires ». Une ressemblance profonde et enracinée avec le Christ est difficile à trouver, même parmi les hommes qui seraient des combattants du Christ. On en trouve rarement parmi ceux qui « réussissent » socialement, qui sont appréciés parce qu’ils sont « inoffensifs ». Ses épîtres nous font découvrir en saint Paul un homme qui, à bien des points de vue, avait une personnalité rugueuse, mais qui ressemblait tellement au Christ qu’il est impossible de ne pas aimer un tel homme. Nous avons désespérément besoin d’évêques qui aient avec le Christ une ressemblance telle que nous soyons incités à les aimer, à les aimer en dépit des rugosités que nous pourrons découvrir chez l’un ou chez l’autre. Nous avons besoin d’hommes que nous puissions imiter parce que leur manière de penser, de prier et d’agir nous fait voir le Christ qui pense, prie, agit et aime parmi nous. Nous avons besoin d’hommes à l’amour profond."[…]

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